Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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Abstract Artwork Description The abstract artwork features a swirling, dynamic composition with vibrant colors and textures. The background is predominantly dark red, while the central area consists of a rich mix of green, blue, brown, and yellow hues. The brushstrokes are bold and expressive, creating a sense of movement and energy. Color Palette - Red: Dominates the overall tone. - Green: Appears in the upper left section. - Blue: Shown in the lower right section. - Brown: Used for the central area. - Yellow: Adds depth and contrast to the composition. Texture - Smooth: The surface of the artwork is smooth and glossy. - Rough: There are some irregularities in the texture, suggesting it may be a rough or textured piece. Composition - Vertical Axis: The vertical axis is aligned along the left side of the artwork. - Horizontal Axis: The horizontal axis is centered at the bottom of the artwork. Analysis This abstract artwork combines elements of color and texture to create a visually striking composition. The use of bold strokes and contrasting colors creates a dynamic and energetic effect. The overall impression is one of fluidity and movement, evoking themes of nature and harmony. Interpretation The artwork may represent themes such as: 1. Nature: The swirling patterns suggest a natural environment, possibly a river or stream. 2. Energy: The bold strokes indicate energy or kinetic forces, suggesting motion or energy levels. 3. Color Theory: The use of different colors can evoke various emotions and feelings, depending on the context. Conclusion This abstract artwork is a visually compelling piece that uses vibrant colors and textures to create a dynamic and engaging composition. It serves as a canvas for exploring the interplay between art and nature, offering a unique perspective on the subject matter.

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REVUE DES ARTS DÉCORATIFS TOME XVI

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Bordeaux. - Imprimerie G. Gounouilhou, rue Guiraude, 11.

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UNION CENTRALE DES ARTS DÉCORATIFS REVUE DES ARTS DÉCORATIFS SEIZIÈME ANNÉE 1896 DIRECTEUR: VICTOR CHAMPIER PARIS PALAIS DE L'INDUSTRIE Porte VII

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LES EXPOSITIONS DE L'“ART NOUVEAU” A h! qu'il semble donc difficile de s'entendre sur les ques- tions les plus simples quand, par aventure, on essaie de sortir du cercle insipide des idées routinières et des habi- tudes consacrées ! Voyez, par exemple, à quels malentendus, à quelles colères furieuses, à quels dédains, à quelles querelles énervantes et paralysantes donne lieu, depuis quelque temps, parmi les ornemanistes et les décorateurs, cette expression qui, de plus en plus, prend une valeur et un sens : l’« Art nouveau ! » L’ « Art nouveau » ! qu'est cela ? s'écrient avec un air d'in- commensurable mépris les artistes enfoncés dans le respect étroit des traditions, de l'académisme et des formules. Nous ne connaissons qu'un seul Art, celui qui est éternel, qui a existé jadis et qui existera demain, celui qui, supérieur à la mode, insensiblement modifié par l'action des climats, des peuples et des mœurs, n'exprime que la souveraine beauté. L’ « Art nouveau » ! disent de leur côté certains spécialistes, amateurs de bibelots et chercheurs de curiosités archéologiques, l’ « Art nouveau », où le voyez-vous? Est-ce que vous donnez ce titre aux essais informes que quelques-uns de nos contemporains — qui osent prendre le beau nom d'artistes décorateurs — produisent chaque année aux Salons? Mais ces messieurs ne commettent que des horreurs! Ils remplacent le savoir

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REVUE DES ARTS DÉCORATIFS par l'extravagance et s'attribuent d'autant plus de génie qu'ils font preuve de plus d'incohérence. Ils ne savent pas même l'a, b, c du métier. Ils ont la prétention inouïe de remplacer les styles admirables dont la France est légitimement fière, ceux des époques de la Renaissance, de Louis XIV, de Louis XV, de Louis XVI, et qui semblent avoir tellement atteint la perfection que, depuis un siècle, tous les peuples n'ont rien pu trouver de mieux que de les imiter, les pasticher, les copier à satiété! Non, en vérité, nous ne sommes pas près de posséder un «art nouveau», un art digne de ce nom, un art en lequel se reflète le caractère français, avec ses qualités de pondération, de clarté, d'élégance et d'esprit; un art savant et gracieux, distingué, somptueux, ingénieux, délicat, comme nous en avons eu aux deux derniers siècles. Et, d'ailleurs, pourquoi s'efforcer de chercher du nouveau puisque nous avons de l'ancien? Contentons-nous de faire revivre avec leurs mérites les styles du passé, en y ajoutant simplement, modestement, modérément, un peu de nous-mêmes! L'«Art nouveau»! protestent en cœur quelques professionnels de l'ornement, modelleurs et dessinateurs dont l'éducation commencée, il y a vingt ans, dans l'indigente scholastique d'alors, s'est achevée au milieu de l'atmosphère déprimante des ateliers où l'on ne fabrique que de la copie, les ornements dits de style. Ah! c'est «une bonne blague» que votre Art nouveau ! En quoi ça consiste-t-il? Où en voit-on? Ces meubles qui n'ont point de formes, et beaucoup de sculptures sans dessous, ces orfèvreries qui nous montrent, reproduits en argent, tous les spécimens du règne végétal plus ou moins déformés, des feuilles de chêne servant de plateaux, des artichauts disposés en sucriers ou en cafetières, c'est ça que vous appelez de l'«Art nouveau»! Mais c'est tout bonnement une invention ridicule de vos modernes écoles d'art décoratif que ce soi-disant «Art nouveau» là! Les professeurs qui enseignent dans ces établissements des choses dont ils ne savent pas le premier mot, ont découvert cette balançoire: «la décoration par la plante.» Ils ont inventé cette abomination qu'on appelle le «dessin stylisateur», c'est-à-dire le dessin des objets de la nature qu'on stylise, qu'on ose styliser, chaque élève étant invité à en altérer la forme à son gré pour en tirer des rosaces, des guirlandes, des frises, etc.! Ah! oui, parlons-en de votre «Art nouveau», il est joli! Il relève de singuliers principes! Et on veut nous le donner en exemple? Mais qu'est-ce qu'il a produit jusqu'à présent? Où sont ses chefs-d'œuvre? La vérité, c'est que ça n'existe pas. L'Art actuel reste lié par un robuste anneau à la chaîne des styles français d'autrefois. C'est folie de croire qu'il est possible d'innover, de créer tout d'un coup, d'une seule pièce, un style qui ne se rattache pas à ce que nous connaissons du goût qui a été celui de nos pères. Un style, cela ne vient que par génération spontanée. Nous transformerons petit à petit, oh! bien lentement, le sentiment décoratif qui a régné et qui domine encore notre temps; mais cela, c'est affaire à nous. Votre «Art nouveau» n'est qu'un art de farceurs. L'«Art nouveau», disent à leur tour les fabricants qui, en matière d'esthétique, ne suivent d'autre règle que le caprice éphémère de leur clientèle, et qui, prêts à satisfaire à toutes les folies de la commande, tiennent d'abord à écouter les vieux rossignols empilés en leurs boutiques, l'«Art nouveau», nous ne le nions pas, nous ne le méprisons pas, mais nous prions qu'on nous en fournisse la formule bien nette et compréhensible. Nous reconnaissons que, depuis quelque temps, une partie du public

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LES EXPOSITIONS DE L'ART NOUVEAU éclairé manifeste une véritable lassitude pour les pastiches de l’art décoratif ancien. Il réclame autre chose. Mais quoi? Nous ne pouvons improviser dans le vide. Il nous faut une base. Quels modèles demander à nos ornemanistes? Au surplus, ceux-ci sont rétifs au mouvement et, quand on leur parle d’« Art nouveau », ils haussent les épaules. A qui voulez-vous que nous nous adressions ? Seuls, quelques lauréats des écoles d’art décoratif nous apportent parfois des motifs empreints de fraîcheur et d’originalité. Mais que d’inexpérience dans leurs projets et quelles difficultés pour traduire leurs compositions! Telles sont, à peu près résumées, les protestations, les doléances, les réticences, les récriminations que soulève dans les différentes catégories des intéressés cette question de l’« Art nouveau », pourtant bien moins compliquée qu’il ne paraît assurément. Nous avons reproduit des paroles qu’il nous a été donné d’entendre très souvent. Nous ne les commentons pas. Nous les livrons telles quelles à la méditation du lecteur. Elles témoignent du désordre des idées qui règnent sur cet important sujet, et aussi de la mesquinerie des points de vue auxquels les hommes se placent d’ordinaire pour juger de choses générales, se laissant la plupart du temps guider par leur intérêt personnel. Inconsciemment, soit; mais certainement. En outre, elles fournissent une preuve de plus du danger qu’il y a de faire reposer une discussion sur des mots sans se préoccuper de la définition des idées qu’ils représentent. En effet, et sans vouloir aller pour aujourd’hui au fond des choses, n’est-il pas évident que cette expression d’Art nouveau, qui excite tant de fureurs, n’a contre elle que sa trop prétentieuse précision ? Elle ne veut que caractériser une tendance, et elle semble affirmer un fait existant. Elle indique simplement un effort, et on lui donne la signification d’une victoire de l’Art futur sur l’Art passé. De là, les colères dont nous parlons, car s’il y a présentement lutte contre les styles d’autrefois, trop longtemps et trop exclusivement acceptés par notre société moderne, on n’aperçoit pas encore l’Art vainqueur qui leur sera substitué. Et cependant ne convient-il pas de l’accepter, cette expression d’Art nouveau, et de lui donner droit d’entrée désormais dans les discussions? Pourrait-on même s’en passer? En la ramenant à son sens véritable, ne s’oppose-t-elle pas directement, avec toute la clarté et la netteté désirable, à la pensée d’un Art contemporain, fait uniquement de plat pastiche, sans recherche aucune de nouveauté? N’est-il pas certain qu’à l’heure actuelle il y a encore un art décoratif fondé uniquement, délibérément, sur la copie des styles anciens? Ce ne sont pas seulement les mêmes principes de composition, mais des ornements identiques, des motifs absolument pareils, qu’on réédite pour la millième fois. Il est donc naturel, il est légitime que, pour désigner les œuvres qui marquent un effort de franche originalité, on emploie une expression spéciale. Peut-être aurait-on pu en choisir une qui soit meilleure que celle d’Art nouveau ; mais, après tout, qu’importe! Ce n’est qu’une arme de combat et qui sera bientôt abandonnée? Malheureusement, pour les partisans de l’Art nouveau, qui, comme nous, à la Revue des Arts décoratifs, sont convaincus qu’afin de dégager nos industries d’art du

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REVUE DES ARTS DÉCORATIFS cercle de fer où les enferment des habitudes invétérées d'imitation et de pastiche, il faut réagir avec une énergie suprême, le snobisme contemporain est intervenu dans la cause, menaçant d'embrouiller l'écheveau et de troubler encore un peu plus les cervelles. Grâce à des expositions régulièrement organisées au centre de Paris, et dans lesquelles, sous l'étiquette d'Art nouveau, sont exhibées des œuvres du goût le plus bizarre, bonnes, mauvaises ou pires, l'expression en litige se trouve livrée encore à de nouvelles et contradictoires interprétations, qui vont achever d'ahurir le public et compromettre, si l'on n'y prend garde, la cause pour laquelle nous luttons depuis tant d'années. L'auteur involontaire de ce mal n'est autre que M. Bing, l'érudit et aimable japonisant. Voici ce dont s'est avisé M. Bing. Comprendant que le commerce des objets d'art du Japon, dont il a été un des plus intelligents initiateurs, était à son déclin, il a résolu de mettre ses qualités d'homme d'action et de goût au service de tous les artistes modernes, quelle que soit leur nationalité et quel que soit le genre dans lequel ils exercent leur talent. L'art décoratif proprement dit recevra chez lui principalement accueil. Sa tentative réussira-t-elle? Nous ne savons. Mais ce qui est certain, c'est que sa première exposition, les choix de mobiliers étrangers, belges et autres, qu'il a montrés, le cosmopolitisme qu'il a affiché dans son hôtel de la rue de Provence, le singulier décor dont il a revêtu sa nouvelle façade, a étrangement refroidi, au sujet de l'Art nouveau, les amateurs qui paraissaient le mieux disposés à favoriser les développements de celui-ci. Un de nos confrères, dont nous estimons fort le talent et la franchise, M. Arsène Alexandre, a publié dans le Figaro du 28 décembre un article de nature à accentuer ce sentiment. Nous en citerons les passages suivants : La maison de M. Bing est bien connue de tout ce qui s'occupe d'art. Ce fut un des plus heureux berceaux du japonisme. Elle était alors sobre et discrète comme l'art même qu'elle abritait. En quelques semaines, elle a été exhaussée, puis bariolée, peinturlurée, de façon à forcer l'attention, à présenter l'aspect le plus tapageur et le plus raccrocheur. Ce parti de décoration par bandes de couleurs variées, surmontées d'une frise de personnages, emprunté à l'architecture des caleçons de bains, indique certainement qu'à l'intérieur il se passe quelque chose de secouant et de pimenté. Au-dessus des deux énormes bouquets de soleil en ronde bosse, brutalement agrandis d'après une nature littérale, sans goût et sans style, se lisent ces deux mots, d'une délicieuse modestie : l'Art nouveau. Ah! ces soleils, ils sont, en leur genre réaliste, aussi rebutants que les ornementsations conventionnelles de l'Opéra de M. Garnier ou de l'Hôtel de Ville de M. Ballu. Quant à l'utilité de ces deux monstrueuses bottées de fleurs, de ces soleils qui ne se rattachent ni à l'architecture, ni aux frises peintes de M. Brangwyn, elle ne nous paraît autre que de nous rappeler, par une association d'idées bien naturelle entre la fleur et la pancarte, qu'il n'y a rien de nouveau sous le Soleil..... Entrons maintenant dans l'hôtel de l'Art nouveau. Justement, nous allons y constater les confusions des lignes et des couleurs, l'absence de science, qui crée ici toute nouveauté. Franchissons le rempart d'énormes tessons de bouteilles qui forme aux soleils de la porte un arrière-plan effarant. Le tesson de bouteille joue un grand rôle dans l'Art nouveau : il

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PORTEFEUILLE DE LA REVUE DES ARTS DÉCORATIFS CROQUIS INÉDITS DE JULES CHÉRET

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L'EXPOSITION DE L'ART NOUVEAU est éblouissant et brutal. Il n'a aucune signification comme élément ornemental, et il abrutit le regard comme un clinquant de féerie. Le hall principal, peinturluré en bleu nouveau, contient des peintures et des estampes aux divers étages, autour desquelles règne une authentique rampe en fer forgé du XVIIIe siècle, qui donne à toutes les indigestions architecturales ou mobilières de la galerie une fine et ironique chiquenaude..... La migraine commence à me gagner, l'énerverment me court au bout des doigts, je suis à point pour goûter l'Art nouveau. Dans une rotonde je vois un plafond ravissant et des paysages diaprés de M. Besnard, l'homme qui a su, de notre temps, mettre sa verve et sa virtuosité surprenantes, le plus audacieusement, au service de nos mauvais instincts. C'est un corrupteur de premier ordre; mais nous le savions. Dans une pièce contiguë, ce sont des panneaux harmonieux et discrets de M. Vuillard, mais éclairés par un lustre absurde où de grosses mouches tournoient en nous éclairant avec leur derrière transparent. Plus haut, c'est une salle à manger, ornée de panneaux simples et savants de M. Ranson, mais exécutée quant aux boiseries, acajou incrusté de larves de cuivre, par une équipe d'ouvriers anglais, sous la direction d'un Belge. Du même Belge, M. Van de Velde, un fumoir aux meubles qui visent à la forme et qui sont informes, avec des revêtements de murailles composés d'énormes arabesques qui vous entrent dans la tête en tournoyant. L'Art nouveau consiste donc à nous révéler que les Anglais sont de bons ébénistes et que les Belges n'ont plus le sens des lignes? Nous le savions. Puis, c'est encore une chambre à coucher ornée de peintures d'un sentiment délicieux par M. Maurice Denis, mais meublée d'un lit, d'une armoire et de chaises d'une abominable lourdeur. Enfin, un boudoir de M. Charles Conder, orné de précieuses peintures sur soie : de la peinture d'éventail dans un style anglo-Du Barry appliquée sur les murailles, parmi des moulures Louis-Philippe, ô logique! Et tout cela est confus, incohérent, presque malsain. Tout cela est par moments trop négligé et par moments trop propre, tantôt chose mal venue d'homme qui ne sait pas son métier, tantôt caricature de l'Art anglais. Tout cela sent l'Anglais vicieux, la Juive morphinomane ou le Belge roublard, ou une agréable salade de ces trois poisons. Ah! que l'on me ramène aux puérils pastiches de Riésener et de Jacob, divertissements inoffensifs de M. de Montesquiou! Voilà à peu près les attractions qui vous permettront de vous faire une idée plus ou moins nette de ce qu'est l'« Art nouveau », suivant la conception de M. Bing, l'homme désireux de raffinement, dont la personnalité demeure en dehors de mon malaise, et que je plains sincèrement de s'être si vaillamment trompé. Je sors de chez lui, fatigué, malade, exaspéré, avec les nerfs à vif et la tête pleine de cauchemars dansants, de culs de bouteilles qui s'entre-choquent et se brisent. Impressions que je n'ai jamais ressenties devant les œuvres, anciennes ou contemporaines, qui ne sont point de l'Art nouveau. Il y avait encore en France, en dehors des ateliers officiels, de jeunes artistes désireux de bien faire et ne cherchant pas à arriver trop vite, que le contact des étrangers risque de pourrir, de duper ou de vider, à leur choix. Quant au public, la période du bon sens et de la santé fait place chez lui à l'énerverment, au gobage et à la crainte de ne pas être assez du mouvement nouveau. Et c'est bien ennuyeux qu'en nous forçant ainsi à nous rebiffer contre les nouveaux,—les faux,—on nous contraigne à paraître du parti des vieilles bêtes,—des vraies. Cet article a eu un grand retentissement. Il appréciait avec justesse et avec esprit l'exposition organisée par M. Bing. Mais peut-être aussi avait-il une portée plus

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REVUE DES ARTS DÉCORATIFS grande que celle prévue par son auteur. Beaucoup de ceux qui l'ont lu y ont certainement puisé de nouveaux motifs de résistance contre les efforts de courageux artistes contemporains qui cherchent à faire autre chose que le convenu et l'imitation. Savoir garder la mesure en tout et raisonner ses convictions, voilà le rare, le difficile. Ajoutez que la vue de beaucoup des choses exposées n'était pas de nature à développer les sympathies en faveur de l’« Art nouveau ». Bref, le contre-coup de la tentative de M. Bing n’a pas tardé à se faire sentir. Non seulement le grand public, mais des artistes, des fabricants, des architectes, qui s’étaient montrés assez disposés à aider au mouvement en avant, s’arrêtèrent, effarés. On a vu même, à l’Union centrale des Arts décoratifs, la Commission consultative, chargée d’élaborer le programme de concours de l’Exposition de 1900, remettre en question cet article de règlement depuis longtemps et presque partout admis aujourd’hui : Toutes les imitations d’un style caractérisé seront écartées. Il s’en est fallu de peu, en vérité, que la Commission n’ait consenti à admettre au concours, même les copies ! Voilà à quelle réaction l’Art nouveau de la rue de Provence a failli nous amener ! « Plutôt l’incohérence que le pastiche ! » s’est écrié, à la Commission consultative, un architecte distingué, M. Hermant. Sans doute, il forçait sa pensée ; mais il indiquait fortement sa fidélité à un principe, et, à l’heure où nous sommes, il faut bien nous dire ceci, c’est que l’Art décoratif français ne reprendra réellement vie et éclat qu’à la seule condition de se guérir radicalement de cette plaie qui le paralyse : la manie de la copie. Soyons de notre temps, c’est le principal. On épurera, on raffinera ensuite, s’il y a lieu. VICTOR CHAMPIER.