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IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE JANVIER 1940 LE NUMÉRO : 8 F°50 13, RUE S'GEORGES, PARIS
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IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE JANVIER 1940 LE NUMÉRO : 8 F°50 13, RUE S'GEORGES, PARIS
A nos Abonnés, à nos Lecteurs, LES vœux traditionnels que nous vous adressons cette année seront nuancés d'une sereine confiance dans l'avenir et dans les destinées de la civilisation française. L'ouverture des hostilités a trouvé « Plaisir de France » en pleine croissance, au moment où il allait célébrer joyeusement le cinquième anniversaire de sa fondation (en octobre 1934) : cinq ans durant lesquels son succès n'a cessé de grandir, sa réussite de s'affirmer. Nous avions une mission à remplir : nous avons le devoir de la poursuivre. Que la guerre soit courte ou longue, notre pays doit s'habituer à vivre avec elle. Quand viendra la délivrance il reprendra de plain-pied son existence normale et il aura ainsi donné au monde un bel exemple de sang-froid et de crânerie. Tout un vaste public d'élite, qui reste épris de culture et de raffinement, garde le besoin de trouver, dans une revue comme la nôtre, une diversion aux luttes brutales, au matérialisme barbare déchaîné par une poignée d'hommes. « Plaisir de France » avait créé sa « formule » de paix ; il a aujourd'hui sa « formule » de guerre, adaptée aux circonstances, et qui, tout en accordant une large part à l'actualité documentaire, aide à faire rayonner le prestige du génie français, les inimitables créations de nos industries de qualité et de nos commerces de luxe — essentiellement français — qui, eux aussi, ont courageusement décidé de « continuer ». Ce faisant, nous montrerons que la France conserve intacts son calme optimisme et sa bonne humeur et que Paris, gardant résolument sa suprématie que d'autres peuples lui envient, entend rester la capitale de l'esprit et du goût. IMAGES DE FRANCE --- JANVIER 1940 — N° 64 "IMAGES de FRANCE", REVUE MENSUELLE 13, RUE SAINT-GEORGES, PARIS-9e Chèques postaux : Paris 178.705 R. C. : Paris 261.513 B (Saine) Téléphone : Trudaine 82-54 TARIF DES ABONNEMENTS VALABLE À PARTIR DU 1er JANVIER 1940 A) FRANCE, COLONIES FRANÇAISES et MONACO --- F. F. --- un an95 » --- 6 mois52 --- B) ÉTRANGER --- I. Suisse --- F. S. --- 15 » --- 8 » --- II. Pays accordant une réduction d'affranchissement --- F. F. --- 130 » --- 70 » --- Afrique du Sud (Union), Albanie, Argentine, Belgique et Colonies belges, Brésil, Bulgarie, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, République Dominicaine, Equateur, Espagne et Colonies espagnoles, Estonie, Finlande, Grèce, Guatemala, Haïti, Hédiaz, Hollande et Guyane hollandaise, Honduras, Hongrie, Irak, Iran, Italie et Colonies italiennes, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Portugal et Colonies portugaises, Roumanie, Salvador, Terre-Neuve, Turquie, U. R. S. S., Uruguay, Vatican (Cité du), Venezuela, Yougoslavie. --- III. Pays exigeant le plein tarif d'affranchissement. Tous les pays ne figurant pas ci-dessus. --- F. F. --- 175 » --- 95 » --- ABONNEMENTS-POSTE.— L’administration des postes de certains pays accepte des abonnements aux tarifs français majorés d’une taxe variable dans chaque pays. Tous renseignements complémentaires sont fournis gratuitement par les bureaux de poste. Les abonnements-poste peuvent être également souscrits aux mêmes conditions chez les libraires de ces pays. CHANGEMENT D’ADRESSE.— Les demandes de changement d’adresse doivent être accompagnées d’une bande et de la somme de DEUX francs en timbres-poste. ÉTATS-UNIS.— « Entered as second-class matter November 4, 1936, at the post-office at New York, N.Y., under the Act of March 3, 1879 (Sec. 523 P. L. and R.). »
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IMAGES DE FRANCE - ACTUALITÉS MOTS CROISÉS Solution du problème n° 50 --- A --- N --- U --- E --- E --- R --- U --- T --- H --- A --- G --- N --- A --- E --- N --- O --- E --- R --- E --- S --- E --- PROBLÈME N° 51 Horizontalement: 1. Son règne est celui de l'âge d'or. 2. Employée dans la prononciation et l'écriture. 3. Peut être universelle. 4. Utilisé en tapisserie; d'une location signifiant immédiatement. 5. Petites scies. 6. Débarrasser de certaine écorce. 7. Elle dégrade. Verticalement: I. Une porte peut l'être. II. Diminuer le volume. III. Peintre italien (1693-1770). IV. Coutumes; argiles. V. C'est un délicat manger; trois lettres de Nenni. VI. Dans la bouche de nos Alliés. Apparaît comme le héros de son temps dans une légende. VII. Permet de transmettre la propriété de certains billets. J.V. --- PRODUITS DU DOCTEUR DYS V. DARSY, 54, Faubourg-Saint-Honoré, rappelle à sa fidèle clientèle l'ancienneté de sa maison. Depuis 1883, il n'a reculé devant aucun effort pour la satisfaire et en a été récompensé en voyant l'emploi des produits du Docteur Dys se répandre de plus en plus. Ses poudres, ses crèmes, ses lotions et surtout ses « sachets de toilette », unique remède à la crudité de l'eau, n'ont cessé de recevoir partout un accueil plus que favorable. Catalogue sur demande. N'hésitez pas à écrire à V. DARSY, qui vous enverra vos commandes franco dans toute la France. --- STUDIO ÉTOILE 14, rue de Troyon (métro Étoile). Éto. 57-27. 2 grands films à chaque programme : un film français, un film américain. Versions originales, sous-titres français. Perm. 14 h. à 23 h. Orch. toutes places en semaine, 8 fr.; samedi, dimanche et fêtes, 10 fr.; militaires, 5 fr. --- DROZ PERLES CULTIVÉES JOAILLIER SPÉCIALISTE Riches bracelets, plaques et solitaires ZIRCON, pierre fine semblable au diamant. 16, Rue Halévy, PARIS (Opéra) --- OFFREZ également BÉNÉDICTINE "La grande liqueur Française" DOM OFFREZ également Les Chocolats Bénédictine à la liqueur, préservés dans d'élegants coffres de différentes grandes. Le Chocolat Bénédictine à la liqueur est en vente dans les bonnes confiseries et à l'Assence Bénédictine 76, Bd. Haussmann APARIS --- IMAGES DE FRANCE
Livres à lire Nous ne saurions être assez reconnaissants envers le regretté Théo Varlet et M. Pierre Leyris pour nous avoir, le premier, révélé et, le second, traduit à son tour et lumineusement expliqué le romancier américain Herman Melville, que nous ignorions tout à fait en France et dont la gloire, même en son pays, ne date que de quelques années. C'est d'ailleurs chose surprenante qu'un écrivain de cette importance, dont la profondeur psychologique a quelque chose de bouleversant, n'ait pas immédiatement ému ses contemporains. Mais cette surprise atteint la stupeur quand on pense que l'œuvre de ce méconnu date de près d'un siècle. Melville fait figure de précurseur. Pour ma part je ne connais guère, dans la littérature moderne, d'ouvrages ayant la portée, la valeur humaine, le pathétique, la sombre grandeur de Pierre ou les ambiguïtés, traduit magnifiquement de l'anglais par Pierre Leyris (1). Comment se fait-il que le public américain ait boudé ce livre étonnant? Sans doute à cause de son terrible et absolu non-conformisme; ou parce que l'auteur y avait déposé — à son insu ou avec une subtilité d'artiste consommé — maints secrets personnels, maints aveux insolites. Quoi qu'il en soit, nous, gens de 1940, nous ne trouverons pas une ride à ce chef-d'œuvre, parce que, malgré leur date d'observation (1850), cette mère coquette et orgueilleuse, ce jeune homme ardent et sensible que révolte l'hypocrisie sociale et qui entreprend contre elle une lutte affreusement inégale, cette douce et patiente amoureuse, cette jeune fille passionnée qui vit en marge de l'existence quotidienne, familière avec les fantômes et les pressentiments, ces quatre personnages, et dix autres de second plan, sont des types humains pour ainsi dire invariables, centrés sur des psychologies toujours identiques, depuis l'aurore des sociétés humaines. Mais le génie d'Herman Melville est peut-être encore plus grand dans le domaine lyrique que sur le plan de l'analyse des sentiments. Il a comme personne le sens du mystère : non point celui, si facile, qui se résout en images obsessionnelles, mais celui qui vient de la nature des choses et des événements et qui, par cela même, apparaît plus tragique encore quand il est expliqué. Beaucoup de livres ont été consacrés à la Russie soviétique, mais il en est peu qui vaillent le témoignage que M. Victor Serge vient de publier sous ce titre : S'il est minuit dans le siècle (2). C'est qu'on pouvait toujours objecter aux autres auteurs : « Votre visible horreur n'indique peut-être qu'une incompréhension, bien naturelle chez des hommes qui s'accrochent aux vieilles formes de la civilisation. » Mais on ne saurait rien dire de semblable à M. Victor Serge, pour la bonne raison qu'il en sort, de ce paradis, qu'il y a vécu de longues années, qu'il en a l'expérience depuis le début (cela fait vingt-deux ans), qu'il crut à l'idéal communiste et que peut-être y croit-il encore. Document accablant ! Est-il possible qu'il y ait dans le monde, à une époque que nous considérons — mais on se demande pourquoi — comme ultra-civilisée, un régime pareil pesant sur un peuple de 120 millions d'âmes ? Est-il possible qu'une infime minorité de canailles bureaucratiques soit en possession d'une technique de répression si puissante et si raffinée qu'elle réduise infi-illiblement toute révolte et toute protestation et qu'elle impose à l'ensemble de ses concitoyens avilis et traqués la famine, les travaux forcés, la misère, la déportation et l'assassinat en série ? On croit rêver. Pourtant, rien n'est plus vrai. Ce cauchemar démoniaque est basé sur la statistique. Cette folie de délation et de meurtre s'appuie sur une mystique, que dis-je ! sur une théologie, dont les docteurs et les inquisiteurs sont les « membres du parti ». Contraste avec ces horreurs, la nature russe, ses beautés terribles et attachantes, son vertigineux mystère. M. Victor Serge a bien du talent. Dans un ordre d'idées absolument différent, on lira avec intérêt les Tragiques histoires de mer au xvie siècle (3) que M. Georges Le Gentil a traduites du portugais pour notre plus grande édification. On n'admirera jamais assez les Portugais, ce petit peuple merveilleux qui sut conquérir le monde par la seule audace de ses navigateurs de génie. On connaît mal ces extraordinaires aventures, les plus étonnantes peut-être de toute la littérature maritime. Des onze récits recueillis par Bernardo Gomes de Brito au xviiie siècle, M. Le Gentil en a choisi trois : le naufrage de la nef Conception sur les bas-fonds de Pero dos Banhos en 1555, celui du grand galion Saint-Jean sur la côte du Natal en 1552, et celui de la nef Saint-Paul à l'île de Sumatra en 1561. Ce dernier, dû d'ailleurs à la plume d'un simple domestique qui faisait partie des passagers, est sans doute le plus émouvant, le plus fertile en incidents de toutes sortes. On ne peut s'empêcher lorsqu'on ferme ce livre, si naïf, si frais, si vivant, d'éprouver deux impressions contradictoires : la première est un sentiment d'orgueil à la pensée que, grâce aux découvertes de la technique, ces dangers sont supprimés et qu'il suffit de quelques jours de navigation confortable pour atteindre des contrées que la marine à voile mettait souvent des mois à retrouver, après des péripéties dramatiques ; mais la seconde est un sentiment de tristesse à l'idée qu'à cause justement de cette sécurité, de cette organisation tout imprévu est banni du voyage — sauf en temps de guerre, bien entendu. Quoi qu'il arrive, nous ne pourrons plus jamais ressentir ces envirements de la découverte qui jetaient à genoux, dans une extase reconnaissante, les compagnons d'Alvarez Cabral ou d'Alvaro Fernandes sur les plages inconnues où la providence les faisait échouer. FRANCIS DE MIOMANDRE. --- (1) Gallimard. (2) Grasset. (3) Sorlot, préface de René Bouvier. IMAGES DE FRANCE
IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE N° 64 — 7e ANNÉE — 1940 SOMMAIRE DE JANVIER Olivier QUÉANT, Directeur; Roger BASCHET, Rédacteur en Chef; Anne PIERRY, Secrétaire de la Rédaction. Titre --- Auteur(s) --- Pages --- CARGOS --- par PAUL CHACK --- SOUS L'ŒIL DE MARS, ÉLÉGANCE MILITAIRE --- par MARINA PAUL-BOUSQUET --- LES CHEVALIERS DU SAINT-SÉPULCRE --- LES NOUVEAUX CÉLIBATAIRES ou le CAMPING EN APPARTEMENT --- par ROGER BASCHET --- TOMMIES À PARIS --- par FRANÇOISE RAIS --- QUELQUE PART EN FRANCE --- SPORTS D'HIVER À PARIS IL Y A QUARANTE ANS --- par LEANDRE VAILLAT --- QUAND LES HOMMES SONT PARTIS: SKIEUSES --- par PAULE HUTZLER --- LA MODE : PARIS 1940 --- LE THÉÂTRE --- LES LIVRES, LE CINEMA --- Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (texte et gravures) Copyright by « Images de France », 1940. Les manuscrits, insérés ou rép. ne sont jamais rendus et ne peuvent en aucun cas faire l'objet d'une réclamation. --- L'OFFICIER DE QUART PREND LA HAUTEUR DU SOLEIL POUR FAIRE LE POINT 25.068 Phot. Jacques Dubois.
On raidit les manœuvres. 25.066. L'homme de barre. 25.063. On « pique » l'heure à la cloche de la passerelle. 25.071. Paiement le cargo trace son sillage CARGOS J'en ai escorté des dizaines et des dizaines, à l'époque : c'était en l'an 1916, où je commandais un torpilleur d'escadre. Chaque soir me trouvait à l'oree sud du canal de Doro, lequel IMAGES DE FRANCE
25.067. comme le paysan creuse son sillon. par Paul CHACK sépare l’Eubée de l’île Andros. J’attendais le convoi montant qu’il fallait repérer dans l’obscurité. La radio discrète et chiffrée du camarade qui depuis Spartivento protégeait les cargos m’avertissait discrètement de leur arrivée, et bientôt j’apercevais, silhouettes noires sur fond de poix, la file lente des rouliers dont il fallait assurer la protection de Doro à Salonique. IMAGES DE FRANCE 25.07A. Le « tuyau » peint aux armes de la compagnie. 25.070. Sur la passerelle, le capitaine transmet un ordre à la machine. Un soutier bien taillé. 25.069.
Ils étaient trois ou quatre, parfois cinq ou davantage. Ils faisaient route en formation serrée, toutes lumières masquées. Par clair de lune, c'était facile, on pouvait voir le voisin, mais dangereux, car les sous-marins avaient beau jeu pour l'attaque. Par temps bouché, c'était plus dur, mais le péril était moins grand. Et les cargos se pau-moyaient main sur main, roulant bord sur bord avec, en plein travers, les coups de vent du Un timonier amène les couleurs. 25.073. nord-est accourus des Dardanelles, soulevant une mer courte et creuse. L'île Skiros, la passe étroite entre Scopelo et Skiathos jalonnaient la route et créaient de bienheureuses zones de calme. Puis c'était l'interminable golfe de Salonique. Le long de la lourde file se trainant à 10 nœuds, mon torpilleur zigzagait comme un chien de berger autour du troupeau. À l'aube on franchissait la ligne de filets tendue contre les sous-marins à l'entrée de la rade de Salonique. Et je faisais aussitôt demi-tour, emmenant vers le Doro un train de cargos vides en route vers la France pour remplir nouveau leurs cales et refaire le même circuit. Ces camions des routes marines avaient tous le même profil. À la taille près ils étaient pareils. Et ceux d'aujourd'hui ont le même aspect. Coque noire, Un coup de peinture pour être jaraud, à l'arrivée en France. 25.064. L'heure du courrier. 25.062.
bariolée de grandes plaques de minium aux endroits où l'on a « piqué la rouille ». A l'avant, le gaillard, où règne le guindeau et sous lequel loge l'équipage du pont. A l'arrière, la dunette, où sont les cages à poules et qui sert de plafond au poste des chauffeurs et des mécaniciens. Au centre, le château, tout blanc, édifice de passerelles, de logements du capitaine et des officiers, poste de commandement du navire dans cette tranchée verte qu'ouvrent les vagues et qui, souvent, se referme à jamais sur lui. Et, surgissant dudit château, la cheminée — les marins disent le « tuyau » — peinte aux couleurs de la compagnie. Sous le château, la chaufferie et la machine. Au-dessous de tout le reste, les cales à marchandises avec leurs panneaux immenses dominés par les deux mâts portant chacun à son pied, comme autant de branches sans feuilles, les mâts de charge, espars solides et orientables, bras adroits qui, par la vertu des treuils à vapeur, vont cueillir dans la cale les lourds sacs du ravitaillement et les déposent sur les quais des ports. Tous ceux que j'ai escortés dans la mer Egée en 1916 et 1917, entre Marseille et Messine en 1917, étaient de ce modèle, qui semble à jamais fixé. Grâce à l'ouvrage de ces humbles cargos, rustiques, solides et lents, traçant patiemment leur sillage comme les paysans tracent leur sillon, l'armée d'Orient a pu vivre et se battre, l'escadre de Salonique a pu faire son travail. Aux soldats de France amenés là-bas par les paquebots rapides ils ont, dans une rotation sans trêve et sans repos, apporté les vivres, les Aux palates! 25.061. Grand savon-nage après la corvée de charbon 25.072. Le lavage du pont. 25.065. vêtements, les canons, les obus et les poudres. Aux cuirassés, aux croiseurs, aux torpilleurs ils ont fourni le charbon et les cent mille rechanges sans lesquels une flotte est frappée d'impuissance. Parfois ils naviguaient tout seuls, sans escorte, en enfants perdus, chargés jusqu'au plat-bord et tanguant lourdement à 8 nœuds dans la houle. Ils couraient tranquillement le risque de rencontrer le sous-marin prêt à les envoyer par le fond à coups de canon ou avec une torpille dans le ventre, mais ils ne mollissaient pas pour autant. Leur effort allégeait la misère des soldats aux prises avec l'ennemi sur les champs de bataille de Macédoine. Et cette idée-là leur faisait accepter gaiement la fortune de guerre s'ajoutant au péril de mer.

Cette publication de "Plaisir de France" datant de janvier 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, aborde des thèmes variés tout en affirmant le prestige de la culture et de l'industrie françaises. Le contenu inclut des articles sur les cargos, l'élégance militaire, des reportages sur la vie quotidienne et les sports d'hiver, ainsi que des critiques de livres et de cinéma. La revue maintient une ligne éditoriale axée sur le raffinement et le génie français, même en temps de conflit.