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EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1937 GUILLAUME JANNEAU Meubles Nouveaux Éditions d'Art Charles Moreau 8 R. de Prague PARIS XIIe
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1937 GUILLAUME JANNEAU Meubles Nouveaux Éditions d'Art Charles Moreau 8 R. de Prague PARIS XIIe
EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1937 GUILLAUME JANNEAU Meubles Nouveaux Éditions d'Art Charles Moreau 8 R. de Prague PARIS XIIe PRINTED IN FRANCE
AVANT-PROPOS Une exposition brille et meurt comme une comète au firmament. C'est le songe d'une nuit d'été, c'est une féérie sans lendemain. Si l'on veut que se prolonge la vertu de ses enseignements, il importe d'en fixer les divers aspects par l'image. M. Charles Moreau s'y est employé avec le zèle passionné, l'entier désintéressement, la compétence hors de pair dont avaient déjà témoigné ses publications antérieures dédiées aux arts décoratifs. Qu'il reçoive la gratitude de tous ceux — et ils sont nombreux — qui lui devront la joie des yeux et le travail de la pensée. Son enquête, cette fois encore, s'étend à tous les domaines : architecture et jardins, ensembles mobiliers, sculpture et ferronnerie, luminaire et vitraux. Sans doute est-il malaisé de définir l'idée centrale qui relie tant d'œuvres éparses. Nous sommes trop gâtés pour juger. Les arbres nous cachent la forêt. Puis, s'il nous était facile de mesurer les changements survenus depuis 1900, pendant le premier quart du siècle, au lendemain d'une guerre qui avait bouleversé mœurs, idées, cadres sociaux, décor du foyer domestique, comment préjuger des changements qui avaient pu survenir dans les dix dernières années ? C'est un travail intérieur qui, cette fois, s'est accompli : travail de réflexion, de révision, de sélection. Sûrs de suivre la ligne droite nos décorateurs craignent moins la grâce flexible des courbes. Sûrs d'éviter le pastiche, ils font place à la tradition. Plus de rigorisme outrancier : les plans s'animent de reliefs, la couleur vient aviver l'aride blancheur des surfaces. Des programmes plus proches de la vie ; une beauté qui a sa source, moins dans la richesse des matières que dans la maîtrise des techniques. Selon l'expression familière à Debussy " le Dieu de l'art n'a pas coutume de faire beaucoup avec beaucoup, mais tout avec à peu près rien ". Ce n'est certes pas un vain titre que celui d'"arts et techniques". Au cours du XIXe siècle, créateurs et éditeurs se sont longtemps ignorés, renouvelant à leur détriment l'apologue bien connu des membres et de l'estomac. Rapprochés il y a douze ans, artistes et industriels suivent aujourd'hui la même route. L'art est la fleur qui éclot sur la tige du métier. Il n'est pas indifférent, en un temps où la machine, après avoir servi l'homme, menace de l'asservir, d'avoir remis ce principe en honneur et en valeur. La vue de ces documents y contribuera sans doute plus que tous les commentaires. Puisse le lecteur y trouver la fidèle image de la vie sociale d'aujourd'hui. On peut appliquer aux artistes la formule de La Bruyère. Ils ne rendent au public que ce qu'il leur a prêté. PAUL LÉON. Membre de l'Institut, Directeur général honoraire des Beaux-Arts, Commissaire général adjoint de l'Exposition Internationale de Paris 1937.
INTRODUCTION Une exposition est un bilan, le bilan des révolutions du goût. En effet, de plus en plus, dans les arts de l'ameublement, l'influence du métier est balancée par celle de la mode, et ce phénomène paraît devoir s'aggraver encore. Dans le passé, la liberté qu'avait l'exécutant d'exprimer à sa manière et selon ses moyens le thème décoratif, — le "dessein", — explique l'étonnante variété de la production française. Chaque ouvrage reflétait une personnalité. A l'aube du XIXe siècle, ce régime se modifie. Le dessinateur impose le respect rigoureux de son projet. L'exécutant devient l'auxiliaire docile du "décorateur". Comment celui-ci, plus que la modiste ou la marchande de frivolités, échapperait-il à l'obligation de se renouveler sans cesse, de présenter toujours de l'inédit, de l'inattendu, de la fantaisie? L'esprit de mode est l'ennemi intime de l'art décoratif, qu'il contribue perfidement à dévoyer, qu'il incite à ressusciter telles formules ornementales ou tels procédés d'ameublement déjà condamnés maintes fois par l'expérience. Mais l'esprit de mode n'en est pas moins un élément quidditatif de toute création d'ordre décoratif. Il ne prétend pas élaborer la forme définitive du beau. Moins ambitieux, il cherche seulement à plaire, à séduire la curiosité, fût-ce un instant. Certes, nous le savons bien, et Montaigne nous l'a rappelé, que "peu de chose nous destourne, parce que peu de chose nous tient". Mais cette versatilité est la loi moderne : il lui faut obéir, il nous faut chercher sans cesse la trouvaille. Et comme nous vivons plus vite, nos joies esthétiques nous émeuvent moins profondément, et n'enrichissent plus notre esprit. Les observateurs n'ont pas laissé d'être frappés, en étudiant les œuvres qu'a judicieusement choisies et confrontées ici M. Charles Moreau, par quelques indices, que nous croyons significatifs, d'un retour, singulièrement heureux, au vieux et solide rationalisme français. Le renouveau certain du meuble massif de style "régional" en est un : l'emploi franc et sain des bois de pays, leur décor simple et sans prétention, si propre, d'ailleurs, à manifester les beautés de la matière, témoin les "pointes de diamant" d'origine bretonne ou périgourdine et les "gâteaux" venus d'Auvergne ou de Vendée, retrouvent une faveur qu'on pouvait croire épuisée. Constatons avec intérêt cet appel à des possibilités trop longtemps oubliées, et signalons certaines timides réapparitions de la sculpture ornementale. Faut-il rappeler qu'à la fin du XVIIIe siècle, les meubles admirablement composés des Riesener, des Roentgen et des Benneman attestaient l'épanouissement de notre technicité rationaliste alors que le meuble de mode, non moins précieux, non moins habile, utilisait en incrustations les décors les plus insolites, plaques de porcelaine peinte, nacre, verre taillé, métaux, substances animales? Remarquable rencontre : Tandis qu'aujourd'hui les dalles de verre et le métal chromé s'intègrent dans la construction du petit meuble, ne constatons nous pas la renaissance du meuble à combinaisons? C'est le secrétaire à abattant, redessiné pour un usage conforme aux besoins de la vie contemporaine; c'est le classeur établi pour les destinations les plus pratiques, pour la présentation comme pour la consultation des documents ; c'est l'argentier, calculé pour une répartition commode de son précieux contenu ; c'est le meuble à T.S.F. et c'est le "bar", dont la conception entièrement neuve a déterminé les formes assurément les plus ingénieuses et les plus logiques. Précisément, ne saisit-on pas ici le secret de toute invention valable
en matière d'art décoratif? C'est le bon programme, positif et réaliste, qui suggère et commande la bonne solution, comme, en sens contraire, c'est le stérile désir d'imager à tout prix " du nouveau " qui jette les artistes dans l'erreur. Mais cette conclusion ne clôt pas seulement ces quelques notes : elle résume la leçon de l'Exposition de 1937. Guillaume JANNEAU, Administrateur du Mobilier National et des Manufactures Nationales de Tapisseries des Gobelins et de Beauvais.
TABLE DES PLANCHES 1. A. PORTENEUVE. 1. Divan en macassar, accoudoirs et literie en maroquin du Cap naturel. 2. Bahut en macassar verni, portes gainées en peau de porc naturel rehaussées de filets or, bronzes nitratés. 2. DOMINIQUE. 1. Petite commode en laque brunie et argent. 2. Bureau en noyer, portes gainées. 3. Secrétaire en macassar et parchemin. 3. DOMINIQUE. 1. Chaise et guéridon en palissandre verni. 2. Armoire en noyer, portes gainées. 3. Secrétaire en ébène du Gabon et parchemin. 4. DOMINIQUE. 1. Bureau de dame en sycomore verni. 2. Salle à manger en macassar poli. 5. Jean FREYSSINET. Bureau en noyer de France poli, édité par SMITH et C°. 6. Maurice MATET. Living Room en noyer ciré, métal doré et cuir de couleur brique. 7. L. DOUMERGUE. Meuble de collectionneur en palissandre de Rio. Ph. PETIT. Chambre en sycomore. Ces meubles sont édités par Jules DEGORRE, à Lille. 8. Alfred LÉVY. Cabinet de travail en noyer verni avec bibliothèque tournante, édité par MAJORELLE, à Nancy. 9. Raymond RAILLARD. Meubles de studio, sycomore et glace aurée. 10. René HERBST. Meuble-bureau en poirier verni et acajou de Cuba. 11. Jacques ADNET. 1. Petite table. 2. Chauffeuse et petite table gainée en cuir blanc, dessus glace noire. 3. Guéridon et meuble bas, parchemin et métal doré. 12. Jacques ADNET. 1. Meuble d'appui en laque gravée. 2. Meuble en laque brune et métal doré. 3. Bahut en laque brune et cuir, piétement en métal doré. 13. Jacques ADNET. 1. Bureau circulaire en chêne blanchi. 2. Fauteuil confortable avec petite table fumeur. 3. Fauteuil et bureau en bois noir, dessus en glace noire. 14. Clément GOYENECHE. 1. Salle à manger. 2. Atelier d'artiste, composé par les élèves du Cours de Compositions décoratives de l'Ecole Nationale d'Art décoratif de Nice. Ces meubles ont été exécutés par PACCINI et MORINEAU, à Nice. 15. Michel LEDUC. Salle à manger en chêne verni. 16. Jacques MEISTERMANN. Meuble en merisier, réalisé par J. PÉCHON. Pierre LARDIN. Bahut en noyer, réalisé par SAVEL. Lucien ROLLIN et Paul FRÉCHET. Bahut de salle à manger en chêne fumé, exécuté par CARRUEL et DUPUY. Ces meubles ont été primés au Concours du meuble massif dans le Foyer moderne organisé sous les auspices du Sous-Secrétariat au Ministère de l'Agriculture, par le Comité des Eaux et Forêts. 17. Gabriel ENGLINGER. Chambre de jeune homme, pitchpin poli, meubles exécutés par VERGNIÈRES. Henri MARION. Meuble en chêne, exécuté par Jean HÉARD, à Rennes. 18. M. CHAMPION. Bahut en palissandre, édité par l’ “ATELIER 75 ”. Renée KINGSBOURG. Secrétaire en sycomore et macassar, édité par TERRANOVA Frères. Ch. DUDOUYT. Meuble en chêne massif, sculpture de Jean DEBARRE, édité par la “GEN-TILHOMMIÈRE”.
19. Pierre-Etienne PETIT. Meubles en chêne exécutés par SANYAS et POPOT, sièges en cuivre rouge exécutés par FOA. 20. 1. Ateliers d'art de COENE Frères, à Courtrai. Studio-bibliothèque. 2. M. BERCHEMANS. Chambre à coucher exécutée par Sylva MALBRAM, Bruxelles. 21. H. A. KAHN. 1 Table de chevet, sycomore et bronze doré. 2. Bureau en noyer de fil. 3. Table de conseil en chêne fumé. 22. H. A. KAHN. 1. Coiffeuse. 2. Secrétaire. 3. Coiffeuse, meubles exécutés en sycomore et ornés de bronzes dorés. 23. H. A. KAHN. 1. Salle à manger en macassar. 2. Meuble d'appui en palissandre de fil rehaussé de bronzes. 24. H. A. KAHN. 1. Meuble-bar en macassar. 2. Meuble de T.S.F. en macassar. 3. Meuble d'appui-bibliothèque en palissandre, dessus en dalle de verre. 25. 1. M. RINCK. Commode en bois de violette verni et parchemin, bronzes nitratés. 2. A. SZEKELY. Meuble d'appui en noyer poli, bronzes dorés. 3. G. de BARDYERE. Meuble d'appui en macassar et laque, orné de bronzes. 26. 1. JAQUE KLEIN. Meubles d'appui en sycomore verni et parchemin avec bandes en métal doré à la pile. 2. G. TRIBONDEAU. Meubles Diospyros de Célebes, exécuté par L. GILQUIN. 27. P.P. MONTAGNAC. 1. Bibliothèque en Wacapou de la Guyane. 2. Meuble d'appui en palissandre de Rio. 28. Paul FRECHET. 1. Secrétaire en macassar poli bronzes, dorés. 2. Table en noyer sculpté et ciré. 3. Armoire en merisier ciré, bronzes dorés. 4. Grand meuble d'appui en macassar poli et galuchat, bronzes dorés. 29. J. LELEU. 1 Meuble d'appui, noyer noir, incrustations en ivoire. 2. Petite table et pouf. 3. Table basse à plateau, glace patinée. 30. J. LELEU. 1. Table de living-room en macassar. 2. Secrétaire en bouleau de Norvège, ornements dorés. 3. Meuble-bar en bois de violette, intérieur glace argentée. 4. Table en palissandre de Rio. 31. J. LELEU. 1. Bibliothèque en bois de violette, glaces coulissantes. 2. Guéridon dessus en glace décorée et patinée. 3. Grand meuble d'appui en macassar, ornements glace azurée et métal chromé. 32. J. LELEU. 1. Commode galbée. 2. Petit guéridon en glace décorée et patinée. 3. Grand meuble d'appui en palissandre de Rio, portes en glace décorée.
MEUBLES NOUVEAUX Pl. 1 Ch. Moreau, Editeur, 8, rue de Prague, Paris XIIe A. PORTENEUVE

Cet ouvrage présente les créations de l'Exposition Internationale de 1937, axées sur les arts décoratifs et le mobilier. Il met en lumière le travail de Charles Moreau dans la documentation de ces œuvres et explore l'évolution du design, du rationalisme français au retour des styles régionaux, en passant par l'intégration des techniques modernes.