Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LES ECHOS D'ART VAN CLEEF et ARPELS JOAILLIERS - 22, PLACE VENDÔME - PARIS --- REVUE MENSUELLE DES ARTS DECORATIFS & INDUSTRIES D'ART N° 70 - MAI 1931

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LES ECHOS D'ART les “échos d’art” paraissent au début de chaque mois, ils sont édités par “les échos” la grande revue commerciale française 7me année le dernier numéro paru et le précédent : 8 fr.; les numéros antérieurs: 15 fr. RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 et 4, RUE MARTEL, PARIS (10°) TÉLÉPH. 10 LIGNES: PROVENCE 04-03 et la suite 7me année abonnements: france et colonies françaises: un an, 80 francs; étranger, 120 ou 160 francs (convention de stockholm) mandats ou chèques à: compte courant postal paris numéro 5.559 --- SOMMAIRE N° 70 (Mai 1931) PAGES LA SCULPTURE DÉCORATIVE A L’EXPOSITION COLONIALE, par René CHAPOULLIÉ … 7 LA CHAMBRE A COUCHER, par Fabien SOLLAR … 19 ÉCHOS ET NOUVELLES … 26 N° 71 (Juin 1931) Ce numéro sera consacré AU SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS et A L’ART DÉCORATIF A L’EXPOSITION COLONIALE Adresser la publicité, pour ce numéro, avant le 10 Juin, 2, Rue Martel --- STORES RIDEAUX Broderies à la main et tissus de vitrages dans les styles anciens et modernes H. RAULT & CIE 34, Rue Sainte-Anne, 34, PARIS Tél.: Gut. 07-90 et Cent. 66-24 Tissages à Caudry (Nord) --- B.J.KLOTZ & CIE 3 rue de Miromesnil PARIS (8e) PLACE BEAUVAU Téléphone: ÉLYSÉES 50.84 --- MEUBLES DÉCORATION ARCHITECTURE INTÉRIEURE

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LES ECHOS D'ART N° 70 L'EXPOSITION COLONIALE la sculpture décorative Par RENÉ CHAPOULLIÉ L'exposition coloniale marque un heureux retour vers la sculpture décorative et datera, de ce fait, dans l'histoire des arts du 20e siècle. L'œuvre indispensable de l'Exposition de 1925 avait consisté dans un assainissement nécessaire, par son souci du retour à la forme pure dépouillée de toute la sculpture qui surchargeait au hasard, sans mesure ni harmonie, l'architecture vers 1900. Mais cette réaction contre les abus sculpturaux risquait d'aboutir, par son trop grand élan, à la négation de toute espèce de décoration, à une volontaire restriction de toute imagination créatrice, à une --- PALAIS DE L'INDOCHINE LE TEMPLE D'ANGKOR VU D'UNE TERRASSE BLANCHE. ARCHITECTE Photo Checojon

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sécheresse, à un ascétisme qui tendait à rendre l'habitation humaine aussi froide, aussi dénuée de joie et de vie que la cellule d'un monastère. Certes, la vie moderne manque de poètes et l'admiration de la nature, la fantaisie des mythologies périmées ont fait place à la domination de la machine, de l'usine, de l'utilité et s'il existe encore des idéalistes, ce sont des platoniciens qui cherchent à retrouver la beauté absolue et à recréer le monde à l'image de leur esprit. Ces tendances sont arrivées à un tel degré d'exaspération chez certains artistes modernes qu'elles risquent à leur tour de provoquer une réac- DÉTAILS DE SCULPTURES DANS tion vers des admirations abolies. Remercions le Maréchal Lyautey qui entre tant d'éminentes qualités est un grand urbaniste, de nous avoir donné à l'Exposition coloniale deux grandes leçons. La première, celle du Temple d'Angkor, doit nous révéler la fonction de la sculpture dans sa cohésion la plus intime, la plus naturelle, semble-t-il, avec l'architecture dont elle fait corps; la seconde c'est de nous avoir offert avec la grande frise du Musée des Colonies, la preuve que le rôle de la sculpture décorative n'était pas terminé et qu'il suffisait d'un grand architecte et d'un grand sculpteur, pénétrés chacun des possi- LE TEMPLE D'ANGKOR Photo Braun PALAIS DE L'INDOCHINE LE TEMPLE D'ANGKOR. GALERIE INTÉRIEURE. BLANCHE. ARCHITECTE Photo Checojon

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bilités et des limites de leur art pour nous donner des œuvres qui complèteront dans la civilisation contemporaine. Nous voulons, dans l'étude qui va suivre, étudier succinctement la sculpture appliquée aux principaux Palais de l'Exposition coloniale. L'Indo-Chine — La grande chaussée bordée de najas à sept têtes qui mène du Lac Daumesnil au Temple d'Angkor et tous les palais qui la bordent sont une des splendeurs de l'Exposition. La sculpture polychrome qui décore l'architecture et les jardins y contribue pour une large part. Sur un fond de verdure s'élève toute une série de pavillons vernis et dorés, dont les toitures tourmentées et les poutres de bois apparentes accentuent le caractère asiatique. Tous ces bâtiments, Cambodge, Annam, Cochinchine, les jardins minutieux qui les entourent, sont remplis d'œuvres d'art anciennes, de quelques statues françaises comme le Roi d'Annam par Ducuing ou la vasque au léopard de Balick. Le Temple d'Angkor. — Mais toute l'attention se concentre vite sur cette merveille de sculpture constituée "LA FRANCE" PAR DRI-VIER. A L'ENTRÉE DU par le Temple d'Angkor, joyau de l'architecture du 12e siècle, l'une des merveilles de l'Asie. Enseveli dans la brousse cambodgienne pendant quatre siècles, sa résurrection au vingtième siècle et l'admiration qu'il suscite porterait à mainte rêverie sur la fragilité des civilisations. La partie du Temple reproduite à Vincennes, n'est que le sommet du monument réel, le donjon d'un édifice dont l'enceinte a un développement de plusieurs kilomètres. Le temple a été reconstitué par M. Blanche et son fils qui est allé faire les relevés sur place. Tous les staffs de la partie sculpturale sont réalisés par M. Auberlet. L'ensemble du palais revient à une vingtaine de millions. Il est bien dommage qu'il soit construit en matières périsposables et qu'il doive bientôt disparaître. Quelle habileté représente cette succession de gradins et de toits, ces étages superposés et ces escaliers si raides qui, par des habiletés de perspective, doublent la hauteur réelle du bâtiment dont le faîte est en fait à 57 mètres du sol. Faut-il admirer davantage les frises des danseuses sacrées et tant d'animaux en mouvement : éléphants, chevaux, qui agilent MUSÉE DES COLONIES Photo Bernès-Marouteau ENSEMBLE DU MUSÉE DES COLONIES. (PALAIS PERMANENT) MM. JAUSSELY ET LAPRADE. ARCHITECTES Photo Henri Mannel

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MUSÉE DES COLONIES. PORTIQUE. SCULPTURES DE JANNIOT tout l'ensemble d'une sorte de trépidation étonnante. Quelle fan-taisie étrange représentée par cette série de lions stylisés, superposés, cousins de la fantastique faune de nos cathédrales gothiques! Mais notre effroi vient se tempérer à la stylisation plus calme de la flore tropicale, et des danseuses sacrées. Des petits bassins doublent la valeur de cette architecture qui représente un travail infini et les illuminations jaunes ou bleues et les antennes des projecteurs donnent à cette féerie un caractère irréel. L'Inde française. — Un petit bâtiment précieux enclôt une cour intérieure ornée de statues orientales. Une série de pilastres ornés de fleurs stylisées et de danseuses soutient les voûtes de l'habitation. La porte en est gardée par deux éléphants harnachés, dus au ciseau de J. Magrou. La Tour des Forces d'Outre-mer. — La base en est décorée de quatre groupes de statues dues au grand talent de M. A. Martial. Les Inaes Neerlandaises. — L'ensemble des pavillons hollandais est des plus remarquables. C'est un essai de synthèse de motifs d'architecture religieuse des îles de la Sonde, Bali, Java, Bornéo, Sumatra. Ils sont tous construits de murailles de briques roses encerclant toute une sculpture fantastique, de tonalité grise et le bâtiment principal est surmonté d'un grand fronton sculpté et de deux hauts clochers formés de onze toits superposés. Les portes paraissent gardées par d'horribles gnômes gesticulant et ricanant. Les pavillons, leur décoration sculpturale, les jardins intérieurs qu'ils encerclent, donnent une impression d'art très avancé et très précieux. C'est un des palais de Vincennes les plus réussis. Pavillon de l'Afrique Occidentale française. — Ce grand château de

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MUSÉE DES CO. LONIES. SCULP. TURES DE JANNIOT, ÉVO. pisé rouge hé- rissé de poutres, créé par MM. Olivier & Lam- bert a reçu une décoration sculpturale très importante. Les façades extérieures sont ornées par Sara- bezolles, de fris- ses décoratives où s'agite toute une faune sauvage d'un effel saisissant, et de deux bas-reliefs représentant des noirs au travail. Dans les niches, deux statues de femmes peuhls, par Mlle Quinquaud qui a rapporté d'un QUANT EN HAUT : LE CON- GO ; EN BAS : L'INDOCHINE Photos Gilbert dur voyage au Soudan une série d'admi- rabiles statues. Franchissons les portes cu- rieusement composées de fétiches sculp- tés par M. C. Garnier ; nous entrons dans un beau patio au fond duquel s'érite la grande tour décorée de bas-reliefs par Monier, Garnier, Barnaud et Scribe. Au centre, une fontaine de Saupique surmontée d'un magnifique vautour. Sur tout le pourtour, trente-