Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LES ECHOS D'ART LES ECHOS D'ART QUELQUES RÉALISATIONS NOUVELLES POUR ACCOMPAGNER L'ÉLÉGANCE FÉMININE. Documents communiqués par la MAISON AUGUSTE BONAZ, OYONNAX --- REVUE MENSUELLE DES ARTS DECORATIFS ET INDUSTRIES D'ART Rédaction : 2 et 4, Rue Martel, Paris (X°) N° 67 FÉVRIER 1931 8 Fr.

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LES ECHOS D'ART 7me année RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 et 4, RUE MARTEL, PARIS (10°) TÉLÉPH. 10 LIGNES: PROVENCE 04-03 et la suite --- SOMMAIRE N° 67 (Février 1931) --- PAGES --- LA DENTELLE AU MUSÉE GALLIÉRA, par Fabien SOLLAR --- UN SCULPTEUR "TAILLEUR DE BOIS" --- L'ENTRÉE, LE VESTIBULE, LE HALL --- LE FER FORGÉ... --- ÉCHOS ET NOUVELLES... --- N° 68 (Mars 1931) --- Pour ce numéro qui sera consacré à l'Exposition de la DÉCORATION FRANÇAISE CONTEMPORAINE, à la MAISON DE CAMPAGNE, au TOURISME et au NÉCESSAIRE DE VOYAGE, la publicité devra nous parvenir avant le 10 Mars, 2, Rue Martel, Paris (X°) --- Notre Reliure Nous rappelons à nos abonnés que nous nous chargeons de faire relier leur collection de l'année 1930 — comme des précédentes — au prix de 60 frs qui devront nous être adressés en même temps que la collection. Cette reliure, que représente notre cliché, et composée par Paul Bonet, est en pleine toile canevas beige, à tête dorée, tranches rognées et gardes en noir coulé or et argent. Le décor des dos présente cet avantage de permettre un classement immédiat des volumes dans la bibliothèque. D'autre part, nous avons un certain nombre de collections reliées des années 1928, 1929 et 1930 que nous mettons en vente au prix de 240 francs. --- Notre Service de Renseignements et Conseils Si vous êtes embarrassés pour faire construire une maison, installer un appartement, décorer une pièce, établir un meuble dans la note moderne, etc., écrivez-nous et nous vous désignerons l'architecte ou l'artiste-décorateur qui pourra le mieux satisfaire à vos désirs. Nous sommes également à votre disposition pour toute sorte de renseignements relatifs aux arts décoratifs et industriels modernes. Ces renseignements sont donnés à titre purement gracieux. --- abonnements : france et colonies françaises: un an, 80 francs; étranger, 120 ou 160 francs (convention de stockholm) mandats ou chèques à : compte courant postal paris numéro 5.559 les "échos d'art" paraissent au début de chaque mois, ils sont édités par "les échos" la grande revue commerciale française le dernier numéro paru et le précédent : 8 fr.; les numéros antérieurs: 15 fr.

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Février 1931 LES Echos D'ART Numéro 67 Au Musée Galliéra PAR FABIEN SOLLAR TEMPS heureux de la dentelle, allez-vous revenir? La dentelle! Syllabes légères qui évoquent un passé charmant, très lointain, et aussi tout proche, où les jeunes filles, en rêvant, piquaient l'espace de leurs fines aiguilles, où les femmes avaient des coquetteries raffinées, où les hommes eux-mêmes, dans des heures qui coulaient plus lentes, aimaient que leurs demeures fussent égayées par les enchevêtrements minutieux des guipures, par des rideaux précieux qui faisaient friser la lumière. C'était le temps des coiffes aux grandes ailes, des bonnets et des cornettes, des fanchons et des "engageantes" qui voilaient et dévoilaient, demi-pudiques, la naissance des gorges; le temps où le garçon d'honneur offrait à sa compagne un mouchoir de dentelle pour tenir le bouquet; le temps plus ancien où Saint-Simon écrivait en ses Mémoires: - Madame de Puysieux mangea à belle dents, pour s'amuser, pour 50.000 ecus de points de Gênes à ses manchettes et à son collet -. Le temps, enfin, où il y avait des femmes et des dentelles qu'on nommait, les unes et les autres, bisettes, à cause de leur teint bis, et des den- "LA BELLE ET LA BÊTE" FILET FIN, BRODERIE ET LINON, VENISE ET FUSEAU COMPOSITION DE PAUL MEZZARA ÉDIT. PAR MELVILLE ET ZIFFER

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telles mignonettes comme il y aura tou- jours, espérons-le, des femmes qui mérite- ront cet adorable diminutif, cher à Konsard : > Ma maîtresse est toute angelette... Toute mon gracieux orgueil. Toute ma petite brunette. Toute ma douce mignon- nette -. Comment, quand on parle dentelle, ces vers tendres, comme ajourés, trem- blants et fins, ne viendraient-ils pas à la mémoire? La dentelle et la poésie légère traversent, comme des sœurs souriantes, les siècles abolis, et l'on pourrait écrire des pages de philosophie sur la conjonc- tion de leur grandeur et de leur décadence. Aujourd'hui, pour combien de jours? l'art nègre attire, par ses brutales séduc- tions, une Europe quelque peu malade. La silhouette crue de Josephine Baker s'ac- commoderait mal d'un drapé de dentelle; un oripeau criard suffit autour de ses reins, pour qu'apparaissent, en découpures vives, précises, ses soubresauts de jeune bête en folie, échappée de la jungle. Evocations sauvages dont nous ne nions pas la parti- culière beauté, mais qui n'auront jamais pour nous l'attrait des danses voilées, le charme des draperies diaphanes qui laissent deviner le corps plus qu'elles ne le déro- bent. La théorie des danseuses inscrites au Parthénon, en leurs souples et flottantes chlamydes enchante toujours les peuples STORE EN BRODERIE "MARIE HENRIETTE" MODÈLE DE MARGUERITE LEHUCHER. ÉDITÉ PAR RAULT & Cie TISSU "CHAMONIX", CRÉPELINE POUR RIDEAUX, ÉDITÉ PAR RAULT & Cie Photos: Gravot

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PANNEAU DÉCORATIF "LA VICTOIRE", ÉDITÉ PAR NOËL, DESSIN DE CROUTEES. BRODERIE EXÉCUTÉE PAR Mlle CHANTEAU SUR RÉSEAU DE UN MILLION CINQ CENT MILLE MAILLES EN FIL DE BLIN. Photo Bernès-Marouteau que la Méditerranée, de la Grèce à l'Espagne, a tendrement affines. Déjà, il semble que nous fléchissions de regrets et de désirs devant nos anciennes amours. A de légers signes, on peut pressentir la revanche de la féminité renaissante, prédire que bientôt les lingerie plates et sèches ne seront plus, comme autrefois, qu’articles de couvents. Ce sera la résurrection de ces flots mousseux de dentelles, de ces franges d’écume d’où surgissaient les troublantes Vénus d’il y a trente ans. L’heure est donc propice à célébrer de nouveau la gloire de la dentelle. M. Henri Clouzot, conservateur au Musée Galliéra, est un homme trop averti, trop sensible à toutes les évolutions de la mode et du goût, pour n’avoir pas songé aussitôt à organiser une exposition. Psychologue subtil, il a compris que pour s’attirer tou-

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Mais M. Henri Clouzot est aussi un apôtre de l'art moderne. Renouvelant un effort déjà fourni en 1904 et en 1922, aidé cette fois par M. A. Legrand, il a réussi à grouper une soixantaine d'artistes et d'industriels de la dentelle. Ainsi ce beau métier, trop longtemps en léthargie, donne l'apparence d'un réveil, semble vouloir s'adapter enfin aux conditions de la vie moderne, et apporter de neufs agréments dans nos costumes comme dans la décoration de nos demeures. Il était temps! Car la dentelle, enfouie en des coffres par nos grand-mères, à la dernière rangée des armoires, n'est déjà presque plus qu'un souvenir. Interrogez une jeune fille. Entre deux matches de tennis, elle fait jouer les grosses aiguilles d'un rapide tricot, mais serait incapable de vous dire en quoi diffère un point d'Alençon d'un point d'Angleterre. Seule, la retardataire Espagne, qui jusqu'ici savait que la grande force de l'amour et de la religion réside en leur mystère, est encore, dernier d'Europe, le pays des mantilles. STORE DENTELLE ET BRODERIE A LA MAIN. ÉDITÉ PAR POULIN & Cie RIDEAUX GUIPURE. PAR Mlle YVONNE FOURGEAUD. DAVID RERIS. ÉDITEURS Photo Collas tes les grâces, exciter toutes les curiosités, allécher les dillettantes et les foules, il fallait corser une exposition de la dentelle moderne par le haut ragout de quelques pièces exceptionnelles. C'est pourquoi il a sorti de l'admirable collection d'Alfred Lescure ces merveilleux chefs-d'œuvre qui évoquent les belles manières et les douceurs de vivre pendant quatre siècles, en France, en Italie et dans les Flandres. Les noms des vieilles cités travailleuses, Argentan, Alençon, Malines, Bruges, Valenciennes, Venise, Milan, sont tissés d'im-périssable façon par l'aiguille ou par le fuseau en ces réseaux fragiles, mouchoirs, rabats, voiles de bénédiction, barbes et fonds de bonnets. Au moment qu'on s'extasie devant ces miniatures d'animaux, de fleurs, de monuments, de paniers et de guirlandes, à l'heure où revit, en ces vitrines, toute une société de dames en grands atours, de gentilhommes qui faisaient jusqu'à la guerre en dentelles, on s'émeut aussi à la pensée des ouvrières anonymes, modestes, obscures, capables de tant d'ingéniosité, parvenues à un si haut degré de perfection.

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qui ombrent le visage, l'adoucissent et le caressent, des éventails transparents et des amples jupes où le pas relevé des danseuses fait onduler de bruissantes vagues. A qui la faute ? A la guerre, sans doute, qui fut rude aux femmes comme aux hommes, les contraignit à de dures besognes, les fit sortir de leur nature et les virilisa. Aux sports, aussi ; les larges mouvements s'accommodent mieux de maillots de laine extensible que de délicates dentelles. Aux couturiers, surtout. Car enfin la femme ne fait plus la guerre et les quelques heures de sport de la plus enragée championne ne remplissent pas sa journée. Mais voilà : les couturiers trouvèrent profitable de flatter le goût des sobres tissus, des robes dépouillées d'artifices ; ils crurent de leur intérêt de ne pas employer de coûteuses matières, tout en gardant les prix forts. Imprévoyance ! En bannissant la dentelle qui allège la silhouette, la broderie qui l'enjolive, les couturiers ne prouvèrent que l'exagération des prix de leurs indigents chefs-d'œuvre. Bien plus : les étrangers copièrent aisément, et vite, des modèles dépourvus de ces précieuses gentillesse, de ces ravissantes splendeurs où nos artisans sont inimitables. STORE. MODÈLE DE SIMONE HUARD ÉDITEUR PABRAM Photo Rep STORE MACRAMÉ VÉRITABLE. CRÉATEUR-ÉDITEUR : MADELEINE MARSEILLE De même dans l'ameublement. Si la dentelle en fut bannie, la faute est aux décorateurs. Qu'ils aient bien fait de s'insurger contre les débordements d'une ornementation décadente et avilie, cela ne fait pas question. Les floraisons de 1900 étaient à nous dégoûter des fleurs, à tout jamais. Mais l'excès contraire n'est pas un bien. La cellule monastique, qui vient d'avoir son heure de succès, nous paraît déjà simplette ; et, sans pousser aux franfreluches, aux fioritures et aux ruchers, nous pouvons nous réjouir que des chemins de table viennent amuser nos regards et que des rideaux de dentelle tamisent, en leurs fines découpures, une douce lumière. Pourquoi nous priver de l'inépuisable agrément d'un rideau, de sa variété d'une pièce à l'autre, aimable dans le salon et intime dans le boudoir ? Il nous dissimule au passant mais n'oublions pas qu'en même temps, il lui raconte, seul témoin visible de la rue, nos occupations, notre élégance et jusqu'à l'état de notre âme. L'Exposition du Musée Gallière nous