Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LA PAGE DE L'ATIX LA PAGE VETIME LA PAGE CHAIGLONE LA RENAISSANCE CORTÈGE POUR L’INAUGURATION DE LA STATUE DE LOUIS XIV EN 1699, D’APRÈS UNE GRAVURE DU TEMPS. --- ENTRE autres désagréments, le Paris de Louis XIV comptait l’absence de places publiques. Il présentait à vrai dire d’autres inconvénients car les contemporains de Boileau ont connu bien avant nous les embarras de la circulation. Mais celui-là était un des plus frappants et des plus regrettables aux yeux de l’étranger. La place Dauphine à part, et la place Royale la plus grande, la plus régulière et la plus belle qui fut au monde — comme on se contentait alors de peu ! — on ne pouvait donner ce nom à des espaces vagues ou déshonorés par des fourches patibulaires, des étaux de boucherie ou de poissonnerie, des échoppes à pain ou à légumes, qui s’appelaient la Grève, la Croix du Tiroir, la Croix-Rouge, Maubert, Baudoyer et le reste. Ce n’est cependant pas au roi que revient l’initiative de la construction de la place Vendôme. Louis XIV ne s’intéressait guère aux embellissements d’un Paris où il ne paraissait qu’à de longs intervalles. Les efforts et les dépenses de la surintendance des Bâtiments se concentraient du côté de Versailles, de Marly, de Trianon, les seuls travaux que le roi eût vraiment pris à cœur. C’est à une spéculation financière que nous devons une des plus belles places de Paris, un des rares ensembles architecturaux épargnés par les percées, les alignements, les évènementres et autres opérations de --- CL. RENAISSANCE --- EXPLICATION DE LA PLACE DE LOUIS LE GRAND. Le respectement est le place grand et le plus magnifique de tous ceux que l’artiste nous a permis, son pâle et sa grandeur, surprenait tout ce qui a pu être placé à partir puisque a permis le travailleur est assez facilement d’en et est débordé, pour pâle place de ses contraintes et pâle ayant a pu être placé dans les murs, sans aucun obstacle et jamais pas de faille. M. Givaudemont est le produit de nos deux conseils. Mais cette place est prometteuse, affichée de sa peche. M. de la renaissance. Tillefroy est le moment de son 1847 et de la ville et nobles hommes. A. de la renaissance. F. renaissance et d’après les considérations et des banques que furent fait d’eux, nous avons dit qu’il y avait encore certains de leurs soldats de leur propre famille officielle. Le juge a. produit dans le pôle de l’organe et pôle de l’organe. Il a eu pour place, en toutes de ses villes, de la mort de son de l’heure. M. Macquarie, avec les juries, a été à Rome, le Royaume des citoyens par lequel je tiens la place de Louis le Grand. Avec, plus --- ORDRE DE LA MARCHE. La liste avait mis financer, selon M. Château, la maison d’Hondre, mais m. Legrand et Madame François Laporte, amoure de ses secteurs, déclaire, en quelques chiffres, de ses faillites, et des autres articles, etc., les ordres marchands, à avoir leurs loisirs, et offerts aux M. simple, chapeaux et terrasses, aussi des logements, comme du Roya de la Loire, pour que les “domiciles” furent supposés des soins, les commandes, etc., sous les conditions, notamment, et la gestion des libellés, par la suite, 1877, place de la grève, dont le des trois tiers, nous sont ajoutés aux ordres marchands, et les impôts, comme ordres de détails, sont calculés, et les ordres marchands, qui furent fait d’eux, nous avons dit qu’il y avait encore certains de leurs soldats de leur propre famille officielle. Le juge a. produit dans le pôle de l’organe et pôle de l’organe. Il a eu pour place, en toutes de ses villes, de la mort de son de l’heure. M. Macquarie, avec les juries, a été à Rome, le Royaume des citoyens par lequel je tiens la place de Louis le Grand. Avec, plus ---

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE voirie qui ont bouleversé la capitale depuis un siècle et demi. L'Hôtel Vendôme. Au xve et même au xvie siècle l'agglomération parisienne s'arrêtait aux fortifications dont la porte Saint-Honoré marquait l'extrémité ouest, à la place actuelle du Théâtre Français. Au delà, des jardins, des cultures, des couvents et quelques rares maisons, le long du chemin conduisant au Roule, qui portait le nom de Faubourg-Saint-Honoré ou de rue Neuvesaint-Honoré. Mais la construction extra-muros du Palais des Tuileries décidales courtisans à s'établir dans ces parages. Un des premiers pionniers fut Antoine de Gondy du Perron, dont la femme, Marie-Catherine de Pierrevive, avait servi de surintendante à Catherine de Médicis pour ses travaux. Ce compatriote de la Reine-Mère construisit un hôtel au milieu des terrains boisés et des jardins qui bordaient le faubourg. Il y mourut, ainsi que sa femme : de mains en mains le domaine arriva à Marie de Luxembourg, dame de Mercœur, qui le réédifia sur un plan grandiose. En 1633, quand la construction de l'enceinte eut reculé la porte Saint-Honoré au débouché de la rue Royale actuelle, l'Hôtel de Vendôme et ses dépendances furent enclavés dans Paris. C'était un domaine de plus de trente hectares. Le troisième duc de Vendôme, Louis-Joseph, futur général de Louis XIV, et son frère Philippe, Chevalier de Malte, habitaient encore l'hôtel en 1677. Mais le désordre de leurs biens était tel que les spéculateurs jetèrent leur dévolu sur le domaine pour en faire un lotissement profitable. La société se composait de cinq traitants et de Jules Hardouin- Mansart, architecte du roi, qu'on n'est pas autrement surpris de voir mêlé à cette gigantesque entreprise, tant ses opérations financières lui ont valu de brocarts et d'épigrammes sanglants. Une chanson de 1706 adjurait le Roi de lui faire rendre gorge . Reprenez lui ses terres, ses domaines, Reprenez lui ses comtés, ses châteaux : Vous en payerez deux mille capitaines Ou tout au moins vingt de vos généraux. C'est votre bien, vous pouvez le reprendre. A maçonner l'on gagne son écu ; S'il ne le veut, Sire, faites le pendre, Car aussi bien, n'a-t-il pas trop vécu ? Les associés se proposaient, d'acheter l'hôtel Vendôme avec ses dépendances, d'en faire l'exploitation en détail et de partager au prorata de la portion de chacun «les gains et pertes qu'il plairait à Dieu de leur envoyer ! » Cette édifiante résignation à la volonté divine n'eut pas cependant un succès immédiat. Colbert ne favorisait guère les traitants. Mais quand Louvois eut pris la surintendance, après la mort du grand ministre, il rouvrit l'ère des dépenses pour les bâtiments et entra dans les vues du Premier Architecte du Roi. Il n'eut aucune peine à prouver à Louis XIV que sa dignité était engagée à faire construire une place digne de la majesté royale sur le chemin que les ambassadeurs étrangers suivaient pour se rendre à Saint-Germain et à Versailles, qu'il ne pouvait rester en arrière d'un simple courtisan comme La Feuillade, qui faisait des merveilles à la place des Victoires. Le 4 juillet 1685, le roi se porta acquéreur, moyennant 670.000 livres, de l'hôtel Vendôme et accepta le plan grandiose de Mansart et de Louvois, comportant une place carrée de 165 mètres sur 150 au milieu de laquelle s'érigerait sa propre statue. La place n'aurait que trois faces, le quatrième côté restant ouvert le long de la rue Saint-Honoré. On y logerait la Bibliothèque royale, les Académies, la Monnaie, l'Hôtel des Ambassa- DÉMOLITION DE L'HÔTEL DE VENDOME. D'APRÈS LA " GÉOMÉTRIE PRATIQUE " DE MANESSON-MALLET, 1702. CL. RENAISSANCE

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE deurs. Il fallait pour cela exproprier un couvent, celui des Capucines, qui formait enclave sur la rue Saint-Honoré. Mais on le rebâtirait à l'est de la place, et son portail formerait une perspective architecturale à travers un arc monumental. Les Premières façades de Mansart. On commença naturellement par déplacer le couvent. Les travaux furent menés assez rapidement pour que les religieuses pussent s'installer dans les nouveaux bâtiments dès 1688. Mais l'église demanda plus de temps. Il fallut refaire deux fois le portail. La décoration définitive n'en fut terminée qu'en 1722 par le sculpteur Vassé. Une voie nouvelle, en prolongement de la rue Neuvedes-Petits-Champs, fut ouverte dans la direction des anciens remparts. On lui donna d'abord le nom de rue Saint-Ovide, mais cette appellation cède bientôt la place à celle de rue des Capucines. Dès 1686, un arrêt mettait en vente les terrains qui allaient rester libres, après la construction des édifices publics projetés par le service des Bâtiments. Le roi se chargeait de faire élever les façades sur les trois côtés de la place, afin d'assurer la symétrie architecturale. Les acquéreurs des terrains n'auraient qu'à bâtir derrière ce mur d'architecture, sans y rien changer : « Ils deviendront propriétaires incommutables des arcades que sa Majesté y fait bâtir, dit l'affiche imprimée à cette occasion, et pourront en acheter autant de front qu'ils le désirent, pourvu qu'ils ne demandent pas moins de deux arcades. » Le plan qui accompagne cette affiche comporte trente-trois arcades sur chacun des grands côtés. La façade du fond, coupée par l'arc triomphal, n'en compte que vingt-six. Malgré tant d'avantages, les acquéreurs tardèrent à se présenter. Louvois mourut en 1691. La guerre de succession d'Espagne et les dépenses extraordinaires qu'elle entraîna arrêtèrent les travaux. Après la paix de 1697, la dépense était si formidable, sans que les façades fussent entièrement élevées, que Ponchartain proposa au Roi de ne plus rien réserver dans le lotissement à des établissements publics, et de liquider à tout prix une entreprise ruineuse, en vendant la totalité desterrains aux particuliers. Le Roi entra dans ces vues sans même réserver la façade de l'ouest où l'on avait commencé à édifier la Bibliothèque. Voici en ce moment quel était l'aspect de ce décor d'architecture en CL. RENAISSANCE STATUE DE LOUIS XIV PAR GIRARDON. GRAVURE DE P.-F. TARDIEU. CL. RENAISSANCE INAUGURATION DE LA STATUE DE LOUIS XIV SUR LA PLACE VENDOME. — 1699. DESSIN ANONYME.

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CÉRÉMONIES OBSERVÉES À PARIS POUR L'ÉRECTION DE LA STATUE ÉQUESTRIE DE LOUIS LE GRAND, ÉLEVÉE EN L'HONNEUR de M. Münster, et sonneuse dans la Place appelée de son nom le 21 Avril 1699 par M. H. Gouverneur Président des Marchands et Echervins de cette Ville - Les Statues sont faits par M. Girardien premier Sculpteur du Bas et à ce point en fonte d'un vif jet par M. Keller, la Place de Louis Le Grand mont de haute taille qu'on les voit vis-à-vis par Monsieur Münster. L'A. Offen et Comte, pargeant Roy Secrétaire des Bâtiments de nos M° le 13 Octobre ALMANACH POUR LAN DE GRACE M DCC LA PLACE VENDOME LE 13 AOUT 1699, D'APRÈS UN ALMANACH DE L'ÉPOQUE. AU FOND, L'ARC TRIOMPHAL À L'ENTRÉE DE LA RUE DE LA PAIX.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE 273 CL. RENAISSANCE LA PLACE VENDOME AVEC LES PREMIÈRES FAÇADES DE MANSART VUES DE LA RUE SAINT-HONORÉ. — COLLECTION PAUL RADIUS. l'air dont on chercherait peut-être vainement un autre exemple dans l'histoire. La place était formée par trois lignes de bâtiments ou plutôt de murs derrière lesquels il ne se passait rien. Mansart avait disposé au rez-de-chaussée une ordonnance continue d'arcades formant une galerie voûtée. Au-dessus un ordre ionique en pilastres portait un grand entablement qui couronnait l'édifice. Les croisées entre les pilastres, étaient surmontées de frontons alternativement angulaires et sphériques, imités du vieux Louvre. Au fond de la place s'élevait un grand arc ouvert, soutenu par deux avant-corps formés chacun de deux colonnes ioniques isolées. On devine avec quelle surprise les Parisiens virent Louis XIV renoncer à une entreprise déjà si avancée, d'autant plus que la statue royale, colossale figure équestre modelée par Girardon, avait été fondue par Keller le dernier jour de l'an 1692 et était toute prête à être posée. CL. RENAISSANCE VUE DES SECONDES FAÇADES DE MANSART SUR LA RUE SAINT-HONORÉ. COLLECTION HARTMANN.

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Vue-perspective de la Place de Louis le Grand avec la Représentation des Salles ordinaire à l'occasion du Mirage de CL. RENAISSANCE LES "BALS DE BOIS" SUR LA PLACE VENDOME EN 1745 ET 1747. COLLECTION HARTMANN. LA FOIRE SAINT OVIDE SUR LA PLACE LOUIS-LE-GRAND, D'APRÈS UNE VUE D'OPTIQUE DU XVIIIe SIÈCLE. CL. RENAISSANCE

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE 275 Mais l'affaire eut une meilleure issue qu'on ne pouvait espérer, grâce à la bonne Ville de Paris qui, une fois de plus, fut la providence du Trésor royal. Elle accepta la cession des terrains, des constructions commencées et des matériaux déjà amenés sur place, contre l'engagement de construire un hôtel pour les mousquetaires au faubourg Saint-Antoine — c'est aujourd'hui l'hôpital des Quinze-Vingts — et de rebâtir la place sur un nouveau plan et dans des proportions plus réduites. Les lettres patentes de délaissement furent signées le 7 avril 1699 et comme il était nécessaire d'avoir des fonds immédiatement disponibles, une compagnie de spéculateurs, comme la première fois, prit l'affaire en mains et offrit de se charger de toute l'entreprise de la place, en donnant 620.000 livres, dont 150.000 au comptant. C'était plus qu'on ne prévoyait pour construire l'Hôtel des Mousquetaires. Inauguration de la Statue de Louis XIV. Il ne restait plus à la Ville, pour remercier le Roi, qu'à procéder à l'érection de la statue qui eut lieu le 8 août. L'inauguration solennelle se fit cinq jours après, avec une pompe extraordinaire. Sur la place même, autour de la statue, des entrepreneurs avaient fait élever des échafauds, l'un pour messieurs de la ville, l'autre pour le public. Seul peut-être le caustique Saint-Simon ne prit pas goût à ces honneurs démesurés rendus au Roi : GRAND CONCERT Picard par son Détachement des à Fougères Foire Saint Ovide au EXTRAORDINAIRE Quinz vint au Caffè aux ? Mars de Septembre 1774. CL. RENAISSANCE LE CONCERT DES AVEUGLES À LA FOIRE SAINT OVIDE. « On ne fit, dit-il, que recommencer ce qui s'était fait à sa statue de la place des Victoires... Le duc de Gesvres, Gouverneur de Paris, à cheval, à la tête du corps de ville, y fit les tours, les rêverences et les autres cérémonies tirées et imitées de la consécration de celles des empreuves romains. Il n'y eut à la vérité ni encens ni victimes; il fallut bien donner quelque chose au titre de roi très chrétien. » En réalité le cortège fut magnifique. En tête marchaient les gardes du gouverneur, tout galonnés d'argent sur leurs justaucorps rouges, puis six pages à cheval, en justaucorps neufs de velours vert garnis d'or, et huit gentilshommes, en justaucorps bleus galonnés d'argent. Le duc de Gesvres, à la droite du Prévôt des Marchands, portait un splendide justaucorps à fond bleu enrichi de broderie d'or, avec une veste en drap d'or, brodé d'argent, sur laquelle brillait son ordre de pierreries. La housse de sa selle était de toile d'or. La bride, le mors et les bossettes de son cheval étaient dorés, l'émouchoir de tresse d'or. Le harnachement plus simple du prévôt n'était que de velours noir orné d'argent. Derrière ces deux personnages, vingt-quatre valets de pied conduisaient autant de chevaux de main. Escorté des trois compagnies des archers de la ville, timbales, trompettes, hautbois, et des gardes du gouverneur, le cortège se rendit de la rue Coq Héron, où habitait le duc de Gesvres, à la nouvelle place, par les rues du Bouloi, des Petits-Champs et Saint-Honoré,

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE Mansart. Cette fois la place réduite dans les deux sens prit les dimensions qu'elle a aujourd'hui : 124 mètres de largeur sur 213 de longueur en y comprenant les deux entrées de rues du côté des Capucines et de la rue Saint-Honoré. Elle prit la forme d'un octogone imparfait ou plutôt d'un rectangle à pans coupés. Mansart remplaça la galerie ouverte du rez-de-chaussée par des arcades en plein cintre fermées et choisit l'ordre ionique au lieu du corinthien pour les pilastres des façades. Les bâtiments eurent deux étages avec combles. Au milieu des deux grands côtés, on éleva un avant-corps en attique orné de quatre colonnes à chapiteau portant un fronton sculpté. Les pans coupés reçurent aussi des avant-corps moins saillants et moins ornés. Dès le mois de septembre 1699, on commença à démolir l'ancienne façade d'architecture et la reconstruction de la nouvelle se fit à mesure. Il semble bien que la société tint les engagements qu'elle avait pris d'élever les façades jusqu'aux « premières plinthes avant le 1er juillet 1700 et pour le surplus jusqu'au haut avant le 1er octobre 1701 ». Deux gouaches du Musée Carnavalet, signés V. Antier et datées de 1705 indiquent une place parachevée, ce qui devait être vrai pour les façades, mais non pour les maisons d'habitation, car en 1704, presque toutes les arcades restaient à vendre. Les terrains étaient encore « vains et vagues, hors cinq ou six où l'on avait construit des bâtiments. » Comme à la place des Victoires tous les hôtels accolés à la façade monumentale de Mansart furent d'ailleurs bâtis par des gens « à qui la fortune, dans ces dernières années de confusion, procura les facultés de se loger en grands seigneurs et en gens d'importance ». Autrement dit, la place fut habitée par les nouveaux riches qu'on CL. RENAISSANCE LA PETITE LAITIÈRE DE LA PLACE VENDOME. COLLECTION HARTMANN. « Suzon, la petite laitière, venait tous les jours par la rue du Faubourg Saint-Honoré jusqu'à la place Vendôme. Il fallait voir comme elle était faite ! » RESTIF DE LA BRETONNE. et fit deux tours devant la statue en la saluant et en lui rendant les honneurs réglés. Il y eut à l'Hôtel de Ville un banquet de soixante-dix personnes. Tout le long du parcours, le Prévôt ne cessa de jeter de l'argent au peuple. Les Capucines exposèrent la châsse de Saint Ovide. Dans l'après-midi, il y eut des joutes sur la Seine et le soir on tira un feu d'artifice, dont le sujet principal représentait la nouvelle statue du roi dans le temple de la Gloire. Construction des secondes façades de Mansart. Les lampions éteints, il fallut se mettre à l'ouvrage pour édifier la place, qui devait prendre le nom de place Conquêtes, mais qui garda celui de place Louis-le-Grand, consacré par la voix publique et l'affiche officielle des fêtes. Le nouveau plan était encore de VUE DE LA PLACE VENDÔME CL. RENAISSANCE LA PLACE VENDOME SOUS LOUIS XVI, D'APRÈS UNE GRAVURE DE JANINET.

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CL. RENAISSANCE RENVERSEMENT DE LA STATUE DE LOUIS XIV EN 1792, D'APRÈS UNE GRAVURE DE L'ÉPOQUE. COLLECTION PAUL RADIUS. CL. RENAISSANCE CONSTRUCTION DE LA COLONNE DE LA GRANDE ARMÉE, D'APRÈS LA GRAVURE DE DUPLESSIS-BERTAUX.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE appelait alors traitants, maltotiers ou partisans. Une truées par les portails de l'église des Capucines au nord, épigramme, sur les statues des trois et du couvent des Feuillants au sud, ce rois : Henri IV, Louis XII, Louis XIV, qui donnait à son œuvre « plutôt courut les ruelles : l'image d'un vaste cloître que d'une A la place Royale on a placé ton père place royale dont la majesté doit s'an- Parmi les gens de qualité ; noncer de loin par de belles avenues ». On voit, sur le pont Neuf, ton aïeul débonnaire Quoi qu'il en soit la création de la Près du peuple qui fut l'objet de sa bonté. place Vendôme fut l'origine de toute une Pour toi, des partisans le prince tutélaire. ville nouvelle. Du côté des Capucines et A la place Vendôme, entre eux on l'a placé. du boulevard, la rue Louis-le-Grand, Et Saint-Simon, toujours sans continuation de la rue Neuve-des- indulgence, écrit que Louis XIV, logé Petits-Champs par la rue des Capucines, avec les maltotiers sur la place des la rue Neuve-Saint-Augustin, ouverte Victoires, ne trouva pas meilleure de 1701 à 1714 entre les rues Gaillon compagnie sur l'autre place. et Louis-le-Grand, se couvrirent de maisons, beaucoup mieux habitées que celles de la place. La guerre de succession d'Espagne La Place Vendôme sous Louis XV et la misère générale des dernières et sous Louis XVI. années du règne aidant, il fallut Sous la Régence et le règne de une quinzaine d'années avant que la Louis XV, la place Louis-le-Grand entre place Vendôme fût habitée, et le fait définitivement dans l'histoire de Paris. est d'autant plus surprenant que le A plusieurs reprises elle est le théâtre développement du quartier avoisinant de fêtes de toute nature : revues de s'opérait pendant ce temps beaucoup troupes, publications de paix, défilé pom- plus rapidement. Mansart, il faut en peux de l'ambassade turque en 1721, convenir, n'avait pas « une bonne visite du Tsar Pierre-le-Grand. On y presse ». On lui reprochait bien gra- voit les bals merveilleux offerts suc- tuitement les angles rentrants de ses quatre pans coupés et beaucoup plus justement l'étroitesse de ces deux issues trop étroites, et comme obs- LA COLONNE DE LA GRANDE ARMÉE. — TOILE DE JOUY DES MONUMENTS DE PARIS VERS 1816.

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PLACE VENDOME, N° 19 — ANCHEN HOTEL D'ÉVREUX. GRAND SALON DU 1er ÉTAGE. CLICÉ DES VIEUX HÔTELS DE PARIS