Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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JUILLET... ...1908 L'ART ET LES ARTISTES Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT N° 40 4e ANNÉE --- SOMMAIRE Les Grands Chefs-d’œuvre. — Façade de la Cathédrale de Reims (Ouest) La Cathédrale de Reims . Camille Enlart La Jeune École de Peinture en Angleterre . . . . Frank Rutter L’Art Polonais . . . . William Ritter (43 illustrations, plus une planche en couleurs) Chronique du Mois L’art décoratif. — Les mois artistiques en France et à l’Étranger. — Les Échos des Arts. — Les Expositions. — Les Livres. etc., etc. --- REVUE D’ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX-MONDES LE NUMÉRO France.. 1 75 Étranger.. 2 25 DIRECTION, RÉDACTION ET ADMINISTRATION : = 10, Rue Saint-Joseph, PARIS = ABONNEMENT France.. 20 fr. Étranger. 25 fr.

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L'ART ET LES ARTISTES Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire : FRANCIS DE MIOMANDRE SOMMAIRE DU NUMÉRO 40 LES GRANDS CHEFS-D’ŒUVRE : Cathédrale de Reims : façade principale (Ouest), 1 illustration. LA CATHÉDRALE DE REIMS, 10 illustrations. LA JEUNE ÉCOLE DE PEINTURE EN ANGLETERRE, 11 illustrations. L’ART POLONAIS A VIENNE, 9 illustrations. LA FERRONNERIE : Alexandre Brosset, 5 illustrations. VIOLLET-LE-DUC CAMILLE ENLART FRANK RUTTER WILLIAM RITTER LÉANDRE VAILLAT Le Mois artistique en France, 6 illustrations, par F.M.; Allemagne du Sud, par William Ritter; Angleterre, par Frank Rutter; Belgique, par G. Vanzype; Italie, par Ricciotto Canudo; Orient, par Adolphe Thalasso; Pologne, par Adam de Cybulski; Suisse, par Gaspard Vallette. — Echos des Arts. — Bulletin des expositions. — Bibliographie, 1 illustration. Épreuve d’Art : Portrait d’enfant (hors-texte en couleurs), par VIDAL. --- ARONNEMENTS: France, 20 fr. — Étranger, 25 fr. Le numéro, 1 fr. 75 Les avis de changement d’adresse doivent nous parvenir, accompagnés de 0 fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois suivant. --- Les articles publiés par l’Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. --- TÉLÉPHONE 238.61 → J. FÉRAL EXPERT EN TABLEAUX PARIS — 7, Rue Saint-Georges, 7 — PARIS TÉLÉPHONE 238.61 ← --- Galeries KLEINBERGER 9, RUE DE L’ÉCHELLE TABLEAUX ANCIENS Spécialité: ÉCOLES HOLLANDAISE ET FLAMANDE ---

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LES GRANDS CHEFS-D'ŒUVRE CATHÉDRALE DE REIMS : FAÇADE PRINCIPALE (OUEST) - L^ cathédrale de Reims a toute la force de la cathédrale de Chartres sans en avoir la lourdeur. Elle réunit enfin les véritables conditions de la beauté dans les arts : la puissance et la grâce. Viollet-le-Duc.

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LA CATHÉDRALE DE REIMS Il est des contrées, comme la Hollande, où la monotonie de la nature se reflète dans une architecture pauvre d'imagination; en France, au contraire, les conceptions les plus grandioses, exubérantes et pittoresques de l'art gothique ont surgi dans le calme des plaines, à Amiens, Beauvais, Chartres, Bourges ou Reims, et les beaux édifices disparus de nos provinces du Nord eussent confirmé cette remarque. Avec leurs couronnements inachevés, entourées de maisons plus hautes qu'autrefois, nos cathédrales ne réalisent pas tout l'effet que leurs constructeurs avaient prévu, et pourtant, avec quelle grandiose majesté ne dominent-elles pas la cité et la campagne, symboles toujours imposants de la domination qu'exerçait la foi au temps où elles s'élevèrent. En elles vit l'âme des ancêtres, car elles sont l'expression singulièrement émouvante de la force de leurs croyances, de leur énergie et de leurs merveilleux instincts d'artistes. Il serait puéril de rechercher quelle est la plus belle parmi ces œuvres de génie, mais combien

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L'ART ET LES ARTISTES LES VENDANGES (CHAPITEAU) intéressante est leur diversité! Chacune réalise dans une conception différente et originale un égal degré de perfection. Commencée après celles de Laon, de Chartres et de Paris, et avant celle d’Amiens, la cathédrale de Reims s’est achevée plus lentement. M. Louis Demaison a bien établi son histoire. C’est en 1211, à la suite d’un incendie, qu’un maître champenois, Jean d’Orbais, formé dans le chantier de l’abbaye de son bourg natal et déjà connu par d’autres travaux, comme très probablement la chapelle du château de Baye, fut appelé à donner les plans. Vingt ans plus tard, le choeur était inauguré. A Jean d’Orbais revient l’honneur d’avoir conçu l’ordonnance générale que ses successeurs suivirent plus ou moins. Après lui, Jean le Loup commence les portails du nord, et vers 1247 Gaucher de Reims le remplace pour huit ans; on lui doit les voûtes du transept. Vers 1255, Bernard de Soissons lui succède; pendant trente-cinq ans il dirige la construction de cinq travées de la nef et d’une partie de la façade; il est l’auteur de la grande rose. C’est à la façade encore que travailla Robert de Coucy, mort en 1311, et de qui plusieurs historiens de la cathédrale ont singulièrement exagéré le rôle. Ses successeurs, aux prises avec toutes les misères de la guerre de Cent ans, continuèrent péniblement l’œuvre que nul n’acheva ni n’achèvera. Ces maîtres se nommaient: en 1328, Colard; en 1352, Gilles de Saint-Nicaise; en 1389, Jean de Dijon, un Rémois malgré son nom. Il mourut en 1416, et son successeur, Colard de Givry, en 1452. Ce dernier, bénéficiant d’une période plus prospère, éleva des couronnements. Ce fut lui sans doute qui planta sur le pignon sud un sagittaire de bronze décochant sa flèche à l’antique cerf, également en bronze, qui décorait la fontaine devant l’archevêché. A l’archevêché il a pu faire la grande salle, et dans la cathédrale il avait élevé un élégant et riche jubé que la barbarie des chanoines du xviii^e siècle fit disparaître en même temps que le labyrinthe où étaient gravés, comme à Amiens, les portraits et les noms des premiers maîtres de l’œuvre. Moins heureuse que celle de Chartres, la cathédrale de Reims, comme bien d’autres, n’a pas reçu

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L'ART ET LES ARTISTES STATUES DU PORTAIL OUEST (PORTE CENTRALE)

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L'ART ET LES ARTISTES les flèches prévues sur ses tours ; elles restent interrompues au niveau des frontons des grandes baies, mais elle a eu la bonne fortune d'être peu défigurée. Sa sculpture a subi sous Louis XIV de mauvaises restaurations, et en 1815 des mutilations, mais la Réforme et la Révolution l'ont épargnée. La cathédrale de Reims ne vise pas à la légèreté et à la radieuse clarté d'autres édifices du même temps. L'intérieur est sombre et puissant ; les piliers, très hauts et presque trop robustes pour les parties supérieures, ont fait croire que les premiers constructeurs avaient projeté une église plus élevée. La chapelle de la Vierge n'a pas le développement spécial qu'on lui donne ailleurs ; les étroites galeries qui traversent les embrasures des fenêtres des bas-côtés sont un caractère d'architecture champe-noise ; d'autres caractères s'expliquent par une influence germanique, comme les pignons qui couronnent les tours et qu'adopta toute l'école gothique de Champagne, et comme les hautes galeries d'arcatures qui surmontent les murs, et n'ont d'analogues dans aucune autre église française. MASQUE

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L'ART ET LES ARTISTES ARCS-BOUTANTS ET CONTREFORTS DE L'ABSIDE