Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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CAMILLE CLAUDEL, STATUAIRE
La statue, ce qui, dégagé du terme et de l'obélisque, se tint debout sur l'agora de la Grèce antique, ce furent des corps vrais de femmes et d'hommes, exemplaires durables de l'être canonique. De la pierre même dont la cité est construite, on fit ces habitants immortels. Dieux, héros, vainqueurs aux jeux, ils mêlent, immobiles, à la foule passante l'image de cette personne parfaite qu'elle anime, déforme et multiplie. Nus, ils se maintiennent sur leurs pieds. Ils sont la belle pousse ronde de la libre créature dans son intégrité colonnaire. Ils possèdent leur harmonie complète en eux-mêmes; de tous côtés visibles, ils tournent avec l'œil et la lumière qui se déplacent. Leur fut, au plein de toute l'heure de la journée, repère l'espace aérien et le monument du site. De quelque côté que la lumière les prenne, elle trouve en eux l'homme tout entier vivant.
Mais quand la parole chrétienne vint détruire avec le silence l'attente éparse des dieux par l'homme chargés de le garder à sa place, des rues et des carrefours le peuple fictif avec l'autre fut convoqué à l'assemblée
Camille Claude
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LA VIEILLE HÉLÈNE (1882)
(Plâtre, appartenant à M. le Dr de Massary).
Photo Lémery.
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Photo Marquette, Lille.
BUSTE DE Mme DE MASSARY, NÉE LOUISE CLAUDEL (1885)
(Plâtre, Musée de Lille).
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GIGANTI (1886)
(Bronze, Musée de Lille).
Photo Marquette, Lille.
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L'ART DÉCORATIF
sacramentelle ; ils entrent et s'incorporent à l'église. Le corps individuel ne se suffit plus à lui même; il ne vaut plus que par la place qu'il occupe et par le geste ou signe qu'il fait, et non par ce qu'il est, mais par ce qu'il dit. Il n'épouse plus du soleil que certains rayons. A son poste dans l'Evangile, comme le prêtre et l'ouaille, comme le cierge et la cloche, le saint ou le démon de pierre s'acquittent, suivant l'Heure, de l'Office.
Puis, après les longs siècles de discipline et de hiérarchie, où la statue aux murailles du moûtier ou de l'hôtel de ville, au pignon de la Maison des Orfèvres ou des Corroyeurs, signe, insigne, enseigne ou enseignement, monte sa faction officielle, la Société, jusque-là resserrée aux remparts du donjon et aux ruelles de la Commune, ouvre un jour ses fenêtres et ses portes. L'étroite meurtrière devient la haute croisée, et le besoin naît d'arranger le coin de terre vassale qui s'offre à l'œil, pour lui. L'art donc de trois siècles s'emploie au déploiement des façades et des jardins, ce qui regarde et ce qui est regardé. La statue du Moyen Age était faite pour son rôle dans la pierre totale, celle-ci pour sa position dans le décor. Mais, comme aux âges précédents, elle parfait toujours, elle fixe l'attitude maîtresse. Parmi l'architecture des palais et des fontaines, elle triomphe paisiblement du spectacle autour d'elle ordonné avec magnificence ; et, du haut des mausolées encore,
PAUL CLAUDEL À 16 ANS (1854)
(Bronze, profil d'une variante du buste reproduit de face à la page 12, Musée de Toulon).
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Photo Lémery.
VICTOIRE (1887)
(Peinture à l'huile, inachevée, appartenant à M. Mathias Morhardt).
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Photo Lemery.
EUGÉNIE (1887) (1)
(Peinture à l'huile, appartenant à M. Mathias Morhardt).
(1) Eugénie et Victoire étaient les domestiques de la famille Claudel.
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PAUL CLAUDEL A 18 ANS (1886)
(D'après un bronze, appartenant à Mme Escudier).
Photo Lémery.
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Photo Miesienski, Avignon.
BUSTE DE JEUNE ROMAIN (1886)
(D'après M. Paul Claudel, Musée d'Avignon).
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L'ART DÉCORATIF
elle mesure les avenues de la Vie. Des bois et des brouillards, les hôtes de la Fable et du Passé se sont dégagés pour faire leur cour au seigneur du lieu; il les retrouve sous
BUSTE DE M. DE MASSARY (1888)
Photo Lémery.
(Plâtre, appartenant à M. de Massary).
ses yeux comme dans sa mémoire, il en est agréablement accompagné. Ils historient le site. Tel bocage devient en effet celui de Mercure ou d'Apolлон. Et toujours le rempart du mur, l'écran des galeries et des quinconces, le jeu d'une draperie ne laisse
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Calco dal mobile
Photo Lémery.
TORSE DE FEMME (1887)
(Plâtre).