Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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La Société des Artistes décorateurs au Pavillon de Marsan C'est proche l'Hôtel de Ville, dans une salle de café spacieuse et très remplie, que naquit, le 15 avril 1901, la Société des Artistes décorateurs, dans un nuage de fumée opaque auquel avaient fraternellement collaboré, avec les cigarettes et les pipes, quelques cigares plus arrivés. Un très jeune avocat intelligent et actif, qui avait envie de fonder quelque chose sans savoir exactement quoi, avait provoqué cette réunion où il parla gentiment, avec ce bonheur que les opinions les plus diverses trouvèrent chacune dans son discours quelques points où se confirmer. L'enthousiasme s'échauffa en anathèmes virulents contre les patrons des grandes industries d'art, les Salons officiels et leurs jurys ; l'Union Centrale des Arts Décoratifs, vigoureusement conspuée, eut les honneurs d'une huée spéciale, et les plus modérés n'osèrent la défendre. Cependant comme chacun des assistants avait à cœur de faire triompher une opinion, peu importait que celles-ci fussent diverses et même opposées, l'organisateur malin n'utilisa que la chaleur généreuse qui les mettait en mouvement, et de cette habile cuisine parlementaire une commission d'étude naquit. Elle accoucha sans grands efforts d'une constitution calquée sur celle des grandes sociétés artistiques, un comité fut élu d'enthousiasme et les plus brillants espoirs devinrent légitimes. Lorsqu'avec une égale bonne volonté, les délégués voulurent entrer dans le domaine de l'application pratique, il fallut bien s'apercevoir qu'une diversité très nette d'intérêts fractionnait ce groupement artificiel. Les habitués des Salons officiels, hors-concours pleins de sécurité qui étaient venus là parce qu'ils pensaient judicieusement qu'il est bon, à tout hasard, d'avoir un pied ou une main dans les sociétés naissantes où tant bien que mal leur étiquette leur donne entrée, ne voulaient se brouiller avec personne ; d'autres voulaient se brouiller avec tout le monde parce que des gens qui se disputent font beaucoup plus de bruit que ceux qui s'accordent et qu'à force de se faire entendre on a des chances de se faire écouter; les événements semblent démon- EDME COUTY. Étude de pin pour un panneau décoratif.

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L'ART DÉCORATIF 2 F. SCHEIDECKER. trer que le troisième parti avait raison, il eut le tort d'avoir raison trop raisonnablement. Celui-là professait que les artistes décorateurs devaient d'abord se reconnaître et s'unir, ensuite réclamer dans le monde des arts une place un peu moins sacrifiée que la situation de parents pauvres dans laquelle l'administration des deux Grands Salons déploie une égale énergie à les confiner, l'un par la parcimonie de ses encouragements, l'autre par l'excès d'une indulgence un peu méprisante. Il ne s'agissait pas de partir en guerre contre des institutions vénérables, mais de chercher à vivre sans elles, à briser le cadre exigu où dans le domaine matériel comme dans le moral cette hospitalité dangereuse enfermait les arts mineurs; beaucoup estimaient que les Grandes Dames, avec lesquelles il faudrait être poli et même aimable, verraient sans amertume s'éloigner le protégé devenu encombrant. On préféra s'attarder à des classifications très délicates, à des revendications d'un intérêt incontestable, mais qui ne devaient pas absorber toute la vie de la Société. Pendant que l'on discutait combien de signatures avaient le droit de s'inscrire sur une salière ou un manche de couteau, que l'on refusait à tel bijoutier connu le titre d'artiste parce qu'il ne sertissait pas lui-même ses pierres et qu'on l'accordait à tel autre, simple exécutant de modèles qu'il n'avait ni conçus ni dessinés, les questions de production artistique passaient au dernier plan; la haine des collaborateurs indispen- F. SCHEIDECKER. Service à thé, cuivre et ivoire.

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L'ART DÉCORATIF sables, la vanité des préséances devinrent les pivots de stériles discussions et d'interminables rapports qui fatiguèrent les meilleures volontés. On discuta sérieusement des propositions du genre de celle-ci : « Le véritable auteur d'un objet d'art n'est ni celui qui en compose le dessin ni celui qui l'exécute en matière définitive, mais celui qui, l'ayant établi en plâtre, l'a étudié dans sa forme propre ! » Qu'auriez-vous pensé de tels bavardages, ô ciseleurs de nos cathédrales gothiques, A. G. SZABO. Chenets en fer forgé. artisans admirables et anonymes? Cependant Notre-Dame vaut bien un couvert de Christofle. Après six ans de ce régime on ne s'est pas encore accordé, paraît-il, sur la définition de « l'Artiste Décorateur », au moins de celle du dignus intrare. « Sont membres actifs, disent les statuts avec une prolixité qui prouve la difficulté d'un énoncé clair, les artistes français décorateurs notoirement professionnels, faisant personnellement œuvre d'art et créateurs de modèles d'art appliqué ou d'œuvres ayant une destination décorative déterminée.

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$\mathbb{R} \quad 4 \quad \mathbb{R}$ $\mathbb{R}$ L'ART DÉCORATIF $\mathbb{R}$ Notons, en passant, que cet article prend un piquant imprévu en tête du catalogue de l’Exposition actuelle, appliqué à certains noms qu’il renferme. A l’heure présente, la Société des A. D., qui comptait 305 membres en 1905, est réduite au chiffre de 191, sur lesquels on n’a pu réunir que 83 exposants. Encore la plupart ont-ils fait le seul effort d’envoyer ce que l’on appelle « une carte de visite », les « déjà vus » des trois Salons et même d’exhibitions moins classées. La bruyante Société semblerait n’avoir voulu à la douce chaleur des sous la houlette enrubannée en place de la torche fumeuse, qui la ralliait letin de faire part nous foyer, pieusement entretenu première heure, comme le pas étouffé complètement férence, cette exposition est Elle tire de cet indice que mourir honorablement calorifères semi-officiels, qu’elle a pris pour enseigne ardente, quoique un peu jadis. Cependant, un bulparait encore prématuré, le par quelques fidèles de la dévoué président actuel, n’est sous les cendres de l’indifférence qui le démontre. presque tout son intérêt. G.-A. SZABO. Lustre en fer forgé et cuire repoussé. Aussi espérons que l’on comprendra pourquoi nous en avons pris thème pour dire quelques mots de l’histoire intime de la Société des A. D. C’est que sur celle-ci se fondait l’espoir d’une entente pour la défense d’intérêts qui touchent à l’existence même de l’Art Décoratif en France et dépassent de beaucoup le cadre mesquin des débats d’amour-propre professionnel ou autre. A l’heure présente, l’Art Décoratif moderne est en lutte avec plus d’ennemis qu’il n’en rencontra jamais. On sourira peut-être que nous fassions figurer parmi les plus actifs à côté de la concurrence du brie-à-brac et de l’indifférence artistique de toutes les classes, la folie de l’automobile, l’éducation élémentaire des amateurs et les grands magasins; nous développerons cette thèse un jour et nous nous faisons forts de prouver que ces fléaux caractéristiques de notre époque conduisent

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$\mathbb{Q}$ L'ART DÉCORATIF $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ 5 $\mathbb{Q}$ très sûrement notre pays au dernier rang de la production du monde entier pour ces arts mineurs où nous avons si longtemps triomphé sans conteste. Le rôle que la Société des A. D. n’a pu remplir reste entier, il faut qu’elle le reprenne sans perdre plus de temps ou le cède à d’autres plus hardis et plus unis. L’Union Centrale avait été créée pour ce rôle, elle en a préféré un autre, ne récriminons pas trop. GEORGES NOWAK. Buffet en faux satiné. Theme de la décoration « Le Camélia ». puisqu’elle a bien rempli celui-là, elle semble depuis peu ouvrir aux préoccupations de la vie contemporaine un œil trop longtemps fermé, les A. D. paieraient l’hospitalité qu’elle leur donne en la réveillant tout à fait, et cela leur vaudrait mieux que d’attendre en somnolant sur les genoux de la riche princesse des petits bouts de rubans et des approbations monnayées. Si réduite que soit la manifestation, le nom de ceux qui y ont pris part garantit

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$\mathbb{R} \quad 6 \quad \mathbb{R}$ $\mathbb{R}$ L'ART DÉCORATIF $\mathbb{R}$ EUGÈNE GAILLARD. Chaise en chêne. qu'elle ne peut être indifférente et l'heure qu'on a passée à l'exposition des A. D. n'a été perdue ni pour l'agrément ni pour l'éducation du goût. L'Union Centrale a, d'autorité, corsé le programme par quelques invitations en dehors des sociétaires. C'est ainsi que nous avons le régal d'une série charmante d'esquisses d'Aman Jean, des reliures de Mme Vallgren et des savoureux médaillons de son mari, de l'ensemble remarquable d'Eugène Bourgouin, bronzes ornementaux, calice, statuettes, dont une partie est la propriété du Musée. Mais combien de noms inscrits à l'Annuaire dont il faut regretter l'absence au catalogue, et d'autre part, combien peu de numéros inédits! A ce dernier reproche plusieurs exposants m'ont fait une réponse que je rapporterai moins pour les excuser que pour appuyer leurs conclusions. Le nombre des expositions augmente, celui des acquéreurs diminue. L'achat d'un objet exposé devient une exception, l'amateur, huit fois sur dix, préférera donner une commande n'ayant souvent qu'un rapport très lointain avec l'objet qui en aura été l'occasion. L'établissement de la pièce d'exposition devient donc pour l'artiste une charge très onéreuse, elle nécessite une avance de fonds, souvent considérable, dont la rentrée devient de plus en plus aléatoire. D'autre part, si le propriétaire d'un tableau consent habituellement à prêter sa toile pour une exposition d'où elle lui reviendra apostillée d'une étiquette à laquelle notre naïveté a donné une valeur marchande, le possesseur d'un mobilier mettra beaucoup moins de bonne volonté à déménager son domicile pour l'unique satisfaction d'un artiste dont il croit toujours avoir trop largement rétribué le talent; les risques trop nombreux du voyage, la poussière et l'arrosage des salles, les privautés que s'accordent les visiteurs et les gardiens excusent par surcroît cette réserve. Quant aux bijoux, la femme qui oublierait pendant dix ans une bague au fond de son coffret ne pourra plus vivre sans cette bague du jour où elle la sentira emprisonnée pour un EUGÈNE GAILLARD. Chaise.

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L'ART DÉCORATIF mois dans la vitrine de l'auteur. Il y a des clients fort complaisants, c'est juste, aussi c'est toujours à ceux-là qu'on s'adresse pour fournir la fameuse « carte de visite ». Une troisième cause, celle-là surtout sensible dans les arts du mobilier, est la pénurie des exécutants ; on trouve à foison des dessinateurs, des compositeurs ingénieux, mais un ébéniste sachant assembler une chaise, un relieur sachant coudre un livre, voilà les oiseaux rares ! A aucune époque on n'a tant parlé de la dignité du titre d'ouvrier et mis tant de discrétion à le revendiquer. Faut-il ajouter que le public français, par indifférence, hélas! est trop indulgent et que s'il faisait aux artistes français la politesse de se fâcher quand ils ne se mettent pas en frais pour lui, les deux parties y gagneraient. Les clients de M. Guimard ont mis une bonne grâce évidente à se dépouiller momentanément au profit de son exhibition. Aimez-vous le « style national », l'interprétation de la carcasse de volaille, les tables ondoyant au souffle du passant, les bibliothèques montées sur pattes de tortues, les chaises prêtes à s'agenouiller, les motifs pouvant indifféremment être traités en bois, fer, bronze, étoffe, papier ou ciment armé? On en a mis partout, avec une profusion que le pire ennemi de l’ Architecte d'art » ne pourrait souhaiter plus indiscrète. Pourquoi le talent très réel de M. Guimard, qui possède de si sérieuses qualités de fantaisie et de grâce, a-t-il tant sacrifié au bizarre, à l'illogique, à l'extravagant? On a de lui des ensembles d'un raffinement exquis de forme et de couleur, mais que de folies les font oublier! Guimard est estimé de beaucoup pour ce qu'il a fait de délicat, mais il est connu de bien davantage pour ce qu'il a fait d'exécutable. Le plus fâcheux est que cette popularité de mauvais aloi rejaillit sur toutes les tentatives de décoration moderne et, pour le public peu averti qui est le grand public, tous ceux qui EUGÈNE GAILLARD. Vitrine-bibliothèque en poirier et loupe de frêne.

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L'ART DÉCORATIF ont essayé de s'affranchir de la copie ou du pastiche des styles consacrés dans le domaine de l'architecture et du mobilier « font du Guimard ». Et cette formule veut être tout le contraire d'un compliment. Hector Guimard demeure un artiste des plus intéressants malgré la peine qu'il semble prendre à décourager le lendemain la sympathie qu'il a conquise la veille. Il intitule son exposition un peu débordante aux Artistes Décorateurs « Récapitulative », que ne l'a-t-il plutôt dénommée « Examen de conscience »! Un des petits papillons rouges qui volètent au-dessus des expositions semble devoir se poser au bord de la boutonnière de Guimard dont cette récapitulative souligne, dit-on, THÉODORE LAMBERT. Salon en acajou verni avec incrustations de cuivre (fragment). (Apartient à M. C. G.) les bâillements. Bien d'autres que cet homme de talent, dont les erreurs valent au moins toujours la discussion, ont eu ce plaisir qui n'y avaient pas autant de titres que lui; je ne voudrais pas paraître le lui reprocher, mais si mes vœux y pouvaient quelque chose et si je pensais qu'Eugène Gaillard dut en prendre autant de joie que son confrère, c'est assurément vers lui que je dirigerais le vol d'un petit papillon. Si l'homme est très aimé et très attaqué pour la vigueur avec laquelle il défend ses opinions, personne ne peut contester que de tous ceux qui se sont occupés de la rénovation du mobilier moderne, aucun n'a joint à tant d'ingéniosité et de style une pondération plus traditionnelle du goût français, une recherche plus délicate, une sobriété plus élégante et une connaissance de tous les détails d'un métier fort complexe telle que les plus vieux praticiens du Faubourg auraient à apprendre de lui. La santé de cet art est reposante, la logique s'en impose avec une

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L'ART DÉCRATIF ampleur calme, l'œuvre de ce cerveau inquiet toujours en travail est belle à la façon d'un bel arbre. Théodore Lambert est un raffiné, je dirais volontiers un chinois et cette épithète préciserait mon opposition à celle de japonais qu'on lui donne quelquefois et qui implique un parti de simplification très différent de celui auquel notre artiste doit son originalité personnelle. L'architecte ne perd pas le sens de la ligne, il l'aime souple et harmonieuse, le décorateur s'amuse à des recherches qui ne sont jamais banales ni extravagantes, un peu irritantes quelquefois M. GALLEREY. Table. à cause de leur extrême préciosité. Cependant celle-ci n'engage jamais l'effet général, qui reste large, mais l'usage lui devra la joie de mille découvertes d'ingéniosité qu'un art fort habile fond en harmonie dans l'aspect d'ensemble. Mathieu Gallerey rend aimables les formes les plus simples et les moins coûteuses matières. Telle aimable en son air, mais humble dans son style, Doit éclater sans pompe une élégante idylle... Il faut un goût bien sûr et un esprit bien clair pour réussir dans ce genre où les étrangers ont fait de si terribles essais; rappelez-vous les gra-cieux mobiliers de prison exposés par les Belges et les Viennois, les buffets de cuisine, dernier mot de la simplicité anglaise, et vous comprendrez qu'un meuble de Gallerey est, sans hyperbole, une belle chose. Les matériaux somptueux dont il dispose et la clientèle riche de Majorelle lui suscitent la tentation des effets un peu violents à laquelle il ne résiste pas toujours; en cherchant la noblesse il a trouvé quelquefois l'encombrant et le difforme en cherchant l'original, M. GALLEREY. Buffet en noyer avec applications de cuivre repoussé.

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L'ART DÉCORATIF P. FOLLOT. Plat de livre en argent repoussé à la main. mais c'est un beau tempérament d'audacieux. C'est, au contraire, dans la prudence et l'électisme, l'habileté à coordonner les idées courantes et à centraliser des collaborations bien choisies que Louis Bigaux a trouvé les éléments de son succès de bon aloi. F. Raguel est un délicat, un chercheur dont il faut attendre beaucoup, comme de Georges Nowak, tous deux enfants du « Faubourg » ils se doivent d'y être le bon levain de l'avenir. Croix Marie est surtout un sculpteur, il connaît le bois et l'aime avec un peu de rudesse. Léon Jallot est toujours intéressant, nous ne connaissons pas encore assez G. Turck pour dégager le caractère de sa personnalité dont le premier abord est sympathique. On n'adressera pas ici aux décorateurs de murailles le reproche qu'on leur fait aux Salons d'être encombrants, le catalogue en annonce une douzaine, et, à part Hubert de La Rochefoucauld et André Morisset, qui ont exposé des panneaux exécutés, charmants d'ailleurs, les autres ont envoyé des « cartes de visite », et encore est-il quelques unes de celles-ci qui ont de longs états de service. Autrefois les esquisses, croquis, croquetons demeuraient discrètement cachés dans les cartons de l'artiste jusqu'à sa mort, rien ne les en faisait sortir que la piété des disciples ou l'apreté des héritiers, aujourd'hui, parce que les expositions et les marchands se disputent du vivant des maîtres leurs plus élémentaires crayonnages, embryons ou simples scories, tout le monde croit devoir intéresser le public aux plus lointaines préparations d'œuvres qui souvent n'aboutiront jamais. C'est un peu de présomption et un peu de sans-gêne. « Cartes de visite » aussi, hélas ! les superbes vases en cuivre repoussé de Lucien Bonvallet, la vitrine du ménage Pierre Selmersheim, les bijoux en corne de Waroquier et de Hamm, les nacres ciselées de Bastard, et, dans un format légèrement plus grand, l'envoi de Maurice Dufrène. Ce dernier, un des plus complets et des plus personnels parmi les décorateurs modernes, malgré une production considérable dans tous les genres, est victime, lui aussi, de la fréquence des expositions, et le plaisir qu'il nous donne ici est surtout celui de « revoir ». — Il faut cependant noter les agréables colorations

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L'ART DÉCORATIF d'étoffes légères décorées au pochoir dont il a fourni les modèles à la maison Coudyser. Ce sont les arts du métal qui ont fait le plus sensible effort. Les ciseleurs Archambaut, Lelièvre, Gardey, Truffier, Richard, Moreau Sauve, ont tous des envois intéressants à des degrés divers, mais tous se sont mis en frais. F. Scheidecker parvient à force d'ingéniosité à varier dans une production considérable l'emploi exclusif de ce procédé ingrat du métal découpé et poli, réduit à l'attrait du dessin sans l'adjuvant du modelé ou de la plus simple gravure, ou de ces patines auxquelles tant de naïfs essais d'amateurs doivent l'étiquette d'œuvre d'art. Mangeant a des colliers d'argent et de nacre originellement composés comme toujours et moins barbarement exécutés que souvent. Le fer est représenté par Szabo auquel je ne puis faire de plus rare compliment que de comparer son envoi aux travaux d'Emile Robert ; j'aimerais montrer ses chenets aux défenseurs des invraisemblables végétations en fer déchiqueté dont l'illustre graveur Bracquemond, lors de ses affligeantes tentatives de modern style Napoléon III », se donna jadis le ridicule. Les céramistes font bonne figure avec Dammouse, de tous les modeleurs de la pâte de verre le plus délicat et plus agréablement habile, Lachenal, Decœur, Vallombreuse, Bourgeot, Bonnaud ; on aime les anciens, et, dans les nouveaux, l'effort qu'ils font pour ajouter au domaine des premiers sans se préoccuper des revendications de procédés qui allument quelquefois la discorde entre ces serviteurs du feu. Les arts du livre sont brillamment représentés, mais trop parcimonieusement, par les encadrements typographiques d'Henri de Waroquier, originaux avec toutes les réserves de goût souhaitables, les illustrations de Bellery-Desfontaines dont l'éditeur, par son obstination à l'emploi exclusif du procédé xylographique, trahit un peu, en la desséchant, la grasse manière, quelques jolis dessins d'Edme Couty qui pouvait dans la plupart des branches P. FOLLOT. Plat de lière en cuivre repoussé à la main.