Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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NOUVEAU MOUVEMENT D'ART
AUX MANUFACTURES IMPÉRIALES DE PORCELAINE ET DE VERRERIE DE SAINT-PÉTERSBOURG
Afin de bien faire comprendre en quoi consiste l'important renouveau d'art qui a changé le courant traditionnel où languissaient les Fabriques Impériales réunies de Porcelaine et de Verrerie jusqu'à la première année du siècle, il faut en donner un aperçu historique préliminaire.
Cette fabrique de porcelaine est, en Europe, la troisième en rang de fondation; après celle de Meissen et celle de Vienne, elle a été fondée sous le règne d'Élisabeth Ier, en 1744. Mais les dix premières années ne furent employées qu'aux tâtonnements de maître Conrad Hunger, natif de la Thuringe, qui prétendait connaître les secrets de la facture de la porcelaine surpris au célèbre inventeur de Meissen, Boettger, dont il se disait l'ami.
Le baron Tscherkassoff, mécontent des résultats négatifs des expériences de la fabrique dont il avait la direction, chargea le Maître des Mines D. J. Winogradoff, qui connaissait à fond la métallurgie et la chimie, de préciser, si possible, les nébuleux
« L'Écrevisse » (cristal à 3 couches)
(Composition de P. Krasnowsky. — Exécution de Bourzeff)
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essais de Hunger. Après des recherches as- sidues, ce savant finit par découvrir la com- binaison heureuse de terre naturelle et de compositions chimiques qui donna la pâte
Les produits des essais furent en pre- mier lieu consacrés aux objets d'utilité cou- rante; on fit aussi des tabatières, des nègres, des figurines aux costumes bariolés, de la
Porcelaine (couleurs sur couverte)
(Composition de S. Romanoff. — Exécution de Komaroff)
spéciale à la fabrique de Saint-Pétersbourg. Elle est donc bien originalement russe (Ce fut en 1755). Cet amalgame se rapproche plus de la pâte chinoise que des porce- laines de l'Europe, et la base en était de terre de Moscou au début, et ensuite de terre glaise de Glouchov.
vaisselle; mais le tout, sous le règne de l'impératrice Élisabeth, était inspiré de Meissen en tant que style général, avec des essais indépendants et nationaux de dessin et surtout des dorures.
Winogradoff étant malheureusement adonné à la boisson, ce fut le prince
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E. CORDESS
«Fleurs de chardon» (porcelaine, pâtes d'application)
Wiazemsky (nommé directeur par l'imperatrice Catherine II) qui fit édifier les locaux où se trouve l'établissement jusqu'à ce jour et en surveilla l'installation : il est situé hors la ville, en amont du fleuve, sur les bords de la Néva. On fit alors venir de France un maître modelleur nommé Rachette, et le cachet de la fabrication fut désormais tout à fait du genre de Sèvres.
Rachette introduisit le bleu de Sèvres et composa un service célèbre nommé «Arabescovi» : il était de style pompéien, orné de médaillons encadrés d'arabesques qui symbolisaient les diverses provinces de l'empire de la fastueuse Sémiramis du Nord. On fit aussi des statuettes représentant des types populaires russes. L'activité des ateliers était grande.
Depuis l'époque du Premier Empire (en Russie, du règne d'Alexandre Ier), la Fabrique Impériale de porcelaine de Saint-Pétersbourg suit un développement parallèle et homogène à celui de la céramique dans toute l'Europe, en conservant néanmoins certaine aspiration nationale et locale. Le goût néo-grec fait fureur sous Alexandre Ier, suivi de la lourdeur des formes, des dorures sans goût de la Restauration.
Nicolas Ier protégea beaucoup la fabrique; il permit la vente des porcelaines aux particuliers. On répéta les modèles anciens, on tenta des formes neuves du mauvais goût du jour et, surtout, on fit une quantité de peintures sur plaques de porcelaine, généralement des copies des chefs-d'œuvre de l'Ermitage. La fabrique obtint un prix à l'Exposition de Londres en 1852.
Sous le règne de l'empereur Alexandre II, le sculpteur Spiess fit beaucoup travailler la
C. KRASOWSKY
«Amarante» (porcelaine, sur couverte)
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section des groupes en biscuit, où l'on arriva à une grande habileté technique, trahie, malheureusement, par le talent fécond mais banal de cet artiste.
« Les Épis » (porcelaine, sous couverte)
(Composition de A. Timus)
(Exécution de J. Petroff et Soulimane-Grondensky)
L'empereur Alexandre III, peu satisfait des allures mercantiles que prenait la Fabrique Impériale, défendit tout trafic de sa céramique et en restreignit l'activité au strict pourvoiement des nombreux palais impériaux en fait de services et d'objets usuels.
Il donna aussi l'essor à une production artistique inspirée du principe de l'art pour l'art; noble fin à laquelle il ne ménagea ni les études ni les frais.
Étant à même de suivre sur place les étonnants progrès de la céramique à Copenhague, l'empereur ordonna de faire des essais de la découverte danoise de la peinture sous couverte. Ces premiers pas furent faits en 1892, à Saint-Pétersbourg, sous la direction de deux artistes danois. Et Alexandre III fut si jaloux, dit-on, des nouveaux essais, qu'il ne permit de donner de ces nouveaux vases en cadeau à personne, au point qu'il conserva, sur son bureau, les débris d'un vase brisé par accident.
De nombreux modèles furent apportés de Copenhague et gardés dans le musée de la Fabrique comme spécimens modèles de la rénovation de l'art de la porcelaine.
Ici, nous sommes insensiblement arrivés au point qui nous intéresse. Le désir de l'empereur défunt de faire sortir la céramique russe des voies battues et rebattues, en en rénovant la facture et l'inspiration, a trouvé son développement sous le nouveau règne. Le mérite en revient largement au nouveau directeur, le baron Wolf. Artiste passionné et d'un goût sûr et d'une activité hors ligne, il vient de faire faire des pas de géant à la fabrique à lui confiée, depuis quatre ans qu'elle est sous ses ordres, ainsi que la fabrique de verrerie qui depuis 1890 ne travaillait qu'au verre fin et au cristal. Annexée depuis longtemps à la manufacture de porcelaine et mise sous la même direction, on peut dire hardiment que le baron Wolf l'a portée en avant de tout ce qui fut fait au monde en cette spécialité.
Avant de présenter les productions nouvelles de la Fabrique Impériale en fait de porcelaine, nous ouvrirons en premier lieu une parenthèse admirative aux objets en verre gravé, parce qu'ils sont arrivés à un degré inouï de perfection et qu'ils s'imposent à l'admiration sans réserve par l'effort prodigieux qu'ils représentent comme main-d'œuvre.
Le verre, cette matière de vil prix, friable et fragile, est devenu ici précieux à l'égal des pierres fines. Les vases que nous
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voyons, vraiment inestimables, auraient pu atteindre des prix fabuleux si on eût pensé à les mettre en vente. Que de mérite a donc la Fabrique Impériale à produire ces ravis- soudées ensemble par autant de cuissons qu'il y a de couleurs, de manière à donner plusieurs plans à la gravure exécutée à froid, au tour, à la main, ainsi que l'on procède
(Composition de P. Krasnowsky. — Exécution de A. Zotoff)
santes coupes au seul but de la perfection artistique que les manufactures privées ne sauraient jamais tenter, faute de pouvoir vendre des produits d'un luxe trop coûteux.
Il s'agit de l'industrie délicate et raffi- née de vases et coupes en verre de couleurs superposées en plusieurs couches (unifor- mément les unes sur les autres), fondues et à la gravure des camées d'onyx et de cor- naline. Il faut, au moins, six mois pour graver une coupe. Et ces vases de verre sont bien plus beaux que les coupes de pierres dures, parce que les couleurs en sont plus variées. Au lieu de l'agathe blanche et noire ou de la corniole rougeâtre, nous voyons des vases d'émeraude, de chrysoprase,
(Composition de S. Vilde. — Exécution de Orlowsky)
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de topaze glacés d'opale, de grenat ou de rubis. Il y a, de plus, ici des effets tirés du ton mat du fond émerillonné, du poli cristallin de certains contours, enfin des mille surprises de la transparence des couches.
J'ai été particulièrement frappé de la beauté d'une coupe verte, de forme trapue et bizarre, à la transparence atténuée; une fleur en haut-relief chatoyait là-dessus en mille tons de l'iris, y mourait et renaissait comme par magie si l'on retournait la coupe vers l'ombre ou vers la lumière.
Il y a une douzaine de ces merveilles dont la photographie ne peut donner aucune idée. J'aurai voulu décrire le vase le plus grand en hauteur (0m,39). Il est à trois couches: de vert, de blanc et de jaune, qui se fondent en un unique reflet de chrysoprèse; il est semé de libellules et traversé par une tige de plante d'eau. Il a été payé mille roubles au graveur.
Voici une étonnante gravure dans les teintes topaze et grenat, relevée encore de cabochons incrustés pour former les calices des fleurs fantastiques. Il mesure 37 centimètres.
Le vase appelé Les Chardons est dans des tons mordorés et roses, d'un dessin aigu et de beaucoup d'effet.
La main-d'œuvre de la petite coupe aux Écrevisses, d'un vert de mer teinté, a coûté six mois de temps.
Voici le souvenir du vase de cristal blanc offert à M. le Président Loubet, et tout sera dit pour la verrerie, à moins de décrire encore l'effet étrange d'une coupe basse en verre dépôli, d'un jaune pelure de citron rapée, en fond orné de feuilles de rosier du rouge vineux qu'ont si souvent les roses remontantes de Nice.
Il y a beaucoup de très grands vases de verre blanc gravés de dessins concaves, pouvant servir de cache-pots: le verre est d'une absence de couleur absolue et sans tares; c'est gracieux.
Avant de pouvoir examiner les porcelaines, il m'a fallu reprendre le sens des couleurs simples en reposant les yeux par la blancheur des biscuits auxquels on a toujours donné ici une grande importance. La pâte de Saint-Pétersbourg a le grain impalpable: l'examen à la loupe des portraits-médailles de leurs jeunes Majestés régnantes ne le laisse pas saisir; la couverte transparente lui donne le blanc doux du lait écrémé. On expose, d'après les maquettes de MM. Adamson, Werner, de gracieuses statuettes de femmes: La Jeunesse, Le dernier soupir d'un navire, Le Murmure de la vague; un buste de femme, La Martyre, de dimensions absolument inusitées dans le biscuit. Le ton est exactement celui du Carrare, les sutures invisibles.
On se propose de faire toujours plus grand. La copie en biscuit des chefs-d'œuvre de l'Académie Impériale des Beaux-Arts a été inaugurée au profit des écoles de province. J'ai vu une statue d'enfant haute de 90 centimètres.
Le sculpteur Timus (attaché exclusivement à la Fabrique Impériale) s'amuse à une série d'animaux en biscuit et en émail; il essaye le biscuit à pâte teintée: une Jardinière formée de quatre femmes entrelacées par leurs mains rejointes, drapées dans leurs chevelures emmêlées; les corps sont couleur ivoire, les cheveux roux; c'est charmant. Notons, pour passer aux porcelaines, le vase de Timus: Les Epis, modelé dans la pâte, prodige de l'ouvrier qui l'a exécuté.
Les services de table étant renouvelés à mesure de la casse selon les types anciens, Louis XV le plus souvent, ou simplement blancs aux armes impériales, tout l'effort de la direction nouvelle tend à produire des types de vases décoratifs et coupes, ornés de la nouvelle manière de peinture sous couverte, en s'étudiant jalousement à ne point tomber dans l'imitation plate du style da-nois.
Cette difficulté sérieuse est déjà vaincue: la vitrine du Musée, remplie des produits de Copenhague, est là pour servir de modèle du procédé et pour bien marquer l'originalité parfaite des nouveaux essais de Saint-Pétersbourg. Les porcelaines importées sont toutes lisses sous leur couverte épaisse et luisante; les teintes sont belles et douces, mais l'ensemble monotone.
Le genre de la peinture sous couverte, exécuté préalablement sur le vase en pâte brute à sa première cuisson, ne dispose que d'une gamme de couleurs très restreinte que le feu malmène et que la pâte absorbe et altère par sa porosité; c'est ainsi
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Medaillons de LL. MM. l'Empereur Nicolas et l'Impératrice Alexandra (biscuits)
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que les feuillages et les fleurs sur fond blanc ont un aspect délavé et manquent des ombres et des glacis familiers à la peinture ordinaire sur le poli de la porcelaine recuite, à laquelle l’œil était habitué jusqu’aux récentes découvertes.
Pour obvier à ces manques de fini, on fait à Saint-Pétersbourg des préparations pâte. Les Fleurs de chardon sont gravées et sculptées et encore réappliquées de pâte. Les Libellules qui volent bleues sur le fond toujours blanc d’un vase ne relèvent que de l’épaisseur mince de leurs ailes de gaze. J’ai remarqué en peinture simple une grappe de glycine négligemment jetée qui est une merveille, parce que les couches seules de
(préalables sur les vases au naturel; avant de recevoir la peinture des feuilles et des fleurs, on sculpte la poterie très légèrement, on la fouille dans la pâte, d’une manière très délicate, par tous les procédés connus ou dus sur l’heure à l’heureux caprice des artistes ouvriers. Ainsi la décoration du vase blanc, Feuilles d’hortensia, fait l’illusion de feuilles collées au vase. De même les Pavots vivent par le relief sous les teintes douces; ils ont été fouillés dans la la même couleur mauve modèlent les fleurs frêles ainsi que le vert pâle des feuilles.
On aime le fond de blanc laiteux qui semble boire les teintes sans les heurter. Il y a des essais de style nouveau, Fruits et fleurs de sorbier, très réussis, stylisés avec art.
J’ai vu des essais de paysage: un vase de l’artiste Ziminn, en bleu, vert, gris et blanc. Les plans nettement indiqués, ces douces lavures sans aucun trait, donnent
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une impression saisissante du printemps au Nord. Sur un grand plat concave, deux cerfs se tiennent au bord de l'eau, la nuit, et l'effet est exactement ravi à la nature.
C'est sur ce point capital que le baron Wolf insiste et dirige les artistes soumis à sa direction. Il les fait simplement regarder voulu que toute la porcelaine fût le reflet de la nature ambiante, et il a réussi.
Il nous reste à peine de la place pour dire que de nombreux essais se font pour incruster la porcelaine d'émaux sur fond d'or et translucides; les vitrines sont déjà garnies de vases en ce genre : ce sont des
Composition de S. Romanoff
Exécution de M. Chmakoff
par la fenêtre et observer pour les rendre : le ciel pâle, foncé au zénith, presque toujours estompé à l'horizon, même en plein soleil ; le vert froid des arbres de la berge, qui ne ressemble guère aux verdures des pays tempérés, et, surtout, la couleur plombée de l'eau de la Néva, qui se glace de reflets bleus très étranges. Très spécial est aussi le vert de l'herbe des talus, frais aujourd'hui en septembre comme l'herbe de France l'est en avril. En hiver, on étudiera la neige et ses effets variés à l'infini. Il a oiseaux-mouches diaprés perchés sur des branches de mimosa, des semis de folle avoine sur fond blanc. On fait aussi des ornements d'émail cloisonné sur des fonds bleus. Il y aura aussi des émaux champ-levés ; enfin, mille difficultés techniques avec lesquelles on se joue à seule fin de réjouir et distraire d'augustes yeux tout en relevant très haut l'industrie nationale.
Nous ne pouvons pas quitter la Manufacture Impériale sans dire l'impression unique d'harmonie que nous y avons res-
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sentie. Son corps de bâtiment principal est sis tout au bord de la Néva. Il en est séparé seulement par le ruban d'une très étroite avenue (la Perspective de Schlüsselbourg) bordée par une haie d'aubépine taillée bas sur la berge qui glisse, sablonneuse, toute courbe dans l'eau. Le paysage, esquissé plus haut avec ses couleurs douces et la Néva fascinante, se voit de toutes ses fenêtres, et le reflet de ces teintes locales est jeté sur toute la production nouvelle de la Manufacture par l'intention fière et voulu du directeur artiste et patriote.
Et ce qu'il y a de poignant, c'est le calme de cet asile de l'art, l'effort patient et continu de la Néva vers la mer et l'Ocident, pendant que la guerre, à l'Extrême-Orient, fait couler le sang russe à flots.
ROSEAU
Sculpture de A. Verner
Exécution de P. Chmakoff
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MAISON DE RAPPORT DE L. P. MARQUET
A PARIS
A Paris, où le prix des terrains augmente d'une façon progressive, la construction que l'architecte est le plus souvent appelé à édifier est la maison de rapport. Peu nombreux sont ceux qui ont la bonne fortune d'avoir un hôtel particulier, un monument public, une église à construire et chez qui la préoccupation du caractère à donner tant aux plans qu'aux façades stimule les recherches ingénieuses. Mais, même dans le banal programme d'une maison de rapport, en cherchant à vaincre les difficultés de composition d'un plan sur un terrain exigu ou de silhouette capricieuse, combien un architecte vraiment épris de son art et soucieux d'harmoniser la raison à la forme peut arriver à une personnalité puissante et affirmée. Et c'est souvent par les moyens les plus simples, en mettant en valeur les nécessités mêmes de la construction répondant à des besoins déterminés, en donnant libre cours au naturel bon sens, en affirmant nettement que telle chose est nécessaire et qu'elle ne saurait être autrement.
Le spectateur lit tout de suite, en remarquant une saillie de plan bien accusée en façade, qu'il a fallu agrandir une pièce; en voyant des fenêtres qui ne règnent pas avec les autres, ou suivent un plan incliné, qu'elles abritent autre chose qu'une pièce quelconque d'habitation, et tout de suite l'idée d'un escalier lui viendra à l'esprit. Et pourquoi ne pas affirmer franchement une nécessité naturelle? Ne serons-nous pas plus rationnels et plus logiques en agissant ainsi qu'en coupant à mi-hauteur des ouvertures par des paliers ou des limons d'escalier, et la bonne tenue de l'édifice y perdra-t-elle quelque chose?
Une note, un motif imprévu bien arrangés, répondant bien à un besoin, ne valent-ils pas cent fois mieux qu'une désespérante monotonie et une pénible répétition du motif qui paraît s'arranger?
Et ce serait souvent en procédant ainsi que, presque sans s'en douter, comme M. Jourdain faisait de la prose, on ferait de la bonne architecture; mais l'on croit généralement qu'il est de toute nécessité,
L. P. MARQUET
(Dernié, sculpteur)
Porte d'entrée, 10, Avenue des Gobelins, Paris