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Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI REVUE 1734

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Ensoleillez votre vie... avec une RENAULT 5546-RK7

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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉL.: MOLITOR 19-90 ET 91 REVUE MENSUELLE - 7ème ANNÉE - NUMÉRO 6 - JUIN 1936 ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOUIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DEMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUIS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, E. FREYSSINET, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, PIERRE JEANNERET, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, LE CORBUSIER, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE, VETTER PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF COMITÉ DE RÉDACTION: A. LAPRADE, G. H. PINGUSSON, M. ROTIVAL, J. P. SABATOU, ANDRÉ HERMANT CORRESPONDANTS: ALGÉRIE: M. LATHUILLIÈRE — ANGLETERRE: E. GOLDFINGER — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: M. VAN KRIEKINGE — BRÉSIL: EDUARDO PEDERNEIRAS — BULGARIE LUBAIN TONEFF — DANEMARK: HANJEN — ÉTATS-UNIS: DEXTER MORAND — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — HONGRIE: PROF. DENIS GYOERGYI — ITALIE: P. M. BARDI — JAPON: BRUNO TAUT — PALESTINE: J. BARKAI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: P. PARDAL-MONTEIRO — ROUMANIE: G. CANTACUZÈNE — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: SIGFRIED GIEDION — TCHÉCOSLOVAQUIE: JAN SOKOL — TURQUIE: Z. SAYAR — U. R. S. S.: D. ARKINE Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE « L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI » À L'ÉTRANGER ROUMANIE: LIBRAIRIE « HASEFER », RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID. ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. BRÉSIL: PUBLICACOES INTERNACIONALES, AVENIDA RIO BRANCO, 117, RIO-DE-JANEIRO. COLOMBIE: LIBR. COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA. AUSTRALIE: FLORANCE ET FOWLER, ELISABETH HOUSE, ELISABETH STREET, MELBOURNE CT TARIF DES ABONNEMENTS: FRANCE ET COLONIES: UN AN (DOUZE NUMÉROS) ………………………………………… 150 FR. PAYS ÉTRANGERS A 1/2 TARIF POSTAL: UN AN: 230 FR. — PAYS ÉTRANGERS A PLEIN TARIF POSTAL ………………………………………… 250 FR. PRIX DE CE NUMÉRO: FRANCE ET COLONIES: 18 FR. - ÉTRANGER: 25 FR.

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Installateurs : Ets. DUBIAU, à Nice. FÉERIE DANS UN PARC La lumière artificielle communique à certains sites une étrange séduction. C'est ainsi que l'action combinée des lampes à incandescence, à vapeur de mercure et à vapeur de sodium, a fait des Jardins Albert 1er à Nice et de la grotte qui s'y trouve, un merveilleux poème de feuillages, de lumières et d'eaux. Les services spécialisés de PHILIPS-LUMIÈRE sont à l'entière disposition des Architectes, des Municipalités, des Syndicats d'Initiative, des organisations touristiques et des particuliers pour étudier gratuitement la mise en valeur par la lumière de monuments publics, parcs, squares, paysages classés, etc., etc... PHILIPS LUMIÈRE 2, CITÉ PARADIS, PARIS (X°) TÉLÉPHONE : TAITBOUT 69-80, 99-80 --- COUPON PHILIPS-LUMIÈRE a édité “A la Gloire de la Lumière”, album de grand luxe consacré à quelques-unes de ses plus récentes études d’architecture lumineuse. Nous vous ferons un plaisir de l’adresser à MM. les Architectes qui nous retourneront le présent coupon. M_________________________Architecte, domicilité à _________________________ E.W.

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SOMMAIRE 4 POUR UN PLAN PAR PIERRE VAGO 5 LE GENTIL ESPRIT FRANÇAIS PAR MARCEL MAYER CITÉS UNIVERSITAIRES 8 LES CITÉS UNIVERSITAIRES PAR ALEXANDRE PERSITZ 12 ROME 21 MONTRÉAL 22 ATHÈNES 26 MADRID 34 OSLO 38 PARIS LABORATOIRES DE PHARMACIE 42 LABORATOIRES DE PHARMACIE MIDY LOUIS BOILEAU, ARCH. 44 LABORATOIRES JACQUES LOGEAIS JACQUES DELAIRE, ARCH. 48 LABORATOIRES DU DOCTEUR DEBAT JEAN BAROT, ARCH. 50 LABORATOIRE HOFFMANN - LA ROCHE PIERRE MOURET, ARCH. 52 LABORATOIRES CORTIAL CHARLES LEGRAND, ARCH. CONSTRUCTIONS NOUVELLES 53 CLINIQUE RADIOLOGIQUE À PARIS R. DUCLOUX, ARCH. 54 CASERNE DE POMPIERS À PARIS R. MALLET-STEVENS, ARCH. 58 CASERNE DE POMPIERS À ASNIÈRES CHEVALLIER ET LAUNAY, ARCH. 60 IMMEUBLES À BOULOGNE L. FAURE-DUJARRIC, ARCH. 63 AGRANDISSEMENT DES USINES GUINARD MARCEL MONTEL, ARCH. 66 LE CENTRE ROCKEFELLER À NEW-YORK PAR DEXTER MORAND 71 SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS PAR P. VAGO 75 L'URBANISME AUX SALONS DE 1936 PAR E. L. VIRET UNION POUR L'ART (NOUVEAU GROUPEMENT D'ARCHITECTES, PEINTRES ET SCULPTEURS) 79 QUELQUES EXEMPLES DE COLLABORATION 83 RÉUNION DE CONSTITUTION — MEMBRES FONDATEURS

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POUR UN PLAN Les hommes nouveaux que la France vient de porter à la direction des affaires du pays, trouvent le Bâtiment dans une situation extrêmement pénible. Cette situation est la conséquence de la crise générale des affaires, que la politique de déflation budgétaire pratiquée au cours des précédentes législatures n'a pu qu'accentuer et aggraver. Sans nous départir de la réserve et de la neutralité que nous avons toujours observé en matière politique, nous avons eu souvent l'occasion de nous élever contre cette situation, et d'analyser ses causes; nous avons déplo rer la carence de ceux qui auraient dû provoquer et diriger une reprise nécessaire. Aujourd'hui le Gouvernement de la France se propose de mettre en œuvre ce vaste programme de travaux publics que nous avons vigoureusement réclamé. Nous sommes convaincus que tous les architectes, quelles que puissent être leurs convictions ou leurs préférences politiques et philosophiques, suivront avec sympathie et avec un sincère désir de collaboration, les efforts qui vont être entrepris afin de ranimer l'activité du Bâtiment, ce facteur primordial d'une reprise générale des affaires. Qu'il nous soit permis d'exprimer ici, en techniciens, quelques idées qui, pour être personnelles, n'en seront pas moins approuvées, nous en sommes certains, par de très nombreux confrères. Nous croyons que, pour être pleinement efficace, c'est-à-dire pour remplir également son rôle stimulant et psychologique, le programme de grands travaux doit être mis en œuvre dans le plus bref délai et sur une assez vaste échelle. Mais il y a deux dangers qu'il faut éviter: une trop grande hâte dans l'étude et dans l'exécution des projets, au détriment de la qualité; l'absence d'un «plan d'ensemble» suffisamment mûri. En somme, il ne s'agit pas de passer des commandes au petit bonheur, sous l'influence de pressions isolées; mais d'étudier un vaste plan général, après analyse, recensement et classement des besoins et des possibilités. Tous les travaux devront s'intégrer dans ce plan. Mais la législation actuelle est-elle suffisante? L'intervention des intérêts personnels et locaux, ne va-t-elle pas para lyser, par une résistance opiniâtre, l'effort qui doit être tenté? C'est là un des côtés les plus délicats de la question. Nous préconisons la division du pays en secteurs ayant à leur tête des commissaires nommés par le pouvoir central, énergiques, qualifiés, compétents, munis de très larges pouvoirs; assistés de conseils restreints exclusivement composés de techniciens (urbanistes, ingénieurs, architectes). Dans le domaine qui nous concerne plus spécialement, nous estimons qu'il faudrait faire appel au plus grand nombre possible d'architectes. Cela pour plusieurs raisons: pour porter un remède au chômage qui frappe si cruellement notre profession, mais aussi pour obtenir un meilleur rendement. Aucun architecte ne devrait être chargé de plus de travaux qu'il ne puisse suivre personnellement et consciencieusement. Il y a là, en outre, une merveilleuse occasion de mettre à l'épreuve les jeunes. Nous avons déjà insisté à plusieurs reprises sur l'importance que nous attribuons à cela. «Il faut rendre le courage, l'enthousiasme, la confiance et l'espoir à toute une jeunesse découragée, démoralisée», écrivions-nous il y a deux ans: «C'est là un problème moral; c'est tout le problème de l'élite qui se pose». Aujourd'hui, cela est plus vrai que jamais. Lorsque l'on connaît les difficultés qu'éprouvent les jeunes architectes, quel que soit leur talent, quelles que soient leurs références théoriques, à franchir l'étape qui sépare l'Ecole ou l'Agence d'un «patron» de l'exercice réel de la profession d'architecte créateur, on ne peut que souhaiter que l'on ne laisse pas passer l'occasion particulièrement favorable qui se présente, de mettre à l'épreuve un grand nombre de jeunes, parmi lesquels de fortes personnalités se révéleront certainement. Il y a un très grand nombre de petits travaux, assez peu importants pour qu'en cas d'échec les conséquences soient insignifiantes, suffisants pourtant à aider l'épanouissement de talents que l'on ne soupçonnait pas, à révéler des valeurs ignorées. Certes, dans l'attribution des travaux, la prudence s'impose; mais prudence n'est pas synonyme de timidité, et ne doit pas encourager la paresse et la routine. Nous préconisons la création, sous l'autorité des Commissaires du Gouvernement, et sous le contrôle des comités régionaux, d'«ateliers» placés sous la haute direction de nos meilleurs architectes: Perret, Garnier, Prost, Le Corbusier, Beaudouin, Bonnier, Cassan, Debat-Ponsan, Demaret, Expert, Granet, Labro, Laprade, Madeline, Maigrot, Mallet-Stevens, Marrast, Mathon, Patout, Roux-Spitz, Tournon, Ventre, etc... Ceux-ci s'entoureraient de collaborateurs ayant leur confiance, parmi lesquels seraient distribués les travaux du secteur confié à l'«atelier», étant entendu que les travaux dont le montant serait inférieur à une certaine somme seraient réservés aux «jeunes», et que, d'autre part, aucun architecte ne serait chargé de travaux dont le montant total serait supérieur à une limite donnée. Tous les projets seraient étudiés, signés et dirigés par leurs auteurs véritables, après approbation du «chef d'atelier», qui aurait la faculté de discuter les projets, suggérer d'éventuelles modifications, agir, en somme, en qualité de conseiller technique et artistique du commanditaire. Nous ne reviendrons pas sur les avantages, nombreux et appréciables, d'une telle solution, tant ils nous semblent évidents. Le choix des collaborateurs posera des problèmes complexes et délicats. D'une part, il s'agira de donner du travail à des centaines d'architectes français frappés par la crise, et qui dans bien des cas se trouvent dans une situation très pénible. D'autre part, il est fort compréhensible que les Commissaires responsables ne voudront pas considérer les travaux d'intérêt public dont la réalisation leur incombe, comme de simples «secours de chômage». Il y a là deux facteurs qui, s'ils seront parfois concordants, agiront souvent en sens opposé. Ce serait décevant et injuste de voir les travaux du plan de construction qu'élaboreront les comités régionaux attribués à des architectes ayant déjà de nombreux travaux, publics ou privés, ou bien des appointements fixes leur assurant des conditions d'existence confortables. D'un autre côté, il serait criminel de confier des travaux importants à des architectes qui en sont indignes, sous prétexte de philanthropie. Car si tous les architectes ont besoin de vivre, tous n'ont évidemment pas le même talent. Il y aurait une hiérarchie des valeurs à établir; opération délicate, mais nécessaire si l'on ne veut pas voir un Auguste Perret réduit à faire de la gérance et un Tony Garnier s'occuper d'entretien, tandis que des nullités patentées et syndiquées construiraient les stades, les hôpitaux et les palais. Il nous resterait à aborder trois problèmes qui, pour être d'une actualité moins immédiate, n'en sont pas moins essentiels pour l'avenir de notre corporation: la question des architectes fonctionnaires, la réglementation de la profession et la réforme de l'enseignement de l'architecture. Trois problèmes qui vont se poser pendant cette législature, et qui trouveront enfin, nous l'espérons, une solution équitable et définitive. Nous y reviendrons très prochainement. Pierre VAGO.

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PHILIBERT DE L'ORME LE GENTIL ESPRIT FRANÇAIS MÉDITATIONS ARCHITECTURALES Bien qu'il connût parfaitement Anet, Auguste Perret ne voulait pas brûler l'étape. Il descendit de son auto de laque noire et contempla le château. Appuyé sur sa canne d'épine, le poing à la hanche et le chapeau en auréole, le grand constructeur entrait en méditation quand un personnage insolite, vêtu d'un mantelet et coiffé d'un bonnet carré, lui toucha familièrement l'épaule (I). — « J'avais depuis longtemps le désir de vous rencontrer, ô Maître du Raincy, mais je ne pouvais souhaiter plus grand plaisir que de vous recevoir chez moi. A. P. — Quoi ? Philibert de l'Orme... P. DE L'O. — ...architecte lyonnais. — Je hante sans cesse Anet qui est (ceci soit dit sans nulle jactance), mon plus beau titre de gloire. Encore que ce palais soit en partie ruiné... A. P. — Nul, plus que moi, ne peut partager vos regrets, mais du moins, à ces vestiges, votre art peut encore s'apprécier: je tiens que seule une bonne architecture donne une belle ruine. Anet est un beau paysage de pierre... » Les deux maîtres d'œuvre marchèrent lentement vers le portail tout en continuant leurs propos. P. DE L'O. — « Cela suffit, en effet, pour témoigner (1) Il nous faut confesser que si l'aventure n'est pas très véridique, du moins les propos tenus par les deux personnages sont absolument authentiques. — M. M. d'un de mes soucis les plus vifs: faire de l'architecture FRANÇAISE. Ce souci, je le sais, est le vôtre, et je n'ignore pas comment vous opposez le gentil esprit français à la tendance vers l'impersonnalité, vers «l'internationalisme du goût», que propagent certains mauvais maçons. Je vois à cela que les singularités de notre propre pays et royaume sont toujours moins prisées, en France, que celles des Étrangers. En mon siècle, le danger venait d'Italie; et je rends grâces à Madame de Valentinois et au feu roi Henri — de qui Dieu ait l'âme — de m'avoir donné liberté de faire en ces lieux ce qui m'a semblé bon. A. P. — Les choses ne se sont pas améliorées depuis quatre cents ans. Hors les antiques et l'art byzantin, je n'ai trouvé en Italie que mauvais goût et bavardage décoratif. P. DE L'O. — C'est la mobilité de l'esprit mercurial des Français qui les fait chercher dehors autres singularités que celles que nous avons en grand nombre.» Auguste Perret s'était arrêté pour mieux observer les claus-tras des terrasses. Puis, avec le port de tête dont il est coutumier, il reprit sur un ton de moquerie dédaigneuse: A. P. — « Aujourd'hui, cet esprit mobile se laisse prendre aux séductions d'une mode qui procède du besoin d'étonner par un pittoresque outrancier. Si bien que mon ami Paul Valéry pouvait écrire récemment: « La Beauté est une sorte de morte. La nouveauté, l'intensité, l'étrangeté, en un mot toutes LES VALEURS DE CHOC, l'ont supplantée ».

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ANET Élégance au tour de l'histoire du café, de la boîte et des salles ménagères à haute sommeur. CHATEAU D'ANET THÉÂTRE DES CHAMPS-ÉLYSÉES

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P. DE L'O. — Ceci n'est point nouveau. Le Valéry de mon temps, Michel de Montaigne, disait de ceux que vous appelez des snobs: « Pourvu qu'ils se gorgiassent en la nouvelleté, peu leur chaut de l'efficace. » L'efficace, c'est-à-dire la commodité et l'épargne, voilà bien, pourtant, ce que doit rechercher un architecte de bon esprit. A. P. — Vous avez écrit des pages fort sages sur ce sujet, au début de votre ARCHITECTURE; mais nos jeunes architectes ne les ont pas lues. Le climat, le règne des vents, le choix du terrain et des matériaux, la situation des rivières et des forêts les préoccupent bien peu lorsqu'ils tracent un plan. P. DE L'O. — La nature est cependant bon guide en toutes choses et s'approprie partout différemment ou commodément ainsi qu'il vient à propos: et l'architecte doit connaître la nature des lieux pour bien tourner ses bâtiments... A. P. — C'est le bon sens même. Et que diriez-vous de ces architectes qui, non contents d'appliquer des théories extravagantes, font intervenir la « couleur spatiale » en des bariolages qui donnent à leurs maisons l'aspect déplorable d'un derrière de vélodrome? » Philibert de l'Orme souriait, ne sachant trop ce qu'était un vélodrome, non plus que la « couleur spatiale ». P. DE L'O. — « Ce sont là forfanteries de rhétoriqueurs et de peintres. Mon siècle a eu les siens. J'ai connu, moi aussi, des peintres si présomptueux qu'ils voulaient entreprendre des œuvres de maçonnerie. Si j'ai fait emploi de couleur à Anet, c'est de marbre africain, grosse brèche, griotte fleurie, bleu tigré, brocatelle rose, sarrancolin et, pour complaire à la duchesse, de marbre blanc de Luni et noir de Tournai. A. P. — Le noir et le blanc sont le poivre et le sel de la couleur... P. DE L'O. — Tant qu'aux discours, je pense, à l'encontre de Vitruve, qu'ils servent plutôt à surprendre les hommes que bien entendre à leur fait. Il suffit que l'Architecte donne son conseil, montre sa diligence simplement et dise ce qui sera expédient pour parvenir à son intention; cela est sa principale rhétorique et éloquence. Toutes les autres sciences, par contre, sont utiles à l'exercice de notre industrie. A. P. — L'Architecte doit être un savant; il doit, aussi, avoir l'intelligence du siècle où il vit. Mon époque, si fertile en découvertes, rend cette nécessité chaque jour plus impérieuse. P. DE L'O. — Le béton armé m'émerveille. Il résout le problème qui me tenait le plus à cœur: bien construire et à petits frais. Comme il laisse loin derrière lui mes belles inventions de charpenterie, mes trompes et autres singularités! AUGUSTE PERRET A. P. — C'est, en effet, un procédé d'une puissance et d'une souplesse inouïes qui permet enfin de réaliser ce rêve des gothiques: réduire, épuiser la matière. Mais précisément pour ces facilités, certains architectes en abusent. Ils prétendent, par exemple, que la fenêtre doit être « en largeur ». Pourquoi pas aussi la PORTE en largeur ?... P. DE L'O. — J'ai toujours connu par expérience que pour rendre un logis plaisant, il faut tenir les fenêtres le plus haut que faire se peut; sinon cela rend les salles mélancoliques.» Auguste Perret fit un geste pour signifier combien cette opinion était l'évidence même, et il ajouta: A. P. — « Et puis, la fenêtre en hauteur, c'est le cadre de l'homme. « Ces mêmes architectes, par goût du pittoresque, abusent également du porte-à-faux. Sans compter qu'il est onéreux, l'encorbellement exprime l'effort, donc la fatigue: c'est le bras tendu. P. DE L'O. — Ce sont fols, fiers, présomptueux ou ignorants. Rien n'est impossible à tous les hommes hardis, pourvu qu'ils soient de bon entendement; de même qu'à paresseux et timides, qui ne veulent apprendre, toutes choses sont en doute. A. P. — Nous connaissons cette seconde sorte de gens; nous les nommons, en argot d'artiste, LES POMPIERS. Pour les premiers, qui ne songent qu'à justifier leurs théories, vous pouvez juger des habitations qu'ils nous donnent: l'un de leurs dogmes n'est-il pas la construction « standard », c'est-à-dire suivant un modèle omnibus? P. DE L'O. — Je pense, au contraire, qu'il faut besognier selon les logis et qualités de ceux pour qui on les fait. A. P. — Bien entendu. Aussi, lorsque ces théoriseurs veulent construire un palais, réalisent-ils une bicoque... P. DE L'O. — C'est aussi parce qu'ils ignorent les divines proportions et mesures, lesquelles, à vrai dire, ne se peuvent strictement enseigner, mais qu'on doit apprendre soi-même. A. P. — Il suffit d'une intelligence ouverte et prompte — et d'un cœur; car la sensibilité doit aller de pair avec la curiosité, et, à mon sens, les lectures et les voyages sont les meilleures NOURRITURES: celles de l'esprit, comme celles de l'âme. P. DE L'O. — Notre savoir, en somme, est-il autre chose qu'un continuel apprentissage qui ne prend ou ne trouve jamais fin? » Le soleil déclinant s'était couché derrière les collines de l'Eure. Auguste Perret s'aperçut alors que l'ombre qui le doublait avait disparu. Il regagna son auto et reprit la route. Marcel MAYER. (« L'Art et les Artistes »)

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CHRIST CHURCH A OXFORD. Le plus grand Collège anglais du type quadrangulaire, dont s'inspirèrent les premières universités américaines. (Estampe de 1673. Bibliothèque Nationale) LES CITÉS UNIVERSITAIRES PAR ALEXANDRE PERSITZ > « Dans l'Etat moderne, l'Université occupe une position qui lui confère une responsabilité et une autorité sans parallèle. Par le fait qu'elle s'emploie à la conservation, à l'accroissement et à la diffusion du savoir, l'Université a une place à part parmi les autres institutions ou organes de la vie économique, politique et sociale de l'homme ». > > BUTLER. Une tendance de plus en plus répandue dans l'urbanisme moderne est le groupement dans des points déterminés des installations et des services ayant un caractère similaire et correspondant à certaines exigences bien définies de l'organisation de la vie collective. Dans certains cas la concentration de ces services est la condition essentielle de leur fonctionnement et de leur efficacité. On a vu s'accentuer le caractère du centre d'affaire de la ville, le mouvement d'éloignement vers la périphérie que suivent les quartiers d'habitation, la tendance à la centralisation des services administratifs, gouvernementaux, sanitaires, militaires, sportifs, d'approvisionnement alimentaire, des études et de l'éducation, etc. Les multiples facilités d'organisation, de communication, de groupement, sont évidentes. Ces quartiers ainsi créés, du fait de leur destination pratique, de leur situation, de leurs aménagements et du caractère de leurs habitants, revêtent naturellement une physionomie architecturale et un aspect qui leur est tout particulier. Si ces tendances sont assez récentes pour l'organisation de certaines institutions sociales, elles sont extrêmement anciennes en ce qui concerne les centres universitaires. Elles remon- tent en effet, au temps même de la fondation des premières universités, c'est-à-dire au douzième siècle. Les plus anciennes universités, la Sorbonne (1109), Bologne, Oxford (1167), devinrent rapidement des « Cités Universitaires »: autour de l'université « Mère » (Alma Mater) se grou-pèrent les Collèges, les Séminaires, les habitations estudiantines. Cités qui connurent avec l'accroissement de leur renom, une rapide expansion et dont la vie et l'aspect revêti-rent des formes aussi caractéristiques que pittoresques. Certaines de ces cités ont d'ailleurs gardé — ou presque — à travers les siècles, leur caractère primitif, leurs traditions, voire leur ambiance historique. Elles sont restées, telles ces fameuses universités d'Oxford, Cambridge, Salamanca, Valladolid, Heidelberg, des cités universitaires, centres vitaux et dominants, souvent même la raison d'être de la ville dont elles font partie intégrante. Tel ne fut pas le sort de beaucoup d'universités situées dans les grandes villes. Submergé par le commerce, les industries diverses, les entreprises et activités de toutes sortes, n'ayant aucun ou peu de rapports avec la vie universitaire, le quartier de l'université perdait en même temps que son caractère, sa liberté et presque toute possibilité d'extension et de développement.

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Dès la fin du dix-neuvième siècle l'accroissement et le développement considérable des sciences et des activités humaines provoqua une augmentation proportionnelle des cours et de nouvelles matières enseignées dans le cadre de l'Université. (Que l'on compare, pour s'en rendre compte, les programmes actuels de l'enseignement supérieur avec ceux d'il y a vingt ans). Les nouvelles études scientifiques, techniques, sociales, politiques et artistiques, le nombre croissant des étudiants, posaient de nouveaux et grands problèmes d'ordre technique, constructif, d'organisation, et... d'espace. Les institutions dont la création était encore relativement récente s'avéraient insuffisantes, dépassées par les besoins. L'évolution de la science se poursuit à un rythme qui laisse prévoir que nous ne sommes aujourd'hui qu'au début d'une ère nouvelle de l'enseignement supérieur. Les solutions envisagées au cours des années pour parer aux nécessités du moment furent successivement ou parallèlement: 1° agrandissements, transformations, adaptation des institutions, des bâtiments et locaux existants, souvent séculaires, jusqu'à la limite du possible. Cette limite est d'ailleurs vite atteinte en raison même de la nature des bâtiments et de leurs emplacements; 2° création et construction de nouveaux instituts logés dans des bâtiments prévus et projetés pour leurs destinations spéciales, pourvus de toutes les installations nécessaires. Cette solution, qui a l'avantage d'offrir aujourd'hui aux étudiants des locaux modernes pour leur travail est loin d'être la solution idéale. Il est facile de comprendre que pour des raisons d'ordre matériel, il est difficile ou même impossible de construire ces nouveaux édifices suivant un plan général établi, qui tendrait à la reconstruction graduelle dans la ville du Centre Universitaire. Les terrains dont l'Université peut se rendre acquéreur sont dispersés, souvent sans liaison facile et directe avec les centres existants. Ces terrains, dont parfois la forme défie toute création libre, logique, et la réalisation idéale d'un programme donné, sont d'une extensibilité limitée. Ces « îlots » universitaires entourés pour la plupart de constructions commerciales ou de rapport, disséminés sans ordre, sans liaison étroite entre les différents services, ne peuvent, quelle que soit leur réalisation particulière, prétendre à représenter la Cité Universitaire moderne. En dehors des multiples problèmes ainsi posés par les nécessités complexes de l'enseignement et du travail, un nouveau grand problème passe actuellement au premier plan des recherches. C'est celui de l'habitation de l'étudiant et de l'organisation de la vie universitaire. Les conditions déficientes, matérielles et morales dans lesquelles vivent et travaillent aujourd'hui les nouvelles générations d'étudiants dans les grandes villes sont assez connues. M. Jacques Le Bourgeois a publié récemment dans le « Journal » une série d'études sous le titre: « L'Université - France de demain » qui donnent une image très exacte de l'état actuel des choses. Nous y trouvons cette phrase significative: « Cerveaux pleins, âmes vides... ». L'enseignement universitaire tend de plus en plus à absorber complètement l'activité de l'étudiant, à le soustraire même pendant la durée de ses études à toute autre préoccupation de façon à créer une atmosphère de travail collectif permettant une concentration et une productivité maxima. Il est évident que dans la vie universitaire moderne une certaine part doit être consacrée à la culture physique, aux sports, à la détente et à la sociabilité. Choses, hélas, trop négligées jusqu'ici en Europe. Ces tendances qui semblent pourtant se généraliser partout aujourd'hui sont des vérités premières qui forment depuis des siècles la base même des universités anglo-saxonnes. Comment réaliser la réorganisation complète des grands centres universitaires, non seulement en faisant face à toutes les exigences du temps présent, mais encore en prévoyant l'évolution future? PLAN DU QUARTIER LATIN - 1770: L'Université de Paris. (Cl. extrait de l'ouvrage de Hoffbauer « Paris à travers les âges »)