Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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CAHIERS D'ART REVUE DE L'AVANT-GARDE ARTISTIQUE DANS TOUS LES PAYS, PUBLIEE PAR CHRISTIAN ZERVOS --- 6 Juillet 1924 - Marc Chagall - Pablo Picasso - Henri Matisse - Aristide Maillot - Maisonsouvrières à Vienne - Georges Braque - Maîtres d'autrefois - Louis Marcoussis - Jean Luret - R. de la Fresnaye - Boutiques - Les Expositions --- 3 francs --- LA REVUE « CAHIERS D'ART » SE VEND AUX ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ, PARIS. 30 & 32, RUE DE FLEURUS (VIe)

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BIBLIOTHÈQUE ÉTRANGÈRE 3, Rue du Cherche-Midi, Paris (VIe) Directrice : J. Bucher ÉDITION DE 6 GRAVURES TIRÉES A 50 EXEMPLAIRES CHAGALL, GROMAIRE, LURÇAT, PASCIN, PRAX, MARCOUSSIS AU PRIX DE 500 FRANCS LA SÉRIE, 125 FRANCS CHACUNE --- BAROQUES IMAGES ET TEXTE DE JEAN LURÇAT SUITE DE QUATRE POINTES-SÈCHES COLORIÉES ET SIGNÉES PAR L'ARTISTE NOVEMBRE 1925 L'OUVRAGE, D'UN FORMAT IN-4°, EST TIRÉ A 102 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN D'ARCHES, DONC 2 EXEMPLAIRES DE CHAPELLE A ET B. 4 EXEMPLAIRES COMPRENANT CHAQUE UN FIRAGE EN NOIR DE CHAQUE GRAVURE ET UNE DES 4 GOUACHES ORIGINALES. 94 EXEMPLAIRES ORDINAIRES AU PRIX DE 200 FR. --- HISTOIRE NATURELLE DE MAX ERNST 34 DESSINS REPRODUITS UN PHOTOTYPIE ET PRÉCEDÉS D'UN D'UN TEXTE DE ARP 300 EXEMPLAIRES DE 1 A 20 SUR JAPON 500 FR. DE 21 A 50 SUR VÉLIN D'ARCHES 400 FR. DE 51 A 300 SUR VÉLIN EE LAFUMA 240 FR. À PARAÎTRE EN JUIN 1926 LES SOUSCRIPIONS SONT PAYABLES AVANT LE 1ER JUIN, LE PRIX DEVANT ÊTRE ENSUITE MAJORÉ À PARAÎTRE EN AUTOMNE 1926 : NOUVELLE SUITE DE GRAVURES

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AUX AMIS DES CAHIERS D'ART Le présent numéro paraît avec plus d'un mois de retard, retard dû à un grave accident survenu à M. Christian Zervos. Malgré cet accident, la réussite matérielle de notre revue ne s'est pas arrêtée. Grâce aux concours que nous avons trouvés et à de précieux encouragements, nous fortifions tous les jours la position vraiment nouvelle que nous avons prise dans le mouvement artistique. Nous ne nous en tiendrons pas là. Considérant que l'intervention la plus urgente devrait se faire dans l'ordre musical, nous consacrerons une rubrique dès le prochain numéro, pensons-nous, de quatre pages qui s'ajouteront aux 36 pages qu'atteignent dès maintenant les "Cahiers d'Art". Nous pensons qu'on nous en saura gré. Dans l'énorme quantité de notes produites et consommées, il ne serait pas inutile d'avoir un guide qui aidât à trouver la musique. Les apports nouveaux sont aux quatre coins du monde. Les belles formes passées sont connues des seuls spécialistes. La culture musicale des élites, dans le temps et dans l'espace, est extrêmement cloisonnée et les publications qui les renseignent, à objectif limité, portent la marque de la balkanisation du monde musical. Quelques esprits en Europe ou ailleurs essaient pourtant de faire le point. Nous leur demanderons, nous leur avons demandé, d'être avec nous. Si nous ne donnons pas de noms aujourd'hui, ni la promesse d'inédits sensationnels, c'est que nous ne voulons pas être jugés sur des intentions. Notre ami Henri Monnet a accepté de nous aider dans cette nouvelle tâche en dirigeant la rédaction de la partie musicale. Nous sommes heureux de sa collaboration qui sera fortement appréciée. Les additions successives de pages qui ont presque triplé l'importance de la revue et les sacrifices que nous avons consentis nous obligent à porter les abonnements des "Cahiers d'Art" à : - France et Colonies: Fres 40. - Etranger: Fres 70.

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vitraux et mosaïques LOUIS BARILLET 7, rue alain-chartier, paris-xv téléphone : vaugirard 10.13

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CAHIERS D'ART UN AN. . . .(10 NUMÉROS) --- France et Colonies.. --- 40 francs --- LE NUMÉRO... --- 5 fr. --- Étranger .. --- 70 — --- 6 fr. --- Pour tout ce qui concerne l’administration de la Revue, s’adresser à M. Christian Zervos. --- Pascin, Dessin de Cuba. GALERIE PIERRE TABLEAUX MODERNES 13, RUE BONAPARTE (PARIS-VIe) --- BIGNOU TABLEAUX DE PREMIER ORDRE 8, Rue de la Boëtie, PARIS-8e

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GALERIE GRANOFF tableaux modernes 166, B° HAUSSMANN, 166 PARIS-VIIIe CARNOT 35-40

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1926. LENDEMAIN D'UNE EXPOSITION Picasso a pensé : la terre n'est pas immobile, elle tourne sous le baiser fécond du soleil. Et tout le monde, de faire sienne sa pensée. Cependant, les Juges réunis devant les nouvelles toiles de Picasso l'accusent d'avoir mis à contribution tous ses contemporains. Ils lui font même dire : « J'ai assez donné, à mon tour d'en prendre aux autres. » Et des peintres de se pâmer de plaisir ; un chacun y trouvant du sien dans l'œuvre récente de Picasso. Et l'artiste de me confier : « Je n'aime pas les gens qui mangent des haricots verts quand ça n'est plus la saison. » Il reprend donc les haricots verts pour les distribuer au bon moment, comme primeur. L'on oublie facilement, en effet, que l'artiste a gaspillé ses dons sans compter et qu'il a généreusement distribué à tous ses trouvailles. Curieux ! Picasso est justement accusé de cette extrême variété d'esprit dont tout le monde a bénéficié. Protée n'est pas Arlequin. Il est la force qui contient en puissance toutes les formes, il est la matière qui vêt toutes les apparences, il est le cerveau qui conçoit tous les pensers. Orgueil intellectuel ? Richesse de désirs ? Fièvre de sensations ? Picasso essaie tout. Il met à l'épreuve tout ce qui peut être mis à l'épreuve. Il parcourt toutes les aspérités et toutes les surfaces anguleuses de la pensée et du sentiment, pour en aplanir les aspérités et arrondir les angles. Il rêve de créer la forme dans laquelle toutes les formes pourront s'inscrire, de trouver « la lumière pure ». Un équilibre sévère entre l'émotion et l'intention première s'imposait à Picasso. D'où l'accusation portée contre son œuvre de manquer d'amour. On feint de voir en lui un être inconstant, surpris et amusé par les hasards des rencontres et les jeux de l'esprit. Il y a en Picasso une rigueur instituée à la base qui lui permet d'introduire dans son œuvre les enchainements les plus divers de l'esprit et les variétés les plus inattendues de la forme. Quelle grande que soit la force de l'amour, elle ne se réalise qu'en modérant l'impulsion par la logique, seule capable de maintenir les liaisons entre l'ardeur et l'intellectualité. Il en résulte des expressions qui semblent vouloir vivre une existence indépendante des phénomènes émotifs. Dans une œuvre ainsi construite, les données logiques recèlent l'émotion et en sont fécondées. Pourquoi donc reprocher à Picasso de ne faire profession d'aucun dogme? Il y a de la place pour tous les dieux créés par les résonnances nerveuses et qui se glissent, toujours nouveaux, dans la durée. C'est pourquoi l'œuvre de Picasso est toujours une et diverse. A chaque nouvelle exposition de son œuvre, on annonce son éloignement du cubisme. Erreur! Une bataille ne saurait être traduite plastiquement qu'à la manière romantique. A la manière romantique aussi seront exprimés dans les « Fleurs du Mal », les sentiments de la fille qui pleure, aux complaintes de l'orgue de Barbarie, le soldat qui s'en va guerroyer au loin. Un songe ne pourrait être peint qu'à la manière impressionniste. Les objets ne sauraient être représentés qu'à la manière cubiste ; car il y a une interprétation cubiste et un rapport de cette interprétation avec les choses, dont Picasso a toujours tenu compte. A bout d'arguments contre l'œuvre de Picasso, les Juges et les soi-disant amis lui reprochent son passeport

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1925. 1926.

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1923. espagnol, et l'accusent d'avoir perdu la notion de la mesure française à laquelle il avait réussi à s'accrocher péniblement : pour avoir montré une force qui nous dépasse, une ardeur qui surprend, une joie de courir constamment à l'abîme au bord duquel il s'arrête et se rétablit. On n'aime pas les gens qui font peur sans se faire du mal. Sur la route infinie de l'art, Picasso a égaré la plupart de ses compagnons. Ce sont des choses, Picasso, que l'on pardonne rarement. CHRISTIAN ZERVOS.

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Peinture 1925 1926

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1926 Reproductions communiquées par la Galerie Granoff. MARC CHAGALL Se laisser aller. S'exprimer au lieu de se taire. Se confesser au lieu de se faire obéir. S'abandonner à ses penchants et suivre leur mouvante aventure. Ne plus se contenir par l'architecture de la raison. Fuir de tous côtés et s'ouvrir et se répandre. Romantisme. Quelle force faudrait-il avoir ensuite pour se ramasser, ramener ses éléments à leur initial équilibre et si la courbe de son élan est assez puissante pour revenir à son point de départ, retrouver son unité plastique? Les grands romantiques sont ceux qui surent ne rien perdre tout en risquant beaucoup, ceux qui trouvèrent la forme de leurs aveux et même par l'excès de ces aveux, comme par une force acquise. Tant il est vrai qu'aller au bout des choses c'est surtout une question d'en revenir. Ils ont des qualités d'évocation, ce pouvoir d'abstraction dans le temps qui les fait retrouver la fraîcheur des faits révolus. Ingres est un dessinateur admirable, mais un évocateur médiocre. Par contre, quelle chaleureuse animation dans une scène de Delacroix ou dans une composition de Géricault. Cent ans après vivons-nous une époque 1830? Y a-t-il un parallélisme d'événements? Quand la jeunesse des années 1906 se soulevait pour construire avec la vigueur des matériaux retrouvés, c'était dans un mouvement marqué de classicisme. La guerre fut, elle aussi, un prolongement de ce renouveau classique. Ce ne fut que dans la paix retrouvée, le repos revenu avec les jours calmes que ce besoin de romantisme, ce goût d'aventures sédentaires et de libres échappées de l'imagination est apparu. Il est apparu parmi ceux surtout qui, migrateurs, sont venus avec le besoin d'exprimer en créant un ordre de leurs tourments plutôt que de s'effacer dans la richesse classique. Chagall, lui, est un peintre, né romantique. Mais il est peintre avant tout, puisqu'il ramène toute chose à la peinture. Et c'est cela qui importe. Son romantisme se dépouillant peu à peu au profit du chercheur d'équilibre, du peintre aux belles couleurs, prend sa place prédestinée dans l'esprit seul de son œuvre et non point dans son unité plastique qui reste essentielle et pure. C'est par quoi il rejoint la tradition de la peinture romantique. Voir le monde à travers des bouquets! Des bouquets larges, monstrueux, aux profusions sonores, aux éclats obsédants. Ne le voir qu'à travers ces abondances ramassées au hasard des jardins, accordées nul ne sait comment et