Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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CAHIERS D'ART REVUE DE L'AVANT-GARDE ARTISTIQUE DANS TOUS LES PAYS, PUBLIÉE PAR CHRISTIAN ZERVOS --- 4 Mai 1926 - FERNAND LEGER - MAURICE RAYNAL - ARCHITECTURES PRÉHISTOIRE - JEAN CASSOU - OZENFANT - MISE EN SCÈNE - EXPOSITIONS - JEAN LURÇAT - MAX ERNST - HALICKA - E. TÉRIADE - INTERIEURS - LIVRES - L'ÉGYPTE --- 3 fr. 50 --- LA REVUE « CAHIERS D'ART » SE VEND AUX ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ, A PARIS, 30 & 32, RUE DE FLEURUS (VIe ARRe)

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BIBLIOTHÈQUE ÉTRANGÈRE 3, Rue du Cherche-Midi, Paris (vi°) Directrice : J. BUCHER ÉDITION DE 6 GRAVURES TIRÉES A 50 EXEMPLAIRES CHAGALL, GROMAIRE, LURÇAT, PASCIN, PRAX, MARCOUSSIS AU PRIX DE 350 FRANCS LA SÉRIE, 80 FRANCS CHACUNE --- BAROQUES IMAGES ET TEXTE DE JEAN LURÇAT SUITE DE QUATRE POINTES-SÈCHES COLORIÉES ET SIGNÉES PAR L'ARTISTE NOVEMBRE 1925 L'OUVRAGE, D'UN FORMAT IN-4°, EST TIRÉ A 102 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN D'ARCHES, DONT 2 EXEMPLAIRES DE CHAPELLE A ET B. 4 EXEMPLAIRES COMPRENANT CHACUN UN TIRAGE EN NOIR DE CHAQUE GRAVURE ET UNE DES 4 GOUACHES ORIGINALES ...

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vitraux et mosaïques LOUIS BARILLET 7, rue alain-chartier, paris-xv téléphone : vaugirard 10.13

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CAHIERS D'ART Un An(10 NUMÉROS) --- France et Colonies. … … … … … 30 francs --- Le Numéro…3 fr. 504 fr. 505 fr. 50 --- Pays ayant adhéré à l'accord de Stockholm… 38 — --- Pays ayant décliné cet accord … … … 50 — --- Pour tout ce qui concerne l'administration de la Revue, s'adresser à M. Christian Zervos. --- LIBRAIRIE STHETIO LE STHETIQUE BOULEVARD DU MONT PARNASSE TÉLÉPHONE SÉGUR 51 - 74 --- GALERIE PIERRE ŒUVRES DE DERAIN, CHAGALL, UTRILLO, MODIGLIANI, RAOUL DUFY, PASCIN, ETC. 13, RUE BONAPARTE, PARIS (VIe) --- Nous prions MM. les Libraires de bien vouloir noter que le deuxième fascicule de “CAHIERS D’ART” ne se vend plus séparément. Les quelques exemplaires qui nous restent sont réservés aux personnes désireuses de s’abonner à notre Revue.

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F. Léger, Dessin à la plance, 1923. FERNAND LÉGER Il n'est guère de moyen plus propre à fatiguer nos désirs plastiques, à lasser nos manies sensibles, et à détourner nos intentions artistiques que celui qui consiste à les flatter, les multiplier ou les prévenir à l'envi. Si bien qu'au peintre qui recherche uniquement les occasions de nous séduire, c'est-à-dire de nous pousser à nous recopier sans cesse, à celui qui affiche assidûment son désir de plaire, comme à l'artiste qui, de ce fait, se complaît sans la joie de se donner, de se livrer et de s'abandonner trop dangereusement, nous sommes toujours tentés de crier : « Mais n'usez donc pas d'un coup toutes les ressources de votre persuasion ! De grâce, ne soyez pas toujours de notre avis, bousculez-nous un peu, s'il vous plaît. Et que diable ! défendez-vous un peu. » A Fernand Léger cette recommandation n'est pas nécessaire. Après avoir tiré des séductions de l'impressionnisme, ce qui convient non pas au spectateur, mais à son propre tempérament, il lâche la bride à celui-ci. Il le fait avec la robustesse de son sens plastique. Et son goût de la plénitude, de l'assise de la forme, s'épanche en des architectures vigoureuses et solides qui vous dispersent aux quatre vents de l'intensité, de la sobriété, de la stabilité et de l'énergie, nos penchants trop faciles aux mièvreries sensibles d'un bon goût désormais inexorablement codifié. Possible que vous aimiez le délétèrescent, le fondu, le flou, les déformations exclusivement sensuelles et la couleur sentimentale. Mais si vous n'êtes pas ému par le spectacle que vous offre l'œuvre de Léger, si vous ne pouvez décidément pas vibrer aux accords d'une représentation supérieure parce que vous ne l'avez jamais vue, si vous préférez vous laisser prendre aux arabesques trop flatteuses, aux subtilités les plus énervantes, aux séductions des arrangements faciles, si, en un mot, vous mordez trop résolument aux hameçons que vous tendent les plus habiles pêcheurs, c'est que le self-contrôle de votre sensibilité demeure anesthésié et que vous êtes impuissant à contenter, ainsi qu'il sied parfois, le flot de vos instincts narcissiques, comme parle la psychanalyse. Bien sûr et loin de là nous ne voulons pas faire de l'art un foudre de morale sensible. Mais pour effectuer de nouvelles découvertes dans le domaine de la sensibilité et pour que le jeu des formes colorées, moyen le plus légitime de la peinture, de nous fournir des émotions plastiques, puisse faire jaillir de nos sensibilités les sources d'émotion toujours plus fraîches, il faut que nous fassions abstraction des goûts arrêtés, des habitudes sensibles trop irréductibles pour ouvrir notre instinct artistique aux spectacles qui entretiennent la vie en renouvelant sans cesse la flamme qui doit l'alimenter. Or, le spectateur qui se décide à voir dans une toile de Léger une œuvre purement plastique remarque aussitôt qu'à l'instar des Anciens, le peintre reste fidèle à ce moyen du ton local qui, sans doute, n'apporte rien de nouveau par lui-même, mais à cause de cela même, demeure avant tout un moyen et non un but. Grâce au jeu des volumes, le tableau de Fernand Léger acquiert déjà du mouvement et de l'assise indépendamment de la couleur, qui a pour mission exclusive de faire intervenir la variété et cette équivalence de la vie sans quoi l'œuvre ne serait pas humaine. Grâce à cette dernière conception, l'œuvre de Fernand Léger garde une infinie diversité sans jamais voir détruire son unité plastique. Lorsque l'impressionnisme supprime les jeux des volumes, il crée une sorte de dynamisme exclusivement pictural. Mais, alors que l'application de la théorie des complémentaires et du mélange visuel simultané engendrent la monotonie parce que le dit mélange optique provoque généralement un état de mouvement qui donne du gris, le procédé classique des volumes colorés que pratique Fernand Léger crée une sorte de dynamisme architectonique, une fonction de mouvement et non plus une fonction colorante qui permet la plus abondante multiplicité de l'effet plastique.

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L'imagination formelle de l'enfance est toujours sollicitée par une soif de renouveau qui ne se trahit jamais. Et, par exemple, l'enthousiasme des enfants pour les animaux F. Léger. Peinture, 1924. vient pour une énorme part de ce besoin, artistique, déjà, de considérer des ensembles absolument inusités de formes parfaitement naturelles. Or, il est incontestable que l'engouement artistique de notre maturité, lorsqu'il est raisonnable, découle de cette primitive exigence de notre sensibilité, mais ici perfectionnée par notre goût d'invention ou de création, si l'on veut. Ainsi le besoin de grouper des éléments plastiques empruntés à la nature en des combinaisons nouvelles demeure aussi humain que le désir chez l'enfant d'admirer des objets nouveaux et d'en confectionner, comme de composer des phrases dénuées de sens à l'aide, pourtant, de mots connus. Rien donc de plus humain que ce besoin chez Fernand Léger de rechercher les effets plastiques les plus neufs et de traduire sur la toile les nouvelles associations formelles que son imagina- tion lui inspire. Nos centres émotifs démêlent et pressentent que les trouvailles formelles de Fernand Léger sont dues à une sorte d'automatisme plastique parfaitement pur qui est le moteur même de son imagination de peintre. D'autre part, un contrôle esthétique venu de son ancienne pratique de la tradition s'exerce également d'une manière toute automatique sur son œuvre. De là toutes ces audaces d'associations de rythmes, mesurées et condensées par une notion absolument parfaite des canons de la sensibilité plastique. C'est grâce à cet état purement pictural que l'œuvre de Léger réalise une sorte d'équilibre de santé entre toutes celles de nos aspirations sensuelles et sensibles qui touchent à l'art. Qu'il emprunte ses constructions aux éléments de la mécanique ou à ceux du corps humain, il dé-

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F. Léger, Dessin, 1924. F. Léger, Peinture, 1924.

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laisse toute littérature. Sa sensualité plastique ne vise qu'à l'aspect de la forme il est l'ennemi de tout romantisme michelangelesque et rodinien : l'expression chez lui reste avant tout formelle, il demeure donc le peintre, le plus peintre qui soit. Par ailleurs sa sensibilité, parfaitement instruite qu'elle est, de toutes les ressources de la palette lui a donné l'œil le plus rapide que je connaisse pour découvrir, avec le plus de sûreté, le ton exact qu'il faut. Et si l'on admire dans ses récentes figures une sérénité et un poids qui font penser à ceux de la bonne statuaire, il faut trouver la raison de ces qualités dans un tempérament robuste et sain, plein de décision, et chez lequel le souci du morceau plastique passe toujours celui de l'organisation artistique. Peut-être lui reprochera-t-on cette dernière tendance ; mais, à mon sens, on ne pourrait le faire que si cette disposition n'était compensée par aucune vertu capable d'y suppléer. Or, le cas de Léger est tout autre. — Fernand Léger pense (ou doit penser à ce que je crois), qu'il est un peu vain de construire un palais si l'on n'a que des meubles de pacotille pour l'organiser. Il reste donc avant tout l'inventeur le plus désintéressé, il est celui qui découvre constamment des effets, voire des moyens plastiques nouveaux, sans chercher jamais à quelle sauce il ou on les accommodera. Puissant, parfois, violent mais toujours semblable à lui-même, marchant droit devant lui, sans se laisser distraire par le spectacle de l'art quotidien, Fernand Léger est l'un des grands inventeurs plastiques de ce temps. Il est l'un de ceux dont l'influence sera la plus durable et la plus précieuse, sinon pour le développement de l'Art, du moins pour celui de la peinture, seul but qu'il vise d'ailleurs, et ce de toutes les forces de ce rare tempérament qui ne sait pas flatter, mais qui surprend, empoigne, bouleverse quelquefois, en un mot n'agit pas sur nos sensibilités à la manière de la séduction qui attire et ne retient jamais longtemps, mais à celle de la persuasion qui trouble d'abord, puis convainc et attache enfin par des liens résistants qui, à cause même de leur personnalité, ne nous lassent jamais. MAURICE RAYNAL.

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F. Liger. Printure. 1925.

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HABITATIONS Des beaux volumes et des surfaces bien rythmées. Malheureusement, la tendance décorative entête de la pureté des œuvres de cet artiste. Des horizontales d'une belle venue coupées par des verticales espacées avec un sens parfait des proportions. Jeu des volumes réussi.

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W. Verschnoor & C. Butten Maison de Rapport à la Haye Ensemble d'une grande parfeté de lignes. Admirable recherche des volumes. Une des plus belles création de l'architecture hollandaise. Travaux publics de la Ville d'Amsterdam La conception d'une belle architecture s'est tellement introduite dans les murs hollandaises que les administrations elles-mêmes s'y conforment pour réaliser des œuvres réussies. D. Heinke & E. J. Kuipers Maison de Rapport, Amsterdam Facade pure. Trouvailles nombreuses dans les détails sans prétention ornementale. Jeu de volumes parfaitement équilibré. Les boutiques se succèdent avec une eurythmie toute nouvelle.