Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART ET DÉCORATION REVUE MENSUELLE DE L'ART MODERNISME FÉVRIER 1934 ÉDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS LES ÉCHOS D'ART --- CE NUMÉRO FRANCE : 10 $

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ART ET DÉCORATION L'ART DÉCORATIF ET LES ÉCHOS D'ART 38e ANNÉE - RÉDACTEUR EN CHEF : L. CHERONNET ADMINISTRATEUR : M. JARYC TOUS LES DROITS SUR LES ARTICLES ET LES REPRODUCTIONS SONT RÉSERVÉS POUR TOUS PAYS, LES MODÈLES PUBLIÉS SONT ET DEMEURENT LA PROPRIÉTÉ DE LEURS AUTEURS ; TOUTES LES REPRODUCTIONS OU IMITATIONS, MÊME PARTIELLES, SONT INTERDITES ET SERONT POURSUIVIES PAR LES AUTEURS. PRIX : FRANCE : LE NUMÉRO 10 FRANCS. L'ABONNEMENT ANNUEL (12 NUMÉROS) 100 FRANCS. PAYS À TARIF POSTAL RÉDUIT : AFRIQUE DU SUD (UNION DE L') ALBANIE, ALLEMAGNE, ARGENTINE, AUTRICHE, BELGIQUE, BRÉSIL, BULGARIE, CANADA, CHILI, COLOMBIE, CONGO BELGE, CUBA, ÉGYPTE, ÉQUATEUR, ESPAGNE, ESTHONIE, ÉTHIOPIE, FINLANDE, GRÈCE, GUATÉMALA, HAÏTI, HONGRIE, LETTONIE, LIBÉRIA, LITHUANIE, LUXEMBOURG, MAROC (ZONE ESPAGNOLE) PARAGUAY, PAYS-BAS, PERSE, POLOGNE, PORTUGAL ET SES COLONIES, ROUMANIE, SALVADOR, TCHÉCO-SLOVAQUIE, TERRE-NEUVE, TURQUIE, U.R.S.S., URUGUAY, VENEZUELA, YOUGOSLAVIE. LE N° 12 FR. 50. L'ABONNEMENT ANNUEL, 125 FRS. AUTRES PAYS : LE N° 15 FRS. L'ABONNEMENT ANNUEL 150 FRS. EMBOÎTAGES JUSQU'A 1931 INCLUS, CHAQUE EMBOÎTAGE CONTIENT UN SEMESTRE ; À PARTIR DE 1932, CHAQUE EMBOÎTAGE CONTIENT UNE ANNÉE : 15 FRS (PORT EN SUS : FRANCE 3 FRS. ÉTRANGER 4 FRS). CHÈQUES POSTAUX : PARIS 66-90. TÉL. OPÉRA 65-38. PARIS, 2, RUE DE L'ÉCHELLE LES ÉDITIONS ALBERT LÉVY --- SOMMAIRE FÉVRIER 1934 Renaissance de deux musées, par Georges Hilaire. Les animaux de Joseph Hecht, par Anny Lévy-Gutmann. La maison de verre de Pierre Chareau, par Raymond Cogniat. Les gouaches de Jean Burkhalter, par Paul Fierens. Les ensembles de Lucien Rollin, par Pierre Migennes. Le Salon des Indépendants, par Fabien Sollar. Classicisme des arts ménagers, La rue et le Cinéma, par Richard Richmond. Les Expositions, par Fabien Sollar. LES ÉCHOS D'ART REVUE DES REVUES - CONCOURS - INFORMATIONS ET NOUVELLES --- LES EXPOSITIONS D' "ART ET DÉCORATION" Le Vendredi 16 Mars, à 15 heures, M. GEORGES HUISMAN, Directeur Général des Beaux-Arts, présidera le vernissage de l'Exposition consacrée à : JEAN BURKHALTER JOËL ET JAN MARTEL ANDRÉ BOLL GOUACHES SCULPTURES MAQUETTES DES DÉCORS POUR " CORIOLAN " Exposition ouverte du 16 au 30 Mars, de 10 h. à midi et de 14 à 18 h. GALERIE D' "ART ET DÉCORATION", 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS Nos Lecteurs sont cordialement invités --- A NOS LECTEURS Les primes que nous avons offertes pour les renouvellements d'abonnement ou les abonnements nouveaux (une estampe en couleurs d'une des Séries GALERIE DES MODES ou BON GENRE d'une valeur de 25 francs) ont eu le plus franc succès. Sur la demande de nombreux lecteurs de l'étranger qui n'avaient pu être touchés à temps, nous nous faisons un plaisir de prolonger — également pour la France — le délai fixé. Ainsi, tous nos lecteurs qui nous enverront leur abonnement ou leur réabonnement dans ces prochaines semaines recevront franco une de ces magnifiques estampes.

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RÉFÉRENCES Rue Branly, Issy-les-MoulineauxArchitecte : M. R. Rousselot --- Hôtel Royal Malesherbes, 24, Boulevard Malesherbes, à Paris --- Annexe de l'Hôtel Georges V, Av.Georges V,Paris. Architecte : M. Lefranc --- 30, Quai de Passy, ParisArchitectes : MM. Lucas et Beaufils --- 43, Avenue Charles-Floquet, ParisArchitecte : M. J. A. Tisseyre --- 13, 15, 17, Rue Raynouard, ParisArchitectes: MM. Julien et Duhayon --- Immeuble à Monte-CarloArchitecte : M. Marescalchi --- - Tous les appartements des immeubles que voici — pris parmi bien d'autres — ont leurs cuisines équipées d'un “Frigidaire”. • MM. les Architectes qui ont construit ces immeubles ont trouvé en “Frigidaire” un élément nouveau pour la réalisation de leurs idées sur le confort moderne. • Vous trouverez tous renseignements utiles sur les équipements “Frigidaire” au Service Immobilier de “FRIGIDAIRE” PREMIER ET SEUL DU NOM 46, RUE LA BOÉTIE, PARIS, ÉLYSÉES 17-43

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--- RENAISSANCE DE DEUX MUSÉES "LA VICTOIRE DE SAMOTHRADE" DANS SA NOUVELLE PRÉSENTATION Le Louvre fut un pavillon de chasse et un donjon. Il couvre aujourd'hui près de deux cent mille mètres carrés. C'est le plus vaste système de palais du monde, des palais faits pour vivre, pour se défendre, pour les tournois et les joutes, pour les mariages impériaux. Tout le procès des musées du Louvre est donc entaché d'erreur judiciaire. Il vaut la peine qu'on s'y arrête. Le drame du Louvre c'est une longue divergence d'affectation. Fallait-il désaffecter le Louvre? Transporter dans quatre ou cinq bâtiments nouveaux les peintures, les antiques, l'art français, l'art oriental? L'Etat n'a donné que cinquante millions. Et les augures n'étaient pas d'accord. Pourquoi renoncer gratuitement à trois siècles d'enrichissements architecturaux, à la situation centrale du Louvre, à sa légende, à son rôle unique au monde de magasin central des Arts? L'administration a sagement agi. On ne peut accorder la peinture moderne avec les plafonds de Romanelli ou de Dauban. Mais il y a pléthore de peinture de la même époque. Classement historique, «chambres d'époque», double musée, mélange chronologique des arts, les ressources de la science muséographique sont comme les procédés de l'imagination : en petit nombre. Ne troquons pas le droit d'ainesse du Louvre contre le plat de lentilles hasardeux du musée-laboratoire. C'est sacrifier la flânerie et l'esprit de découverte. Les savants ont leur système dans la tête et le public ne demande pas de système. Il veut de la lumière, de l'ordre, des circuits faciles. Il veut être libre. Pas de musées-casernes. Pas de chefs-d'œuvre par ordre. Le plan qu'a fait adopter M. Henri Verne, Directeur des Musées Nationaux, est fait de sagesse et de hardiesse. Il délivre les œuvres d'art de l'entassement et de l'obscurité. Il met à profit et tire de l'oubli les images historiques du palais. La complexité du labyrinthe réplique à la diversité des richesses. Il suffisait de débrouiller ce dédale, de rendre le Louvre lisible. L'apparemment actuel et futur des départements de même famille, relève d'une stratégie patiente et efficace. C'est la haute-école du déménagement. Mais le travail architectural tient du miracle. Les architectes C. Lefèvre et A. Ferran, conducteurs de cet urbanisme intérieur, ont fait œuvre de médecins. Ils ont fait œuvre d'artistes. Ils ont respecté le Palais. Ils ont évité d'en subir la tyrannie.

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AVANT En haut, à gauche : LA SALLE DES SEPT MÈTRES (MUSÉE DU LOUVRE) En haut, à droite : L'ESCALIER DARU (MUSÉE DU LOUVRE) En bas, à gauche : LA CAGE DE L'ASCENSEUR (TROCADERO) En bas, à droite : UNE ANCIENNE SALLE DU MUSÉE D'ETHNOGRAPHIE Des trouvailles? Il est facile d'en formuler dans un plan de musée idéal qui s'ordonne et s'équilibre sur le papier. Mais au Louvre, le passé commande. L'invention architecturale ne part jamais de zéro. Les trouvailles des architectes du Louvre et des principaux conservateurs mués en décorateurs, prennent figure de « gags ». Ils ont toute la valeur de la difficulté vaincue. Un « gag » grandiose c'est la présentation monumentale et aérienne de la Victoire de Samothrace. L'escalier sert de socle. La voûte est tapissée d'éclairage. La statue s'envole. Le grand principe de ce plan de colonisation et d'exploitation d'espaces vides ou mal affectés, c'est d'avoir fait un sort particulier à chaque friche, à chaque décor historique. Ce décor était-il digne de mémoire? On a écarté le musée. Ne méritait-il pas d'être conservé pour lui-même? On l'a transformé avec économie suivant le technique de la construction la plus moderne. C'est ainsi que l'on a décongestionné la galerie d'Apolлон, parce qu'elle le mérite; restitué à leur place et dans leur état originel les boiseries de la chambre et du cabinet du roi. Une parfaite façade de Le Vau délicatement dégagée est rendue à l'admiration publique sous la verrière de la cour du Sphinx métamorphosée en salles d'antiques. Chaque difficulté fut différente. Chaque querelle fut vidée à part. La présentation : fallait-il généraliser le système des coupes sombres, le prélèvement administratif? le dégagement des chefs-d'œuvre par la compilation dans des réserves des œuvres secondaires? Qu'est-ce qu'un chef-d'œuvre? Comment le définir, sinon par rapport à d'autres pièces? On n'a pas privé les œuvres maîtresses de la présence des œuvres moindres qui suivant l'expression de M. Henri Verne « éclairent et reflètent les plus grandes ». Mais les combles, aux poutres refaites, abritent maintenant un vaste magasin à peintures. On feuilletera sur châssis, les pièces d'intérêt incontestablement anecdotique, les pléonasmes picturaux. C'est l'accumulateur d'énergie pédagogique.

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APRÈS En haut, à gauche : LA SALLE DES SEPT MÈTRES En haut, à droite : UNE SALLE DE LA RENAISSANCE MUSÉE DU LOUVRE En bas, à droite et à gauche : LES NOUVELLES SALLES D'OCÉANIE ET D'ASIE AU MUSÉE D'ETHNOGRAPHIE Mais la révolution de palais, c'est le cas de le dire, fomentée par les urbanistes du Louvre, c'est l'entrée de la lumière. Des salles aveugles ont vu le jour. Des verrières s'ôtent du soleil des visiteurs. L'électricité règne. Des « lampes jour » masquées font jaillir une apparition historique. Diffusée sans zone d'ombre la lumière électrique flatte les formes et réveille les couleurs. Autour de l'œuvre le décor s'efface. Murs nus et patinés, murs anonymes, dont on peut déjà juger l'effet dans la salle des primitifs italiens et celle de l'Ecole impressionniste. Nos conservateurs sont héroïques : ils ont renoncé au traditionnel rouge pompéien qui buvait la lumière et absorbait l'œuvre d'art. Les salles de sculpture où, grâce à M. Paul Vitry, la présentation didactique et le dégagement varié des perspectives ont été substitués au chaos, offrent un fond à peine doré, des modelés saufs, une lumière qui circule. Les œuvres respirent. C'est la grande réussite du nouveau musée. Ainsi se trouve facilitée et justifiée cette vaste confrontation de tous les arts qui est la raison d'être du Louvre. D'autres galeries publiques dont la fin n'est pas la synthèse mais l'analyse, ont le devoir de mettre en valeur le détail plus que l'ensemble. Le Louvre, c'est l'universel. Le musée d'Ethnographie du Trocadéro, c'est le particulier. Protection et présentation isolées de l'objet sous vitrine, « minuterie » individuelle qui permet d'admirer cinq minutes le masque, le costume, la panoplie, le fétiche, neutralité schématique du décor. Le musée d'ethnographie est une intelligente bijouterie. Il faut rendre grâces au professeur Rivet et à M. G.-H. Rivière, d'avoir tout sacrifié au luxe de la présentation scientifique. Le Louvre est une habitude prise. Le Trocadéro était une habitude à prendre. L'éloquence du premier c'est l'aménagement de l'histoire. La poésie du second, c'est l'hermétisme de la vitrine, l'étanchéité de l'émotion. C'est la sécheresse des étiquettes. Georges HILAIRE.

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LES ANIMAUX DE JOSEPHHECHT OURS-BRONZE ANTILOPE-BRONZE

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LES FAISANS LES MORSES LES IBIS GRAVURES AU BURIN Hecht a sauté des millénaires d'art savant. Ne la suggestion des dessins populaires — ingénuité grave-t-il pas certains animaux dans le mur pour et superstition auraient pu être leur mobile. chasser les mauvais esprits? Ses dessins ont toute Il nous raconte des histoires d'animaux, des bons