Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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ART et Décoration
Revue mensuelle d'Art Moderne
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Sommaire
- La Peinture aux Salons
- Gabriel Mourey
- L'Art décoratif aux Salons
- M. P.-Verneuil
- Planche hors texte : "Verrerie"
- L.-C. Tiffany
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Juillet 1903
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Librairie Centrale des Beaux Arts
13, Rue Lafayette Paris
Prix de la Livraison : 2 fr.
7e Année, N° 7.
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Art et Décoration
Revue Mensuelle d'Art Moderne
COMITÉ DE DIRECTION :
MM. VAUDREMER, GRASSET,
JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY,
LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT
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L’Année parue ...
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La Peinture aux Salons
Une œuvre, une grande œuvre domine les Salons de 1903 : la composition décorative d'Henri Martin dont notre très distingué collaborateur Henry Marcel a trop bien dit ici même les mérites pour que j'y insiste à mon tour. Qu'on me permette seulement d'apporter à Henri Martin le tribut de mon admiration et l'assurance de la joie que cause à tous ceux danses de ceux à qui la Société Nationale doit son succès et son prestige, c'est encore là que nous trouverons le plus d'œuvres de vraie valeur.
Il y a peu de portraits au Salon de la Société Nationale; quelques-uns d'entre eux offrent des qualités de premier ordre : celui d'abord de Mme Albert Besnard, par Albert Besnard,
qui le connaissent, qui savent la haute dignité de sa carrière, l'unanime succès par lequel a été accueilli cet aboutissement radieux de ses efforts.
Malgré l'envahissement, chaque année plus redoutable, de la Société Nationale, malgré la présence acquise parmi les membres de cette association de telles et telles personnalités, fort encombrantes d'ailleurs, dont le talent, si j'ose m'exprimer ainsi, et les tendances ne s'accordent en aucune manière avec le talent et les ten-
d'une belle sagesse, d'une haute allure, mais auquel on regrette que le maître de la Féérie intime n'ait pas cru devoir composer un décor en harmonie avec la psychologie du modèle ; ceux de Lucien Simon, Paul Robert, Debussy, Mme X..., Mme E. H..., où la science de Jacques-Emile Blanche s'affirme avec plus d'autorité que jamais, encore qu'avec un peu moins de charme, sauf dans le Portrait du Poète Francis Vielé-Griffin et de sa famille; celui des Demoiselles Hunters, par Sargent, qui me semble tout à fait digne d'être consi-
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déré comme un des plus complets morceaux qu'ait signé ce prodigieux virtuose.
Nul n'aime plus que moi le talent d'Aman-Jean, son art de grâce et de raffinement, son sance de vision et de technique, et quelle liberté déploie Lucien Simon dans son Portrait de Mme S. et de ses enfants, — la vie est là toute palpitante dans des gestes, des expressions, des attitudes traduits du pinceau le plus libre et le plus sûr, — et dans l'Asile de Vieillards, où ses dons d'observation et de caractérisation font merveille!
L'art de Georges Desvallières vise de tout autres buts. Il est complexe, un peu byzantin, dans le sens précieux dumot, mêlant une conception très particulière du modernisme à un souci de beauté légendaire où passe, avec le souvenir de Delaunay qui fut son maître, l'influence d'un Gustave Moreau, plus pénétré de vie et de réalité. Le Portrait de Mme B... est, à tous égards, une forte et délicieuse chose, de la plus hautaine tenue.
M. Caro-Delvaillé se cherche encore, avec un eloyauté, une inquiétude qui rendraient plus sympathiques sontalent, s'il n'avait déjà tant de séduction et d'attirante saveur. J'aime les indécisions dont on lesent tourmenté. Le Portrait de Mme L. et de sa fille, la Femme nue, d'un modelé si tendre et si vivant, si amoureusement et si délicatement caressé, marquent une étape de son affranchissement.
On ne se plaira pas moins, de souvenir, maintenant que le Salon est clos, à la charmante Jeune fille au petit chien et à la 'Jeune
Panneau décoratif
CHUDANT
sens si personnel des élégances modernes. Il est moins brillant, cette année, moins harmonieux, moins lui-même, qu'il me permette de le dire : ne doit-on pas la vérité à un artiste de sa valeur!
Quelle franchise, en revanche, quelle puis-
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fille aux œillets, de Raffaëlli, si fraîches dans leurs atours clairs; aux portraits, d'une harmonie si savoureuse de John Lavery, le Chou bleu, une Dame en brun, et de Austen Brown, Portrait de Mme Austen Brown;
d'une saine simplicité d'arrangement; de Boldini, en quelques coups de sa brosse enchanteuse et... exaspérante à la fois, l'image du caricaturiste Sem.
Le talent de Zuloaga exerce sur moi un
Les Préparatifs pour la course de taureaux
I. ZULOAGA
d'Anquetin, Gémier dans la Rabouilleuse, moins riche, moins appétissant de matière que le Soir du même peintre; d'Abel Faivre, Portrait de Mme Hélène Chauvin et de sa fille, à la manière de Gainsborough et de Jacques Blanche; d'Edelfelt, Portrait de M. P. Krohn et de son fils, en plein profil, à mi-corps,
attrait irrésistible; ce mélange de brutalité et de raffinement, l'intensité de pittoresque et de vérité, l'acuité de vision, l'originalité documentaire des scènes de mœurs, des types qu'il excelle à peindre, de plus, la belle sûreté de son métier, l'ampleur grasse de la touche, tout cela me trouble étrangement l'esprit et
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les sens. Les Préparatifs pour la course de taureaux, autant que Gitane et Andalouse et Un Mot piquant, suggèrent mille sensations, mille évocations de soleil, de parfums, de musique, de perversité et de mort; ce réalisme a des complexités psychologiques, des ardeurs passionnées à la suggestion desquelles il est impossible de ne pas se laisser prendre.
Autant l'art de Zuloaga est espagnol, autant l'art de La Touche est français; ils ne doivent, l'un et l'autre, qu'aux traditions, à l'âme, à l'esprit de leur race. Combien sont instructifs de tels contrastes! Ce La Touche est un incomparable magicien de grâce, de fantaisie, d'amour. Rappelez-vous ses deux panneaux décoratifs, la Jeunesse, la Grâce, et le Salon rouge, et le Salon vert; quel enchantement de couleurs,
RENÉ PRINET
quels dons d'évocation, quel charme, voluptueux et frais!
Etienne Dinet continue d'être le peintre le plus précieux de l'Orient que possède l'Ecole française actuelle; il met au service de sa passion pour le décor, les personnages, la lumière de ces pays féeriques des dons de peintre et un amour de la vérité exceptionnels, il faut l'affirmer, chez un orientaliste. La légende de Joseph et de la femme de Putiphar, telle que M. Dinet l'a traitée, d'après une version arabe, nous impressionne et nous charme par ses accents de vérité; elle nous transporte dans ce monde oriental où toute vérité devient, sous les voiles éclatants de la lumière, beauté, poésie, joie, volupté de vivre.
Quelle distance entre cet art, les figurations qu'il affectionne, les sensations qu'il suggère, et l'art d'un Maurice Denis, sa concentration de pensée et d'emotion religieuse, ses inspirations toutes septentrionales! « Faux naïf », c'est l'insulte dont ceux qui ne comprennent ni ne ressentent le charme de cet art gratifient un tel artiste, mettant ainsi en suspicion la sincérité, la loyauté de son idéal. Cela, d'ailleurs, n'importe point : des compositions comme Notre Dame de l'Ecole, surtout comme l'émouvante Mise au Tombeau, avec son parti pris, si décoratif, de lumière, sa sobriété, si profondément humaine, de gestes et d'attitudes, n'en demeurent pas moins ce qu'elles sont et les joies qu'elles
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nous donnent n'en seront pas moins diminuées.
Il y a relativement peu de tableaux anecdotiques au Salon de la Société Nationale, et quelques-uns de ceux qui y figurent valent d'être remarqués; au surplus ce sont plutôt des peintures de mœurs, par exemple l'exquise, l'ensorceleuse Lydie de Jeanniot qui est vrai-
sonnel d'un Américain, M. H. Maurer emplit le champ avec ses curieuses notations de la vie moderne, la Dernière Danse au Bal Bullier, Confection, la Danseuse, le Trottin.
M. Hochard reste fidèle à sa prédilection pour les mœurs provinciales; il est moins heureux dans son marché au Village que dans son
Les Petits
EMILE WÉRY
ment un morceau de piquant ragout, et du même, le Thé de Cinq Heures et Conversation, où l'illustrateur de Benjamin Constant poursuit ses observations de la vie parisienne dont la Présentation, de l'an dernier, mérite d'être estimée, jusqu'à présent, la plus complète et la plus aiguë; comme encore les plaisantes scènes de M. Morisset, la Terrasse de café, le Chemin de fer, la Grande sœur où le peintre se montre également expert à noter les traits de la vie extérieure et les faits de la vie intime; comme, enfin, les fines, mais trop volontairement obscures études d'intérieur de M. Edouard Saglio, Devant la glace, le Modèle, et les cadres où M. Anglada fixe ses visions, plutôt déformatrices, mais d'une si savoureuse coulée de couleur, du Paris des restaurants de nuit et des music-halls, et ceux dont le talent étrange et vraiment per-
Clergé avant l'enterrement, petite toile de métier sûr et fort.
Dans le même ordre de recherches, études des mœurs, intimités, je me garderais d'omettre les fines toiles de Moreau-Nélaton, le Départ pour la messe, la Leçon de piano; la plaisante Soirée dans un Parc de M. Tony Minartz, dont la récente exposition particulière nous a révélé plus complètement le talent divers et souple, curieux de modernisme et de vie; la claire Femme et fleurs de Maurice Eliot, les tableautins aux gammes raffinées, Femme en rose, Femme nue d'un jeune Américain, M. Frieseke, qui ont ravi tous les délicats; enfin, les fleurs de Mme Marie Duhem, de Mme Lisbeth, de Mlle Breslau et d'Henri Dumont; tous quatre, sentent et pratiquent si différemment cet art périlleux de fixer les grâces, les splendeurs, les détresses, les ago-
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nies, les triomphes, les sommeils de la fleur ! Je n'oublierai pas, non plus, les parfaits tableaux de René Prinet qui joint à un scrupuleux souci d'exactitude et de documentation un sens concentré de la poésie des choses que Société Nationale. Voici Cottet et la réplique, agrandie, complétée, d'un de ses motifs favoris, Deuil marin, les trois femmes assises dans leurs mantes, parmi la désolation de la terre, du ciel, de la mer qui les domine comme une fatalité, figures plaintives autour desquelles la majesté de la nature bretonne s'étend, terrible, inexorable. Puis, delui, de fiers paysages, une Crique et la Côte près le Cap de la Chèvre, une des pages les plus fortes, les plus poignantues qu'ait signées le peintre du Repas d'adieu.
Voici René Ménard, toujours ému devant les beautés des soirs limpides, des clairs crépuscules baignant de leur lumière mélancolique les colonnes d'un temple en ruine, Egine, ou la halte d'une troupe nomade au bord d'un golfe où se mirent, dans le miroir immobile de l'eau, les lignes harmonieuses des collines, la coupole du ciel immaculé : les Errants. Cela est très beau.
Voici Le Sidaner, avec ses visions crépusculaires de rues provinciales, d'humbles maisons comme blotties les unes contre les autres, à l'approche de la nuit, sous la cendre grise qui pleut; le voici qui, dans une page, plus large qu'à l'ordinaire, l'Evêché (c'est l'évêché de Chartres avec le portail méridional de la cathédrale), résume pour ainsi dire, avec plus de fermeté et encore plus de souplesse... et plus de tendresse que jamais, ses recherches
Jardins d'Espagne
G. SCOTT
nul ne possède à un si intense degré que lui : Musique d'ensemble, le Salon bleu, la Chambre rouge, petits chefs-d'œuvre, accomplis, de sentiment et d'exécution, et le Pique-Nique.
L'art du paysage triomphe au Salon de la
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de ces années écoulées; il ne nous a rien donné, jusqu'à présent, dans ce genre créé par lui, d'aussi complet.
Le bel artiste qu'Emile Claus, et quelle radieuse chose de nature est sa Route dorée où flambent toutes les gloires et toutes les tristesses de l'automne, route d'or pour l'orgueil ou la défaite du passant qu la
d'un pinceau trempé de lumière, nous content, l'un les fins poèmes de l'atmosphère sur les Bords du lac de Genève, l'autre dans ses Faucheurs, le Goûter sur l'herbe, et cette adorable Maternité très tendre de geste et d'expression, les saines joies du labeur aux champs, la poésie des idylles maternelles. en plein air, sous les lueurs légères des arbres.
Eugène
Jeanne d'Arc monte au bûcher.
J.-P. LAURENS
longe! Cela, comme toute son œuvre, sent bon l'haleine des grands horizons, l'odeur de la terre remuée, l'ardeur des moissons sous le soleil, la fraîcheur des fortes verdures, toute la vie rurale de ces Flandres grasses dont Camille Lemonnier, dans ses derniers livres, chante, avec une si éloquente émotion, les beautés et les douceurs.
Puis, Albert Lebourg, Henri Lebasque, deux impressionnistes qui, sans outrance,
Vail est retourné à Venise : son évocation de la Place Saint-Marc, un jour de fête, la façade étincelante de la sublime basilique balayée par le flottement des grands drapeaux nationaux pendus aux mâts de bronze, est tout à fait saisissante.
Que d'œuvres, encore, qui méritent mieux qu'une mention : les paysages de Hambourg de M. R. A. Ulmann, dont la vision s'élargit de plus en plus; ceux, très pénétrants, de
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M. René Billotte; les Dunes de M. Emile Boulard où l'on sent la plus louable volonté de style; le Chemineau, le Crépuscule sur la mer de M. Gaston Le Mains, transfuge de la Société des Artistes Français, personnalité de ceau whistlérien; les coins de petites villes du Nord qu'affectionne le délicat Henri Duhem; les marines de M. Harrison; l'Enterrement Hollandais de M. Bartlett, d'un pittoresque impressionnant; les paysages méridionaux et la frise décorative de M. F. Auburtin; l'allégorie, de haute allure et de grand style, de M. Agache, la Justice; le très humain, très poignant Calvaire de Roll et sa Légende bretonne, d'une composition fière et neuve; la lumineuse toile décorative de Victor Prouvé; les savoureuses Scènes bretonnes de M. Piet; enfin les intérieurs de Versailles de Lobre, admirables, surtout la Bibliothèque du Dauphin... enfin les charmantes intimités, spirituelles, fines, légèrement, alertement peintes, de Walter Gay, intérieurs à Boston, au château de La Rochette, au château de Courances, petites toiles où le délicat artiste sait avec tant d'art exprimer le langage des choses. des vieux meubles, des vieux miroirs, des vieilles demeures où palpite l'âme du passé.
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La récolte est moins abondante au Salon de la Société des Artistes Français.
Malgré ses mérites, la Jeanne d'Arc de Jean-Paul Laurens ne peut être considérée comme une de ses grandes œuvres les plus réussies; il y a une évidente absence d'équilibre entre les trois parties de ce triptyque; celle de droite, Après le supplice, est vide, étant données dimensions de la toile; celle du centre paraît, à côté, surchargée de mouvement; on a l'impression d'illustrations agrandies. Mais ce qui saisit ici,
Portrait de Mme B...
nuances intimes en train de prendre définitivement possession d'elle-même; les Jardins d'Espagne de M. Santiago Rusinol; les amusantes, très amusantes scènes de Jean Veber, les Mannequins, les Bouches inutiles, où la grimace atteint à tant de caractérisation; les impressions de Venise, de Saint-Malo, de Paris, de M. James Morrice qui sait toujours nous charmer par les raffinements de son pin-
G. DESVALLIÈRES
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c'est la conviction forte du peintre; ce qui vaut, c'est la qualité morale, si l'on peut dire, de cet art, la loyauté de l'effort, la probité du métier, la sincérité de la vision. Je ne puis m'empêcher, devant cette œuvre d'un noble artiste dont le caractère fait l'admiration de tous, de songer autableau qu'il exposait l'an dernier ici-même, cette Proclamation de la République en 1848, si vivante, si grouillante, si débordante d'inspiration, et d'un si beau métier de peintre. L'homme qui a signé cela a le droit de se tromper, l'estime qui lui est due n'en sera point diminuée.
Parmi les portraits, les plus remarquables sont certainement le Portrait d'homme de M. John-Henri Lorimer, — quelle tenue, quelle allure, quelle force grave et sûre de caractérisation!— et le Portrait de Mme F.B... par M. Ernest Laurent, souple, comme attendri, les chairs, les étoffes enveloppées d'une atmosphère délicatement nuageuse, odorante, toute d'intimité féminine, une exquise image, en vérité, où s'affirme une fois de plus un talent discret, point tapageur, épris de vérité et de beauté.
M. Ridel est plus compliqué; c'est un imaginatif de l'essence la plus subtile. Il chérit les poses languides de ces beautés un peu maniérees, mais infiniment séduisantes, dont il lui plaît d'être le peintre, il a l'amour des légères étoffes de nuances rompues que l'art de quelque couturier fantaisiste et pervers, dispose autour de ces beautés pour les rendre plus irrésistibles et aussi plus décevantes, et avec lesquelles la brise marine, le vent du soir dans les jardins composent de si capricieux envollements. Certains, des gens très sains et lourds d'esprit, le taxeront de morbidesse; ils ne peuvent applaudir qu'aux tours des hercules de l'art, aux souleveurs de poids, aux dompteurs des foires de la peinture; ils ont la haine de el fantaisie et des caprices imaginatifs. Ils vous démontreront par $a$ plus $b$ qu'en pleine mer, Au Large, ainsi que dans le tableau de M. Ridel qui porte ce titre, deux jeunes femmes ne s'installent pas sur le pont d'un yacht, par une brise aussi fraîche, en d'aussi galants déshabillés. C'est évidemment, qu'ils préfèrent les scènes de yachting de M. Gervex, plus
J. H. LORIMER