Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART D'AUJOURD'HUI SÉRIE 3 • NUMÉRO 2 • JANVIER 1952 • 300 FRS --- Table of Contents - Introduction - Historical Context - Artistic Trends - Technological Innovations - Future Perspectives - Conclusion --- Introduction The Art D'Aujourd'hui series explores the evolution of art from its historical roots to contemporary practices. This volume delves into the past, present, and future of art. --- Historical Context Early Art - Ancient Greece - Roman Empire Medieval Europe - Medieval Italy - Medieval Spain Renaissance - Renaissance France - Renaissance Germany --- Artistic Trends Classical Art - Gretschism - Museums Modern Art - Abstract Expressionism - Digital Art --- Technological Innovations - Computer Graphics - Virtual Reality --- Future Perspectives - AI in Art - Blockchain Technology --- Conclusion The Art D'Aujourd'hui series continues to evolve, reflecting the dynamic nature of modern art.

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SOMMAIRE - Couverture de Bruno Munari. - L'Art d'avant-garde en Italie, par Léon Degand. - Balla et Boccioni, par A. Périlli. - MILAN, par Gillo Dorflès. - FLORENCE, par G. Nicco-Fasola. - ROME, par Mino Guerrini. - NAPLES. 16 - TURIN, par A. Galvano, VENISE, BOLOGNE. 18 - Les Italiens de Paris, par Léon Degand. 23 - La Triennale de Milan et les Applications. 29 - D'abord « donner à voir », par J. Alvard. 30 - Les Expositions à Paris et dans le Monde. --- ART Deux peintres BALLA ET Parmi les signataires du premier manifeste futuriste, les deux personnalités les plus connues sont Balla et Boccioni. Le futurisme représente le premier effort de la culture italienne pour s'introduire dans le langage européen contemporain. Les futuristes, bien qu'assez proches des peintres cubistes, au contraire de ces derniers ne repartaient pas de GIACOMO BALLA : Vitesse (1912). BOCCIONI : Dynamisme d'un cycliste (1913). Cézanne, mais des « divisionnistes ». De la lumière divisionniste découle le principe du dynamisme plastique dont les extrêmes conséquences étaient un chemin vers l'art abstrait. Ces mots de Boccioni le prouvent : « Où les impressionnistes peignent un tableau pour rendre un moment particulier et posent la vie du tableau en fonction de ce moment, nous synthétisons tous les moments (du temps, de l'espace, de la forme, de la couleur) et en construisons le tableau. C'est le principe du tableau-objet, découverte essentielle de l'art abstrait. Boccioni était un homme vivant, mais son expérience était bien brève pour lui permettre d'aller au delà de maquettes et d'intentions géniales. Ses tableaux sont les premiers --- L'ART D'AVANT-GARDE EN ITALIE Dans tous les pays de culture occidentale, les écoles nationales sont, aujourd'hui, en voie de disparition quand elles n'ont point disparu complètement, à moins encore — c'est le cas de certaines nations très jeunes — qu'elles n'aient jamais existé. Le désir que pareille constatation soit erronée est vif, cependant, chez quelques-uns de nos contemporains, au point de leur masquer la réalité. Le nationalisme artistique n'est pas mort. C'est un fait, pourtant, que nous ne possédons plus aujourd'hui d'équivalents à ce que l'on appelle la grande école vénitienne, l'école romantique française ou l'expressionnisme allemand, c'est-à-dire des groupes artistiques se distinguant à la fois par une localisation géographique très nette et des caractères esthétiques bien déterminés. Rien d'étonnant à cela si l'on songe que, depuis une vingtaine d'années surtout, la multiplication intensive des voyages personnels, des expositions circulantes et des reproductions, a considérablement accru les contacts internationaux, permis aux habitants des régions les plus diverses de se tenir au courant, et presque au jour le jour, de ce qui se crée un peu partout dans le monde des arts plastiques et provoqué ainsi la naissance d'une conscience internationale de l'évolution artistique. De telle sorte que les recherches de l'art moderne se poursuivent, non plus sur un plan régional, mais quasi mondial et que nous assistons à une véritable unification des efforts. Et la peinture, par exemple, ne se divise plus, verticalement, en écoles italiennes, françaises, allemandes ou autres, mais, horizontalement, en figuratifs et en abstraits ou en artistes d'avant-garde et en pompiers, sans compter les subdivisions que ces catégories comportent. D'autre part, nous sommes en droit de croire, que, de tout temps, l'impulsion en art fut donnée par les plus fortes individualités créatrices et que celles-ci continuent à jouer ce rôle aujourd'hui, sauf intervention autoritaire et incompréhensive de pouvoirs officiels. Avec cette différence, à présent, que le génie, s'associant au mouvement de notre époque, domine tout de suite les contingences locales et insère son apport, de la façon la plus naturelle, dans la progression internationale des idées plastiques. Dans ces conditions, il n'est guère surprenant que les dernières écoles que l'on puisse qualifier d'italiennes, le Futurisme et la Peinture métaphysique, datent du début du siècle et que, depuis lors, la peinture italienne d'avant-garde, sans se soucier d'inventer des ismes nouveaux qui lui soient propres, ne manifeste d'autre ambition que de participer à l'effort commun de la peinture mondiale d'avant-garde. Elle se conforme à la règle générale. On chercherait, en vain à Paris, centre mondial des arts plastiques, un nouvel isme, digne de retenir l'attention, après le surréalisme (né en 1924) qui d'ailleurs, fut plus littéraire que plastique et dont l'esthétique picturale la plus marquante n'est qu'un dérivé de la peinture métaphysique de Chirico, ne l'oublions pas. Quant au phénomène présenté par Magnelli, il est des plus significatifs. Magnelli, en 1914, à Florence, aborde aux rives de l'abstraction. (Suite page 33.)

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ABSTRAIT • ITALIE 1951 Futuristes BOCIONI tableaux abstraits réalisés en Italie (1912). Le tableau « dynamisme d'un foot-bal- ler » est, sans doute, son œuvre la meilleure. Il ne nous rappelle pas plus la figure humaine que les tableaux de Kandinsky de la même période nous rappellent le paysage. Balla parvint au futurisme lors qu'il était déjà peintre, à quarante ans, et fut, parmi tous, le plus complet et le plus continu. Mieux que les autres, il distinguait la valeur d'une forme indépendamment de sa signification intelligible. Ce résultat, il l'avait acquis sans en avoir SEVERINI : Danseuse de la mer (1913). Coll. Guggenheim. Photo Giacomelli. peut-être pleine conscience. A une sélection de motifs formels dont la nature est purement plastique, il unit une gamme chromatique qui des tons purs arrive aux teintes neutres les plus sensibles. Le gris, le blanc, le violet, le vert, le noir, jouent un rôle où une imagination extraordinaire intervient aussi. Ce fut ainsi par défaut d'idée critique, que le futurisme ne fut qu'un mouvement où les illuminations les plus géniales se mêlaient aux erreurs les plus dangereuses. L'art pictural, qui est dans son essence la plus concrète des expressions, ainsi que la plus résistante aux influences de la rhétorique, fut le domaine où le futurisme était le plus fertile, et Balla et Boccioni, deux personnalités typiquement italiennes, lui donnèrent une empreinte durable et positive. Achille PERILLI. Le manque d'intérêt pour la peinture abstraite, en Italie, est un phénomène qui n'est vrai qu'en apparence : ce sont plutôt le surréalisme et divers autres courants qui ne purent trouver droit de cité, dans notre péninsule, sauf d'une façon très fugitive, sans doute, à cause de l'esprit clair et rationnel du peuple italien. Par contre, il faut admettre qu'une peinture non-figurative, ou anti-naturaliste, a toujours été proche de l'esprit méditerranéen. C'est ainsi, qu'en considérant l'art abstrait (ou, mieux encore, ce que, chez nous, on appelle — d'un terme emprunté à Kandinsky et à Van Doesburg « art concret ») comme une manifestation tout à fait claire et nette, sans aucune contamination littéraire, nous pourrons l'estimer comme tout à fait adapté à la mentalité et à la sensibilité italiennes, et nous pourrons même affirmer que l'Italie est — tout de même — l'un des pays les plus féconds dans ce domaine. Dans ces quelques lignes, j'essaierai de donner un tableau aussi fidèle que possible du développement de cette nouvelle peinture depuis les premières tentatives jusqu'à nos jours. Les premiers peintres abstraits dont on puisse rappeler l'œuvre doivent être compris dans les expériences du mouvement futuriste : (1912), Boccioni, Russolo, Carrà, Severini, Prampolini, Balla. C'est surtout dans l'œuvre de Balla et de Boccioni (qui date de 1914-1918) que nous pouvons entrevoir des qualités plastiques originales déjà éloignées de tout naturalisme figuratif. Le mythe de la machine était toutefois encore trop puissant dans cette période, ce qui explique un manifeste comme celui de Prampo- Quelques concrétistes de Milan réunis à la Librairie Salto : VERONESI, M. SALTO, MUNARI, DI SALVATORE MAZZON, REGINA, GIULIA SALA, MONNET et DORFLES. Au mur : œuvres de DALVIT. Photo Farabola.

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SOLDATI dans son atelier à Parme. Photo Tosi. SOLDATI : Sur la diagonale (1949). Photo Perotti. SOLDATI : Reflets de feu (1950). Ph. Gianni Mari. lini : « L'esthétique de la machine » (1922) et les tableaux plus ou moins dou- teux d'« aréo-peinture » futuriste (Tato, Fillia). Peu à peu, la distinction entre le courant désormais desséché du futurisme et les nouvelles équipes abstraites devint plus nette, et déjà en 1932 plusieurs pein- tres abstraits se groupèrent autour de la Galleria del Milione de Milan, qui orga- nisa l'exposition de A. Soldati (un des maîtres de l'art abstrait italien). Dans cette galerie encore, se suivirent de 34 à 38 les expositions des plus significa- tifs artistes non-objectifs : Reggiani, Bo- gliardi, Ghiringhelli (qui furent les signa- taires du premier manifeste de l'art abs- trait italien (1934) et celles du groupe de Côme : Radice, Rho, Badiali ; tandis que Munari exposait en 1933 ses premières « machines inutiles » et Veronesi en 1934 ses peintures et ses photogrammes. Il ne faut pas oublier que dans cette période l'art « officiel » italien — après l'importante parenthèse de la peinture métaphysique (De Chirico, Carrà) — était limité au mouvement du « Novecento », c'est-à-dire, à un retour vers un post- impressionnisme nuageux et tonal sans aucune originalité. Seuls quelques artistes plus audacieux et courageux purent se soustraire à ce conformisme esthétique et parmi les meilleurs nous rappelons en- core : Licini, Magnelli et les sculpteurs Melotti, Fontana et Regina. Après la guerre ce fut à nouveau Milan qui sut donner le signal du départ en 1945 avec les expositions abstraites à la Galerie Ciliberti et Bergamini (œuvres de Reggiani, Radice, Soldati, Veronesi, Rho,

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EXTRAIT DES BULLETINS DU MOUVEMENT POUR L'ART CONCRET DE MILAN « Il faut faire une distinction entre les deux adjectifs : abstrait et concret — en apparence contradictoires, et pourtant employés souvent en peinture pour indiquer le même genre de création. A côté des maîtres de l'art non figuratif (Mondrian, Kandinsky, Van Doeburg, Vantongerloo) que nous voulons désormais appeler « concrets », il y a toute une série d'artistes dont la tendance pourrait être définie comme abstraite (Miro, Léger). Qu'entendons-nous par concret ? Un courant artistique qui ne cherche pas à créer une œuvre en prenant son essor du monde extérieur et qui recherche seulement des formes pures, primordiales, qui n'aient aucune analogie avec quelque objet du monde extérieur que ce soit. Par contre, avec le nom : abstrait, nous voulons indiquer toute forme d'art qui doit transformer les formes naturelles pour en dégager des éléments plastiques. Dans les courants abstraits, nous pouvons inclure : cubisme, futurisme et quelques aspects du surréalisme ; par contre, nous voulons conserver terme « concret » le soin de désigner toutes les formes d'art dont les créations ne se rapportent qu'à une expérience intérieure de l'esprit de l'artiste à la recherche d'un univers tout à fait séparé de la réalité objective. C'est dans ce sens et dans cette direction que les artistes groupés dans le Mouvement pour l'Art Concret ont tâché de travailler pendant les dernières années. » « Le Mouvement pour l'Art Concret. » NINO DI SALVATORE : Une, deux (1950). Dorfles, Munari, etc.) et avec la grande exposition d'art abstrait et concret organisée en accord avec les artistes suisses, où quelques noms nouveaux se firent place (Monnet, Bombelli, Mazzon, Sottsass). (En même temps (1947), aussi Rome et Florence commencèrent à s'intéresser au mouvement abstrait.) Toujours à Milan en 1949, trois artistes (Munari, Monnet, Dorfles) fondèrent le Mouvement pour l'Art Concret, auquel donnèrent aussi leur adhésion : Soldati, Mazzon, Veronesi, etc., et qui établissent son centre à la Librairie Salto, où pendant les dernières années se succédèrent de nombreuses expositions consacrées exclusivement à l'art abstrait, parmi lesquelles nous rappelons celles des peintres de Turin : Galvano, Scroppo, de Pisa ; Bertini, de Livourne, Nigro et Chevrier, et encore des groupes de Rome, Florence, etc. Mais, alors que les tendances abstraites devenaient de plus en plus fortes et vivantes, plusieurs peintres qui avaient commencé leur activité dans le domaine abstrait franchirent de nouveau la barrière entre le figuratif et le non-figuratif (Suite page suivante)

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et finirent par dégringoler vers le néo-réalisme (comme : Pizzinato, Turcato) ou bien restèrent empreints d'une trop évidente couche de picassisme (comme Cassinari, Birolli, Morlotti). C'est pourquoi, si nous voulons limiter notre examen aux seuls artistes vraiment modernes, qui surent se libérer de toute influence étrangère, nous devons encore une fois citer les noms de : Soldati, Veronesi Reggiani, Munari, Radice, Rho, Mazzon, et parmi les plus jeunes : Monnet, Dova, Crippa, Bombelli, etc. Parmi les sculpteurs quelques-uns comme Viani, Tavernari, Milani, Messina, suivirent le courant de Moore ou de Arp, d'autres comme Fontana considérèrent l'espace comme un des éléments essentiels de la construction plastique. Faute de place nous ne pouvons analyser séparément l'œuvre des divers peintres de l'école abstraite. Toutefois nous croyons pouvoir affirmer que la jeune génération italienne est aussi éloignée du constructivisme et du géométrisme suisse, qu'elle l'est du surréalisme américain. Elle va toujours à la recherche d'une grande clarté et d'une pureté des formes et des couleurs. GILLO DORFLES. MARIO NIGRO: Construction (1949). LUIGI VERONESI: Composition diagonale (1939).

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De haut en bas : BRUNO MUNARI: Machine inutile en mouvement (1946). MONNET: Ensemble de composition (1950). ROBERTO CRIPPA: Composition (1951). Photo Bacci. BERTINI: Peinture, Ph. Deltarato.

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MAURO REGGIANI: Composition (1951). Photo Bacci. RADICE: Composition. Photo Mazzolotti. MAURO REGGIANI: Composition. Photo Bacci. IDEO PANTALEONI: Peinture murale (1951). Photo Marc Vaux.

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A Florence, les débuts de l'art abstrait furent plutôt éthiques qu'esthétiques. Tout de suite après la guerre, quelques jeunes artistes eurent à la fois conscience du vide intérieur des œuvres des soi-disant maîtres et de ce que leur ville, dans sa distinction un peu vieillotte et sa conviction d'être toujours à la tête des manifestations d'art, restait effectivement en dehors des nouveaux événements mondiaux. Les méditations douloureuses sur la guerre, la condamnation du présent et du passé immédiat, la rupture des liens traditionnels, ainsi que les espérances constructives, donnèrent le courage de secouer d'anciens mythes et de prendre à tâche la recherche d'une réalité plus véritable. Ainsi, ce fut dans un climat de moralité et de quasi-ascétisme constructif que l'on vit les premiers essais de Vinicio Berti, Bruno Brunetti, Alvaro Monnini, Gualtiero GUALTIERO NATIVI : Composition (1950). Nativi, qui nommèrent leur groupe « Arte d'oggi » (« Art d'Aujourd'hui »). Ceci les rendait quelquefois durs envers beaucoup d'autres, sévères avec leur propre expression, laquelle avait une sécheresse, une acerbité de pénétration qui, cependant, ne manquaient pas de charme. La peinture ne leur semblait jamais assez « pure ». Elle se dépouillait petit à petit des habitudes de couleurs imprégnées de sensibilité et voulait enlever au signe toute évocation. Ces artistes savaient, au fond, peu de choses sur l'art moderne. Quelques-uns même n'étaient jamais sortis de Florence, de sorte qu'ils n'arrivèrent pas à l'abstraction par imitation de formes ou emprunt d'idées, mais en retrouvant les raisons qui étaient à sa base et en reprenant, pas à pas, toutes les différentes étapes. Sans connaître Mondrian, ils étaient très près de sa renonciation passionnée, de sa négation pleine de foi, mais sans l'ampleur de son expérience et de sa vision. La culture autodidacte qu'ils devaient rapidement se construire accentuait l'apreté de quelques-unes de leurs positions, théoriques et polémiques surtout ; mais elle en constituait aussi la force, de sorte que leur intégrité formelle fut maintenue tandis que, chez beaucoup d'autres peintres abstraits, on voyait malheureusement quelques éléments du dernier romantisme, il est vrai sous de nouvelles formes, mais que l'abstraction avait condamnés dès sa naissance. Ceci distingua, dès ses débuts, l'abstraction florentine de celle des autres centres d'art, non seulement pour avoir retrouvé l'ascendance de la conception humaniste, mais plutôt par la structure morale et la conception sociale de l'art. Néanmoins, la théorie initiale a cédé la place à des affirmations plus complexes et inventives, tandis que les artistes se rendaient maîtres de la nouvelle technique et que chaque personnalité évoluait avec plus d'ampleur. À la clarté logique et in-

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ALVARO MONNINI: Composition (1948). MARIO NUTI: Composition (1951). ventive de Berti est due la plus grande propulsion à la formation du groupe, ainsi que ses caractéristiques d'origine. Mais nous reconnaissons distinctement la finesse contrôlée de la pensée et du sentiment de Nativi, la généreuse richesse de Brunetti, la sève riche d'humanité de Monnini. Un peu plus tard, Mario Nuti introduisait une nouvelle passion de rythmes raisonnés. Parmi les manifestations abstraites d'Italie, la florentine est peut-être celle qui nie le plus décidément le formalisme en soi, et aspire à évoluer vers une nouvelle fonction, conçue comme étant essentielle à l'art. BRUNETTI : Composition. Quelques autres peintres furent secoués durant ces dernières années par l'activité de ce groupe, déjà sous la forme culturelle (expositions internationales, dans lesquelles les Florentins purent se rendre compte de l'importance de l'événement) ; d'autres par une expérience brève. En tous les cas, la crise de la peinture traditionnelle a secoué presque tous les peintres. Parmi les nouvelles expressions de la peinture abstraite à Florence, celle de Alberto Moretti, en fermentation croissante, est peut-être la plus complexe. Il faut encore citer les peintres « non-figuratifs » Fiamma Vigo (qui dirige, de concert avec Alberti Sartoris, la revue « Numéro » qui, depuis trois ans, par des discussions et des expositions, stimule la conscience artistique de la ville en faisant connaître les expressions d'avant-garde de toute orientation), Oreste Borri et Moretti, qui font partie du groupe « Numéro », officiellement formé à Florence à la date du 15 octobre dernier. G. NICCO-FASOLA.

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PIETRO CONSAGRA: Dessin sur linoléum. Sculpture en bois. Sculpture en fer. PIETRO CONSAGRA dans son atelier à Rome. En 1948 furent présentées les premières expositions d'art abstrait et concret de caractère national italien. Mais, bien auparavant, de nombreux artistes travaillaient déjà dans cette voie. A ce moment, n'existait pas de distinction nette entre néo-cubistes et abstraits. Toutefois, ce fut immédiatement après la guerre que se constituèrent à Rome, à Venise, à Florence, à Turin et à Milan, des groupes d'artistes abstraits manifestement hostiles à l'ancienne peinture et décidés à obtenir un renouvellement. A ce point, il est utile de rappeler que la première revue, rédigée par des artistes abstraits, parut à Rome en février 1947. Une déclaration signée par sept peintres et par un sculpteur, déclaration qui, par sa forme, ouvrait la lutte, avertissait qu'on n'avait pas demandé la permission, ni à un citron pour peindre un jaune, ni au ciel pour un bleu azur. Consagra, Dorazio, Guerrini, Perilli, Accardi, Sanfilippo et Turcato ne se limitaient pas à signer ce manifeste et à imprimer la revue qui avait pour titre « Forme I », mais ils firent aussi les premières expériences de sculpture et de