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ART D'AUJOURD'HUI SÉRIE 3 • NUMÉRO 1 • DÉCEMBRE 1951 • 270 FR

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Avertissement L'ÉCOLE DE PARIS DANS LES PAYS NORDIQUES Vingt artistes de l'Ecole de Paris, connus par leurs recherches plastiques audacieuses et par leur talent, ont été invités par les personnalités artistiques des pays nordiques à participer à une vaste exposition présentée successivement dans les villes suivantes : Copenhague (du 6 au 27 décembre), Aarhus, Helsinki, Stockholm, Oslo. Notre Revue a été pressentie à cette occasion. Elle a cru devoir répondre à l'appel qui lui a été adressé. Non seulement elle prête son patronage à cette manifestation, mais, à cette occasion, elle édite le présent numéro où chacun des participants est représenté par quelques œuvres caractéristiques. Ainsi, nos artistes d'avant-garde, si souvent tenus à l'écart lors des participations officielles aux expositions, auront, cette fois, l'occasion de se faire connaître. Poupons-nous ajouter que, dans la plupart des pays étrangers, ils sont attendus depuis fort longtemps ? Les directeurs des musées, les collectionneurs de tous pays n'ignorent heureusement rien des développements de l'art à Paris. Ils sont, le plus souvent, désagréablement surpris des lacunes qu'ils constatent dans le choix des envois. Cette fois-ci, on pourra noter encore quelques lacunes, mais elles sont d'une autre nature et entrent bien dans le programme. Il ne s'agissait pas de présenter un panorama complet de l'art français contemporain, mais seulement de situer les recherches d'avant-garde. Si elles ne sont pas toutes réunies il y en a, néanmoins, le plus grand nombre. Nous espérons que nos amis du Danemark, de Finlande, de Suède et de Norvège accueilleront, avec sympathie, l'avant-garde de Paris. Nous souhaitons qu'ils s'intéressent à des recherches d'un caractère nouveau, même si celles-ci paraissent, à première vue, insolites, l'art n'est pas toujours immédiatement accessible. Le langage abstrait exige une attention particulière, même de la part des amateurs éclairés, mais il ouvre aussi des horizons nouveaux presque illimités. ART D'AUJOURD'HUI. --- ART D'AUJOURD'HUI Directeur : André BLOC Comité : M. BLOC, L. DEGAND, DEL MARLE, P. FAUCHEUX, E. PILLET Secrétaire Général de la Rédaction : Edgard PILLET Revue Mensuelle, 5, rue Bartholdi Boulogne-sur-Seine — MOLitor 61-80 Édition de l'Architecture d'Aujourd'hui C.C.P. PARIS 1519-97 Abonnement : (8 numéros) FRANCE : 1.500 frs — ÉTRANGER : 1.800 frs DISTRIBUTEURS : Argentine : Editorial Victor Leru, Calle Cangallo, 2233 Buenos Aires. — Belgique : Eric Lemestre « Formes nouvelles », 60, rue Ravenstein, Bruxelles. — Brésil : Sociedade de Intercambio, Franco Brasileira Ltda., 275, Rue Barao de Itapetininga Sao Paulo. — Italie : Saine, 24 Via, Monte di Pieta, Torino-Salto, Via Santo Spirito 14, Milan. — Suède : Charles Portin, 40, Bastugatan, Stockholm. — Uruguay : S.U.R.D., Maldonado 863, Montevideo. --- SOMMAIRE Couverture de Vasarely. 1. Klar Form. Préface de L. Degand. 3. Arp. 4. Bloc. 5. Calder. 6. Del Marle. 7. Deyrolle. 8. Dewasne. 9. Dias. 10. Domela. 11. Herbin. 12. Jacobsen. 13. Lapicque. 14. Le Corbusier. 15. Léger. 16. Magnelli. 17. Mortensen. 18. Pillet. 19. Poliakoff. 20. Raymond. 21. Taeuber-Arp. 22. Vasarely. 23. Évidence de la forme. Postface de R.V. Gindertael. 24. Actualités. --- LE GROUPE ESPACE L'assemblée générale constitutive de cette Association a eu lieu, le 17 octobre 1951, au Grand Palais, sous la présidence d'honneur de M. Eugène Claudius-Petit, Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme, et la présidence effective de M. André Bloc, Directeur des revues « L'Architecture d'Aujourd'hui » et « Art d'Aujourd'hui ». Etaient présents à cette Assemblée : Mmes Sonia DELAUNAY, FAHR-EL-NISSAZEID, Jeanne COPPEL, Simone SERVANES, Nicolaas WARB. MM. Luc ARSENE-HENRY, Paul AYNES, André BRUYERE, Jean GEORGE, Paul HERBE, Lionel MIRABAUD, Walter MUNZ, Marcel ROUX, Jean SEBAG, Bernard-Henri ZEHRFUSS, Architectes. MM. Aagard ANDERSEN, Etienne BEOTHY André BLOC, Félic DEL MARLE, Roger DESSERPRIT, Cicero DIAZ, A. R. FLEISCHMAN, Georges FOLMER, Emile GILIOLI, Bernard LAFFAILLE, Pierre LACOMBE, Berto LARDERA LE CHEVALIER, Fernand LEGER, Claude PARENT, Edgard PILLET, P. E. SARISSON, Ionel SCHEIN, Nicolas SCHOFFER, Plasticiens. S'étaient excusés : Madame KANDINSKY. MM. Xavier ARSENE-HENRY, Wladimir BODIANSKY, Silvano BOZZOLINI, Henri CALSAT, G. DEDOYARD, Piero DORAZIO, Pierre FAUCHEUX, Jean FAYETON, G. LAGNEAU, Jean GINSBERG, Jean GORIN, Robert LE RICOLAIS, Marcel LODS, Alberto MAGNELLI, MONNET, NATIVI, Richard NEUTRA, Michael PATOUT, Serge POLIAKOFF, Jean PROUVE, Alfred ROTH, André SIVE, YOUGERMANN. L'Assemblée a procédé à l'élection des membres du Bureau et des membres du Comité, qui se trouvent ainsi constitués : BUREAU : Président d'Honneur: M. Eugène CLAUDIUSPETIT, Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Président actif : André BLOC. Vice-Présidents : Paul HERBE, Fernand LEGER, Bernard ZEHRFUSS. Secrétaire Général : Félix DEL MARLE. Trésorier : Bernard LAFFAILLE. Délégués à la propagande : Luc ARSENEHENRY, Edgard PILLET. COMITE : Mme Sonia DELAUNAY, MM. Etienne BEOTHY, Silvano BOZZOLINI, Cicéro DIAS, Jean FAYETON, Pierre FAUCHEUX, Jean GORIN, BERTO LARDERA, Robert LE RICOLAIS, Paul NELSON, Marcel ROUX.

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KLAR FORM La présente exposition n'offre pas un panorama complet de toutes les tendances de l'art d'aujourd'hui. Elle vise un tout autre but : grouper un certain nombre d'artistes de valeur et de générations différentes, et qui, par la diversité de leurs caractères personnels et de leurs recherches, puissent donner une impression d'ensemble des efforts actuellement mis en œuvre pour nous constituer un langage plastique qui nous convienne. La nécessité primordiale d'un mode d'expression réellement neuf n'apparaît pas toujours avec la netteté désirable. Pourquoi, se demande-t-on parfois, cette éternelle marche en avant, cet insatiable appétit de nouveauté, alors que personne n'oserait assurer, sans la plus sotte des présomptions, que les langages anciens ont épuisé leurs possibilités ? Certes, ce serait se priver de très grands plaisirs et de très précieux moyens de connaissance que de mépriser les langages plastiques d'autrefois. Et il ne suffit pas de les justifier, — platoniquement — par l'utilité qu'ils eurent à leur époque. Il faut encore les apprendre pour eux-mêmes et apprécier leurs qualités propres afin de goûter pleinement les manifestations émouvantes de l'art du passé. Il serait ridicule de se vouloir insensible à la peinture de Monet, par exemple, sous prétexte que l'Impressionnisme appartient au XIXe siècle. Mais gardons-nous ici de confondre deux ordres de choses. Le besoin de délectation nous commande de ne considérer les œuvres qu'en fonction de leur pouvoir émotionnel, quelles que soient leur époque et leur façon de s'exprimer, c'est-à-dire, de les placer toutes sur un même plan au point de vue de leurs mérites. Telle est l'attitude du spectateur. Celle du créateur est bien différente. La délectation seule, que lui procurent les œuvres de ses innombrables prédécesseurs, ne saurait entièrement le satisfaire. Le passé — auquel il inclut, d'ailleurs, le présent immédiat — lui transmet une série de modes d'expression. Ces modes d'ex-

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pression, il ne s'agit pas seulement, pour lui, d'en user à son tour : il ne réaliserait ainsi que des pastiches plus ou moins réussis — c'est le cas de tous les débutants —, il se contenterait de répéter les pensées de ses maîtres. Excellente école, sans doute, à laquelle, au demeurant, il ne pouvait échapper. Mais il lui est non moins indispensable, s'il est créateur, de penser ensuite selon son tempérament à lui et de plier, par conséquent, le langage qu'il a adopté à de nouvelles exigences de son activité artistique. Qui dit création dit donc, nécessairement, renouvellement du langage. Mais pas aussi nécessairement, fera-t-on observer, renouvellement intégral du langage. Pourquoi pas une simple adaptation ? Ici intervient l'élan qu'a pris notre époque. Depuis l'impressionnisme, les arts plastiques, avec beaucoup plus d'intensité qu'en d'autres temps, passent de crise en crise. Crises constructives, malgré la courte durée de toutes et leurs allures parfois violemment négatrices, et qui nous laissèrent des œuvres positives et substantielles. Mais crises de croissance tout de même. Car elles donnèrent lieu bien moins à des querelles d'écoles, comme aux siècles antérieurs, qu'à des batailles où se marquaient les étapes d'une impérieuse évolution. Con- fusément, parmi les tâtonnements et les malentendus, se désagrégeait une conception traditionnelle de la plastique. Certains, qui croyaient la défendre de toute la force de leurs convictions, la battaient en brèche. Et d'autres, qui, aujourd'hui encore, prétendent la détruire, sont, en réalité, ses plus fermes soutiens. De ces mouvements en sens divergents, de ces erreurs d'appréciation, de tout ce bouillonnement où les plus lucides et les plus courageux n'ont pas toujours vu clairement jusqu'où les menaient leurs audaces, naissait, cependant une conception nouvelle, qui ne pouvait se traduire que par un mode d'expression nouveau. Cette crise de croissance, d'une conception de la plastique et du langage qui lui est approprié, les véritables créateurs d'aujourd'hui, des ainés aux plus jeunes, en éprouvent le sentiment. Ils ont conscience de ne pouvoir créer qu'en s'intégrant aux travaux de cette énorme parturition. « Art de laboratoire ? » Pas le moins du monde. Art de conquête, plutôt. En tant que spectateurs, pourquoi refuserions-nous la délectation supplémentaire de participer, dans la mesure de nos moyens, à cette belle poussée créatrice dont les résultats, tout compte fait, nous concernent toujours ? Léon DEGAND.

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Photo Eidenbenz. H. Arp Né à Strasbourg le 16 septembre 1887. 1904 : premier séjour à Paris et premiers contacts avec l'art moderne. 1909 : se fixe à Weggis (Suisse) et y travaille dans la solitude. 1914 : Paris. 1915 : Zurich, où, à la galerie Tanner, il expose pour la première fois des œuvres abstraites et des collages. Fait la connaissance de Sophie Taeuber; en collaboration, ils réalisent des « papiers collés » géométriques. 1916 : participe à la fondation du mouvement Dada. Création d'objets et de collages « dus au hasard ». 1917 : premiers reliefs. 1926 : se fixe à Meudon (près de Paris). Rencontre les Surréalistes et participe à leurs manifestations. Collabore avec Théo Van Doesburg et Sophie Taeuber-Arp à la décoration de l'Aubette de Strasbourg. Depuis 1930 : sculptures. 1942 : lithos en couleurs, en collaboration avec Sophie Taeuber-Arp, Sonia Delaunay et Magnelli. — Habite Meudon. A publié des poèmes et des réflexions critiques en français et en allemand (voir Poetry and Essays, 1912-1947, éd. Wittenborn, New-York, et Le Siège de l'air, poèmes, 1915-1945, éd. Vrille, Paris). Albums et illustrations. Nombreuses expositions. Dans ses sculptures, dans ses reliefs, ses peintures ou ses poèmes, seul ou en collaboration, Arp manifeste la permanence de son attitude devant l'art et la vie. L'humour si particulier que l'on y décèle souvent, et qui ne fut certes pas étranger à la participation très active de Arp au mouvement Dada, n'est pas le signe d'un vain goût pour la plaisanterie gratuite, mais celui d'un état de défense contre la bêtise qui se prend au sérieux, d'une curiosité ravie devant les découvertes de l'esprit créateur, et, aussi, une forme exquise de la pudeur. Artiste pour qui le sentiment et la sensualité existent, et jamais enclin à se soustraire aux exigences les plus difficiles à exprimer de son tempérament, Arp est plasticien le plus naturellement du monde. Il possède la faculté rare d'unir, en art, la tendresse à la puissance. L. D. Bruis. Bois vernis au tampon. Photo Eidenbenz. Forme entendue et vue. 1942. Photo M. Vaux.

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Photo R. Ruth. A. Bloc Photo Maywald. Né à Alger le 23 mai 1896. Etudes à Paris. Ingénieur E.C.P. Exerce le métier d'ingénieur jusqu'en 1930. 1930 : fonde la revue Architecture, d'Aujourd'hui. 1941-1942 : premières sculptures (plâtre, ciment, pierre). 1945-1946 : s'oriente vers un art plus dégagé du sujet. 1948 : premières sculptures abstraites. 1949 : fonde la revue Art d'Aujourd'hui. 1951 : participe à la fondation du groupe « Espace ». Nombreux voyages. Diverses expositions, en France et à l'étranger. Homme d'action, aux idées sans cesse jaillissantes, passionné, curieux, hardi, prompt à l'exécution, André Bloc n'aurait pas été satisfait de l'existence si, s'étant un jour découvert le besoin d'une création tout à fait personnelle, il ne lui avait pas donné libre cours. C'est pourquoi, heureux d'avoir contribué depuis plus de vingt ans à la diffusion des conceptions et des œuvres les plus neuves et les plus exaltantes en architecture et, en général, en matière d'arts plastiques, André Bloc vient de consacrer dix années de recherches à la sculpture. Exigeant et rigoureux, le voici, à présent, en tant que sculpteur, au cœur des problèmes essentiels de toute construction dans l'espace, affrontant, avec une solide impatience qui se traduit dans les formes, l'art souverain des tensions spatiales. L. D.

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Né à Philadelphie en 1898. 1919 : ingénieur diplômé du Stevens Institute of Technology. Exerce pendant quatre ans son métier d'ingénieur. 1923 : étudie la peinture à l'Art Students League, de New-York. 1926 : Paris. Y fréquente les milieux artistiques d'avant-garde. Son fameux cirque miniature en fil de fer, obtient un grand succès de curiosité. 1931 : premiers mobiles. 1932 : première exposition particulière à Paris. Résidé à Roxbury (Connecticut) et New-York. Sculpteur, auteur de mobiles et de stables (en bois et en fer), et peintre. Nombreuses expositions. Il y a les plus grandes chances que les biographies de Calder signaleront toujours, avec une particulière insistance, qu'il fut ingénieur, et laisseront ainsi supposer, quand elles ne le diront pas explicitement, que ce premier métier ne fut pas sans influencer l'orientation et l'évolution de l'artiste, sans déterminer chez lui un comportement de constructeur de ponts suspendus, en quelque sorte. Et, d'autre part, des commentateurs, moins obsédés par le sérieux des mathématiques appliquées, prétendront que Calder fut toute sa vie un grand enfant, soucieux seulement de fabriquer des jouets pour les civilisés fatigués. Il importe de s'inscrire en faux, des maintenant, contre ces allégations. Il suffit de considérer avec attention et réceptivité les formes décrites par les œuvres de Calder pour constater la sûreté et la fermeté de ses expressions plastiques. L. D. Document photographique de la Buchholz Gallery. A. Calder Mobile. Large Peacock. Mobile. 1949.

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Del Marle Né le 27 octobre 1889. Après des études classiques et deux années de navigation au long cours, il fréquente les Académies de Valenciennes, Bruxelles et Paris. En 1913, il adhère au mouvement futuriste, puis en 1920, après la rencontre de Kupka, au mouvement non-figuratif. En 1922, travaille avec Mondrian et Van Doesburg et adhère au Stijl. Depuis 1927, Del Marle poursuit ses recherches de la couleur dans l'espace et de l'organisation de la couleur en fonction de l'architecture. En 1950-1951, il fonde avec A. Bloc le groupe « Espace ». Expositions : gal. Clovis Sagot, Paris-1914, gal. Giroux, Bruxelles-1914, gal. C. Allendy, Paris-1949, groupe gal. Denise-René, Paris-1949. Depuis sa fondation en 1946, participe chaque année au Salon des « Réalités Nouvelles ». En opposition avec le courant lyrique, Del Marle s'est engagé délibérément dans l'autre voie de l'abstrait qu'il qualifie lui-même de : cérébrale, intellectuelle, rationnelle et cartésienne. Il a voulu aussi, en ordre premier, que ses recherches d'esprit néo-plastique échappent au tableau de chevalet, c'est-à-dire au plan et il les a orienté en liaison constante avec l'architecture. C'est donc, logiquement, à l'organisation de la « copieur dans l'espace » qu'il s'est consacré, seul ou en collaboration. Car Del Marle est aussi un fervent partisan de l'esprit collectif et du travail d'équipe. Il aime, sans réserve, son époque qu'il considère comme porteuse de riches possibilités. En foi de quoi il se déclare : « Pour un art qui doit contribuer par la coloration des rues, des cités, à la joie de vivre — non d'une élite — mais de l'homme, de tous les hommes. » Et il est passé aux réalisations. R. V. G. Spatial. Plans couleurs. 1950.

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J. Deyrolle Né à Nogent-sur-Marne (France) le 20 août 1911. D'origine bretonne. Études à Paris à l'Ecole d'Art et de Publicité. Voyages : Maroc, Espagne, Algérie. Peinture de style post-impressionniste. Lors d'un retour en Bretagne, prend contact avec l'œuvre et les idées de Sérusier et subit leur influence. Conquis ensuite par Braque. A travers l'œuvre de ces deux maîtres, entrevoit les possibilités de l'abstraction, que Domela, rencontré en 1943, et Magnelli lui confirment. 1944 : participe, comme peintre abstrait, au Salon d'Automne (Paris). 1946 : remarqué au Salon des Surindépendants (Paris) par Wilhelm Uhde. Prend place parmi les jeunes peintres abstraits de la galerie Denise-René. Prix Kandinsky 1946. Habite Paris. Deux albums de lithographies en couleurs. Nombreuses expositions en France, dans les pays scandinaves et ailleurs. Que l'art de Braque ait contribué à mener Deyrolle vers l'abstraction, rien d'étonnant : le Cubisme promettait la non-figuration. Mais que l'exemple de Sérusier ait eu, dans ce même sens, une influence non moins déterminante, voilà qui ne doit pas surprendre davantage : le Nabisme et l'Ecole de Pont-Aven, en cultivant l'aplat et en rompant avec les perspectives traditionnelles, entamaient, pour nous, Occidentaux, le prestige des représentations optiques en peinture et guidaient les recherches de l'avant-garde vers les possibilités spécifiques de la surface plane de la toile. Ce plan de la toile, Deyrolle en use avec toutes les ressources d'une sensibilité calme, nuancée, puissante, qui ne se laisse approcher que par un spectateur avide d'émotions durables. L. D. Photo Mogen Kruse. Photo Bonhotal.

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J. Dewasne Né à Hellemmes (Lille, France) en 1921). Peint dès l'âge de douze ans. Pendant deux ans, étudie l'architecture, par discipline et pour mieux se préparer à la peinture. Pendant cinq ans, suit les cours de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts, à Paris. A exercé, par nécessité ou par curiosité, les métiers les plus divers : repousseur, ajusteur, menuisier, vendeur de journaux, maître d'école, professeur de perspective, assistant de cinéma, journaliste de vulgarisation scientifique. A partir de 1943, choisit la voie de la peinture abstraite. Depuis 1945 appartient au groupe des peintres de la galerie Denise-René. Prix Kandinsky 1946 (ex-æquo avec Deyrolle). Professeur à l'Atelier d'Art Abstrait (Paris). — Habite Paris. Illustrations pour Préface à un livre futur, de Lautréamont (éd. Denise-René). Diverses expositions. C'est parler pour ne rien dire que déclarer qu'il n'est que deux sortes de peinture : la bonne et la mauvaise. Surtout quand on aspire à la création. Car, alors, il importe, à certains moments, de savoir dans quelle voie particulière se trouveront, pour l'individu que l'on est forcément, les possibilités de réaliser la fameuse qualité. Le mur est aujourd'hui, de la part des peintres d'avant-garde, l'objet de leurs plus constantes convoitises. Mais n'a pas qui veut l'esprit de la décoration murale. Dewasne est donc privilégié : il a le sens du mur et, même, celui du monumental. Et il n'a pas eu les yeux plus grands que le ventre. Placé devant de vastes surfaces à peindre, il y a immédiatement révélé le caractère architectural de toute sa conception de la peinture, sans dépouiller en rien son art de ses vertus expressives. L. D. Apothéose de Marat. Peinture murale. 9 m. × 2 m. 50. 3 panneaux. Photo Y. Hervochon.

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Cicero Dias Né à Jundia (Etat de Pernambuco, Brésil), le 5 mars 1908. Peint depuis sa prime jeunesse. 1925 : entre à l'Ecole d'Architecture de Rio-de-Janeiro. Abandonne les études d'architecture pour la peinture. 1926 : première exposition particulière, à Rio-de-Janeiro. A Paris, depuis de nombreuses années. Expositions : à Paris en 1937 à Lisbonne en 1943, à La Haye en 1945 (où il obtient un prix), à Paris chez Drouin aux Cahiers d'Art, chez Denise-René (où il montre ses premières œuvres non-figuratives), etc. En 1948 exécute à Recife, au Ministère de l'Economie de l'Etat de Pernambuco et dans un édifice privé, les premières peintures murales de tendance abstraite du Brésil. Avec le céramiste Artigas, qui collabore souvent avec Miró prépare actuellement une décoration murale pour une habitation à Rio-de-Janeiro. Habite Paris. Aux confins de la Figuration et de l'Abstraction, puis dans l'Abstraction pure, Cicero Dias apporte une fraîcheur spontanée et des plus originales, qu'il s'agisse de peinture murale ou de chevalet. Les jeux de sa composition et ses accords de couleurs sont inimitables. Dias constitue un exemple rare de peintres incapables, quoi qu'ils fassent, d'imiter quelque autre. L'obligation d'être personnel est, chez lui, involontaire, congénitale. Nous étant avisés de ses origines brésiliennes, n'allons pas imaginer qu'il fasse de la « peinture tropicale ». La logique plastique de ses tableaux est la projection picturale très fidèle de sa logique ordinaire ; une rigueur obstinée sous les apparences de la fantaisie. L. D. Photo Le Parisien Libéré. Photo Y. Hervochon.