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IMAGES de FRANCE LA REVUE DES MÉTIERS D'ART SEPTEMBRE 1943 LE NUMÉRO : 15 F 13, RUE S'GEORGES, PARIS
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IMAGES de FRANCE LA REVUE DES MÉTIERS D'ART SEPTEMBRE 1943 LE NUMÉRO : 15 F 13, RUE S'GEORGES, PARIS
CINÉMA ESTIVAL DE LA ROSE MYSTIQUE... LES ANGES DU PÊCHÉ, film français (B) UNE belle chose, et qui fait tache sur la bouillie de sottises et de turlupinades qu'il nous faut avaler, bon gré mal gré, à longueur d'écran. Un tour de force, d'ailleurs, que de nous tenir en haleine pendant une heure un quart sans que l'intérêt fléchisse, surtout avec un sujet aussi délicat. Songez donc ! c'est tout le problème de la vocation religieuse, avec ses joies et ses douleurs, ses élans et ses chutes, qui est évoqué dans ce film, et aussi le rachat des âmes dévoyées, faussées, rejetées par la vie. Il fallait de l'audace pour l'entreprendre ; du talent pour y réussir. Le thème est simple : une jeune fille du monde, touchée par la grâce, fait choix d'un couvent de dominicaines consacrées au relèvement des filles, gibier de potence et d'ailleurs. Dès son noviciat, Sœur Anne-Marie entre au contact des misères, des tares ; avec la fougue de son tempérament et l'ardeur d'une néophyte elle s'attaque à l'âme la plus réfractaire, la plus fermée, la plus hostile qui soit. Lourde tâche, dont elle sortira victorieuse mais brisée. Le film est traité avec une extrême simplicité, le meilleur et même le seul moyen d'atteindre au pathétique. La vie du cloître est exposée clairement, crûment, avec les petitesesses, les mesquineries, les jalousies inévitables dans la vie en vase clos. Le film y gagne puissamment en accent. Le R. P. Bruckeberger, dominicain et coauteur du scénario, a été un guide loyal et intelligent pour les réalisateurs. La mise en scène de Robert Bresson, nouveau venu à l'écran, est nette et sobre, bien dans la ligne du sujet. L'ensemble est soutenu par un bon dialogue de Giraudoux, et l'interprétation, qui réunit Renée Faure, Jany Holt, Sylvie, Mila Parély, etc., est de premier ordre. Oui ! une belle réalisation et qu'il fallait quelque courage pour entreprendre avec l'éducation (!) donnée au public par les tripatouilleurs de Balzac, de Théophile Gautier, de tant d'autres ! (B) Toutes personnes. ... AU NAVET SYNTHÉTIQUE UNE VIE DE CHIEN, film français (B) VOICI maintenant ce bon Fernandel en travesti ! On n'est pas allé jusqu'à lui imposer la cornette, mais on l'a gratifié d'une voilette. C'est déjà ça ! Personnellement, j'estime que le voile musulman eût été plus charitable. Le scénario est un peu comme une bouchée de haricots verts « avec fils » : vous en tirez un et il en vient un autre à la suite, et plus vous vous débattez plus il en vient ! Jugez-en !... Josseline Gaël est éperdument amoureuse de son mari Jim Gérald, poussah cependant répugnant par son épaisse goinfrerie et de surcroît directeur d'institution de jeunes filles. Le poussah se laisse mourir, par indigestion ou dégoût de soi-même, on ne sait. C'est alors que le professeur Fernandel se dévoue pour passer, sous les apparences (!) de la veuve, les examens lui permettant de conserver l'institution maritale. Dans cet exercice il met le feu au cœur du président du jury... Après quoi il épouse la dame, qui lui doit bien ça. Malheureusement, celle-ci aime encore tellement le poussah qu'elle verse dans la métrempsychose et croit retrouver le cher disparu sous l'enveloppe d'un chien. Naturellement, ce dernier n'a rien de plus pressé que d'enfoncer ses crocs dans le fond du pantalon de Fernandel dès que celui-ci a réintégré cet accessoire, etc... Le film se termine par une histoire de fou... C'est curieux, je m'en était douté dès le début ! L'auteur de ce marivaudage canin et travesti est M. Maurice Cammage. A me souvenir de ses performances d'avant guerre, je pensais que M. Cammage nous avait déjà donné sa mesure. Je m'aperçois qu'il n'en était rien et qu'il a trouvé le moyen de nous gâter en se surpassant. Sans doute, comme le vin, se bonifie-t-il avec le temps ? MARCEL LASSEAUX. LES DISQUES UN très gros effort et une très belle réussite à l'actif de l'édition phonographique : l'enregistrement intégral de Jeanne d'Arc au blécher, de Paul Claudel et Arthur Honegger (Gr.). Ce magnifique oratorio, où se trouvent rassemblés avec un art parfait les éléments les plus caractéristiques de nos vieilles traditions populaires françaises — le mysticisme, la naïveté, la malice, la foi, le burlesque et la grandeur — bénéficie ici d'une interprétation exceptionnelle. C'est, en effet, avec le concours des plus beaux groupes choraux et orchestraux de la Belgique, mieux adaptés que les hôtes à la construction patiente et minutieuse d'une vaste cathédrale sonore, que ces disques ont été gravés au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles par notre grande firme française. Le chef d'orchestre, Louis de Vocht, avait sous ses ordres l'Orchestre national de Belgique, la célèbre chorale Cecilia d'Anvers, et les cheurs d'enfants de l'Institut Notre-Dame de Cureghem. L'œuvre avait été longuement préparée, dans la ferveur et l'enthousiasme, et l'on retrouve dans cette exécution chaleureuse et vivante l'ardeur communicative qui anima les artistes pendant les répétitions. Au point de vue technique cet enregistrement est des plus remarquables. Musicalement, il traduit la pensée exacte de l'auteur, qui présida à l'exécution. C'est donc une pièce de collection extrêmement précieuse qui figurera dans la discothèque de tous les collectionneurs éclairés. On n'a pas oublié le succès éclatant qui accueillit, en juin dernier, au Palais de Chaillot, le chef d'orchestre Abendroth, animateur du Gewandhaus de Leipzig, qui nous donna une série magnifique de festivals consacrés aux neuf symphonies de Beethoven et à quelques-uns de ses concertos. On avait unanimement admiré la solidité de sa technique, la clarté de ses indications, l'honnêteté de son style et son louable souci de se mettre au service d'un chef-d'œuvre au lieu de le déformer pour s'en faire un tremplin d'acrobate. Les musiciens seront heureux de retrouver toutes ces précieuses qualités dans les très ingénieuses Variations que Max Reger composa pour orchestre sur un thème de Mozart (Gr.) et qu'Abendroth enregistra chez nous avec le concours de l'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire. Dans ces pages, écrites avec tant d'adresse, le grand chef allemand fait preuve d'un équilibre, d'une logique et d'un sentiment musical absolument supérieurs. Parmi les enregistrements de grande envergure il faut citer ceux des chœurs de la cathédrale russe à Paris, qui se sont fait entendre dans la Messe de Gretchaninoff (Gr.) sous la direction d'Afonsky. Cette composition grandiose et puissante comprend des Antiennes, des Béatitude, un Peter Noster, le Psaume 54, une Hymne à la sainte Vierge, une Hymne des chérubins, la prière O fils unique, et la Grande Litane. C'est une réalisation d'une atmosphère très prenante à cause de la couleur simple et primitive de ces voix sans apprêt qui semblent être celles d'une foule ingénue en prières dans un sanctuaire étincelant d'icones et de chaînes d'or. Jean Hubeau est un des compositeurs les mieux doués de la jeune génération. En possession d'un métier très sûr, il nous a déjà donné des œuvres de haute classe que le disque a eu la sagesse de nous conserver. Aujourd'hui, une Ballade et deux Rondels de François Villon, délicieusement chantés par Joseph Peyron (A. S.), nous font goûter, une fois de plus, le talent si souple et si sensible de ce musicien promis au plus bel avenir. EMILE VUILLERMOZ. Abréviations : Gr., Gramophone ; A. S., Anthologie sonore.
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IMAGES de FRANCE PLAISIR de FRANCE REVUE MENSUELLE 13, RUE SAINT-GEORGES, PARIS-9e Tél. : TRU. 82-54 Ch. postaux : Paris 178.705 R. C. Paris 261.513 B (Seine) Olivier QUÉANT, Directeur Roger BASCHET, Rédacteur en Chef N° 100 — 10e ANNÉE SEPTEMBRE 1943 --- « ELLE. ELLE... », la dernière création des PARFUMS LELONG Phot. « Images de France ». --- Une réalisation nouvelle : sac sport tissé de déchets de cuir foncé et de raphia naturel. ANDRÉ DALLIOUX --- Sommaire Titre --- Auteur(s) --- Pages --- L'OPÉRA MONTE « PEER GYNT » --- par MAURICE BEX. --- UN ANCÊTRE DU JARDIN A LA FRANÇAISE. --- MAISON CARRÉE D'HIER ET DE TOUJOURS, --- par ROGER BASCHET --- LA MARQUETERIE, --- par MARINA PAUL-BOUSQUET --- POTERIES EN MINIATURE, --- par EDOUARD MAC-AVOY --- L'ŒUVRE DE REMBRANDT S'ANIME. --- LA FRANCHE-COMTÉ VUE PAR DEUX DE SES ARTISTES, --- par HENRY LE FRAPER --- LES DISQUES — LE CINÉMA — LE THÉÂTRE Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (texte et gravures). Copyright by «Images de France», 1943. Les manuscrits, insérés ou non, ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation. Bureau de LYON : 87, cours Gambetta. Téléphone : Moncey 52-09. Chèques postaux : Lyon 984-22. TARIF DES ABONNEMENTS Type --- Description --- Fr. --- Prix --- A. FRANCE. --- COLONIES FRANÇAISES ET MONACO. --- B. ÉTRANGER --- Pays accordant le demi-tarif d'affranchissement. --- Pays exigeant le plein tarif d'affranchissement. --- Phot. Luc Dietrich. --- LUCIEN LELONG ELLE. ELLE.
Le décor du premier tableau: « La cour de ferme. » L'OPÉRA MONTE DANS DES DÉCORS Nous sommes heureux de pouvoir présenter dès aujourd'hui à nos lecteurs les maquettes des décors et des costumes que Paul Lavalley a réalisées pour le Peer Gynt de Werner Egk, qui sera donné à l'Opéra au début de l'automne. Nous ne Héros des contes nordiques magnifié par l'invention d'Henrik Ibsen, Peer Gynt risquait fort, en dépit de ce double parrainage, de demeurer longtemps, sinon toujours, une gloire locale et de connaître une célébrité littéraire restreinte. La musique lui assura comme par enchantement une renommée universelle. Grâce au prestige des chants et des rythmes inscrits par Grieg en marge de la féerie ibsénienne où se trouvent retracées les équipées dudit Peer Gynt, le monde entier découvrit soudain avec une curiosité charmée Un troll. Aase (Mlle Lefort). Peer Gynt (M. Beckmans). La domptueuse (Mlle Solange Schwarz).
Le décor du cinquième tableau: « Le port en Amérique du Sud. » "Peer Gynt" DE PAUL LAVALLEY manquerons pas de revenir après la « première » sur cet important ouvrage, dont la présentation offrait, particulièrement à l’heure actuelle, de grandes difficultés que le personnel de notre Académie nationale de musique s’est appliqué à surmonter avec un zèle unanime. l’histoire aventureuse de cet imaginatif impénitent, enclin à ne point distinguer entre le rêve et la réalité, que son ambition extravagante entraîne loin de chez lui et qui, au soir de sa vie, las d’avoir voyagé sous les latitudes les plus diverses, abreuvé d’inquiétude et de désillusions, se décide enfin à rentrer au pays, où la femme dont la pensée n’a jamais cessé de lui rester fidèle aidera l’égaré à se retrouver « dans sa foi, dans son espérance et dans son amour ». La partition de Grieg a donc permis à Peer Gynt de s’installer, à l’occasion,
sur de multiples scènes dans maint pays. Ibsen, qui avait sollicité la collaboration de son compatriote, devait toutefois bien moins que lui profiter de l'aubaine. Dans l'esprit de beaucoup de gens le nom de Peer Gynt, qui leur est devenu familier, n'évoque pas tant, en effet, un poème dramatique qu'une « suite d'orchestre ». Il serait vain de le nier : Au matin ou la Mort d'Aase chantent dans la mémoire d'un grand nombre de mélomanes sans que le souvenir du dialogue, que ces pages devaient en principe accompagner, vienne s'y mêler si peu que ce soit. En faisant de Peer Gynt un opéra véritable, le compositeur Werner Egk a établi un lien indissoluble entre le poème et la partition. Les deux éléments étroitement mariés ne pourront plus, cette fois, aller l'un sans l'autre. Le succès aidant, l'œuvre d'Ibsen verra son audience s'accroître à coup sûr. Et voici comblés les désirs de l'auteur de Solness le constructeur, qui jugeait indispensable à la représentation de « ces quelques instants de folie » l'appoint des chants et l'aide des instruments. Werner Egk ne s'est pas astreint pour autant à mettre en musique la traduction littérale du texte norvégien. Décidé à en respecter scrupuleusement l'esprit, il n'a pas hésité — ainsi qu'on pourra en juger d'après la souple version française d'André Cœurroy — à prendre avec la lettre une franche liberté. Pratiquant des coupes claires dans la forêt trop dense des symboles accumulés à foison par le dramaturge, écartant les longs récits, distribuant par tranches égales, afin de mieux ordonner le déroulement de l'intrigue, la part du folklore, celle du fantastique et celle de l'exotisme, transposant au besoin le lieu de l'action pour entourer telles péripéties d'une atmosphère musicale plus chaude, n'hésitant pas à supprimer sur la liste encombrée des amantes de Peer Don Juan certaine conquête superflue, il a réduit son modèle aux justes dimensions qu'exigeait la scène lyrique, sans rien sacrifier d'essentiel. Le spectacle tient là une place primordiale. MM. Rouché et Serge Lifar l'ont réglé comme un ballet dont la discipline ne s'imposerait pas seulement aux danseurs, mais s'étendrait aux choristes eux-mêmes. Paul Lavalley en a conçu les décors et les costumes avec la richesse d'invention et la sûreté de goût qu'il fallait pour résoudre avec un égal bonheur des problèmes extrêmement différents, pour passer de l'imagerie norvégienne traditionnelle à l'évocation corsée d'un port de l'Amérique équatoriale non sans avoir matérialisé au passage les régions escarpées hantées par les trolls, ces monstres de la mythologie scandinave, sortes d'humains déchus, adorateurs d'animaux ignobles, parmi lesquels Peer Gynt, ébloui par les beaux yeux de la fille du Vieux de Dovre, faillit rester pour la perdition de son âme et dont il s'éloigna comme avait fait Tannhäuser fuyant le Venusberg. Epreuve marquante parmi tant d'autres auxquelles s'expose à plaisir l'incorrigible errant, comme s'il voulait se rapprocher du type qu'a précisément défini Werner Egk lorsqu'il écrit : « L'opéra moderne n'est pas peuplé de figures idéales, à la pureté angélique, de personnages stylisés planant dans l'abstrait au-dessus de la réalité terrestre. Qu'en ferait le metteur en scène et comment réagiraient les spectateurs, même s'il s'en trouvait que le puritanisme ravit ? Non, les personnages de notre opéra moderne sont des hommes qui, de la lutte contre les démons, sortent vaincus ou vainqueurs. » MAURICE BEX. L'inconnu (M. Pactat). Le décor du septième tableau : « La forêt incendiée. »
Jardin du Roy pour la culture des plantes médicinales - A Paris, 1636 Un ancêtre du jardin à la française UNE récente exposition de la galerie Charpentier ramène l'attention sur les beaux jardins de France. Parmi les toiles exposées, nous avons voulu reproduire l'une d'elles consacrée par Scalberge au Jardin du roi tel qu'il était à sa naissance en 1636. Ce jardin, dont l'inspirateur fut Guy de La Brosse, qui en dessina les allées et les parterres sur un terrain de 24 arpents situé au Faubourg-Saint-Victor, présentait surtout un caractère utilitaire. Il groupait toutes les plantes que le médecin du roi put se procurer en France et au dehors et se rapprochait des jardins de la Renaissance; jardins potagers dont le regretté docteur Carvalho nous a laissé à Villandry le modèle le plus achevé. Déjà les parterres ont pris l'allure géométrique qui va faire le fond des jardins à la française. Mollet, qui est le Malherbe de nos jardins, en a déjà donné le premier crayon en s'inspirant de l'art italien. Ses fils André et Noël continuent son œuvre et préparent Le Nôtre. Le jardin du roi, œuvre de transition, annonce les futures splendeurs du grand jardin du XVIIe siècle. IMAGES DE FRANCE

La revue "Plaisir de France" présente dans ce numéro de septembre 1943 des critiques de films tels que "Les Anges du Péché" et "Une Vie de Chien". Elle aborde également des sujets variés comme l'opéra "Peer Gynt", la marqueterie, les poteries en miniature, et l'œuvre de Rembrandt. Une analyse de la saison théâtrale 1942-1943 est proposée, soulignant la qualité des spectacles et le rôle culturel du théâtre.