Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

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LES ARTS Novembre 1911 --- ALESSANDRO VITTORIA. — LE TITIEN. — 1540 (Bronze) (La Collection de Madame Louis Stern)

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--- AQUAMANILE Cuivre. — Art fatimite. — x° ou xi° siècle --- La Collection de Madame Louis Stern I. LES OBJETS D’ART Les reproductions les meilleures ne peuvent donner qu’une impression bien lointaine du magnifique hall de Madame Stern. En entrant dans cette grande salle où sont réunis tant d’objets précieux de matières et d’époques différentes, on est frappé par l’harmonie très heureuse des couleurs. Parmi toutes ces tapisseries, ces marbres, ces pierres et ces bois, rien ne choque, aucune note discordante de couleur ne contrarie les yeux. Et ce qui étonne et charme peut-être encore plus que cette parfaite harmonie, c’est que cette belle salle nous semble tout à la fois grandiose et intime. Il y règne une atmosphère de grande intimité, due certainement à cet heureux accord des couleurs. Le hall gothique du faubourg Saint-Honoré fut construit il y a une vingtaine d’années par Émile Peyre, qui fut en même temps qu’un des plus habiles architectes de son temps un homme d’infiniment de goût et un fin collectionneur dont la générosité a considérablement enrichi le musée des Arts décoratifs. Madame Stern fut la collaboratrice éclairée d’Émile Peyre. Elle réussit à se faire une demeure incomparable, la plus belle peut-être de toutes celles que nous avons vu construire dans Paris. Passionnée d’art gothique, elle voulut se faire bâtir une salle où elle --- LA VIERGE ET L’ENFANT JESUS Ivoire. — Art français. — xiv° siècle --- BUSTE DE VIERGE Ivoire. — Art français. — Fin du xiii° siècle ---

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LE HALL DE L'HOTEL DE MADAME LOUIS STERN

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LES ARTS pourrait s'inspirer de quelques uns des monuments auxquels elle avait voué une sorte de culte. A Saint-Étienne-du-Mont furent empruntés les deux charmants petits escaliers tournants qui mènent à la galerie supérieure. Les élégantes colonnes en bois tourné qui soutiennent le très beau plafond du hall sont inspirées de celles de Saint-Séverin. Peyre cut la chance de trouver à Alençon, dans une grange, la superbe cheminée monumentale qui est peut-être le plus bel ornement de cette salle. Très élégante malgré sa grande dimension, elle est en pierre finement sculptée, avec des bandes de feuillages très habilement fouillées encadrant le bandeau et une série de jolis petits pinacles. Aux murailles sont partout tendues des tapisseries aux riches couleurs, qui s’harmonisent si bien avec les boiseries et la pierre. Cavaliers et chiens poursuivent et chassent le cerf dans un bois dont le sol est jonché de fleurettes aux mille couleurs, à la mode flamande du début du xvie siècle. Une autre très belle pièce, tissée dans les ateliers bruxellois au milieu du xvie siècle, nous montre un tournoi avec de nombreux personnages habillés de somptueux costumes. D’un coloris charmant est cette tapisserie où des bêtes défilent au milieu d’un semis de fleurettes et de feuillages. Les objets d’art précieux renfermés dans l’admirable écrin qu’est le hall de Madame Stern sont très nombreux, et tous fort bien choisis. Nous n’essaierons pas dans cette trop rapide étude de les citer tous, mais nous voudrions tâcher de donner une idée du goût éclairé avec lequel cette collection si variée a été formée. Au milieu de la salle, trône une grande Vierge de pierre, assise sur un siège gothique à arcatures. Les pieds posés sur une bête, elle porte l’Enfant Jésus debout sur ses genoux. L’expression charmante du visage de la Vierge, la beauté des plis de sa robe, justifient la place d’honneur qu’occupe cette belle sculpture au centre de tous ces précieux souvenirs du Moyen Age, malgré ce que lui ont fait souffrir les injures du temps, bien que la tête de l’Enfant ait malheureusement disparu. Une autre Vierge portant l’Enfant Jésus, charmant travail de bois, est une de ces sculptures si fortement inspirées des œuvres sorties des ateliers des grands artistes ivoiriers du xive siècle. Nous retrouvons ce débanche-ment si accentué dans les statuettes d’ivoire, où la forme même de la dent imposait à l’artiste le mouvement à donner au corps LA VIERGE ET L’ENFANT JÉSUS Pierre. — Art français. — xive siècle

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LES ARTS féminin. La Vierge debout regarde avec tendresse l'Enfant qu'elle tient assis sur son bras et qui, posant sa main droite sur la poitrine de sa mère, tient une pomme de la main gauche. Une sainte Élisabeth de Hongrie donne à boire à un pauvre, dont la petite taille et la maigreur contrastent avec l'élégance et la noblesse de la figure de la sainte. Ce beau groupe de pierre du xive siècle a conservé des traces de polychromie, qui en augmentent encore le charme. Pierre peinté. — Art français. — xive siècle Bois. — Art français. — xive siècle Nombreux sont dans les musées et collections privées les retables ou fragments de retable de bois, sculptés en Flandre au xvie siècle. L'un des plus beaux est celui que Madame Stern avait prêté, en 1900, à l'Exposition rétrospective du Petit-Palais (i). En très haut relief, nous est représentée l'apparition du cerf à saint Hubert. La repro- (i) Catalogue de l'Exposition du Petit-Palais, en 1900, n° 3165 bis.

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LA COLLECTION DE MADAME LOUIS STERN duction que nous en donnons ici montrera, en même temps, la beauté du dessin de l'artiste et la grande difficulté sur- montée en sculptant ce sujet dans le bois. — Deux statues de bois, une Madeleine en prière et une belle Vierge de douleur du xvie siècle, qui figura aussi au Petit-Palais, en 1900 (1) sont placées de chaque côté de la cheminée monumentale. (1) Catalogue de l'Exposition du Petit-Palais, en 1900, n°3105. Le bas-relief de bois, qui nous représente de face un ange ailé, les cheveux frisés portant sur ses bras le linceul du Christ, est l'œuvre d'un artiste de Touraine de la seconde moitié du xve siècle. Il faisait partie d'une suite de bas-

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LES ARTS reliefs de dimensions semblables qui autrefois ornaient l'église de Rouziers (Indre-et-Loire) et dont le Musée du Louvre possède trois morceaux : trois anges portant la bourse de Judas, le fouet de la Flagellation et les clous de la Crucifixion (1). Un grand coffre de bois, qui a pris depuis le xviie siècle une très belle patine, nous montre sculptée sur sa face une scène curieuse où dans un paysage montagneux des chars trainés par des bœufs et montés par des femmes couronnées de fleurs grimpent un chemin escarpé. Une intéressante série d'ivoires mériterait — comme tant d'autres objets d'art de la collection de Madame Stern — une étude toute spéciale que nous ne pouvons donner ici. Citons pourtant deux excellents ivoires, d'un très beau style : un fragment d'une statuette de Vierge de la fin du xiiie siècle, dont le buste seul est conservé, et un charmant groupe de la Vierge avec l'Enfant Jésus. Assise sur un siège sans dossier, la Vierge tient l'Enfant debout sur ses genoux. Le petit groupe est habilement sculpté avec si peu de relief qu'il semble presque être un groupe d'applique. Nous arrivons aux bronzes et cuivres qui forment ici une incomparable série. A l'Exposition des Arts musulmans au Musée des Arts décoratifs, en 1903 (1) et l'année derrière à celle de Munich, le remarquable aquamanile en forme de lion, de la collection Stern, exécuté à l'époque des Fatimites, fut l'un des plus beaux parmi ceux qui furent exposés. Le lion est fondu en cuivre et entièrement gravé sur tout le corps (2). Trouvé en Espagne, à Mouzon, près de Palencia, par le peintre et collectionneur Fortuny, il (1) G. Migeon. Les Arts, avril 1903. (2) G. Migeon. Manuel d'art musulman, page 228. L'ANTICO (Attribué A). — HERCULE (Bronze) FRANCESCO DA SANT'AGATA. — LUTTEURS (Bronze)

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UN ANGE Bois. — Art français. — 2e moitié du xve siècle SAINT HUBERT Bois. — Art flamand. — xvie siècle

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LES ARTS appartint à un autre grand amateur, Eugène Piot, avant d'entrer chez Madame Stern. Un grand lutrin en dinanderie, formé du traditionnel aigle aux ailes éployées, portant à sa base circulaire une longue inscription et la date 1383, est une réplique de celui que conserve le Musée de Cluny et qui provient de l'église Saint-Nicolas de Tournai. Les petits bronzes de la Renaissance italienne, aux compositions charmantes et variées, qui obtinrent lors de leur exécution tant de succès, ont retrouvé — après plusieurs siècles d'oubli — leur vogue d'autrefois, grâce aux amateurs éclairés tels que Piot et le baron Davillier. Au moment où ce dernier léguait au Musée du Louvre sa précieuse collection, riche en petits bronzes, le Musée de Berlin commençait la sienne avec les achats si heureusement faits par M. Bode. Nous trouvons ici quelques-unes de ces petites sculptures de bronze sisédusantes sous leur belle patine. Un petit buste de Riccio, où le grand artiste padouan s'est représenté nu-tête, les cheveux crépus et la bouche entr'ouverte, provient peut-être d'un grand monument où il figurait — de même que dans le prodigieux candélabre de l'église Saint-Antoine de Padoue — comme la propre signature de l'artiste. Ce petit bronze ferait un pendant bien intéressant à celui, de dimension aussi petite, que le baron Davillier a légué au Musée du Louvre, et où Riccio est coiffé d'un bonnet d'où sortent ses cheveux longs et frisés. M. Bode a attribué à Pier-Giacomo Ilario, sculpteur et médailleur de Mantoue, à la fin du xve siècle, surnommé l'Antico pour les nombreuses copies d'antique qu'il exécuta, un important et très beau bronze représentant un Hercule (1). La jambe gauche est pliée en avant, le bras gauche tendu et recouvert de la peau de lion, tandis que le droit plié vient de lancer une flèche. Le corps robuste et bien musclé est d'un admirable modelé, la patine chaude en est superbe. C'est le seul exemplaire que nous connaissons de ce beau bronze, que ne possèdent ni le Musée du Bargello de Florence, ni celui de Berlin. Deux autres bronzes sont des œuvres d'un artiste du début du xvie siècle, que M. Bode a spécialement étudié, Francesco da Sant' Agata de Padoue. Le jeune homme (1) W. Bode. Die italienische Bronzestatuetten der Renaissance, tome IV, pl. 66. VASSÉ. — BUSTE D'ENFANT Marbre

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LA COLLECTION DE MADAME LOUIS STERN MARIN. — PETITS BUSTES DE FEMMES Terre cuite