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CHEMINÉE D'ÉPOQUE LOUIS XVI PROVENANT DE L'ANCIEN HOTEL DE BRETEUIL DIT DE FERSEN, RUE MATIGNON. CL. RENAISSANCE CARNAVALET TRANSFORMÉ Au moment où le Musée Carnavalet va se montrer transformé, agrandi considérablement, va offrir au public sa magnifique histoire de Paris en quatre vingt sept salles, deux images se présentent, lointaines et pourtant distinctes à notre mémoire. L'une nous montre des sortes de magasins de débarras à Auteuil qui était alors un quartier situé au bout du monde, où les fiacres refusaient de se rendre, et où l'on ne parvenait qu'en une heure de petit omnibus peu rapide, ou bien risquant d'arriver à demi-suffoqué par les fumées du chemin de fer de Ceinture. Des casiers en bois, plus propres à conserver des fromages ou des citrouilles que des œuvres d'art, contiennent des choses roulées qui sont peut-être des tapisseries admirables à l'endroit ; des maquettes de sculpture trop couvertes de poussière pour qu'on ose les regarder ; çà et là sont accrochées des esquisses ternies. Une pourtant, nous arrache un cri d'admiration. C'est la première idée du plafond d'Eugène Delacroix pour l'Hôtel de Ville, incendié en 1871. Dans notre ferveur de néophyte, nous nous écrions : « Il faudrait créer un Musée rien que pour cela. » Nous ne croyions pas si bien dire. Le second tableau est le premier étage de l'Hôtel Carnavalet. Un bon vieil homme est là, affairé parmi des monceaux de livres, des océans de cartons et de paperasses. Il vous regarde en penchant la tête de côté avec de bons gros yeux dans un visage rouge à la courte barbe blanche, et vous donne mainte explication historique de telle sorte qu'un bon reporter ne revient jamais bredouille de ce capharnaüm. Il est assisté d'un homme jeune, singulièrement actif et remuant, à la voix aussi enrourée que gaie, qui ressemble un peu physiquement à l'Anatole France d'alors ? Le vieil érudit est M. Cousin ; le jeune est Lucien Faucou, qui meurt en pleine jeunesse. Tous deux entassent, entassent ! il font sortir des documents de tous les vieux murs et les pavés eux-mêmes semblent se transformer entre leurs mains en œuvres d'art. Mais tous deux eurent à peine le temps de prévoir un dessin (ou un dessein, comme on disait si justement au grand siècle) pour le parc d'histoire et d'art pour lequel ils avaient labouré et ensemencé. Nous ne voulons pas multiplier ces sortes de souvenirs. Mais nous pouvons cependant évoquer la cordiale et ronde physionomie du bon Georges Cain, toujours prêt

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE à s'enthousiasmer et à s'attendrir, et qui, homme de goût délicat, exécute de séduisants arrangements, fait des classements qui équivalent à des découvertes, enfin, de tous les ingrédients qu'il recevait en vrac, commence vraiment un Musée. Son second et successeur, Jean Robiquet, d'une culture et d'un esprit exquis, d'un goût à la fois parisien et français, et d'une activité non moindre que celle de son arrière prédécesseur Faucou, vient de terminer, l'édifice célèbre se trouvant augmenté du double, les dispositions qui font enfin de Carnavalet non seulement un Musée digne de Paris, mais encore qui ne craint plus la comparaison avec les Musées d'Histoire Nationale tels qu'en possédaient depuis longtemps les capitales de l'étranger. Et Paris raconté par Paris ! Quelle page d'histoire qui tient du rêve, du roman, de la comédie et du drame. Donner en un simple article une idée détaillée de ce répertoire d'images parlantes, de cette succession de bibelots si souvent précieux et toujours expressifs, serait une entreprise malaisée. Swift disait qu'il « avait souvent entendu parler de ce tour de force de micrographie qui consiste à faire tenir l'Iliade et l'Odyssée dans une coque de noix, mais qu'il ne l'avait jamais vu, tandis que dans les deux poèmes homériques, il avait rencontré maintes noix succulentes ». C'est un peu l'idée que nous allons suivre, signalant au passage de cette presque centaine de salles, ce qu'elles ont de plus savoureux. Les habitués de Carnavalet ne seront pas déroutés dès l'entrée, car ils retrouveront la si curieuse salle des vieilles enseignes, si typique du genre. Mais tout de suite après il vont trouver ce nouveau charmant : les collections du costume, principalement du XVIIIe siècle qui devaient constituer une des attractions du Musée spécial dont M. Leloir, et Detaille notamment, avaient été les instigateurs. La viese trouve déjà évoquée au rez-de-chaussée, avec les boutiques, leur contenu et leurs occupants. Voici un véritable enchantement : les robes à ramages des grandes dames et autres, les habits richement brodés. Comme cela parle, et même babille ! Comme ces habits et ces robes ont de l'esprit ! Au premier étage, une fois jeté un coup d'œil à cette superbe conquête de peinture décorative, la grande toile de Brunetti, provenant de l'Hôtel de Luynes, et qui décore si opportunément l'escalier, nous entrons dans l'histoire de la Révolution. Les habits brodés et les robes à ramages n'ont plus guère la parole. Mais quel discours nous tient aussi cette vitrine des éventails, ou toute la période se déroule ! Des vitrines sont les commentaires les plus expressifs des pages de Michelet : vitrine relative à Marie-Antoinette, vitrine relative à Louis XVI et au dauphin. Ce cahier manuscrit c'est le réquisitoire que le Roi a compulsé et sur lequel de Sèze a travaillé sa défense. Ces autres cahiers d'un écolier, peu avancé, avouons-le, ce sont ceux où l'enfant royal s'exerçait à écrire. Autre vitrine à faire damner les bibliophiles qui ne s'étaient pas encore avisés de l'intérêt des reliures révolutionnaires. Puis on passe à la traditionnelle salle de la Bastille. Mais si traditionnelle qu'elle soit ne croyez pas qu'elle ne soit pas enrichie tout au moins d'une pièce à sensation : le coffre-fort de la prison ! La salle des conventionnels est également augmentée et reclassée et l'on douterait de la persistance du sentiment en France, si l'on croyait que de nombreuses bonnes âmes ne continueront pas de s'attendrir devant les reliques de Marie-Antoinette, le lit de Madame Élisabeth et la coiffeuse de la Reine. qui se présentent dans la Salle consacrée au Temple. Mais après ces attractions anecdotiques, commence la partie plus spécialement typique, et artistique à la CL. PAUL BARON LA NEUVILLE. — PORTRAIT DU CONVENTIONNEL PARÉ. MINISTRE DE L'INTÉRIEUR. — DON DE M. FÉLIX DOISTEAU.

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GALERIE D'ACCÈS DU SALON DE LA MARQUISE DE SÉVIGNÉ. BUSTE EN CIRE DU ROI HENRI IV. NICHE DE BOISERIES, XVIIe SIÈCLE. COLLATION GALANTE AU BORD DE LA SEINE. PEINTURE D'ÉPOQUE RENAISSANCE.

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CABINET DE LA CONSERVATION. LAMBRIS PROVENANT DE L'ANCIEN RÉFECTOIRE DU CHATEAU DE CONFLANS. CL. RENAISSANCE GALERIE DES COSTUMES DU XVIIIe SIÈCLE. TAPISSERIES D'APRÈS CASANOVA. — SÉRIE DES CONVOIS MILITAIRES. CL. PAUL BARON

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CL. PAUL BARGN BERCEAU DU PRINCE IMPÉRIAL, OFFERT PAR LA VILLE DE PARIS A L'IMPÉRATRICE EUGÉNIE. — GRILLE PROVENANT DE L'ÉGLISE SAINT-GERMAIN L'AUXERROIS, RESTAURÉE PAR FRED. PERRET. CL. RENAISSANCE PETITE COUR INTÉRIEURE DÉCORÉE DE BOISERIES LOUIS XVI. CL. RENAISSANCE DEVANT DE BALCON EN FER FORGÉ, PROVENANT DE L'ANCIEN CABINET DE PHYSIQUE DE LOUIS XV A PASSY, RESTAURÉ PAR FRED. PERRET.

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CL. PAUL BARON SALLE DES VUES DE PARIS, DE L'ESPINASSE. BOISERIES DE L'ANCIEN SALON DE L'HOTEL DE BRETEUIL, DIT DE FERSEN. CL. RENAISSANCE PETIT BOUDOIR D'EPOQUE LOUIS XVI, PROVENANT DE L'ANCIEN HOTEL DE BRETEUIL, DIT DE FERSEN. TERRES CUITES DE CHINARD. CL. RENAISSANCE SALON DE BOISERIES D'EPOQUE LOUIS XVI, PROVENANT DE L'ANCIEN HOTEL DE BRETEUIL, DIT DE FERSEN.

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CL. RENAISSANCE SALON DE BOISERIES D'ÉPOQUE LOUIS XVI, PROVENANT DE L'ANCIEN CHATEAU DES ARCHEVÊQUES DE PARIS A CONFLANS. — COLLECTION DES VUES DE PARIS DE RAGUENET. CL. RENAISSANCE SALLE DE BOISERIES, XVIIe SIÈCLE, PROVENANT DE L'HOTEL DE COLBERT DE VILLACERF, RUE DE TURENNE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE fois, de la raison d'être de Carnavalet: Paris, ses transformations innombrables, ce qu'on a pu sauver de la faulx et de la pioche, de la faulx du Temps et de la pioche fondrières, à perte de vue. On ne croit jamais aisément que Paris ait pu s'arrêter bien en deçà de tout cela, et c'est un des charmes de Carnavalet de réussir encore à DEUX PEINTURES D'HUBERT ROBERT. — En haut : L'INCENDIE DE L'OPÉRA AU PALAIS ROYAL, ANCIENNE COLLECTION JACQUES DOUCET. — En bas : LE DÉCINTREMENT DU PONT DE NEUILLY. des perceurs de rues, — et des spéculateurs, hélas ! On verra avec une curiosité qui tient de la surprise. Une toile de Millet (pas celui des paysans bien entendu) qui représente les alentours de l'Observatoire à l'époque où celui-ci régnait sur des terrains vagues et des éveiller quelque naïveté. En passant, jetez un coup d'œil sur le bel ensemble des bâtiments nouveaux et des jardins encore en élaboration, mais qui seront pleins d'agrément et de couleur. Il y a là un jeu d'arcades qui ne le cède guère à l'effet des classiques perspectives italiennes.

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CL. RENAISSANCE BOUDOIR DE BOISERIES XVIIIe SIÈCLE, PROVENANT D'UN ANCIEN HOTEL DE LA RUE DE VARENNE. CL. PAUL BARON PLAFOND EN COUPOLE XVIIIe SIÈCLE, PROVENANT D'UNE MAISON DÉMOLIE RUE BLANCHE. — PEINTURE ATTRIBUÉE A LAGRENÉE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE Mais le véritable ou tout au moins le principal inédit va commencer. Carnavalet, dans ses réserves, possédait des boiseries magnifiques. D'autres ont été découvertes à Conflans par M. Jean Robiquet (elles décoraient la maison de campagne de l'archevêque) ; d'autres enfin sont venues de démolitions diverses. Elle forment à elles toutes des cadres infiniment élégants, somptueux et diversifiés, aux peintures, dessins et estampes qui nous retracent les états anciens de la Ville qui nous est si chère. C'est ainsi que les lambris de l'hôtel Duluart font mieux apprécier le talent trop peu connu et si « psychologique » du médailleur Duvivier ; que dans une autre salle les Raguenet s'imposent non seulement à l'attention des érudits, mais aussi aux perplexités de ceux qui, étudiant l'art, n'ont jamais cessé d'apprendre. Quel curieux problème que celui-là ! Raguenet à première vue, (et même à deuxième ou plus) ne paraît qu'un peintre précis assez sec et médiocre. Mais regardé de plus près, voici que des détails délicieux se révèlent. Mille petits groupes et scènes animent ces quais, ces ponts, ces rues. Les édifices se détachent délicatement dans l'atmosphère, en rapports pleins de finesse. Il ne tiendrait qu'à peu de chose que ce fut une sorte de Guardi français, mais ce peu de chose manque. Le paradoxe de ce peintre est de montrer une ville dont les éléments sont, suivant le jargon du métier pictural « bien dans l'air » dans des tableaux qui manquent d'air. Mais ces défauts et ces qualités une fois admis, si vous allez voir et analyser les petits tableaux de Raguenet après avoir lu la Vie de Marianne, le Paysan parvenu et les romans de Rétil de la Bretonne, vous nous en direz des nouvelles, et vous y reviendrez souvent, car ils auront ressuscité le décor et les personnages de ces romans et ils nous font leurs contemporains. Les Hubert Robert dont Carnavalet est fort riche font admirablement dans les boiseries de l'archevêque, et vous trouverez une séduction nouvelle à ces deux œuvres si rares : le Décentrement du Pont de Neuilly, et l'Incendie de l'Opéra en 1871. A mesure qu'on avance dans ce Carnavalet ainsi rajeuni et amplifié, on se convainc que tout en demeurant un si attrayant livre d'histoire, il est devenu un des plus riches répertoires de l'art de nos sculpteurs sur bois, principalement au XVIIIe siècle. Depuis le grand style simple, dont nous venons de voir et dont nous allons voir encore de nombreux spécimens jusqu'à la véritable bijouterie fouillée en délicates arabesques, rien ne manque à l'évocation d'une époque si caractéristique. Que l'art du bois ait de nos jours complètement évolué, et que nous devions renoncer à copier ces beaux ouvrages, c'est chose entendue depuis longtemps. Mais moins que jamais nous ne devons renoncer à les admirer, tant ils prennent comme une particulière vie. On s'en convaincra avec les deux délicieux cabinets de toilette ovales de l'ancien Hôtel de Fersen, le premier spirituellement orné par M. Jean Robiquet de terres-cuites de Chinard, le second qui vaut par ses étonnantes sculptures à jour. Ces deux charmantes pièces sont séparées par une salle riche en dessins de Lespinasse ; on sait la faveur que ces documents ont conquis depuis la vente Jacques Doucet. Boiseries encore, de grande allure provenant de la Maison du Quai Conti que la barbarie des ingénieurs a condamnée, et pourquoi grand dieux ? Pour ce percement de la rue de Rennes qui doit détruire à jamais le charme vieillot et si admirablement familier du Pont-des-Arts ! Enfin ! Toujours est-il que ces boiseries font admirablement valoir les peintures qu'on leur a confiées, le Prud'hon entre autres, et un portrait de femme qu'on attribue avec beaucoup de raison suivant nous, à Colson. Des boiseries du prieur de la rue Hautefeuille : d'autres encore et toujours, de l'Hôtel Stuart avec des emblèmes musicaux ; un autre salon encore du quai Conti ; il faut renoncer même à les énumérer. L'un d'eux est enrichi de peintures, dont une fort importante par sa composition animée et sa riche couleur, et aussi par le nom de son auteur, de qui les œuvres sont peu communes : Dumont le Romain. Louis XV donnant le rameau de la paix aux échevins est une page qui ne le cède guère aux plus brillants Largillières en ce genre. PRUD'HON. — PORTRAIT D'INCONNU LEGS MACIET.

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SALLE DU PREMIER EMPIRE. DANS LA VITRINE MURALE : NÉCESSAIRE DE CAMPAGNE DE NAPOLEON 1er. CL. RENAISSANCE SALLE DES VUES DE PARIS AU XIXe SIÈCLE (1800-1850). En haut : GRANDE FRISE REPRÉSENTANT LES CHAMPS-ÉLYSÉES. CL. PAUL BARON