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L'ART VIVANT EXPOSITION INTERNATIONALE—PARIS LES ARTS DU FEU CLASSES 31 ET 45 N° 216 — Prix 10 Francs JEAN PICART LE DOUX

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REZ-DE-CHAUSSÉE 1. Four Verrerie. 2. Four Céramique. 3. CHAMBRE SYNDICALE DES FABRICANTS DE PORCELAINE DU BERRY. 4. Verrerie du groupe de Saint-Gobain. 5. GROUPEMENT DES FABRICANTS DE PORCELAINE DE LIMOGES. 6. Secrétariat. 7. Société des Produits réfractaires et céramiques de Boulogne-sur-Mer. 8. Etablissements Jacob-Delafon. 9. Henri Baudoux. 10. Société des Produits céramiques de Maubeuge. 11. Etablissements Porcher. 12. La Céramique française. 13. Compagnie des Cristalleries de Saint-Louis. 14. René Lalique et Cie. 15. Daum et Cie. 16. Groupement des Fabricants de Porcelaine de Limoges. 17. Cérabati. 18. Rhône Poulenc. MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES 18. La Chapelle. 19. Le Hall. 20. Atelier de démonstration. Stand de vente. 21. Secrétariat. 22. Ensemble féminin, et au premier étage : 56. Vitrines de Sèvres. 57. Salle de jeu. 58. Fumoir. 59. Boudoir. 60. Boudoir. 61. Salles de bains. 23. La Crémaillère. 24. Au Vase Etrusque. 25. Monnaies. 26. Rouard et Tétard. 27. Groupe des artisans français contemporains. 28. Faïences réfractaires de Feignieset mosaïques céramiques de Maubeuge. 29. Boch frères. 30. Colozier et Cie. 31. Statues de Sèvres : La Céramique et la Verrerie. 32. J. Lenoble. 33. Charles Fourmaintraux et Delassus. 34. Comptoir tuilier du Nord. PREMIER ÉTAGE 35. Section Emaux d'Art. 36. G. Sailly. Bourdeaux-Henno. 37. Ménigault. 38. Salmon. 39. Pierre Larchevêque. 40. Union limousine. 40. Bloch. 42. Banck. 43. Colotte. 44. Cirot Brunet. 45. Aluminite Frugier. 46. Veuve Marquot et Fils. 48. Cristalleries de Courbevoie. 49. Cristalleries de Choisy-le-Roi. 50. Marie Chauvel — Poncet — Alexandre. 51. Pigois — Jacquet 53. Primavera. 54. Vitrines : Argyriadès Platon, Marx, Jacob, Savin, Golse, Mouroux, Gréber, Anchiéri, Mougin, Erbst, Argy-Rousseau, Canale, Bonifas, Michel Colle, Catteau, Haussmann, Fourmaintraux, Jane Lévy, Dem, Motton, Dumoullin, Fernandez, Nicolas, Bichoff, Pycha, Beyer, Jova, Luca Lanel. 55. L'Enseignement technique dans la Céramique. 62. L'Alliance céramique. 63. D'Honnaing — Les quatre Potiers — Verres Uvex. 64. Henriot, Méheut, et Jean Haffen. 65. Lecuir, Millet, Esteban, Saint-Jean-du-Désert. 66. E. Noel. 67. Arcé. 68. Lacoste. 69. Sidalgrani. 70. R. de Veyle. 71. Galerie technique.

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NUMÉRO 216 REVUE MENSUELLE DE L'ART, DES ÉLÉGANCES ET DU TOURISME DIRECTEUR - FONDATEUR JACQUES GUENNE RÉDACTEURS EN CHEF : JACQUES KIM, S. KAPFERER --- Composition de Sediey. Réalisation de Carré, mise en place par Beaudoux. Grès de grand feu des établissements Desmarquest --- SOMMAIRE LES ARTS DU FEU, PAR PAUL LÉON Commissaire Général Adjoint de l'Exposition LA CLASSE 31 - LA CLASSE 31 - LE PALAIS DE LA CÉRAMIQUE - CÉRAMIQUE ARCHITECTURALE - SALLES DE BAINS - LES PROGRÈS DE LA TECHNIQUE DANS LES ARTS DU FEU - L'ENSEIGNEMENT DE LA CÉRAMIQUE LA CLASSE 45 - LA CLASSE 45 - LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES - LA PORCELAINE DE LIMOGES, SON HISTOIRE - LES EXPOSANTS LIMOUSINS - LES ARTS DU FEU, AU PAYS DU BERRY - LES PORCELAINES DU BERRY - DEUX ARTISTES DU VERRE - LES ARTS DE LA TABLE - LES CÉRAMIQUES D'ART - LES ÉMAUX D'ART J. BRUYÈRE, Ingénieur-céramiste E.C.P., secrétaire général des Classes 31 et 45. --- SEPTEMBRE 1937 PRIX D'ABONNEMENT : UN AN (FRANCE) : 70 FR. UNION POSTALE : 90 FR. AUTRES PAYS : 102 FR. 6 MOIS (FRANCE) : 40 FR. UNION POSTALE : 50 FR. AUTRES PAYS : 60 FR. DIRECTION-RÉDACTION- ADMINISTRATION CHAMPS - ÉLYSÉES 116 bis - PARIS TÉLÉPHONE : ÉLYSÉES 26-68 CHEQUES POST : PARIS 1861-29 ADRESSE : TÉLÉGRAPHIQUE : L'ART VIVANT, PARIS --- L'ART VIVANT présenté - CÉRAMIQUE - VERRERIE - MARBRERIE - GROUPE VII - CLASSE 31 - BRIQUES, TUILES, - CARRELAGES, - MOSAIQUE, SANITAIRE - REVÊTEMENTS - GROUPE IX - CLASSE 45 - CÉRAMIQUE D'ART - PORCELAINE GRÈS - ÉMAUX, ÉMAUX - CRISTAL ET VERRE --- L'ART VIVANT présenté - CÉRAMIQUE - VERRERIE - MARBRERIE - GROUPE VII - CLASSE 31 - BRIQUES, TUILES, - CARRELAGES, - MOSAIQUE, SANITAIRE - REVÊTEMENTS - GROUPE IX - CLASSE 45 - CÉRAMIQUE D'ART - PORCELAINE GRÈS - ÉMAUX, ÉMAUX - CRISTAL ET VERRE --- Composition de Sediey. Réalisation de Carré, mise en place par Beaudoux. Grès de grand feu des établissements Desmarquest --- SOMMAIRE LES ARTS DU FEU, PAR PAUL LÉON Commissaire Général Adjoint de l'Exposition LA CLASSE 31 - LA CLASSE 31 - LE PALAIS DE LA CÉRAMIQUE - CÉRAMIQUE ARCHITECTURALE - SALLES DE BAINS - LES PROGRÈS DE LA TECHNIQUE DANS LES ARTS DU FEU - L'ENSEIGNEMENT DE LA CÉRAMIQUE LA CLASSE 45 - LA CLASSE 45 - LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES - LA PORCELAINE DE LIMOGES, SON HISTOIRE - LES EXPOSANTS LIMOUSINS - LES ARTS DU FEU, AU PAYS DU BERRY - LES PORCELAINES DU BERRY - DEUX ARTISTES DU VERRE - LES ARTS DE LA TABLE - LES CÉRAMIQUES D'ART - LES ÉMAUX D'ART J. BRUYÈRE, Ingénieur-céramiste E.C.P., secrétaire général des Classes 31 et 45. --- L'ART VIVANT présenté - CÉRAMIQUE - VERRERIE - MARBRERIE - GROUPE VII - CLASSE 31 - BRIQUES, TUILES, - CARRELAGES, - MOSAIQUE, SANITAIRE - REVÊTEMENTS - GROUPE IX - CLASSE 45 - CÉRAMIQUE D'ART - PORCELAINE GRÈS - ÉMAUX, ÉMAUX - CRISTAL ET VERRE --- Composition de Sediey. Réalisation de Carré, mise en place par Beaudoux. Grès de grand feu des établissements Desmarquest --- SOMMAIRE LES ARTS DU FEU, PAR PAUL LÉON Commissaire Général Adjoint de l'Exposition LA CLASSE 31 - LA CLASSE 31 - LE PALAIS DE LA CÉRAMIQUE - CÉRAMIQUE ARCHITECTURALE - SALLES DE BAINS - LES PROGRÈS DE LA TECHNIQUE DANS LES ARTS DU FEU - L'ENSEIGNEMENT DE LA CÉRAMIQUE LA CLASSE 45 - LA CLASSE 45 - LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES - LA PORCELAINE DE LIMOGES, SON HISTOIRE - LES EXPOSANTS LIMOUSINS - LES ARTS DU FEU, AU PAYS DU BERRY - LES PORCELAINES DU BERRY - DEUX ARTISTES DU VERRE - LES ARTS DE LA TABLE - LES CÉRAMIQUES D'ART - LES ÉMAUX D'ART J. BRUYÈRE, Ingénieur-céramiste E.C.P., secrétaire général des Classes 31 et 45.

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LES ARTS DU FEU Paul LÉON, Commissaire Général adjoint de l'Exposition. --- En haut : Le céramiste Decœur En bas : Deux pièces de Lenoble --- Photos Laure Albin-Guillot --- L A céramique, art éternel qui, malgré sa fragilité, défie les atteintes du temps et demeure le reflet fidèle des civilisations éteintes, n'en est pas moins une esclave de la mode. Qu'elle est proche et déjà lointaine l'époque de Barbey d'Aurévilly, de Bourget, de France, de Proust, avec son décor de meubles inutiles, de poufs, de coussins, de paravents, d'applications, de torchères, de cache-pots, de jardinières, témoignages de luxe et de goût dans une famille d'alors. Les vitrines étaient garnies de minuscules bonbonnières, de boîtes, de flacons et fleurs, parfois recouverts des silhouettes de personnages de romans, sujets assez mal choisis pour l'art noble qu'est l'art du feu. Comparez la mise en scène des proverbes de Musset pour les abonnés du Français en 1880 avec les pièces de Bernstein qui sont présentées de nos jours au public du boulevard, ou encore la salle Etrusque des concerts du Conservatoire dont les loges se décoraient des robes compliquées d'alors avec les plans et les lignes du théâtre des Champs-Elysées où les toilettes féminines s'encadrent à la manière d'un décor d'architecture. Même différence entre un cadeau de Sèvres jadis offert à un prince et la pièce sortant aujourd'hui des fours de la Manufacture. Les céramistes désormais se préoccupent d'émerveiller, non plus par des ornements, mais par des formes et des volumes. Sans renoncer à son bleu pour le décor de la table, à ses pâtes raffinées qui sont la gloire de ses biscuits, la manufacture s'applique à réaliser l'architecture de revêtement. N'est-ce pas le caractère essentiel de la construction d'aujourd'hui de substituer les matériaux moulés aux matériaux posés ? Les poteaux de ciment armé remplacent les colonnes de pierre. Matière pauvre en vérité qui ne saurait constituer qu'un dessous, une ossature, un squelette. La chair vivante, coloriée, veinée, c'est le décor de revêtement : grès, marbre, brique ou mosaïque, dont la palette variée a doté Rome et Venise de ses éclatantes splendeurs. Comme le métal ou le bois, la céramique a fait l'objet d'un pavillon totalitaire. Il n'y est aucun élément de structure ou de décor qui ne soit pièce de cuisson. Et c'est une grande leçon où s'allient tout à la fois les techniques et les arts que cette unité de matière, source de tant de couleurs, de formes, de destinations. On souhaiterait que l'œuvre survive à l'occasion qui l'a fait naître. La vertu de ses exemples et de ses enseignements n'est pas près d'être épuisée.

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L'ARCHITECTURE DU PAVILLON Entrée du Pavillon de Sèvres. Fresque de Marcel Gromaire, réalisée par la Manufacture de Sèvres --- PÉCIALEMENT construit pour mettre en belle valeur tous les matériaux de construction et de revêtement tributaires des arts du feu, le pavillon conçu par MM. Robert Camelot et Herbé est une œuvre remarquable. La brique y joue, naturellement, le rôle principal; elle a servi à constituer les frontispices; on la retrouve sous forme de hourdis apparents, de quadrillages décoratifs et utiles à la fois, conformément au principe inattaquable qui veut que, dans un ouvrage rationnel, l’ornement soit l’expression artiste d’une fonction indispensable; les hourdis-dalles de certains plafonds sont de véritables dalles, fabriquées en armant de métal et de béton des briques creuses; les voûtes sont également en briques apparentes, et aussi bien la voûte à plein cintre de la rotonde d’entrée que la voûte en berceau de la rue de la Céramique qui lui fait suite; voûtes portantes, voûtes réelles, dont les raidisseurs en briques supportent bien réellement la couverture; voûtes éminemment décoratives, par la pureté de leur courbe, l’élégance de leurs proportions, et leurs vertus plus spécifiquement ornementales tirées d’oppositions de briques de diverses couleurs, ainsi que d’amusantes variations dans l’appareil, c’est-à-dire dans la façon de poser ces briques elles-mêmes; les architectes, d’autre part, ne se sont nullement interdit la fantaisie; ainsi, la rue de la Céramique prend jour sur les jardins, en haut et au fond, par une sorte de claustre obtenu à l’aide de pots à fleurs superposés et se chevauchant; dans la construction d’un mur, la dalle de verre et la brique sont alliées, et voici encore un autre effet d’heureuse translucidité sur une des façades du même pavillon, la façade dite de Sèvres, de grès blanc avec panneaux de porcelaine auxquels la lumière électrique vient, dès la nuit tombée, donner une apparence de miracle clair et doux. La même variété a été recherchée dans la forme et la couleur des tuiles; chaque exposant, dans la rue de la Céramique, a revêtu le sol, devant sa boutique ou son stand, d’un carrelage de sa fabrication ou de son goût. Dans la cour, des auvents ont été ménagés pour recevoir

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Vase de Jean Besnard, édité par L. Desmarquest l'exposition des dallages exté- rieurs. Tout un vaste assortiment d'éléments aussi divers que pos- sible a été mis en œuvre par MM. Camelot et Herbé, du revê- tement d'escalier aux hourdis et aux faîtières en terre cuite pré- sentés pour former des portes. Et cependant, en dépit de cette extrême complexité de ses élé- ments constitutifs, le Pavillon de la Céramique et de la Verrerie a de la grâce, de la simplicité, toutes les séductions d'un style sobre. Il s'agit, on en convien- dra, d'une réussite étonnante. Même s'ils avaient échoué, MM. Camelot et Herbé auraient mérité les félicitations dues au courage. Mais c'est avec talent qu'ils ont résolu le très difficile problème. Inclinons-nous. Le plan du pavillon est en forme d'U, disposition commandée par la nécessité de conserver un quinconce d'arbres existant. Dans l'une des branches de cet U, MM. Camelot et Herbé, continuant de ne point fuir la difficulté, ont installé la rue de la Céramique, sorte de passage couvert, bordé de boutiques, de magasins d'exposition et d'ateliers, à l'usage des industriels, des artisans, des artistes; il est bon que de jeunes bâtisseurs, à l'intérieur même d'un pavillon, aient senti la nécessité de manifester ce souci de pratiquer leur art sans jamais perdre de vue que l'architecture, au-dessus encore de ses lois propres, connait celles de l'urbanisme. La façade principale est celle dont l'aspect, fort caractéristique, est commandé par la présence de part et d'autre de l'entrée, d'un four de verrier et d'un four de potier; nous sommes loin des chapiteaux et des colonnes en staff que l'on croyait autrefois indispen- sables à la majesté d'une construction officielle; ici, En haut : au centre, la coupole du hall d'honneur. La grande galerie. Façade sur le jardin

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ce sont des cheminées qui jouent le plus grand rôle décoratif; et cette audace est réalisée avec tant de tact que je n'ai entendu personne, au cours de mes visites, s'en étonner. Cette partie de l'édifice est d'une construction extrêmement soignée; on y a mis en œuvre des briques au moule de bois, variées de forme et de couleurs, et disposées de façon à former des motifs décoratifs eux-mêmes sans monotonie, et d'un très heureux effet. Les murs reposent sur des soubassements en briques; des éléments céramiques les constituent, et des panneaux en grès, à reliefs qui accrochent la lumière, les agrémentent, de même que des niches où des arbustes sont logés. La façade circulaire donnant sur l'allée principale du Centre des Métiers a été spécialement étudiée pour présenter dans la plus favorable lumière le grand panneau de grès coloré demandé à Gromaire et qu'accompagnent si bien les deux monumentales figures, en grès également, que Laurens a signées. MM. Camelot et Herbé ont veillé eux-mêmes à l'accord de l'architecture, de la peinture et de la sculpture; et cela n'est pas toujours commode. La cour, entre les jambages de l'U, est également très réussie. A droite et à gauche, dans les parties hautes, dus à M. Zelman, des panneaux, des frontispices de brique se détachent sur des fonds à la chaux; dans les parties basses, des auvents couverts de tuiles abritent l'exposition des revêtements céramiques. La façade, au fond de l'U, est, comme je l'ai dit, enrichie de panneaux de porcelaine de Sèvres, dont la translucidité fait merveille le soir, quand intervient l'éclairage électrique. Maximilien GAUTHIER. Vase de Jean Besnard, édité par Desmarquest Le hall d'honneur. La cour de Sèvres. Au centre : entrée principale

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LA CLASSE 31 FAIRE l'historique de la Céramique serait écrire l'histoire même de l'humanité. Cependant, il n'est pas à notre connaissance qu'il y ait eu jusqu'ici, présentée aux architectes, aux entrepreneurs et au public, une exposition groupant des produits céramiques aussi divers dans un Palais spécialement édifié à cet effet par les fabricants eux-mêmes et créant ainsi une unité technique d'une telle importance. Groupés en deux classes : 31 et 45, les arts de la céramique et du verre, associés en la circonstance, se sont efforcés d'unir à la qualité des matériaux de construction, celui de l'agrément et du confort dans l'habitation. Ils viennent de réaliser le palais auquel ce numéro de l'Art Vivant est consacré. Mon très distingué et éminent collègue, M. Lechevallier-Chevignard, présente aux pages suivantes la magnifique contribution apportée par la classe 45. Permettez-moi de témoigner ma reconnaissance particulière en remerciant les industriels et leurs collaborateurs qui ont contribué à l'œuvre réalisée par la classe 31, sur les plans majestueux de notre architecte, M. Robert Camelot, au talent duquel il nous est spécialement agréable de rendre hommage. Quant aux industriels, ils n'ont pas hésité, bien que la céramique de construction soit une industrie pauvre, bien qu'à leur situation précaire résultant des années de crise, ne soit pas venue encore se substituer une politique du bâtiment qu'ils attendent avec anxiété, à consacrer une partie de leur production à la réalisation de l'ensemble que vous venez d'apprécier. Ces rudes travailleurs des arts du feu ont œuvré simplement et sainement malgré les difficultés innombrables des temps présents. Ils sont arrivés, cependant, par la qualité des matières, le perfectionnement des formes, le souci du travail correct, le respect de la tradition de leur métier, au résultat que vous avez jugé. L'originalité n'étant pas, comme l'a dit Ruskin, la nouveauté, mais la pureté, ils sont parvenus à faire une œuvre originale. Je suis heureux de le leur dire et déjà la récompense morale à laquelle ils ont droit leur est acquise. M. l'Architecte en chef de l'Exposition n'a-t-il pas dit, dans une interview récemment accordée, qu'il osait espérer voir subsister l'œuvre des céramistes. Je me permets de rapporter ses propres paroles : « Certains de mes collègues, a-t-il dit, ont coloré leur construction en conservant au revêtement son état brut. Lorsqu'il est beau naturellement, pourquoi le dissimuler sous un masque ? Un ravissant Palais — qui, je l'espère ne sera pas démoli — celui de la Céramique, où notre manufacture de Sèvres brille avec éclat, a réalisé ce que j'avais désiré voir s'étendre : la construction et la décoration du pavillon par les exposants eux-mêmes. Cela donne à la matière une vie qu'elle ne peut avoir sous vitrine. » C'est là l'expression même de notre pensée et cela d'autant plus qu'elle associe à ces tuiliers, ces briquetiers, ces potiers de la France entière, le nom de notre Manufacture nationale. Sèvres n'a pas craint, en effet, de courir, avec tous les céramistes, les risques d'une tentative pouvant paraître aventuruse. Sèvres, sous l'impulsion de son directeur, sans négliger ce qui fit son renom et sa gloire, la porcelaine, s'est engagée avec enthousiasme dans le revêtement mural d'une grande façade, le pavage de salles demandant des carreaux par centaines de mille. Du rude contact avec les céramistes de nos campagnes et de nos villes industrielles, Sèvres gardera le souvenir d'une collaboration féconde qui marquera son avenir. Tout, ici, est l'œuvre des céramistes et des verriers. Les couvertures en tuiles mates ou brillantes, engobées ou émaillées ; les revêtements extérieurs en panneaux sculptés, en briquettes et en dalles de grand feu ; les sols en carreaux de grès ou mosaïques de verre, tout y est exécuté, en majeure partie, par les exposants qui se sont ingénies à présenter les modes d'emploi les plus divers et les plus intéressants des matériaux céramiques. Les marches d'escalier, les chambranles des portes, les appareils sanitaires et ceux du luminaire, les vasques des bassins et des fontaines portent l'emprise de l'évolution technique et des progrès scientifiques accomplis par une industrie qui, partant toujours de matières pauvres, n'acquiert son intérêt et sa valeur que par un labeur tenace, une connaissance éprouvée du métier, un désir de bien faire qui font très souvent oublier à ses dirigeants la recherche d'un légitime profit. Assisterons-nous, dans quelques mois, à la destruction de cet ensemble ? Tous les produits scellés et cimentés, comme leur présentation l'exigeait rationnellement, seront-ils désormais perdus ? Nous nous refusons à y songer et nous formons, nous aussi, le vœu ardent que ce pavillon qui témoigne d'autant d'efforts que de goût dans la recherche de compositions si diverses, subsiste pour servir d'abri à des manifestations particulières aux métiers d'art. Louis DESMARQUEST, Président de la classe 31. Motif décoratif en briques, d'après le dessin de M. Zelman

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CERAMIQUE ARCHITECTURALE C'EST un fait. Le public, en grande partie, ne vient aux expositions que pour jouir de la vue d'objets agréables ou utiles et nullement pour étudier les détails des constructions qui les renferment. Pour celui-ci, que lui importent ces établissements qui ne sont, il est vrai d'ailleurs, que des sortes de magasins aux provisoires vitrines. Rares, très rares, sont les groupements qui, par les soins de leur établissement, donnent le sentiment de répondre aux conditions d'une véritable architecture, c'est-à-dire sont constitués d'éléments de solidité et de durée. Une de ces heureuses exceptions est précisément le article de revue qu'on pourrait apporter un examen très détaillé de la totalité des questions relatives à une exposition de cette ampleur. Bornons-nous donc à une rapide visite après avoir émis quelques indications quant aux matériaux céramiques utilisés tant pour la construction que pour la décoration du Pavillon de la Céramique; à d'autres le soin de parler de la partie artistique si belle, si somptueuse. Débutons d'abord par le carrelage en grès qui pare les sols de notre exposition. Ce qu'on exige des carrelages, vous le savez, c'est la dureté pour résister au frottement, c'est l'imporosité pour éviter l'introduction d'humidité et de microorganismes destructeurs. En un mot, on veut un produit très solide et très hygiénique. Pour réunir techniquement ces qualités, la fabrication exige des « terres » spéciales ou des mélanges de ces terres avec des éléments minéraux vitrifiants. On ne peut économiquement en obtenir que dans des ré- Le stand Colozier. Motifs décoratifs, d'après les cartons de Zelman En bas : détail d'un des motifs groupe des Classes 31 et 45. Ici nulle volonté de faire du provisoire, du « bâclé », de l'économie sur la qualité des matériaux. On a voulu que l'œuvre soit de l'architecture céramique et qu'elle montre toutes les plus modernes utilisations des produits des Arts du Feu dans leur ensemble à la fois constructif, décoratif et artistique. Ce n'est certes pas dans un court

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Baudoux. Salle de Bains gions déterminées. De plus, il est indispensable de disposer de puissants moyens mécaniques pour la compression des masses constitutives. Ce sont donc de très grandes usines qui peuvent seules produire à prix convenables les torrents de carrelages nécessaires en architecture. Parmi les plus grandes et les mieux outillées, je choisis comme type l'installation de la firme « Colozier et Cie », dont les usines sont à Saint-Just-des-Marais et à Saint-Germer-de-Fly, dans l'Oise, aux approches de la ville de Beauvais, c'est-à-dire dans une région où le grès fut de longue date favorisé par la nature de ses argiles. Mais outre les produits en grès naturel, la firme Colozier et Cie a résolu depuis longtemps les difficultés de fabrication du grès artificiel, c'est-à-dire constitué par un mélange d'argiles et de fondant minéral, en l'espèce du feldspath. La perfection de son matériel lui assure une capacité de production formidable de carreaux de toutes dimensions, de toutes formes, de toutes décorations par incrustation, les dessins n'étant pas seulement de surface mais bien en profondeur, — en sorte qu'une lente, très lente usure ne peut altérer l'exacte permanence du décor. Et toute cette production maintient, en dépit de son importance, son uniformité de qualités, c'est-à-dire son impeccabilité. Il me plaît de rendre ce témoignage à une aussi belle et grande industrie française, dont j'ai pu suivre la croissance et constater la grande réussite. Ici la brique n'est plus la parente pauvre dont on cachait la trop apparente misère sous un manteau de revêtement. Parente pauvre, mais si indispensable, puisqu'en de multiples pays elle était seule à pouvoir assurer l'édifice. Mais sont venus les perfectionnements, à la fois dus à la connaissance profonde et scientifique de la « terre » et aux acquisitions nouvelles des moyens de la construction mécanique. La vieille brique, autrefois tordue, informe, capricieuse dans sa coloration et dans sa résistance, est devenue cette belle matière, régulière dans ses dimensions, élégante dans l'uniformité de ses divers coloris, dans ses moulurages qui permettent de créer des combinaisons multiples et heureuses : baies de fenêtres et de portes, appuis, meneaux, etc. Vous en trouverez de charmantes applications sur les murs de la cour centrale, entre les deux pavillons. De telles briques, de tons chauds, des demi-briquettes au ton flammé ont été ainsi utilisées : elles sortent des usines de Montereau (Seine-et-Marne), appartenant à M. Paul Baudelot. Ce grand et vieil industriel céramiste a également participé à l'établissement du restaurant du Pavillon de la Roumanie, dans lequel ont été employées ses belles briques type Montchanin de teinte rouge cuivre ainsi que ses fameuses demi-briquettes marque BH de ton chaud flammé. Dans de semblables utilisations, architectes et entrepreneurs trouveront des enseignements de haute valeur, sans nul doute. De la régularité de dimensions et de colorations que la brique moderne a enfin obtenue, est venue la possibilité de combinaisons d'appareillages qui nous sortent de la monotonie des lignes horizontales des joints d'autrefois. Ainsi ont pu être constitués de véritables dessins « dans la Le salon de repos du Pavillon de la Céramique. Voiles Rhodia et briquettes décoratives de carreau posées par Donati. En haut : une vue du salon de repos A gauche : la cheminée. Jean Royère, décorateur

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construction elle-même », biais et saillies ou renfoncements amenant, par les ombres ainsi créées, des jeux de lumière sur les façades, c'est-à-dire en créant le décor lui-même. Plus de revêtement, la brique est nue, visible, triomphante. Elle a trouvé sa juste place au soleil. Cette même régularité a déterminé par elle-même la naissance d'emplois nouveaux pour l'établissement d'assemblages, de juxtapositions à la faveur des liants hydrauliques que produisent les cimenteries de notre époque. Ainsi sont réalisées des combinaisons de briques et briquettes pour la création de cheminées d'appartement, de vasques et de baignoires, de revêtements variés dans les intérieurs. Et ceci, souvent en faisant appel au ciment armé et à la brique pour la carcasse des œuvres et à des faïences, des porcelaines et des émaux pour les parties vues. C'est précisément ce que nous montre la Maison Baudoux dans son stand n° 13, au rez-de-chaussée du Pavillon de la Céramique. Elle nous y présente une salle de bains particulièrement bien composée et d'un aspect réellement flatteur. La baignoire, de forme ovale, encastrée dans le sol, « est construite » en béton armé, revêtu de magnifiques émaux de Briare, à fond rose, avec une margelle rouge. Exécution particulièrement bien réussie. Le sol même de la salle est fait d'une « pâte de verre » noire, avec, au centre, un véritable tapis en émaux de Briare, rouges. Une charmante coiffeuse complète l'installation; sa table est revêtue des mêmes émaux de Briare; les pieds en sont garnis d'émaux de Limoges. Quant aux parois mêmes de la salle, elles sont revêtues de petits carreaux $5 \times 5$ centimètres en faïence de Limoges, ton rose, posés à joints de 2 millim. 5 en panneaux séparés verticalement par des émaux d'or de $2,5 \times 5$ centimètres. Le fond de la pièce porte un panneau décoré en émaux de Briare et or. C'est là un ensemble charmant et du plus bel effet, qui nous sort de la monotonie commune à beaucoup d'installations d'hygiène. La même Maison Baudoux, dans son stand n° 15, qui fait vis-à-vis au précédent, nous présente une application, techniquement intéressante, de son béton émaillé « Egypto ». Bien que n'étant pas une fabrication proprement céramique, il ne me paraît pas sortir trop de mon sujet, car ce « matériau » est fort capable de se marier à de la céramique pour constituer des appareillages mixtes de bon intérêt. Cet « Egypto » consiste en une matière monolithe, dont la base est un béton particulier, préparé pour faire corps avec l'émail de recouvrement. Les matières constitutives du dit émail sont telles qu'elles se trouvent chimiquement transformées en produits solides, résultant d'une pétrification simultanée de celle du ciment pendant sa prise hydraulique. D'où parfaite homogénéité du béton et de l'émail et toute sécurité de liaison de l'un et de l'autre et, par suite, impossibilité de faïencage. Inattaquable aux acides, imporeux, cet « Egypto » me semble présenter toutes les garanties d'hygiène et trouver ainsi sa place dans les constructions où l'on recherche à la fois les qualités de résistance et d'imperméabilité. Il est notamment indiqué pour les sols des salies de machines, où un simple jet de vapeur fera le nettoyage de toutes huiles ou graisses. Un autre exemple d'assemblages de briques ou briquettes, en vue de réaliser des constructions décoratives, nous est donné par le salon de repos, au premier étage du Pavillon de la Céramique. Il s'agit là de tout un ensemble constructif et mobilier présenté par les Etablissements Carré. La décoration générale est de M. Jean Royère. Les briquettes décoratives ont été posées par M. Donati, en un appareillage parfait constituant une fort jolie cheminée. Exécution excellente comme le dispositif lui-même. Au centre du salon se trouve une grande table ronde construite en briquettes rayonnantes assemblées au ciment, remarquablement posées. Du centre de cette table, jaillit une colonne carrée, construite de la même manière en briquettes de couleurs. Cet ensemble, qui a un caractère si moderne, est de M. Lutte. Raoul de BLOTTEFIÈRE, Ingénieur-Céramiste. Cours du Pavillon. Motif en briques, de Baudelot Une vue du Pavillon de Sèvres montrant l'emploi judicieux de la céramique architecturale