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First pages of the volume, freely accessible.

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SIXIEME ANNEE N° 134 6 fr. 15 JUILLET 1930 L'ART VIVANT EN ÉGYPTE KARNAK. LE ROI AMENOTHES IV. DIRECTION-REDACTION 146, Rue Montmartre, PARIS (2e) REDACTEUR EN CHEF Florent FELS ADMINISTRATION ET VENTE: LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17, Rue du Montparnasse, PARIS (6e) DIRECTEURS - FONDATEURS : Jacques GUENNE et Maurice MARTIN du GARD

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ÉGYPTE COLLECTION "VIES DES HOMMES ILLUSTRES" CHARLES PARAIN LA VIE DE RAMSÈS II Le Louis XIV égyptien --- ROMANS PANAÏT ISTRATI MES DÉPARTS Départ pour la France... et retour aussi impécunieux et non moins illicite vers Alexandrie, l'Égypte... et la vie. --- LA FAMILLE PERLMUTTER En collaboration avec Josué JÉHOUDA Homogènes, imagées, les trois histoires de ces jeunes Perlmutter se déroulent dans le cadre pittoresque d'une Égypte accueillante, d'une Égypte d'avant guerre. --- ALBERT JOSIPOVICI LE BEAU SAÏD Nous sommes bien au pays où la chaleur, la lumière, font trembler l'air au ras du sol, les idées sous les crânes et les mots sur la langue, les sens au bout des mains et des pieds des danseuses et des amants, les images devant les yeux. --- E^ts A. DROUANT FABRIQUE DE PRODUITS POUR LES ARTS COULEURS POUR ARTISTES — TOILES À PEINDRE CADRES EN BOIS SCULPTÉ couleurs armand drouant USINES À PUTEAUX 10, RUE BELLINI — TÉL. WAGRAM 96-99 DEUX MAISONS DE VENTE À PARIS 14, RUE DES BEAUX-ARTS — Téléphone : DANTON 61-23 38 bis. Bd DE CLICHY — Téléphone : TRINITÉ 58-77 --- TOUT ce qui concerne les ARTS PLASTIQUES vous le trouverez chez SENNELIER 3, Quai Voltaire, PARIS Fabrique de Couleurs Fines et de Toiles Peindre à --- Lehnert & Landrock ÉDITEURS LE CAIRE - Rue Camel, 4 (EGYPTE) VUES ARTISTIQUES DE L'ÉGYPTE PALESTINE - SYRIE - TUNISIE ALGÉRIE - ITALIE, Etc. ACCESSOIRES PHOTOGRAPHIQUES TRAVAUX D'AMATEURS DÉVELOPPEMENT - TIRAGE --- HOTEL WESTMINSTER rue de la Paix PARIS E. BRUCHON, Directeur. Télégr. : Westmiotel-Paris. --- nrf

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THE CENTRAL LIBRARY SPIROS N. GRIVAS A SHAWABTI FIGURE. TUTANKHAMEN SERIES 11, Bould Saad Zagloul, ALEXANDRIA TABLEAUX ANCIENS LES CHEFS-D'ŒUVRE DU XVIIIe SIÈCLE FRANÇAIS ELISABETH WILDENSTEIN ANCIENNEMENT ÉLISABETH PARAF 23BIS, RUE DE BERRY - PARIS (8°) IMPERIAL AIRWAYS SERVICE HEBDOMADAIRE PAR AVIONS TRI-MOTEUR Londres l’Europe Centrale Alexandrie le Caire Baghdad Bassorah Bouchire Karachi, Delhi TRIPLE ENGINED AIR LINER “CITY OF CAIRO” CLASS PASSAGERS, POSTE AÉRIENNE, MARCHANDISES Airways House, Charles Street, S. W. 1. LONDRES Airways House, 38, Avenue de l’Opéra, PARIS Aérodrome de Héliopolis (le Caire) ÉGYPTE et dans toutes les Agences de Voyage

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LA TRADITION DE L'ART EGYPTIEN La perfection de l’art pharaonique rallie, en notre siècle, l’unanime admiration de tous les connaisseurs. Pendant quelques trois mille ans, cet art s’épanouit pleinement, multipliant sur le sol antique de l’Egypte les chefs-d’œuvre. Tout ce qu’a produit de beau en Egypte l’architecture funéraire, la sculpture, la peinture fait aujourd’hui partie du patrimoine artistique de l’humanité. Dans la suite des siècles, à l’époque musulmane, l’Egypte, tout en s’inspirant de l’art persan, de l’art syrien et méso-potamien, n’en a pas moins manifesté son génie personnel dans la combinaison de ces éléments étrangers et les artistes, qui vécurent alors au Caire surent élever des mosquées, des palais, des citadelles où se révèle un exceptionnel talent d’architecte et de décorateur. La visite seule de ces remarquables survivances du passé montre la part considérable que l’Egypte tient dans l’histoire de la civilisation musulmane. Fidèle à ces traditions de splendeur et de gloire, l’Egypte nouvelle a pris place parmi les nations modernes. Ses institutions, son organisation économique et sociale soutiennent dignement la comparaison avec l’organisation, les institutions des autres pays. Son activité artistique est même telle que le temps n’est pas loin où naîtra un art original, à la fois résolument moderne et égyptien, expression de sa mentalité et de son tempérament. Un Comité des Beaux-Arts, composé de membres aussi dévoués que compétents, se réunit régulièrement depuis quatre ans. Une Direction Générale a été créée, et on a ouvert une Ecole Préparatoire et une Ecole Supérieure des Beaux-Arts, ainsi qu’un Musée d’Art moderne. De jeunes artistes égyptiens travaillent déjà et originellement. Leurs œuvres prouvent à quel point cette laborieuse jeunesse d’Egypte se sent l’héritière de la glorieuse période pharaonique et de la non moins glorieuse période fatimite. La jeune Egypte aspire à reprendre sa place de choix dans le domaine de l’art. Le Ministère prévoit, dans son programme d’encouragement aux Beaux-Arts, un système de primes et de prix donnés aux Salons annuels. Actuellement est à l’étude la création d’ateliers qui seront mis à la disposition des artistes les plus méritants. Poussant plus loin son désir d’encourager toutes les branches de l’activité artistique, le Ministère envisage l’ouverture de cours publics d’art dramatique où seront enseignés la déclamation, le maintien, l’histoire du décor et du costume, la mise en scène et l’histoire de la littérature dramatique. A travers les siècles s’est perpétuée une musique orientale avec ses rythmes et ses thèmes d’inspiration bien particuliers. Nombre de musiciens, même étrangers, en avaient goûté l’originale harmonie. Il appartenait à l’Egypte moderne de comprendre toute la valeur de cette musique. L’Etat favorise de ses subventions le Conservatoire de musique orientale. Le Ministère s’occupe actuellement de la question d’assurer à la musique orientale le même progrès que celui dont profite la musique occidentale. Pour que toutes ces œuvres vivent et s’épanouissent, pour que les jeunes talents prennent conscience d’eux-mêmes, il faut qu’une atmosphère existe, favorable aux artistes, qu’une ambiance artistique se développe. Le Ministère s’en préoccupe avec sollicitude. Des expositions, des concerts, des conférences sont organisés. Le Musée des Beaux-Arts s’enrichit d’année en année. Chaque hiver le public du Caire peut admirer des œuvres envoyées d’Italie et de Belgique, de France, d’Angleterre, d’Allemagne. Il peut entendre à l’Opéra des acteurs, des artistes lyriques, des virtuoses de l’archet et du clavier venus de ces pays. Ces efforts considérables, cette active volonté n’ont qu’un but : rendre à l’Egypte du XXe siècle, dans le domaine des Beaux-Arts, le rang élevé auquel sut l’appeler, par les siècles passés, son génie artistique. Après avoir été, dès la plus haute antiquité, le berceau même de toutes les civilisations, l’Egypte du XXe siècle aspire à reprendre demain sa place dans le mouvement artistique moderne. C’est là sa noble volonté comme c’est là son bel avenir. BAHI ED DINE BARAKAT BEY, Ministre de l’Instruction Publique en Egypte.

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L'ART VIVANT L'EFFORT POUR LE DÉVELOPPEMENT DES BEAUX-ARTS L'Egyptien est né artiste. Malgré la perte de son indépendance nationale après les conquêtes grecque, romaine, arabe et turque, ce peuple sut garder son originalité et créer à travers les siècles un art purement indigène qui exerça une influence profonde sur les pays en contact avec l'Égypte. Éminemment jaloux de son antique passé, il vivait dans les traditions et les mœurs de ses pères, malgré l'affaiblissement de l'idée de patrie et malgré l'ignorance de ce passé. Les religions nouvelles auxquelles il s'était converti trébuchaient devant la force du culte héréditaire : sanctifier les vivants, diviniser les morts, cet esprit se conserva comme au temps du paganisme et au même degré, mais en se modifiant. Il façonna les religions nouvelles. Au déclin des principes de l'Islam, déclin dû à l'ignorance dans laquelle il tomba, ce peuple mystique, tout en étant musulman en la forme, resta égyptien au fond. Epris de spiritualisme, il sut trouver dans la conquête arabe un véhicule favorable à l'expression de ses sentiments et de ses doctrines, comme il avait su, en se convertissant au christianisme, incorporer son âme au dogme nouveau et créer un art chrétien tout imprégné de son propre mysticisme. Dépositaire des antiques traditions qui, sous des formes variées, se sont transmises par la doctrine religieuse, philosophique et artistique à toutes les extrémités du monde, il resta l'éducateur des peuples et notamment des peuples musulmans. Bagdad et Cordoue furent, au point de vue artistique, les deux pôles du rayonnement du Caire. Il était donc impossible que la renaissance moderne de l'Égypte, due aux efforts de l'homme de génie que fut Méhémet-Ali et à l'esprit éclairé et libéral de ses successeurs, n'englobât pas les arts. Pour s'en tenir à l'époque contemporaine, on s'émerveillera du résultat obtenu par un effort de quelques décades d'années. Un mécène égyptien, S. A. le Prince Youssef Kamal, fut le premier initiateur du mouvement artistique moderne. Secondé par un artiste français très dévoué, M. Laplaque, il fonda au Caire la première École des Beaux-Arts. C'est dans cette école que, sans préparation artistique préalable, les jeunes Egyptiens furent initiés aux arts plastiques d'après la technique moderne. Encouragé par le succès et par une aptitude étonnante de la race, il accorda des bourses d'études à l'étranger à ceux de ces jeunes artistes qui se montraient dignes de sa sollicitude. L'un de ces boursiers, et le meilleur de tous, fut le sculpteur Moukhtar, ancien élève de l'École des Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de M. Coutant, l'éminent membre de l'Institut de France. Il est l'auteur du monument « Le Réveil de l'Égypte », érigé sur la place de la Gare du Caire. Notre artiste national, comme son maître, est un grand admirateur de la sculpture égyptienne antique. Aussi voulut-il s'en inspirer, et il accorda sa préférence aux matières dures du pays : le granit et le basalte. Malgré les difficultés considérables qu'il y avait à sculpter un immense sphinx et une femme égyptienne moderne de sept à huit mètres de hauteur sur un socle de basalte de cinq mètres, il n'a pas hésité à rattacher son art à celui de ses prédécesseurs de l'antique Égypte. Installé à Paris depuis deux ans, il travaille avec une ardeur juvénile. On nous annonce l'exposition de ses œuvres dans la capitale française, qui seule consacre tous les talents. Nous suivons ses efforts avec une sympathie que notre patriotisme rend ardente et inquiète. L'effort d'un homme, quelles que soient sa bonne volonté et sa générosité, ne saurait suffire à tous les besoins d'une nation. Aussi, parmi les questions qui se posaient devant le premier Parlement convoqué en 1924, la question des Beaux-Arts fut-elle examinée avec sollicitude. Le premier ministère constitutionnel, que présidait Zagloul Pacha, ayant constitué un comité des Beaux-Arts formé d'Egyptiens et d'étrangers, le Parlement n'hésita pas à lui accorder le premier crédit qu'il demanda. D'autres crédits furent votés, qui permirent au gouvernement égyptien d'accorder des bourses aux jeunes artistes pour compléter leurs études en France et en Italie. Les œuvres de ces artistes furent remarquées dans les expositions annuelles de la « Chimère », association privée d'artistes égyptiens et étrangers, et dans celles des « Amis de l'Art », association également mixte d'amateurs passionnés pour les belles choses. Une Ecole nationale des Beaux-Arts est fondée depuis plus de deux ans. Le budget des Beaux-Arts augmente tous les ans d'une façon considérable. Des achats d'œuvres de maîtres étrangers sont faits régulièrement par le ministère de l'Instruction Publique, dans le but de créer un musée de l'art moderne à côté des musées nationaux de l'art antique et de l'art arabe. Une Administration des Beaux-Arts fut récemment créée, sous la direction d'un Français, M. Hautecœur, qui vient d'être nommé conservateur du musée du Luxembourg. Un projet de création d'une Cité des Beaux-Arts est confié à des architectes français : MM. Parcq et Hardy. Sur un emplacement de plus de dix hectares, dans les environs du Caire, le gouvernement veut réunir, en un même lieu, l'Ecole des Beaux-Arts, l'Ecole des Arts appliqués, le Musée moderne et plus tard le Conservatoire. Un crédit d'un million de livres égyptiennes, soit cent vingt-six millions de francs, est demandé au Parlement pour achever cette Cité des Beaux-Arts dans l'espace de dix ans. Comme on le voit par cet aperçu forcément bref, l'Égypte, dans la voie de son activité artistique, marche à pas de géant. Seconde par une aptitude héréditaire extraordinaire de ses enfants, les professeurs, tant Egyptiens qu'étrangers, appelés à guider les pas de nos jeunes artistes, sont émerveillés du résultat obtenu. Qui sait ce que produiront les forces latentes de la race, comprimées depuis des siècles, mais restées intactes au fond des âmes frustes de nos paysans, fils de ces grands artistes dont les œuvres excitent encore l'admiration de l'univers? Heureux si, renouant nos nouvelles traditions à celles de nos pères, nous contribuons, dans l'avenir, à accroître le patrimoine artistique de l'humanité comme nous l'avons fait dans le passé. Wissa WASSEF, Président de la Chambre des Députés

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LA STATUAIRE ÉGYPTIENNE STATUE EN BOIS DU ROI HORUS. STATUE EN CALCAIRE DE TI.