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CINQUIÈME ANNÉE N° 101 5 fr. 1er MARS 1929 L'ART VIVANT Revue bi-mensuelle des Amateurs et des Artistes éditée par LES NOUVELLES LITTÉRAIRES Photo Kertesz LA NATURE ET L'ART PAR CHARLES BERNARD DIRECTION - RÉDACTION 146, Rue Montmartre, PARIS (3e) ADMINISTRATION ET VENTE: LIBRAIRIE LABOUSSE 13-17, Rue du Montparnasse, PARIS (6e) DIRECTEURS - FONDATEURS : Jacques GUENNE et Maurice MARTIN du GARD RÉDACTEUR EN CHEF: Florent FELS

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GALERIE DANTHON 29, Rue La Boëtie - PARIS Elysées 12-14 Du 2 au 30 Mars EXPOSITION DE 25 TABLEAUX De 1er Ordre par MONET - RENOIR - SISLEY DEGAS - PISSARRO - BOUDIN GUILLAUMIN SCULPTURES DE RODIN et de BOURDELLE --- GALERIE Marcel BERNHEIM 2 bis, Rue Caumartin, PARIS (9e) Téléphone : Central 88-28 Télég. : Maberneco, Paris VENTE ACHAT EXPOSITIONS PERMANENTES DE TABLEAUX MODERNES EXPERTISES --- Ernest de Frenne 41, Rue de Seine, 41 PARIS Téléphone : LITTRÉ 92-27 ŒUVRES DE: BOSSHARD P. CHARLEMAGNE Gr. GLUCKMANN ROSSI DE VLAMINCK UTRILLO MODIGLIANI EN EXPOSITION PERMANENTE --- GALERIE BERNIER 10, Rue Jacques-Callot (rue de Seine) - VI' TABLEAUX MODERNES Tél.: LITTRÉ 44-94 --- DURAND-RUEL 37, Avenue de Friedland, Paris (8e) TABLEAUX MODERNES New-York - 12 East 57th Street --- VOIR dernière page d'Annonces { TARIF des ABONNEMENTS à L’ART VIVANT et des ABONNEMENTS à TARIF RÉDUIT à nos TROIS PUBLICATIONS: NOUVELLES LITTERAIRES, ART VIVANT, JOURNAL DES VOYAGES. }

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POUR LE SOIR HERMÈS 24, Faubourg Saint-Honoré PARIS ALGER, BIARRITZ, CANNES, SAUMUR PAU, ST-CYR, CHANTILLY

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--- DIMEA --- 14, Avenue Victor-Emmanuel III --- Elysées 23-9423-95 --- L'ART du décorateur est l'art de mettre en harmonie les proportions de votre intérieur et les préférences de votre goût. Nous nous inspirerons tout ensemble de l'un et de l'autre si vous voulez bien nous demander un projet que nous serons heureux de vous soumettre sans qu'il vous engage en rien. --- JULIEN COLLET --- DECORATEUR --- PARIS — 4, Impasse Charles-Petit XIe Ae Tél. Roquelle 61-05 --- BRUNET-MEUNIÉ & CIE --- 13, rue d’UzèsPARIS (2e) --- LEURS CRÉATIONS MODERNES LEURS ÉTOFFES D’AMEUBLEMENT LEURS SOIERIES LEURS TAPIS LEURS REPRODUCTIONS D’ANCIEN --- Tél.: CENTRAL 42-14 GUTENBERG 26-33 --- jean perzel --- verrier d’art --- luminaire --- sur rendez-vous par téléphone 1, rue henri-becque (XIII) gobelins 77-24 ---

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LES AFFICHES ILLUSTREES DES CHEMINS DE FER DE L'ETAT Poursuivant leur effort pour le développement du tourisme dans les admirables régions qu'ils desservent, les Chemins de fer de l'Etat viennent de faire éditer une nouvelle série de six affiches artistiques dont la désignation suit : - ROUEN (La Grosse Horloge) - DIEPPE (Le Port); - LANNION (l'Escaller de Brélevenez). - PORNIC (La côte de Jade); - LA ROCHELLE (l'Entrée du Port); - BAGNOLES-DE-L'ORNE (Suisse Normande). Exécutées par des artistes de valeur, ces affiches, véritables tableaux, reproduisent des coins charmants de nos vieilles provinces si réputées de Normandie, de Bretagne et de Saintonge. Ces affiches sont mises en vente au prix de cinq francs l'exemplaire, au Service de la Publicité des Chemins de fer de l'Etat, 20, rue de Rome, à Paris, au Bureau des Renseignements de la gare de Paris-Saint-Lazare et dans les bureaux de tourisme des gares de Paris (Saint-Lazare et Montparnasse). En outre, le Service de la Publicité envoie gratuitement, à toute personne qui en fait la demande, la liste détaillée des affiches pouvant être vendues. Elles sont adressées à domicile contre l'envoi préalable de leur valeur, augmentée du prix du colis postal, en mandat-carte. --- THE ARTS Rédacteur : FORBES WATSON LA PLUS IMPORTANTE REVUE D'ART AMÉRICAINE - PEINTURE - SCULPTURE - ARCHITECTURE - ARTS DÉCORATIFS - CINÉMA Articles signés des premiers écrivains d'Europe et d'Amérique et abondamment illustrés ABONNEMENTS (12 Numéros par an) $ 6.00 THE ARTS PUBLISHING CORPORATION 19 East 59th Street — NEW-YORK --- Atelier français Décoration Générale Ameublement Moderne 7 rue de Courcelles Téléph: Elysées 46-28 --- GALERIE "LE CENTAURE" 62, Avenue Louise BRUXELLES EXPOSITIONS PÉRIODIQUES TABLEAUX MODERNES SCULPTURES VENTE ACHAT terronnerie ed. schenck serrurerie ch. schenck cuivrerie m. schenck 9, rue vergniaud, paris, 13° - tél. gob. 22-89 R. C. BEINE 82 842

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LIBRAIRIE STOCK, Delamain et Boutelleau VLAMINCK TOURNANT DANGEREUX "L'un de ces livres... qui très vite sont à peu près tout ce qui demeure de la littérature d'une époque." FRÉDÉRIC LEFÈVRE Un beau volume de 276 pages. Chez tous les libraires... 12 fr. ÉDITION ORIGINALE L'ÉDITION ORIGINALE DE "TOURNANT DANGEREUX" est constitué par le volume n° 1 de notre Collection "ATELIERS" dirigée par CHARENSOL 10 japon impérial (épuisé); 25 hollandais à 80 fr.; 50 marais à 50 fr. et 445 alfa satiné à 30 fr. Chaque volume illustré de 16 phototypies SOUSCRIVEZ CHEZ VOTRE LIBRAIRE 40, Rue du Colisée, Paris INSTALLERA VOTRE INTÉRIEUR SELON UNE FORMULE NEUVE, DONNANT AU CADRE DE VOTRE INTIMITÉ UNE PERSONNALITÉ, TOUT EN RESPECTANT VOTRE SOUCI DE CONFORT ET D'ÉLÉGANCE.

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ERNST LEYDEN expose chez BERNHEIM JEUNE 83, RUE DU FAUBOURG SAINT-HONORE, 83 du 23 Février au 8 Mars --- LES ÉDITIONS G. CRÈS & Cie, 11, Rue de Sèvres, PARIS-VIe FORTUNÉ D’ANDIGNÉ VIEUX PARIS Illustré de 70 phototypies en couleurs Préface de G. LECOMTE, de l’Académie française Un volume in-8° colombier, tiré sur beau papier ...

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CINQUIÈME ANNÉE L'ART VIVANT 1er Mars 1929 COLLECTIONNEURS ET COLLECTIONS On ne soupçonne pas le nombre de ceux pour qui la passion de collectionner est un bienfaisant et souverain opium. Du sublime au bouffon, il n'y a qu'un pas et l'amour de la pièce rare, l'envoûtement, la ferveur, la tyrannie et le pouvoir de la manie sont à peu près les mêmes, qu'il s'agisse d'estampes de Rembrandt ou de boîtes d'allumettes, de tableaux ou de timbres-poste, de médailles antiques ou de boutons d'habits. Après un naufrage, sur une plage déserte, celui qui est né collectionneur amassera et classera des coquillages ou des galets. On a fait une maladie de cette passion, la plus noble de toutes. Si c'en est une, le remède n'existe pas, et ceux qui en sont atteints ne souhaitent point d'ailleurs être guéris. Si Dieu doit juger les hommes selon leurs actions, il ne regardera pas du même œil ceux qui auront aimé les cartes, l'apéritif, les gaupes ou les tableaux, et, comme il est toute justice, nous sommes sûrs qu'il fera même la différence entre ceux qui auront admiré Delacroix ou Meissonier, Cézanne ou Bouguereau, les bons ou les mauvais peintres. En tout cas, la confrérie ne date pas d'hier et l'amour de la curiosité et de la collection remonte haut. Le proconsul Verres fut célèbre à Rome, et on se demande comment Cicéron, qui était lui aussi amateur de beaux meubles et de curiosités, eut le courage de prononcer, contre ce collectionneur sans scrupules, la première de ses verrines. Dans beaucoup d'auteurs latins, on trouve des portraits cruels à la façon de celui que La Bruyère fit de l'amateur d'estampes. Martial parle du maniaque qui cherche des débris de la nef Argo ; de celui qui ne veut que ces gouttes d'ambre dans lesquelles on trouve des fourmis ou des abeilles emprisonnées ; de Paullus qui est un fanfaron d'art et dont il dit : « Ses amis, comme ses tableaux et ses antiques, chez lui, tout est pour la montre. » Les lignes qu'il lui consacre eussent pu convenir à M. Chaucard, tant les hommes sont éternellement les mêmes, avec leurs travers et leurs vertus... *** Au moyen âge, les abbés qui entassaient des trésors dans leurs monastères, les aimaient probablement en collectionneurs, et il y eut beaucoup de curieux au seizième siècle. « ...Aujourd'hui, écrit H. Estienne, le monde est plein d'acheteurs d'antiquailles, aux dépens desquels maints trompeurs font grande chère. Car tant s'en faut qu'ils sachent discerner l'antique du moderne... Et me semble que le savoyard n'eut pas mauvaise grâce, lequel voulant donner la trousse à un sot et sommette curieux de telles choses, après s'estre bien fait faire la cour, en la fin, pour une belle antiquaille, lui montra sa femme âgée de quatre-vingts ans... » L'Italie fournissait alors des curiosités au monde entier, et l'on songe dans un éblouissement à ce que devait contenir ce navire italien auquel les magistrats de Valence refusèrent l'entrée du port parce qu'il était chargé des dépouilles de Rome ! C'était vers 1525 et à peu près à cette époque, Sabba de Castiglione, parent de ce Balthazar que peignit Raphaël, admirait une estampe de Dürer dont il allait orner le mur de son cabinet et qu'il recevait d'Allemagne. C'est lui-même qui nous renseigne : « Pendant les chaleurs de juillet, vers l'heure de none, je me trouvais dans mon jardin rustique et mal cultivé de la Magione, au pied du mont Formicone toujours vert. Dans cette retraite, ménagée pour fuir aussi bien la chaleur que le soleil de midi, je m'étais mis à regarder une estampe d'Albert Dürer, nouvellement arrivée d'Allemagne, et vraiment divine. Je l'admirais avec une extrême délectation... » *** Parmi les vieux collectionneurs, on peut citer Rembrandt d'abord et Rubens ; puis Gabrielle d'Estrée, Baganis qui fonda notre cabinet de médailles ; Montmorency, d'Urfé, de Thou, Amyot... Au dix-septième siècle, Chantelou qui fut un ami de Nicolas Poussin, Jaback, Le Nôtre, Girardon, André Boulle, Brienne, Fouquet, Ménage, Furetière, Mazarin... Ce dernier fut un prodigieux grippé, car c'est ainsi qu'on appelait les collectionneurs. On assure qu'il possédait 676 tableaux, 350 statues ou bustes, 21 cabinets d'ébène, d'ivoire, d'écaillé, de mosaïque ; des miroirs et des aiguères de Venise, des lustres en cristal de roche, plus de 400 tapisseries et 632.000 volumes. On conte qu'aux derniers jours de sa vie, il faisait de mélancoliques promenades à travers ses œuvres d'art, au bras de Brienne, son secrétaire, et qu'il pleurait en regardant toutes les belles choses qu'il allait quitter. Le dix-huitième siècle eut également la passion de la curiosité. On y trouve des cabinets célèbres : ceux de la comtesse du Barry, de Blondel de Gagny, de la Vrilliére, du prince de Conti, du duc d'Aumont, du marquis de Ménars, de M. de Julienne, l'ami de Watteau qui possédait, parmi d'autres toiles, le bon Samaritain de Rembraudt payé 1.551 livres. On en citerait beaucoup d'autres, de Randon de Bosset, par exemple, un riche fermier général, que Boucher accompagnait dans les voyages qu'il faisait pour découvrir de belles pièces. A sa vente, sa collection atteignit la somme, énorme pour le temps, de 1.356.975 livres. Elle comprenait des gouaches, des bijoux, des estampes, des médailles, des laques, des meubles, des porcelaines et on pouvait admirer dans sa galerie de tableaux les Pèlerins d'Emmaüs de Rembrandt... Sous l'Empire, des collections splendides se forment puisqu'en 1843, le comte Duchâtel fit acheter par l'Etat le cabinet de M. Du Sommerard avec lequel il ouvrit le Musée de Cluny. En 1856, Charles Sauvageot, qui était flûtiste à l'Opéra, donne sa collection au Louvre, et M. Lacaze et M. Marcille sauvent tout le dix-huitième siècle relégué chez les fripiers auvergnats. Nous en oublions : M. Basilewski, Dubrunfant, le baron de Beurnoville, le prince Demidoff, le baron James de Rothschild, Benjamin Fillion, le commandant Berteaux, Jules Jacquemart, Wilson, Peyre et MM. de Goncourt, pour ne parler que des plus notoires, et voulant, sans trop traîner en route, conduire le lecteur chez quelques collectionneurs de notre temps. *** Les amateurs d'art qu'ils soient épris de tableaux anciens ou modernes, de dessins, d'estampes, de faïences, de bouquins, peuvent se diviser en deux catégories, et s'il fallait leur trouver des parrains et les placer sous un patronage, nous proposerions, pour les uns, un fermier général ou un cardinal-ministre, M. de Julienne ou Mazarin, et pour les autres, le modeste, fervent et passionné Cousin Pons de Balzac.

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L'ART VIVANT Est-il utile de s'expliquer plus longuement. Il nous semble que cette classification suffit. Les Mazarin peuvent donner 200.000 francs d'un Renoir qui les ravit ; les Cousins Pons ont trouvé pour cent sous et parfois pour cinquante centimes un Corot d'Italie ou d'Arras qui honorerait la plus belle galerie. Les collections ne valent point toujours par l'argent qu'on y mit. A ce compte, M. Chauchard qui aimait avec un... éclectisme étonnant Jean-François Millet et Détaille, Corot et Meissonier, eût été un sublime connaisseur. Comme en amour, la vraie passion, une foi absolue, l'emportent souvent sur le carnet de chèques, et il semble que ce soit aux amateurs fervents que s'adresse le conseil de l'Ecriture : « Cherchez et vous trouverez. » Philippe Burty a parlé en termes excellents du petit amateur. «... Les Verrès, les Jules II, les Mazarin, le grand Dauphin, les Sauvageot, les Double, les Lacaze... C'est le même homme. Mais les rayons que projette leur grande position ou leur fortune empêchent qu'on voie s'agiter, pris d'une passion semblable, un être tenace, discret, fin, prudent, sagace, inconscient du service immense qu'il rend à son pays et au goût : c'est le petit amateur, celui dont souvent le nom ne circule qu'après sa mort, qu'alimentent seuls les petits marchands et les petites ventes. C'est lui qui, dans son travail de fourmi, déplace les engouements immérités, prépare les séries qui lui succèderont, se trouve un jour possesseur de bijoux aveuglément négligés, et exquis. Il a le flair des vilains chiens de chasse des braconniers, qui savent où gîte le seul lièvre de toute la contrée. Il a la décision dans l'attaque. Ce n'est pas lui qui achètera jamais une collection toute faite ! Vous le rencontrez dans la rue, vous lui demandez ce qu'il a sous son bras, là, dans un vieux journal... Il rougit jusque derrière les oreilles. Dix ans après, vous n'aurez pas pour mille francs ce qu'il vient d'acheter cent sous ! Et les directeurs de revue lui demanderont humblement à leur laisser photograver ces reliures à petits fers et à armoiries dont, pour ma part, vers 1850, je voyais encore les cases à cinq sols du quai Saint-Michel à demi-pleines. De temps à autre, cependant, il vend — sans réclame — ce qui déborde son petit appartement, après avoir écrémé le pot au lait. Et le voilà qui part pour une chasse, une pêche nouvelles. Désirer quand on n'a plus envie, et acheter tout le temps, voilà ce qui distingue l'amateur des... autres. » Nous connaissons quelques Cousins Pons. Dans les trois petites pièces d'un appartement de garçon qu'ils occupent depuis trente ans, deux sont à peu près condamnées et l'on circule à peine dans l'autre. Tout s'entasse là-dedans. Des cartons regorgent de dessins, et il y a des pierres gravées, des ivoires et des bibelots rares dans les tiroirs d'une commode qu'ils n'ouvrent jamais, car une muraille de toiles sans cadres défend d'y accéder. Ils ont rogné sur l'habit, le vin et le tabac pour rapporter chaque jour un croqueton, un tableautin, une pièce curieuse, mais ils n'auraient pas jugé très honorable de descendre de voiture devant la boutique où était allongée une nymphe de Frago ou telle autre précieuse chose qu'on n'enlève qu'à coups de billets de banque. Le financier le plus mal fait peut s'offrir la fille la plus huppée. Aucune ne résistera à son portefeuille et à son équipage. Eux, ont battu les fourrés négligés et touffus. Ce qu'ils aiment, ce sont les courses, les surprises et l'imprévu du braconnage. Dans les petits chemins où ils s'engagent, ils voient parfois surgir un cerf de Courbet, une vieille à fagot de Millet, un bouleau sensible qu'à touché le père Corot, et ils ramassent par terre des bagues perdues par une favorite. On les accuse de rêver, de tout rapporter à leur manie et à leur passion. Ceux qui disent cela sont des ânes. S'ils faisaient quelques frais de rentoilage, de cadres et d'appartement, ce qu'ils ont amassé deviendrait prodigieux, mais ils vous répondraient qu'ils ne sont ni encadreurs, ni tapissiers. D'ailleurs, on n'entre pas chez eux facilement, et ils sont ombrageux et secrets avec juste raison. Appartenant à la bonne confrérie nous connaissons le mot magique, et nous pourrons, peut-être, franchir quelques seuils de Mazarins, et de Cousins Pons. Léo LARGUIER. (A suivre.) LÉO LARGUIER, PAR CARLO RIM.

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L'ART VIVANT Travies Collection Leo Larguer. --- L'AMATEUR, PAR TRAVIÈS ---