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First pages of the volume, freely accessible.
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28e ANNÉE - TOME XXVIII
Nouvelle Série
NUMÉRO 148
JUIN 1934
L'ART ET LES ARTISTES
ART ANCIEN, ART MODERNE
ART DÉCORATIF
DIRECTEUR-FONDATEUR
ARMAND DAYOT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
23, Quai Voltaire, PARIS-7e
Revue mensuelle d'Art de France et de l'Etranger
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L'ART ET LES ARTISTES
Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif
Compte Chèques postaux : 003.00
(PARAISSANT DIX FOIS PAR AN)
Registre du Commerce Seine 58.503
Tous droits réservés.
Directeur-Fondateur
ARMAND DAYOT
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28e ANNÉE — TOME XXVIII — SOMMAIRE DU NUMÉRO 148 (Juin 1934)
- LES MANIÉRISTES NÉERLANDAIS (7 illustrations)
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- En hors-texte : SAINTE HÉLÈNE (époque de la Renaissance, Musée de Sculpture d'Avignon).
- Prix de ce numéro : 12 francs. — Abonnement pour la France : Un an (dix numéros) 100 francs
(Demandes de changement d'adresse : 1 fr. 30. — Numéro spécial : France 5 fr. — Étranger : dollar 0.33)
ABONNEMENTS POUR L'ÉTRANGER : 1er PAYS AYANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Abyssinie, Albanie, Allemagne, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Colombie, Congo Belge, Cuba, Danzig, Egypte, Espagne, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce et Crète, Guyane Hollandaise, Hadjaz, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et colonies, Roumanie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, U.R.S.S. (Russie), Uruguay, Vatican, Venezuela, Yougoslavie : Un an (dix numéros) : 130 francs. (Le numéro ordinaire : 15 francs. Le numéro spécial : 18 francs 2e PAYS N'ATANT PAS ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) : 150 francs. Le n° ordinaire : 18 francs Le n° spécial : 20 francs).
Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris-7e
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Expert près le tribunal civil de la Seine
Expert conseil du Gouvernement
près l'administration des Douanes
TABLEAUX DU XVIIIe SIÈCLE
136, FAUBOURG SAINT-HONORÉ
R.C. Seine 93.345
Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE
Copyright by L'Art et les Artistes, 1934
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LES MANIÉRISTES NÉERLANDAIS
On a pas mal écrit, ces derniers temps, sur le maniériste, et appelé « maniéristes » tant d’artistes aux tendances absolument différentes ! Cela montre la confusion qui règne actuellement dans la notion du mot « maniériste », confusion pareille à celle du mot « gothique » employé si bizarrement dans les alentours de 1850.
Les deux derniers volumes de M. Max J. Friedländer, qui viennent de paraître (1), permettent non seulement de mettre de l’ordre dans la production des maniéristes hollandais et flamands du xvie siècle, mais aussi de préciser le maniériste néerlandais en tant que doctrine.
Quelles sont les raisons qui ont poussé vers cette doctrine ? L’une, croyons-nous, est le goût du mouvement. Les valeurs psychologiques ne rendent que le mouvement qui se trame sous le visage. La nouvelle doctrine juge plus narratif, plus « compréhensible » d’interpréter ce mouvement par une répercussion extérieure exagérée, aussi bien dans le visage que dans le corps tout entier.
Les manières commencent précisément là où l’artiste ne sait plus ou plutôt ne veut plus exprimer les valeurs psychologiques. Pour compenser le manque de ces valeurs, le peintre « extériorise » le
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(1) Max J. Friedländer, L’Ancienne Peinture Néerlandaise, Berlin, édit. Paul Cassirer. Tome X : « Lucas de Leyde » (152 pages de texte et 94 planches) ; tome XI : « Les Maniéristes Anversois » (173 pages de texte et 95 planches). On peut se procurer ces volumes, en France, à la Librairie Fischbacher.
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L'ART ET LES ARTISTES
modèle avec des gestes expressifs, tor- turés, grimaçants.
Une autre raison, c'est le goût des accessoires : une traîne prolongeant la robe ou une ruine s'élançant vers le ciel initieront le spectateur au rythme du tableau, créeront une « atmosphère » dont les figures ne seront qu'une conséquence.
Les maniéristes recherchent les acces- soires non seulement dans leur entourage, mais aussi dans la peinture ancienne, — nationale ou étrangère, — dans les estampes, dans les tapisseries. Ils sont des connaisseurs des arts anciens, des « antiquaires » dans le sens du XVIIIe siècle.
Rien de plus naïf que de croire à la « tradition nationale » de tel maniériste anversois de 1500, parce qu'il copiait Van Eyck ou Roger. Il s'est servi de ces derniers comme il se servirait d'un orne- ment allemand ou d'un animal exotique M. Friedlander souligne très justement le caractère international d'Anvers, cette seconde Venise ; ville jeune et, par consé- quent, sans tradition picturale, elle était largement ouverte aux influences étran- gères ainsi qu'aux idées indépendantes (1).
Il se peut aussi que cette peinture d'avant-garde résulte du goût des contem- porains — gens de port, cosmopolites, voyageurs — qui réclamaient d'un tableau des sensations semblables à celles que nous réclamons actuellement des mises en scène de music-halls : on ne voulait plus de choses « sérieuses »; on voulait des choses amusantes, qui bougent, qui distraient.
Le maniérisme anversois, est-il sorti de Q. Massys ? Nous ne le croyons pas. Le groupe de Q. Massys, malgré ses recherches du mouvement, son goût pour les élégances affectées (2), pour les effets de lu- mière, ses emprunts aux étrangers, reste une école éminemment flamande qui sou- met au caractère national tout ce qui vient
(1) Plusieurs artistes, peignant dans la tradition du xve siècle, accusent, dans certaines de leurs œuvres, des hésitations, des panchants vers la peinture « moderne ». Ces ont : le Maître de Francfort, J. Jostl, J. Provost, G. v. d. Weyden, J. Bellegambe, P. I. et A. Claessens.
(2) ... Qui pourraient remonter à Memling et, surtout, au Maître de la Légende de Lucie, peut-être aussi aux influences françaises (par la voie des miniatures et surtout des tapis- series) visibles chez le Maître de la Légende de la Madeleine. (Voyez George Isarlov, La Peinture française à l'Exposition de Londres 1932, Paris, édit. Orbes, p. 10.)
du dehors. Le rôle de Q. Massys (3) s'est donc borné à utiliser certains éléments seu- lement, qui se retrouvent dans le manié- risme. Mais, alors, d'où venait ce dernier ? Quelle est la source des peintures anver- soises, des environs de 1500, qui repré- sentent des personnages en des poses extravagantes, gesticulant, grimaçant, se bousculant, coiffés de plumages, drapés de damas, enrubannés, aux agrafes ornées de pierres précieuses ? D'où viennent les ruines élégantes que Hubert Robert aurait enviées, et aussi les effets de lumière dont la maîtrise pourrait revendiquer le para- rainage de la Nuit du Corrège (1530) ?
Les sources, nous les voyons en Hol- lande, chez C. Engelbrechts, né en 1468 ; son art lyrique et presque névrosé fut transporté à Anvers par Jan de Cock, lui aussi Hollandais (Maître à Anvers en 1503).
Ceci n'étonnera pas ceux qui connaissent la Hollande et la Flandre. Rien de plus différent, de plus opposé même, que ces deux pays qui ont une langue commune. En Belgique, sens profond de la réalité ; en Hollande, cette réalité est tournée vers la vie intérieure ; en Flandre, goût pour la matière ; en Hollande, pour la psy- chologie. De là, la distinction foncière entre les primilifs flamands et hollandais, ces derniers emportés toujours par le lyrisme, qu'il prenne des formes satiriques comme chez Bosch, tragiques comme chez Geert- gen, ou hystériques comme chez le Maître de la Virgo inter Virgines.
Si, dans la plupart de ses œuvres, Engelbrechts conserve le caractère « ly- rique » des maîtres hollandais, si dans le Saint Jean de la Crucifixion (New- York) on reconnaît encore le souffle du Maître de la Virgo inter Virgines, ou dans le vieillard chauve du volet gauche du triptyque d'Utrecht, un pré- rembrandtisme (4), néanmoins un nouvel esprit caractérise sa peinture : présen-
(3) Et de son entourage : le Maître de la Madeleine Mansi, le Maître de Saint-Sang, le Maître de l'Eglise de Jérusalem, le Maître de Hoogstraeten, ainsi que l'Espagnol C. Frey.
(4) J'insiste sur l'influence d'Engelbrechts sur le jeune Rembrandt. Ce dernier a dû certainement méditer devant ces figures maniéristes et se demander : pourquoi sont-elles si mouvementées ? Quel état d'âme indescriptible dési- rent-elles exprimer ?
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EPOQUE DE LA RENAISSANCE
SAINTE HÉLÈNE
Supplément de l'ART ET LES ARTISTES (N° 148)
Musée de sculpture d'Avignon
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SCA HELENAI