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29° ANNÉE - TOME XXIX Nouvelle Série NUMÉRO 150 OCTOBRE 1934 L'ART ET LES ARTISTES COROT LA LECTURE DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS-7° Revue mensuelle d'Art de France et de l'Étranger
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29° ANNÉE - TOME XXIX Nouvelle Série NUMÉRO 150 OCTOBRE 1934 L'ART ET LES ARTISTES COROT LA LECTURE DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS-7° Revue mensuelle d'Art de France et de l'Étranger
L'ART ET LES ARTISTES Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif Compte Chèques postaux : 603.69 (PARAISSANT DIX FOIS PAR AN) Registre du Commerce Seine 58.503 Tous droits réservés. Directeur-Fondateur ARMAND DAYOT COMITÉ DE PATRONAGE - M. Louis BARTHOU, ancien président du Conseil des Ministres, de l'Académie française. - M. Léon BÉRARD, ancien ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts. - M. Philippe BERTHELOT, Ambassadeur de France. - M. Albert BESNARD, peintre, membre de l'Académie des Beaux-Arts et de l'Académie française. - Antoine BOURDELLE, sculpteur. - M. Édouard HERRIOT, ancien président du Conseil des Ministres, ancien ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts. - M. Julien LEMORDANT, peintre. - M. Paul LÉON, de l'Institut, Directeur général des Beaux-Arts honoraire, professeur au Collège de France. - Maréchal LYAUTHEY, de l'Académie française. - M. Raymond POINCARÉ, ancien président de la République, de l'Académie française. - M. André TARDIEU, ancien président du Conseil des Ministres, ancien président de la Société des Artistes Décorateurs. - Robert de la SIZERANNE, critique d'art. COMITÉ D'HONNEUR - M. D. DAVID-WEILL, membre de l'Institut, président du Conseil des Musées Nationaux, vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, vice-président de la Société des Amis du Louvre. - M. Maurice FENAILLE, membre de l'Institut, vice-président du Conseil des Musées Nationaux. - Comte M. de CAMONDO, vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs, membre du Conseil des Musées Nationaux. - M. Julien SCHWOB D'HÉRICOURT, amateur d'art. - M. H. EBRARD, amateur d'art. --- 29e ANNÉE — TOME XXIX — SOMMAIRE DU NUMÉRO 150 (Octobre 1934) COROT SA VIE ET SON OEUVRE par CAMILLE MAUCLAIR (38 illustrations) L'ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ. — Corot et la Suisse à propos de l'Exposition de Zurich, par LOUIS KARL. — La Biennale de Venise, par PAUL FIERENS. — Les Expositions. — En Province et à l'Etranger. — Échos des Arts. — Les Livres. En hors-texte : LA MANDOLINISTE, par COROT. Prix de ce numéro : 15 francs. — Abonnement pour la France : Un an (dix numéros) 100 francs (Demandes de changement d'adresse : 1 fr. 50. — Numéro spécimen : France 5 fr. — Etranger : dollar 0.35) ABONNEMENTS POUR L'ÉTRANGER : 1er PAYS AYANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Abyssinie, Albanie, Allemagne, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Bulgarie, Canada, Colombie, Congo Belge, Cuba, Danzig, Egypte, Espagne, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce et Crète, Guyane Hollandaise, Hedjaz, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays-Bas, Perse, Pologne, Portugal et colonies, Roumanie, Suisse, Tchécoslovaquie, Turquie, U.R.S.S. (Russie), Uruguay, Vatican, Venezuela, Yougoslavie : Un an (dix numéros) : 150 francs. (Le numéro ordinaire : 15 francs. Le numéro spécial : 15 francs 2e PAYS N'AYANT PAS ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) : 150 francs. Le n° ordinaire : 15 francs Le n° spécial : 20 francs). Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris-7e Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE Copyright by L'Art et les Artistes, 1934
JEAN-BAPTISTE CAMILLE COROT LA MANDOLINISTE Supplément de l'ART ET LES ARTISTES (N° 150)
NOTRE douleur est extrême. Notre Directeur, le Fondateur de l'Art et les Artistes, notre Maître vénéré et aimé, Monsieur Armand Dayot, n'est plus. Son activité était restée si ardente, son allure si jeune, son esprit si spontanément entreprenant qu'on ne pouvait croire, malgré le poids si allègrement porté de ses quatre-vingt trois ans, à une disparition si soudaine. Jusqu'aux derniers moments, Il n'avait cessé d'animer sa chère Revue de son souffle combatif et généreux : Il est tombé n'ayant pas un jour abandonné la lutte pour l'art et la beauté. Sa noble vie, pure et belle, le cœur nous manque aujourd'hui pour en retracer les détails. Toute la presse, nos confrères, des artistes et des écrivains l'ont évoquée dans ces jours de peine en des termes et avec une unanimité qui nous ont profondément émus. Pour nous qui avons été accueillis par sa franche cordialité, qui avons travaillé auprès de lui, qui avons vécu dans son lumineux entourage, qui avons connu son sourire si bon, qui avons été réconfortés si souvent par son charme rare et quotidien, nous ne pouvons que pleurer Celui que nous ne considérions pas seulement comme notre Maître, mais un peu, nous pouvons le dire, comme un Père, un grand Ami confiant, et nous lui donnions le plus cher de notre affection. Cette noble vie consacrée avec la plus chaleureuse générosité, avec un total désintéressement et un dévouement absolu à l'Art et à ceux qui le servent, nos lecteurs en ont eu une longue part dans les pages mêmes de cette Revue. Ce n'est pas à eux que nous apprendrons quel courageux enthousiasme, quelle joyeuse foi ont sans cesse élevé au-dessus des petitesesses de l'existence, comme au-dessus des honneurs qu'elle lui a apportés, cet homme au grand cœur, plein du plus bel idéal. Cette "heureuse traversée", comme Il aimait à dire en parlant de sa vie, nous laisserons à un de ses fidèles amis, dans un prochain numéro, le soin d'en décrire les étapes ensoleillées. Notre peine est trop grande, ce soir, et nous ne voulons penser qu'au grand Ami que nous ne verrons plus. Dans son souvenir pieusement conservé nous puiserons la force de poursuivre la tâche qu'Il a commencée ; nous la continuerons avec la même foi, la même vaillance, le même désintéressement. A Madame Armand Dayot, à Mademoiselle Magdeleine Dayot, dont nous partageons la douleur du fond du cœur, nous présentons nos condoléances les plus respectueuses, les plus filiales, souhaitant qu'elles trouvent dans notre peine un peu d'apaisement. LA RÉDACTION.
JEAN-BAPTISTE CAMILLE COROT. — AVIGNON VU DE VILLENEUVE (1836) COROT SA VIE ET SON ŒUVRE "...Je me suis attardé aux nymphes de Corot dansant dans les bois de Ville-d'Avray... Ce délicieux Corot!... Sans aucune étude de danse à l'Opéra, tout naïvement, il sut les faire danser, toutes ces nymphes, et, dans les horizons brumeux, transformer tous les cabanons de la banlieue de Paris en vrais temples païens. Il aimait à rêver, et, devant ses tableaux, je rêve aussi." GAUGUIN. NULLE existence ne fut plus simple. Il convient pourtant de la résumer. Le 10 thermidor, an IV, ou, si l'on veut, le 28 juillet 1796, Jean-Baptiste Camille Corot naissait dans une maison aujourd'hui disparue, sise à l'angle de la rue du Bac et de l'actuel quai d'Orsay. Il était le fils d'un comptable et d'une modeste marchande de frivolités installée dans COROT A LA PALETTE PAR LUI-MÊME (1835) Florence, Galerie des Offices n° 150 - OCTOBRE 1934
L'ART ET LES ARTISTES Coll. M. Robert de Mantes. LE FORUM VU DES JARDINS FARNÈSE (1826) Genève, Musée d'Art et d'Histoire. ÉGLISE DE LA TRINITÉ DES MONTS A ROME (1827)
COROT ce logis. L'enfant fut élevé pieusement, et, grâce à l'obtention d'une bourse nationale, fut admis en 1807, comme interne, au lycée de Rouen, où il s'ennuya jusqu'en 1812. Il n'avait rien d'un brillant sujet. Son père le plaça chez un drapier ; il fut un piètre commis, puis un placier flâneur, ne rêvant qu'être étude (aujourd'hui au Louvre), et en fut si frappé que désormais « l'amateur » fut regardé avec déférence. Corot ne songeait nullement à briguer le prix de Rome. Il osa faire un premier envoi au Salon de Paris, en 1827, et rentra chez ses parents l'année suivante. Puis, il voyagea, à pied, comme un chemineau, couchant dans les peintre. Ses parents se résignèrent et purent accorder à leur fils quinze cents francs annuels et la liberté. Après quelques essais de dessin, de lithographies commerciales, il entra dans l'atelier de Michallon, élève de Bertin, puis chez Bertin lui-même, qui lui conseilla d'aller à Rome se former au « paysage historique ». Corot partit, s'installa, se lia avec certains élèves de la Villa Médicis, De la Berge, d'Aligny : très bons camarades, ils prenaient ce garçon robuste et jovial pour un amateur innocent. Un jour, d'Aligny rencontra, dans le Colisée, Corot, qui en faisait une fermes. Sa superbe santé, son imperturbable bonne humeur lui permettaient cette vie : il fut toujours indépendant, nomade, assez secret, ennemi de toute liaison féminine mais volontiers libertin. La peinture et l'aventure furent ses seules passions. Il erra de la Toscane à la Flandre française jusqu'en 1831. Un seul critique daïgnia, au Salon de cette année-là, parler de ses envois « plats, sans accent ni ressort »; mais, en 1832, il obtint une médaille avec une Madeleine en prière, car il a toujours fait des figures parallèlement à ses paysages. PONT ET CHATEAU SAINT-ANGE

La revue mensuelle d'art "L'Art et les Artistes" publie son numéro d'octobre 1934, consacré à Corot. Ce numéro, le 150ème de la nouvelle série, contient une étude sur la vie et l'œuvre de Corot par Camille Mauclair, ainsi que des articles sur l'actualité artistique. La publication rend également hommage à son directeur-fondateur, Armand Dayot, décédé récemment.