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27e ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 133 JANVIER 1933 L'ART ET LES ARTISTES ART ANCIEN, ART MODERNE ART DÉCORATIF DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7e Revue mensuelle d'Art de France et de l'Etranger

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L'ART ET LES ARTISTES Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif Société anon. au capital de 400.000 francs (PARAISSANT DIX FOIS PAR AN) Tous droits réservés. Registre du Commerce Seine 58-503 Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT --- XXVIIe ANNÉE — SOMMAIRE DU NUMÉRO 133 (Janvier 1933) LA RÉORGANISATION DE LA PINACOTHÈQUE DE SIENNE (6 illustrations) CESARE BRANDI Inspecteur délégué à la R. Pinacothèque de Sienne. LOUIS ANQUETIN (5 illustrations) EMILE BERNARD LE STATUAIRE JEAN-BOUCHER (6 illustrations) PAUL MOREAU-VAUTHIER WILLEM VAN HASSELT (5 illustrations) RAYMOND BOUYER SUR QUELQUES MÉDAILLES RÉCENTES (5 illustrations) HENRI CLASSENS L’ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ : Echos des Arts. — Les Expositions (1 illustration). Chronique théâtrale et cinématographique. — Les Livres. — Chronique des Ventes. En hors-texte : ADAM ET ÈVE (détail de la fresque « La Descente de Jésus aux Limbes »), par LE SODOMA --- Prix de ce numéro : 12 francs. — Abonnement pour la France: Un an (dix numéros) 100 francs (Demandes de changement d’adresse : 1 fr. 50. — Numéro spécimen : France 5 frs. — Étranger : dollar 0.35) Compte Chèques postaux : 603.69 Abonnements pour l’Étranger : 1er PAYS AVANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Abyssinthe, Albanie, Allemagne, Angola, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Congo belge, Guatemala, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Haïti, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays-Bas, Paraguay, Portugal et colonies, Perse, Pologne, Roumanie, Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, U. R. S. S. (Russie), Uruguay, Venezuela): Un an (dix numéros), 130 francs. (Le n° ordinaire : 15 francs. Le n° spécial : 18 francs. 2e PAYS N’AYANT PAS ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) : 150 francs. (Le n° ordinaire : 18 francs. Le n° spécial : 20 francs). Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris-7e --- ED. BOUET RÉPARATEUR TABLEAUX OBJETS D’ART MAISON FONDÉE EN 1885 9. RUE DE PENTHIÈVRE, 9 — PARIS --- HUVÉ & VIÉL INGÉNIEURS E.C.P. MARBRIERIEd’ART --- SCULPTURESd’ART --- ↔ --- 62, Rue Saint-Sabin — PARIS (XIe)Télph. : Roquette 33-47 --- CH. POTTIER EMBALLAGE & TRANSPORTD’OBJETS D’ART 14, RUE GAILLON, PARIS-IIe CENTRAL : 46-84 --- Copyright by L’Art et les Artistes, 1933 Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE

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Sur la table du dessinateur Les dessinateurs sont unanimes à vanter les qualités des gouaches extra-fines F. LINEL. Ces couleurs sont absolument pures et réalisées avec des colorants ayant une grande solidité. Il suffit de les mélanger avec du blanc pour avoir un coloris parfait. Le flacon d'un nouveau modèle, s'ouvre et se ferme très facilement; sa large ouverture permet d'utiliser tout son contenu. couleurs F. LINEL DÉTAIL: Chez tous les marchands de Couleurs fines GROS: 154, faubourg Saint-Denis, PARIS (X°) --- De belles couleurs sur de bonnes toiles 1062 Publicité MALLERICH et VITRY

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CRÉDIT LYONNAIS SOCIÉTÉ ANONYME FONDÉE EN 1863 Capital entièrement versé : 408 millions Siège social : LYON, Palais du Commerce Siège central : PARIS, Boulevard des Italiens R.C. Lyon B 732 Dépôts de fonds à vue et à échéance fixe :: Ordres de bourse (France et Etranger) :: Avances sur titres :: :: Dépôts de titres :: Escompte et encaissement de coupons :: Envois de fonds en France et à l’Etranger :: :: Change de monnaie étrangère :: :: Lettres de Crédit pour voyages :: Souscriptions :: Dépôts de bijoux, argenterie, etc. :: Assurances :: Garantie contre les risques :: :: de non vérification des tirages :: :: LOCATION DE COFFRES-FORTS --- CHEMINS de FER de PARIS à ORLÉANS et du MIDI COLLOURE L’Hiver aux Pyrénées et à la Côte Vermeille VERNET-les-BAINS, AMELIE-les-BAINS COLLOURE, BANYULS-sur-MER PORT-VENDRES (Paquebots pour Alger et Oran, traversée la plus courte dans les eaux les mieux abritées) FONT-ROMEU, station climatique et de sports d’hiver (1800 m. d’altitude) Trains rapides de nuit avec wagons-lits, lits-toilette et couchettes. Pour tous renseignements, consulter le Livret-Guide officiel de la Compagnie d’Orléans --- CHEMINS DE FER DU P. L. M. Pour voir la COTE D’AZUR sous ses différents aspects, il faut parcourir, dans les autocars P. L. M. la magnifique Route du Littoral, qui passe par toutes les plages entre Marseille et Nice. Prix 85 francs pour le parcours simple dans l’un ou l’autre sens et 150 francs pour l’aller et retour. On délivre tous billets ou coupons d’autocar dans les grandes gares du P. L. M. ou dans ses Bureaux de Ville. --- CHEMINS DE FER DE KÉTAL VISITE LES EGLISES ROMANES BAYEUX FALAISE CAEN LE MANS POITIERS SAINTES • pour tous renseignements : S’adresser aux gares du réseau

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Hall d'entrée chez M. D..., par Maurice DUFRÈNE réalisé par "LA MAITRISE", Ateliers d'Arts Appliqués Modernes des GALERIES LAFAYETTE --- LE GOUPY A PARIS 28, AV. DES CHAMPS-ÉLYSÉES R. C. Paris 73.246 --- TABLEAUX ESTAMPES OBJETS D'ART --- CAILLEUX Expert près le tribunal civil de la Seine Expert conseil du gouvernement près l'administration des Douanes TABLEAUX DU XVIIIe SIÈCLE 136, FAUBOURG SAINT-HONORÉ R. C. Seine 93.343

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M. et R. STORA 32BIS - BOULEVARD HAUSSMANN - 32BIS R. C. Seine 269.093 --- FAÏENCES ITALIENNES ET HISPANO-MAURESQUES MOYEN AGE ET RENAISSANCE TAPISSERIES ANCIENNES

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Phot Lombardi. PANORAMA DE SIENNE, VUE PRISE DE LA TOUR DE LA CATHÉDRALE LA RÉORGANISATION DE LA PINACOTHÈQUE DE SIENNE A réorganisation de la Pinacothèque de Sienne, si souvent souhaitée par les fervents de l'exquise peinture siennoise, est maintenant un fait accompli. Au début de l'entreprise, comme on commençait de transporter les tableaux du vieux local de la Via della Sapienza dans le nouveau bâtiment du musée, le Palais Buonsignori-Brigidi, nous nous trouvâmes, le Commandeur Péleo Bacci, surintendant des Beaux-Arts, et moi, devant plus de cinq cents tableaux que des négligences avaient peu à peu ache- minés vers leur ruine. Tout un délicat travail de consolidation s'imposait et c'est pourquoi le transport se prolongea pendant plusieurs mois, bien que la distance entre l'ancien et le nouveau local fût insignifiante. Puis dans le nouveau local même, dans ce Palais Buonsignori que la province de Sienne avait la munificence de restaurer et dont elle cédait à perpétuité l'usage à l'Etat, il y eut aussi de nombreux travaux à accomplir. Il fallut construire une tribune pour la Descente de Croix du Sodoma; ouvrir des portes afin que l'on N° 133 - JANVIER 1933

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L'ART ET LES ARTISTES puisse voir les deux plus belles œuvres de la peinture siennoise, placées aux deux extrémités de la suite des salles du second étage : l'une de Lippo Memmi, l'autre de Neroccio. Ces travaux achevés, toute trace de maison d'habitation était effacée dans le Palais. Nous avons, en effet, voulu éliminer des salles tout faste superflu, réduire la décoration murale à ces toiles grises qui offrent le fond neutre nécessaire à la visibilité parfaite et à l'isolement de l'œuvre d'art. Tous les musées modernes suivent maintenant ce système : au damas luxueux succède la bure franciscaine. C'est ainsi qu'à Dresde par exemple on voit, à côté des anciennes salles somptueuses et intolérables, des salles grises où la lumière filtre discrètement, où les tableaux, disposés de distance en distance et en une seule file, trouvent dans leurs intervalles une zone incolore qui aide l'attention à se concentrer sur leur peinture. De même, à Vienne, les Velasquez ont été placés sur un fond de toile foncée et grossière, où les joyaux du grand peintre — les jaunes, les azurs, les roses — brillent sans que les offusque le voisinage indiscret des satins vénitiens et des velours de Gêne. A Munich, les Düner et les Holbein sont aussi posés sur un fond gris — seul propre à faire ressortir la pureté métallique de leurs très vives couleurs. Ceux qui aiment vraiment la peinture savent que pour apprécier une Vierge de Botticelli point n'est besoin d'un bahut renaissance, ni d'être assis dans une chaise du temps de Savonarole. Au contraire dans ces musées où l'on a cru bien faire en environnant les toiles de bahuts, d'étoffes, de tapis, on est seulement parvenu à reléguer la peinture au second plan, car l'attention du visiteur, sollicitée par trop d'objets, se disperse et se fatigue, finit par se fixer sur une tabatière, par perdre de vue le chef-d'œuvre, noyé qu'il est dans des bagatelles. Simplicité donc et visibilité — parfaite visibilité. Voilà pourquoi, dans la nouvelle Pina-cothèque de Sienne, la collection des Primitifs, qui est la plus importante, a été installée au second étage — le plus vaste, celui qui offrait les meilleures conditions d'espace et de lumière. Dans dix-huit salles on a pu disposer tous les Primitifs siennois, depuis Guido da Siena jusqu'à Andrea di Nicolò. Point de faux damas, point d'ornements de style go-thique. Les murs sont tendus d'une toile grise tissée exprès dans un ton de gris longuement étudié. Aux fenêtres et aux vitrages, des écrans mobiles. Sur les murs, les tableaux marquent une cadence, un ordre simple, né de la nature même des œuvres à mettre en valeur. Nulle trace de ces lois fixes, recettes commodes à l'usage des bureaucrates qui imposent aux galeries d'art des formations rigides qui ne sont même plus en vigueur dans les armées. Chaque salle, suivant ses dimensions a reçu de la disposition des tableaux un rythme approprié. Une seule règle générale a été observée : la plus grande raréfaction possible des tableaux sur les parois. Quand il a fallu placer à côté l'un de l'autre un grand tableau et un petit, on ne s'est pas contenté de les aligner par la base : j'ai préféré tenir compte de la ligne de centre des deux tableaux et du champ de vision du spectateur de taille moyenne afin d'obtenir un ordre d'autant plus organique et intrin-sèque qu'il est moins géométriquement intransigeant. Ainsi, on n'a plus dans la ligne de base des tableaux un froid trait d'addition, mais on arrive à ceci, que la masse totale de chaque unité s'équilibre par rapport à la masse de l'ensemble. Il y a interdépendance d'autant plus étroite que la répartition est moins froidement rigide. Ainsi compris, le mélange des petits et des grands tableaux abolit la différence qui est entre eux, constitue un intuitif système architectural d'équi-libres, de masses et de résistances. Aussi m'aurait-il plu que les tableaux destinés à

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LA RÉORGANISATION DE LA PINACOTHÈQUE DE SIENNE reposer sur des autels fussent toujours placés sur un support de forme tout à fait simple et géométrique, sur un parallélépipède de bois luisant afin que ne fût point troublée la statique originale de l'œuvre d'art. Car la sta- rendue à son lieu d'origine est également à rejeter — surtout quand ce lieu est une église où la plupart du temps les œuvres demeurent invisibles. L'œuvre d'art doit se suffire à elle-même. Elle n'est pas sem- blable au diamant qui emprunte une TADDEO DI BARTOLO — LA VIERGE (Fragment d'une Crucifixion) tique fait certainement partie de l'œuvre même, en est une condition présupposée et essentielle. Il faut avoir le courage de soutenir qu'un musée doit être seulement un mu- sée, c'est-à-dire le temple où l'œuvre d'art est exposée et conservée. Désuète est l'équation musée-cimetière, et l'idée d'après laquelle l'œuvre d'art doit être splendeur égale à celle qu'il projette quand il se trouve au cou d'une belle femme. D'autre part les savoureux voi- sinages ménagés entre un siècle et un autre, entre un artiste et son disciple ou son semblable, peuvent prendre un sens et une valeur dans l'esprit d'un critique, comme des systématisations subjectives et passagères, mais ils tendent tous à faire