Excerpt
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L'ART ET LES ARTISTES
7 ANNÉE N° 83
ART ANCIEN ART MODERNE ART DÉCORATIF
REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES
DIRECTEUR-FONDATEUR: ARMAND DAYOT
FÉVRIER 1942 ABONNEMENT (UN AN) FRANCE... 20 FR. ÉTRANGER 25 FR.
RÉDACTION ET ADMINISTRATION
- 23, QUAI VOLTAIRE PARIS
- 16, QUERSTRASSE LEIPZIG
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L'ART ET LES ARTISTES
PRIX DU NUMÉRO :
- FRANCE .. Net 2.00
- ÉTRANGER.. Net 2.50
Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT
Secrétaire : FRANCIS DE MIOMANDRE
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SOMMAIRE DU NUMÉRO 83
- LES TRÉSORS DU MUSÉE D’ATHÈNES (33 illustrations) .. ADOLPHE THALASSO.
- LA PEINTURE FRANÇAISE : Quatrième article (19 illustrations) .. LÉONCE BÉNÉDITE, Conservateur du Musée du Luxembourg.
Hors-texte en couleurs: La femme en bleu (peinture), par COROT.
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Les avis de changement d’adresse doivent nous parvenir, accompagnés de o fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois prochain.
Les articles publiés par l’ART ET LES ARTISTES deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés.
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Capital entièrement versé : 250 millions
Siège Social : LYON, Palais du Commerce
Succursale : PARIS, Boulevard des Italiens
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Ordres de bourse (France et Etranger)
Avances sur titres
Dépôts de titres
Escompte et encaissement de coupons
Envois de fonds en France et à l'Etranger
Change de monnaies étrangères
Lettres de Crédit pour voyages
Souscriptions
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CHEMIN DE FER
DU NORD-OUEST DE GRÈCE
LIGNE DE
Kryoneri-Missolonghi-Agrinion
61 kilomètres
Service de correspondance bi-journalier
par mer, entre Kryoneri et Patras
avec les chemins de fer du Péloponèse
= de ou pour Athènes et Olympie =
Missolonghi : Tombeaux de Lord Byron, Marco Botsaris, etc. Ilôts historiques de Clissova (20') et Vassiladi (2 heures) en canot dans les lagunes.
Aetolikon : Point de départ de l'embranchement de Katochi (1 kilom.). Ruines d'Aenias à une heure de Katochi. Gorges renommées de Klissoura à une heure de voiture d'Aetolikon.
Agrinion : Lacs de Trichonis et Lysimachie à une heure de voiture. Belles ruines de l'ancienne Thermos à 5 heures de voiture.
La Direction du chemin de fer, à Missolonghi, et son Agence, à Patras, seraient heureuses de faciliter, par tous les renseignements qu'on voudrait bien leur demander, la visite de ce pays historique et idéalement beau.
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CHEMINS DE FER
Pirée-Athènes-Péloponèse
SIÈGE SOCIAL A ATHÈNES
A 76 heures de Paris ooo A 84 heures de Londres
DE LONDRES-PARIS-BRINDISI DE BRINDISI A ATHÈNES
34 HEURES 46 HEURES
OLYMPIE Située au milieu d'un paysage merveilleux, enveloppée d'une atmosphère douce et irisée au fond d'une vallée calme où miroite sur un large fond de sable le lit de l'Alphée, dans le décor chatoyant et finement teinté de ses coteaux épicuriens et de ses vallons boises.
Olympie est célèbre par ses temples, son sanctuaire, ses concours séculaires, ses Olympiades, les fêtes quinquennales. — La vie active d'Olympie parcourut plus de dix siècles, jusqu'en 393 après J.-C. — C'est là qu'à la faveur de la Grève Sacrée les différents peuples de la race grecque se retrouvèrent un instant solidarisés par l'oubli de leurs discordes, et que l'hellenisme prit conscience de son unité.
Chaque fois qu'on interroge la pensée hellénique, il faut se tourner vers Olympia et Eleusis : la fonctionne le véritable cerveau de la race, la prit naissance la conception Dyonisiennne du monde. — Dionisis vainqueur de Boudha et de la Nirvana, et dont l'esprit brillant d'une clarté singulière, a inspiré les nations Occidentales et leur a permis de donner un tel essor aux arts, d'accomplir de si grands travaux.
COMPAGNIE DES CHEMINS DE FER PIRÉE-ATHÈNES-PÉLOPONÈSE
La ligne principale des chemins de fer Paris-Athènes-Péloponèse, partant du Pirée se dirige sur Athènes, passe au pied du mont Pamès, traverse successivement Eleusis (ruines du temple de Demetra et musée), Megara et longeant le rivage du Saronique, aboutit à Corinthe en passant sur le pont qui relie les deux rives du Canal. De Corinthe la ligne principale se dirige sur Patras et de là vers Pirgos, les Eaux de Cyllène et Olympia où l'on peut visiter les ruines du temple de Jupiter, le musée archéologique contenant l'Hermès de Praxitèle, la Niké de Paeonius, etc.
La Compagnie y a fait construire un splendide hôtel. De Pirgos la ligne traversant l'Alphée sur un pont de 300 mètres arrive à Kyparissia et rejoint la ligne de Kalamata par l'embranchement de Calonero-Zevgalatio.
L'embranchement de Corinthe à Kalamata, avec arrêt à Mycènes (tombeau d'Agamemnon) passe à Argos (relie à Nauphe par un embranchement, avec arrêt à Tyrinthe, murs Cyclopéens) à Tripolis (d'où excursion en voiture à Tegea et à Sparte Mistra) à Bilali (relie par un embranchement à Mégalopolis, d'où excursion en voiture au temple de Phigalie) et aboutit à Kalamata avec arrêt à Tseferemini (d'où excursion à Ithomé).
La Compagnie émet des billets circulaires valables pour un mois, au prix de 60 francs en première classe et 50 francs en seconde. Sur le trov-on du chemin de fer à crémaille (23 kilomètres) qui franchit la gorge de Diacofto à Kalavryta (anciens monastères, antiquités byzantines), on jouit de superbes vues.
BANQUE D'ATHÈNES
Capital entièrement versé Dr. 50.000.000
Réserves Dr. 10.480.000
La "Banque d'Athènes" fait toutes les opérations de Banque, telles que :
ESCOMPTES :: RECOUVREMENTS :: AVANCES SUR TITRES ET MARCHANDISES :: ÉMISSION DE LETTRES DE CRÉDIT, DE CHÈQUES ET ORDRES DE PAIEMENTS TÉLÉGRAPHIQUES SUR TOUTES LES VILLES DE L'EUROPE ET DES PAYS D'OUTRE-MER :: GARDE DE TITRES :: LOCATIONS DE COFFRES-FORTS DE TOUTES DIMENSIONS :: ORDRES DE BOURSE :: PAIEMENT DE COUPONS :: OUVERTURE DE COMPTES COURANTS :: ACHAT ET VENTE DE DEVISES ET MONNAIES ÉTRANGÈRES
La Banque d'Athènes reçoit des fonds en compte de dépôts à vue et à échéances fixes en or et en billets de Banque, à des conditions très avantageuses, elle a de plus un service spécial de Caisse d'Epargne :: La Banque d'Athènes fournit des renseignements commerciaux :: Elle a un service spécial pour les Etrangers avec Salons de réception, de lecture et de correspondance, services de poste, de télégraphe et de téléphone.
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GRÈCE
CHEMINS DE FER DE THESSALIE
VOLO-LARISSE ET KALABAKA
La Thessalie est une des provinces les plus remarquables de la Grèce, tant pour la beauté de ses sites que pour son importance historique et archéologique.
La Thessalie peut être considérée comme le berceau de la Grèce antique. On y rencontre notamment des monuments de l’époque byzantine, dont les plus beaux sont les monasteres des Météores, près de Kalaba, construits au sommet de monolithes auxquels on ne peut accéder que par des filets hissés par un cabestan.
De Larisse on peut visiter la vallee de Tempé, chantée par les poètes anciens.
Au musée de Volo sont exposées les stèles coloriées découvertes dernièrement à Pagassal.
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LE MUSÉE NATIONAL D'ATHÈNES (AU FOND LE LYCABÈTE)
Les Trésors du Musée d'Athènes
AUX ATHÉNIENS JE DÉDIE CETTE ÉTUDE
I. AVANT-PROPOS
Si très grand est le nombre des ouvrages spéciaux parus en France sur la sculpture et l'archéologie grecques, il n'a pas encore été publié — à ma connaissance, du moins — un ouvrage vulgarisateur sur le Musée National d'Athènes.
C'est cette lacune que je me propose de combler en présentant réunies dans une étude les merveilles de ce Temple de l'Art.
N'entendant pas écrire à cette place une histoire de la sculpture, encore moins de l'archéologie grecques, je me vois obligé, pour la réalisation du but poursuivi et vu le peu de place dont je dispose, de faire une sélection entre les innombrables chefs-d'œuvre du musée et de ne retenir de ce premier choix que ceux, de parfaite conservation, offrant « le coup d'œil » qui enthousiasme le connaisseur et qui séduit, en même temps, le profane.
Mieux que tous les autres musées ensemble réunis, — que celui du Louvre si riche en documents archaïques, le British Museum de Londres regorgeant de sculptures classiques, le Musée de Munich possesseur des frontons d'Egine, le Musée de Constantinople si fier des sarcophages Lycien, d'Alexandre et des Pleureuses, et que les Musées du Vatican, de Berlin et de Naples, — le Musée National d'Athènes nous initie à l'art antique. Si chacun des musées d'Occident possède des œuvres capitales que la Grèce, à bon droit, lui envie, le Musée d'Athènes seul, par le nombre de ses marbres, par leur variété, leur continuité, surtout, offre la plus belle étude artistique visuelle qui se puisse faire du passé. L'on peut suivre, pas à pas, dans ses galeries, l'écllosion, l'épanouissement et la décadence d'un art au sommet duquel a plané, plane et planera le génie grec.
Tous les pays civilisés sont tributaires de ce génie qui, au siècle de Périclès, éclaira, comme un divin Phébus, l'Orient et l'Occident à la fois; qui, plus tard, emplit de sa lumière Rome et le
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L'ART ET LES ARTISTES
LE PREMIER MARBRE CONNU (IDOLE DÉCOUVERTE DANS L'ARCHIPEL)
siècle d'Auguste ; et qui, après avoir ensoleillé les siècles de la Renaissance et de Louis XIV, jette encore un éclat sans pareil sur les arts de nos jours. Si intenses de chaleur ont été ces rayons, si pleins d'atomes vivifiants qu'ils ont à jamais créé l'atmosphère artistique qui circule dans chaque peuple, l'atmosphère qui enveloppe toute belle, toute haute pensée, qui la fait germer et qui la fait mûrir.
II. HISTORIQUE DU MUSÉE
Quoique venue la dernière parmi les capitales des Etats européens, Athènes possède déjà huit Musées : les Musées numismatique; historique et ethnographique; d'histoire naturelle; épigraphique; chrétien et byzantin; celui de peinture ou la Pinacothèque; le Musée de l'Acropole et, enfin, le Musée National.
Je ne parlerai que pour mémoire des deux musées en plein air : celui du roc sacré et celui du Keramicon ; le premier dressant dans le ciel bleu de l'Attique les colonnes du Parthénon et les cariatides de l'Erechthéion ; le second offrant encore la vision de la nécropole telle qu'elle existait plusieurs siècles avant l'ère chrétienne.
Par une coïncidence fatidique, en pays d'Orient où fleurit l'Ananghé et le fatalisme, les origines du Musée National d'Athènes ne sont pas sans analogie avec celles du Musée de Constantinople.
Si, à Stamboul, une église byzantine, Sainte-Irène — la seule de la capitale qui n'aît pas été convertie en mosquée — fut le premier dépôt des marbres qui devaient, plus tard, faire le fond du Musée Impérial Ottoman, c'est à Athènes, un temple grec, le Théséion, qui, durant les premières années du règne d'Othon Ier, recueillit les marbres réunis à Egine sous le gouvernement de Capodistria et avant la fondation du royaume.
Mais le Théséion fut bientôt trop petit pour contenir les antiques qui, sous la pelle des piocheurs, surgissaient de toutes parts du sol de la Grèce. De 1834 à 1874 et, au fur et à mesure des découvertes, les marbres furent répartis dans des édifices anciens de la capitale, et la Stoa ou Bibliothèque d'Adrien, et la Tour des Vents servirent de succursales au Théséion. Ces monuments furent vite combles. On recourut alors aux salles de l'Ephorie générale des Antiquités. C'est, en effet, dans les bureaux du Ministère de l'Instruction publique que furent déposés les vases peints et les terres cuites que de tenaces excavations mettaient continuellement à jour.
En 1843, le Varvakeion — du nom de son fondateur Varvakis — étant achevé on affecta ce vaste édifice, transformé aujourd'hui en lycée, aux col-
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lections, chaque jour croissantes, de la Société Archéologique.
Mais en 1863, à l'avènement du roi Georges Ier, la place commençant à faire défaut dans tous ces dépôts provisoires, la nécessité se fit sentir, impérieuse, de l'édification d'un Musée National.
Décrétée par le roi, votée par le parlement, cette construction, faite aux frais de l'Etat, commença en 1866. L'aile occidentale, achevée en 1874, reçut, immédiatement, une partie des trésors d'art accumulés pendant près d'un demi-siècle au Théséion et dans les anciens édifices.
En attendant l'édification de l'aile droite et de la galerie centrale, la Société Archéologique continue à enrichir le Varvakeion de ses collections. Elle profite, toutefois, en 1880, de l'achèvement du Polytechnikon — où s'installent les Ecoles des Beaux-Arts, des Arts et Métiers, de Télégraphie et le Musée de Peinture ou Pinacothèque — pour y transporter ses trouvailles et y déposer les antiquités provenant de ses fouilles.
Enfin achevé en 1889 — mais officiellement constitué depuis 1886, sous la haute direction de P. Cavvadias, Ephore général des musées et des antiquités de la Grèce — le Musée National reçoit, groupe et classe avec une méthode parfaite les collections disséminées dans la capitale. En 1893, la Société Archéologique lui adresse toutes celles déposées au Polytechnikon et, depuis lors, il est le centre où sont dirigées constamment toutes les antiquités que mettent à jour les fouilles entreprises sur le sol grec, soit par l'Etat, soit par la Société Archéologique, soit par les écoles et les missions étrangères. Exception est faite, toutefois, pour les antiquités découvertes sur l'Acropole qui sont centralisées au musée de l'Acropole et pour une partie de celles mises à jour dans les provinces. Les musées locaux — ceux d'Eleusis, d'Olympie, de Delphes, d'Epidaurе, de Thèbes, de Délos, pour ne citer que les principaux — ne gardent, en effet, par devers eux que les objets dont leur épohorie respective peut prendre vis-à-vis de l'Ephorie générale d'Athènes la responsabilité d'une conservation. Tout le reste est adressé au Musée National.
III. DESCRIPTION DU MUSÉE
Le Musée National occupe, sur la grande route de Patissia, un vaste emplacement presque carré. Construit dans le style néo-grec, il présente une très harmonieuse proportion de lignes. La colonnade surexhaussée de son entrée, flanquée à droite et à gauche de la double colonnade de ses ailes terminées chacune par un pavillon, en rend l'aspect d'une élégante simplicité. Devant cette archi-
Ph. Papayannopoulos.
STÈLE D'ARISTION, dite « LE SOLDAT DE MARATHON » PAR ARISTOCLÈS
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L'ART ET LES ARTISTES
Ph. Papayannopoulos
L'AMAZONE D'ÉPIDAURE
tecture sobre et légère à la fois, on a bien l'impression de se trouver devant un temple.
L'ordre et la précision qui ont inspiré cette façade se retrouvent à l'intérieur de l'édifice. Le musée n'est qu'un immense rez-de-chaussée. L'entrée mène à une galerie qui se compose de quatre salles. L'une d'elles sert de vestibule, les trois autres sont affectées aux antiquités mycéniennes et orientales. A droite et à gauche de cette galerie se placent les deux ailes de la bâtisse. Chacune de ces ailes comprend une grande cour intérieure autour de laquelle sont disposées les salles.
Les dix grandes salles de l'aile gauche et trois grandes salles de l'aile droite renferment les marbres. Les autres grandes salles de l'aile droite sont affectées principalement aux vases peints et aux terres cuites. L'une d'elles contient la collection des objets que M. Carapanos découvrit lui-même à Dodone, en Epire, en 1875-1876 et à Canoni, à Corfou, en 1880, et dont il fit magnifiquement don au musée. Trois salles, tout au fond, construites après coup, se suivant l'une l'autre dans la direction et le prolongement de la galerie centrale, sont consacrées aux bronzes.
L'ordre méticuleux, le classement raisonné, les groupements synthétiques, qui président à l'organisation de toutes ces galeries ont puisé leur méthode dans une entente artistique si savante et à la fois si rationnelle qu'on peut hardiment pro-
poser le musée d'Athènes en exemple aux autres musées d'Europe. Tout y est disposé de si logique manière qu'un profane même, sans grandes notions artistiques, peut, rien qu'en parcourant ces salles, suivre la lente et radieuse évolution de l'art antique. C'est, du moins, l'impression que j'en éprouvais lorsque, en 1909, je visitais Athènes et le Musée National.
Tel un voyageur qui, par la vue même des lieux qu'il parcourt, grave, indélébilement, dans son esprit, un à un les sites d'un itinéraire longuement étudié, mais toujours désappris par la mémoire incertaine, ainsi, en parcourant ces salles, j'incrustai, par les yeux dans la pensée, une à une, les étapes du voyage d'art, fait maintes fois dans les livres, mais qui toujours imprécis se présentait à mon imagination. Aussi puis-je hautement affirmer que quelques visites au Musée National constituent une suite de leçons des plus belles et des plus profitables que l'on puisse jamais recevoir. J'en appelle au témoignage de tous ceux qui ont franchi le seuil du musée, j'en appelle, surtout, au témoignage de M. Salomon Reinach qui, après avoir visité ce musée, en 1893, écrivait les lignes suivantes dans la Revue Archéologique de la même année (page 237) :
« Je n'avais pas vu le musée d'Athènes depuis « 1882. C'était vers la fin de l'époque d'Eustratia-dis, de ce que M. Michœlis a dénommé "l'époque des Invalides". En dix ans, M. Cavvadias a obtenu des résultats qui m'ont frappé d'admi ration. Non seulement les musées athéniens se sont considérablement agrandis, par suite des fouilles heureuses que l'on a entreprises ou laissé entreprendre sur tant de points, mais leur physionomie intérieure s'est transformée, leur organisation est devenue tellement parfaite que je n'en connais pas, dans toute l'Europe, de mieux arrangés. Le Musée national et celui de l'Acropole devraient être aujourd'hui des lieux de pèlerinage pour tous ceux qui sont accessibles à l'émotion esthétique. M. Cavvadias peut être fier de ce qu'il a fait. »
IV. L'ART PRÉHELLÉNIQUE
LA SALLE MYCÉNIENNE
Lorsqu'en 1874 le transfert des marbres eut lieu dans l'aile gauche du musée, la collection d'an-tiques offrait un ensemble assez complet et non interrompu d'œuvres des quatre époques de l'art grec proprement dit. Toutefois, faute de documents
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LES TRÉSORS DU MUSÉE D'ATHÈNES
Ph. Ar. Rhomaidès.
L'ATHENA PARTHENOS, dite « DU VARVAKEION »
(Réplique en marbre de la statue chryséléphantine de Phidias)