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L'ART ET LES ARTISTES 5e ANNÉE N° 55 REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES DIRECTEUR FONDATEUR: ARMAND DAYOT. OCTOBRE 1909 - FRANCE... Net: 2 Fr. - ÉTRANGER Net: 2.50 RÉDACTION ET ADMINISTRATION ID, RUE SAINT-JOSEPH : PARIS

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L'ART ET LES ARTISTES Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire : FRANÇOIS DE MIGNANDER SOMMAIRE DU NUMÉRO 55 - GRANDS ET PETITS CHEFS-D'ŒUVRE : Buste de Niccolo da Uzzano, de Donatello (Florence, Musée National) (1 illustration). - LES ESQUISSES DE GÉRARD (16 illustrations) - IGNACIO ZULOAGA (17 illustrations) - CHARLES GUÉRIN (10 illustrations) - UNE ILLUSTRATION FRANÇAISE DE LA NAVIGATION AÉRIENNE AU XVIIIe SIÈCLE (1 illustration) - L'ART DÉCORATIF : La Campagne Genevoise (5 illustrations) Le Mouvement artistique à l'Étranger : Allemagne du Nord, par W. KESBACH ; États-Unis, par A. SEATON-SCHMIDT ; Hollande, par ZILCKEN ; Hongrie, par WILLIAM RITTER ; Italie, par RICCIOTTO CANUDO ; Orient, par ADOLPHIE THALASSO ; Échos des Arts (1 illustration). Épreuve d'Art : Paysage, par ZULOAGA. --- ABONNEMENTS : France, 20 fr. — Étranger, 25 fr. Le numéro, 2 francs. Les avis de changement d'adresse doivent nous parvenir, accompagnés de 0 fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois suivant. Les articles publiés par l'Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. --- J. ALLARD Galerie de Tableaux des Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines, 20 --- J. FÉRAL EXPERT EN TABLEAUX PARIS — 7, Rue Saint-Georges, 7 — PARIS --- Galeries KLEINBERGER 9, RUE DE L'ÉCHELLE TABLEAUX ANCIENS Spécialité: ÉCOLES HOLLANDAISE ET FLAMANDE

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PARFUM Camia V. RIGAUD PARIS 1, Faubourg Saint-Honoré. GOUTTES DES COLONIES GUÉRISSENT INSTANTANÉMENT Maux d'Estomac. Indigestion PH. CHANDRON, 20, rue Châteaudun, PARIS et toutes les Pharmacies. Le SIROP PHÉNIQUE de VIAL combat les microbes ou germes de maladies de poitrine, réussit merveilleusement dans les Toux, Rhumes, Catarrhes, Bronchites, Grippe, Enrouements, Influenza. PARIS, 20, rue de Chateaudun et toutes Pharmacies. CAPSULES DE QUININE DE PELLETIER Les Capsules de Quinine de Pelletier sont souveraines contre les Fièores, les Migraines, les Néoralgies, l'influenza, les Rhumes et la Grippe. Exiger le Nom : toutes Pharmacies Orfèvrerie "CHRISTOFLE" Une Seule et Unique Qualité La Meilleure Afin de l'obtenir exigez cette Marque et le Nom "CHRISTOFLE" sur chaque pièce. CHOCOLAT A LA TASSE PRÉVOST Le Même Chocolat en Tablettes le 1/2 kilo 3 fr. Chocolats Supérieurs 4 fr. et 5 fr. le 1/2 kilo. Chocolats de Ménage 1 fr. 70 et 2 fr. le 1/2 kilo. Grand choix de Bonbons au Chocolat QUALITÉ SUPÉRIEURE PARFUMS TRÈS VARIES MAISON FONDÉE EN 1827 39, Boul. Bonne-Nouvelle, PARIS 4, Allées de Tourmy, BORDEAUX

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CRAYONS L. & C. HARDTMUTH La Corrida PARFUM ULTRA PERSISTANT PARFUM POUDRE LOTION SAVON 18 PLACE VENDÔME PARIS ED. PINAUD PHOTOS D'ART des Musées et Salons de Paris et Galeries étrangères. Gravures, Tableaux pour Appartements. ÉTUDES d'ART de tous genres. Cartes Postales illustrées. Portraits-Miniatures sur émail et agrandissements. Superbe CATALOGUE D'ART avec 603 Illustr., 1 fr. 75, timbres français ou mandat de tous pays. BELLES COLLECTIONS de Photos et Cartes Postales de 3 fr. à 100 fr. HODEBERT.—Le Mois. 24 30, 1 fr. 75 franco H. A. WEISS, Éditeur 23, Rue d'Enghien, PARIS LARBAUD-ST-YORRE La plus dosée en Acide carbonique libre de toutes eaux du BASSIN DE VICHY La plus froide 10° Contre les Maladies du FOIE du REIN, del ESTOMAC le DIABÈTE et l'ALBUMINURIE Se trouve en bouteilles et demi-bouteilles dans toutes les Pharmacies et bons Restaurants. Refuser toutes les Contrefaçons. GROS ET EXPORTATION : LARBAUD-ST-YORRE, a VICHY. ÉTIENNE BOURGEY 7, rue Drouot. PARIS LE BOUQUET DE LA MARIÈRE Comptoir National d'Escompte DE PARIS Capital : 200 millions de francs SIÈGE SOCIAL : SUCCURSALE : rue Bergère 2, place de l'Opéra Président du Conseil d'Administration : M. ALEXIS ROSTAND O.* Vice-Président, Directeur : Directeur, Administrateur : M. E. ULLMANN, O. M. P. BOYER, OPÉRATIONS DU COMPTOIR Bons à échéance fixe. Escompte et Recouvrements. Escompte de chèques. Achat et Vente de Monnaies étrangères. Lettres de Crédit. Ordres de Bourse. Avances sur Titres. Chèques. Tarifs. Envois de Fonds en Province et à l'Etranger. Souscriptions. Gardes de Titres. Prêts hypothécaires maritimes. Garantie contre les Risques de remboursement au pair. Paiement de coupons, etc. AGENCES 37 Bureaux de Quartier dans Paris. — 14 Bureaux de Banlieue. — 150 Agences en Province. — 11 Agences dans les Colonies et Pays de Protectorat. — 11 Agences à l'Etranger. LOCATION DE COFFRES-FORTS VILLES D'EAUX Stations Estivales et Hivernales Le COMPTOIR NATIONAL a des agences dans les principales Villes d'eaux. Ces agences traitent toutes les opérations comme le siège social et les autres agences, de sorte que les Etrangers, les Touristes et les Baigneurs peuvent communiquer à s'occuper d'affaires pendant leur villegiature. LETTERES DE CRÉDIT POUR VOYAGES Le COMPTOIR NATIONAL DESCOMPTES délivre des Lettres de Crédit circulaires payables dans le monde entier auprès de ses agences et correspondants ; ces Lettres de Crédit sont accompagnées d'un carnet d'identité et d'indications et offrent aux voyageurs les plus grandes commodités, en même temps qu'une sécurité incontestable. SALONS DES ACCRÉDITÉS Succursale : 2, place de l'Opéra Installation spéciale pour voyageurs. Emission et paiement de Lettres de crédit. Bureau de change Bureau de poste. Réception et reexpedition des lettres. Anciennes Maisons ANGE OTTOZ, Ch. BERTAUX, F. LEFEBVRE PH. LECLUSE, Fabricant 58, Rue de Clichy (IX'), en face de la rue de Parme ATELIERS : 13, rue Eugène-Carrière (Montmartre) Toiles à Peindre. - Couleurs extra-fines broyées à la main. - Tolles pour l'Aquarelle, le Fusain, le Pastel. Matériel complet pour Artistes. Encadrements en tous genres. LT PIVER 19 Route de Strassens PARIS PARFUM POMPEIA DERNIERE NOUVEAUTÉ LE PLUS FIN LE PLUS PÉNÉTRANT ESSENCE POULEUR AURIE SAVON EAUN TOILETTE-POUSSER SACHETS, ETC. EXPERT EN MÉDAILLES Achat et vente de Médailles et Monnaies anciennes : Grecques, Romaines, Françaises et Etrangères Nouveau Parfum VIOLET, PARFUMEUR 29, Bd des Italiens, Paris

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Échos de la Mode S'il est un sujet... piquant, ces temps-ci, c'est bien celui des épingles à chapeaux. Font-elles assez de bruit dans le monde, causent-elles assez d'accidents, font-elles assez couler de sang et d'encre, ces colichemardes plantées dans nos chapeaux à tort et à travers et les dépassant d'une poignée ridicule et d'une pointe assassine ?... Épingles! on ose appeler épingles ces armes offensives d'un goût plus que douteux et d'une utilité contestable, surtout pour ceux qu'elles éborgent. A quoi servent-elles, si longues, si encombrantes et si dangereuses?... A quelle esthétique répondent-elles, quand, trop grandes de 10 centimètres, elles dépassent les bords d'un chapeau trop volumineux lui-même et vont, à une telle distance que l'on a le droit de se croire en sûreté, blesser d'infortunés passants pas encore accoutumés à se ranger d'une femme élégante comme d'un autobus. Voilà ce que je voudrais qui me fût expliqué. Pourquoi une longueur inutile et pourquoi une méchante obstination à conserver ces engins déplorables ? Ce n'est ni joli ni commode d'avoir un chapeau changé en pelote, ces bouts d'acier dépassant de partout ne sont pas un ornement bien délicat, ils détonnent au milieu des fleurs et des panaches; neuf fois sur dix nous nous piquons nous-mêmes après cette parure de porc-épic et, cependant, nous résistons sans savoir pourquoi, sans avoir ni une bonne raison, ni une excuse valable à fournir. Espérons qu'une flamme descendra sur nos têtes pour nous éclairer et nous ramener à de meilleurs sentiments. En attendant, octobre nous ramène les brumes, les courants d'air, nous prodigue quantité de petits refroidissements variés attrapés partout, sans qu'on s'en doute, et qui se manifestent souvent sous forme de fluxion, de mal de dents si ironiquement appelé mal d'amour. Avant de se résigner à subir tout cela, il faut se défendre, et l'un des meilleurs moyens est de fortifier les dents et les muqueuses de la bouche avec les produits dentifrices des Bénédictins du Mont Majella, qui sont très toniques. L'Elixir vaut 3 francs ; la Pâte, 2 francs; la Poudre, 1 fr. 75 et 0 fr. 50 en sus franco, chez M. l'administrateur Senet, 35, rue du 4-Septembre. Avec cela, une légère écharpe gracieusement enroulée autour du cou dans les passages dangereux, et l'on pourra braver l'hiver. Comtesse Régine. Mme de B. S. — Oui, beaucoup de jais et de paillettes pour le soir. Sans Mystère. — Il suffit souvent d'un rien de bonne poudre de riz pour redonner de l'éclat au visage. Essayez donc de la poudre Duvet de Ninon, qui est très fine, très adhérente et qui s'harmonise avec toutes les carnations parce qu'elle existe en quatre nuances : blanche, rosée, naturelle et Rachel. Elle vaut 3 fr. 75 et 4 fr. 25 franco à la parfumerie Ninon, 31, rue du 4-Septembre. C. R. Les jouets sont vite oubliés pour sa « Phosphatine Falières ». LEÇONS PARTICULIÈRES : DESSIN, PEINTURE, MINIATURE, ART DÉCORATIF. Cours 1 fois par semaine. S'adresser à : Mademoiselle MIGNOT, 6, Boulevard de Clichy, PARIS

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SALON DE MUSIQUE Communiqué par MERCIER Frères Tapissiers Décorateurs à Paris Rue du Faubourg-Saint-Antoine, 100 Le Garant : A. CHATELAIN. CORBEIL — Imp. CRÊTE.

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GRANDS ET PETITS CHEFS-D'ŒUVRE Cl. Alinari. DONATELLO. — BUSTE DE NICCOLO DA UZZANO Florence : Musée national.

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LE GÉNÉRAL HOCHE LES ESQUISSES DE GÉRARD S'il y a un peintre que l'on puisse bien connaître à Versailles, c'est Gérard. Le Musée de Louis-Philippe a recueilli la meilleure part de ses œuvres, compositions d'histoire, décors allégoriques et portraits ; mais ce n'est point, on peut s'en douter, à la grandeur des cadres que nous mesurons aujourd'hui son talent. D'énormes et solennelles « machines », comme la Bataille d'Austerlitz, l'Entrée de Henri IV à Paris, le Louis XIV déclarant son petit-fils roi d'Espagne, le Louis-Philippe acceptant la lieutenance générale du royaume, ou encore le Sacre de Charles X, si admirées des contemporains, nous paraissent d'un insupportable ennui ; les allégories imaginées pour le Louvre et installées dans la salle du Sacre sont de la banalité la plus scolaire ; seuls, les portraits d'apparat font bonne figure auprès de ceux des élèves de David ; et ce serait tout, si fort heureusement, à la vente qui suivit la mort de l'artiste, en 1837, le Musée de Versailles n'était entré en possession d'une

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L'ART ET LES ARTISTES LA COMTESSE ZAMOISKA ET SES ENFANTS (1805) précieuse série de quatre-vingt-quatre esquisses représentant divers personnages célèbres, rachetées pour 11 050 francs par la veuve de Gérard. Ces esquisses, dans l’ancien Musée, tapissaient, un peu à la façon de timbres-poste, les parois exigues d’un cabinet adossé à une lanterne d’aspect bizarre, en saillie sur la cour Royale, et dont l’utilité était de rétablir, entre l’attique Chimay et l’attique du Midi, le passage interrompu par la voûte surélevée de la salle du Sacre. Lorsque, il y a une quinzaine d’années, ce disgracieux appendice fut supprimé, et l’harmonie des lignes rendue aux toits de Mansart, en même temps qu’un nouveau corridor escaladait la voûte importune, le minuscule cabinet, presque inconnu des visiteurs, fut dépouillé de ses tableaux ; et les récents aménagements qui ont transformé l’attique Chimay, jadis capharnaüm d’images hétéroclites, en un musée soigneusement classé de la Révolution et de l’Empire, ont permis de présenter enfin comme ils le méritaient tous ces délicats morceaux. Ce ne fut point sans difficulté ; mais quel plaisir aussi de manier longuement ces peintures, de leur donner des cadres, de les répartir selon leurs dates et leurs affinités en cimaise des nouvelles salles ! Je ne crois pas qu’il y ait rien, dans la partie moderne de l’immense Musée, qui laisse un plus instructif et agréable souvenir. Elles sont, ces quatre-vingt- quatre esquisses de Gérard, toute la vie d’un grand artiste ; elles sont mieux encore, toute la vie, durant quarante années, d’une société qui passa par les agitations les plus extraordinaires, et sut leur résister. Il n’est peut-être pas inutile de résumer en quelques lignes ce que l’on doit savoir des débuts de François Gérard. Il n’a pas encore obtenu, comme ses contemporains David, Prud’hon, Gros, Géricault, l’honneur d’une biographie critique. Un Essai de Charles Lenormant, une Notice écrite par son neveu, en tête de son œuvre gravé ainsi que d’un intéressant Recueil de lettres, et surtout des pages ingénieuses, érudites et brillantes de Charles Blanc dans son Histoire des Peintres, voilà, jusqu’à présent, toute la littérature dont on lui a fait hommage, et c’est trop peu auprès des autres. Il faut noter d’abord qu’il est le plus Romain de tous, étant né, en 1770, à Rome, et d’une mère romaine, dans l’hôtel de l’ambassade de France, où son père remplissait les fonctions d’intendant. Il vécut là-bas ses années d’enfance ; il fit à Paris ses études de dessin et de peinture chez Pajou, chez Brenet, enfin chez David ; puis, son père étant mort, il retourna en Italie pour régler des affaires embrouillées. et en revint marié à une jeune MADAME TALLIEN (1804)

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L'ART ET LES ARTISTES sœur de sa mère. Ses débuts fu- rent pénibles ; s'il se tira à grand'peine du découragement et de la misère, ce fut surtout à l'amitié d'Isa- bey qu'il le dut. Cependant c'est comme portraitiste qu'il com- mença à connaître le succès que ni son Bélisaire, en 1794, ni sa Psyché, en 1798, ne lui avaient valu. Bientôt plus recherché que Da- vid lui-même, le peintre de Napoléon et de Joséphine dut s'entourer d'élèves pour suffire à d'innombrables commandes ; et ce fut peut-être autant pour sa riche et brillante clientèle que pour lui-même qu'il prit dès le début l'excel- lente habitude de conserver dans son atelier des esquisses ou plutôt des réductions de ses portraits. Des deux cent soixante-cinq portraits reproduits dans son œuvre gravé il n'a voulu garder ainsi que les figures en pied ; ces très petites toiles (une seule des esquisses est peinte sur panneau), qui mesurent pour la plupart de 30 à 32 centimètres sur 20 à 24, si elles ne sont pas toutes entièrement de sa main, ont dû tout au moins être terminées ou retouchées par lui ; de la première à la dernière on sent le chemin parcouru, — faut-il dire la lente décadence ? — de l'observation ferme et lucide jusqu'au sentimentalisme facile, et de l'exécution davidienne, serrée, un peu sèche, jusqu'aux mollesses, aux fadeurs à la Lawrence. Mais, sans plus raisonner, voyons-le à l'œuvre. La série commence par l'Isabey et sa fille, de 1796. On connaît le chef-d'œuvre qui est au Louvre ; on se rappelle l'effet charmant de ce mur d'escalier qui tourne et descend, pour aboutir à une porte ouverte sur un jardin, par où le soleil entre. Sur des marches qu'on ne voit pas, un chien bondit vers l'aimable père de famille, en tenue de cheval, qui tient par la main sa jolie fillette en robe et bonnet blancs. L'effet de lumière intérieure, sur le gris vert des murailles et du dallage, est d'une délicatesse parfaite, dont l'esquisse indique généreusement toute la valeur. A côté de ce précieux morceau, voici le La Révellière-Lépeaux, de 1797. Le tableau est, au Musée d'Angers, l'égal des belles œuvres de David. Le membre du Directoire a conduit la politique aux champs ; il botanise. Assis sur une grosse pierre, un bouquet de fleurs dans une main, un livre dans l'autre, il médite ; ses yeux bruns aigus, son nez recourbé, ses lèvres minces disent tout un caractère ; le visage glabre et rusé s'encadre de longs cheveux noirs, et le nœud blanc de la cravate tranchant sur les revers rouges du gilet donne la note vive qui éclate dans l'harmonie sourde du grand paysage vert sur lequel pèse un ciel d'orage. Gérard ne fera pas mieux. Mais déjà il s'essaie aux tableaux d'intimité gracieuse. C'est l'Orfèvre Auguste et sa famille, qu'il peint en 1798, groupés sous un portique autour d'une lampe, dont la lueur dorant le visage des deux enfants et le buste de la mère laisse dans la pénombre ce visage de femme