Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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L'ART ET LES ARTISTES
SEPTEMBRE ... 1908
N° 42
4e ANNÉE
Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT
SOMMAIRE
- Les Grands Chefs-d'Œuvre. — Le portrait de Maddalena Doni, de Raphaël.
- Le Trésor Impérial Otto-man . . . . . . Adolphe Thalasso
- Alphonse Legros . . . Maurice Dreyfous
- La dernière œuvre de Chenavard . . . Alexis Bertrand
- Accroissements des Musées : Dijon . . . G. Keller-Dorian
- Peintres de Béguinages . Gustave Vanzype
- (36 illustrations, plus une planche en couleurs)
Chronique du Mois
- L'Art décoratif. — Le mouvement artistique à l'Étranger. — Les Échos des Arts. — Les Expositions. — Les Livres, etc., etc.
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REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX-MONDES
LE NUMÉRO
- France.. 1 75
- Etranger.. 2 25
DIRECTION, RÉDACTION ET ADMINISTRATION :
- 10, Rue Saint-Joseph, PARIS
ABONNEMENT
- France.. 20 fr.
- Etranger.. 25 fr.
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L'ART ET LES ARTISTES
Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT
Secrétaire : FRANCIS DE MIOMANDRE
SOMMAIRE DU NUMÉRO 42
- LES GRANDS CHEFS-D'ŒUVRE: Raphaël; Portrait de Maddalena Doni, 1 illustration. — EUGÈNE MUNTZ
- LE TRÉSOR IMPERIAL OTTOMAN, 7 illustrations. — ADOLPHE THALASSO
- ALPHONSE LEGROS, peintre, dessinateur, graveur, 9 illustrations. — MAURICE DREYFOUS
- LA DERNIÈRE ŒUVRE DE P. CHENAVARD, 4 illustrations. — ALEXIS BERTRAND
- PEINTRES DE BÉGUINAGES, 4 illustrations. — GUSTAVE VANZYPE
- ACCROISSEMENTS RÉCENTS DES MUSÉES: DIJON, 5 illustrations. — G. KELLER-DORIAN
- L'ART DÉCORATIF: L'architecture en Suisse, 6 illustrations. — LEANDRE VAILLAT
Le Mouvement artistique à l'étranger: Autriche, par WILLIAM RITTER; Belgique, par G. VANZYPE; Italie, par Ricciotto CANUDO; Orient, par Adolphe Thalasso; Pologne, par Adam de Cybulski. — Échos des Arts. — Bulletin des Expositions. — Bibliographie.
Épreuve d'Art: En Chasse, par J. Lewis-Brown.
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ABONNEMENTS: France, 20 fr. — Étranger, 25 fr.
Le numéro, 1 fr. 75
Les avis de changement d'adresse doivent nous parvenir, accompagnés de 0 fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois suivant.
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Les articles publiés par l'Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue.
Tous droits de reproduction et de traduction réservés.
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LES GRANDS CHEFS-D'ŒUVRE
RAPHAËL — PORTRAIT DE MADDALENA DONI (Florence, Galerie Pitti).
> Précision, naturel de la pose, intensité de la vie, grande tournure, finesse de l’analyse psychologique, il n’est aucune de ces qualités que je ne trouve au suprême degré dans ses portraits.
>
> Les personnages représentés par Raphaël sont tels qu’ils devaient être dans les moments de parfait équilibre, lorsque leur physionomie réfléchissait le plus exactement leurs qualités et leurs défauts.
EUGÈNE MÜNTZ (Raphael, p. 377; Hachette, 1900.)
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CÉRÉMONIE DE L'OUVERTURE DU TRÉSOR
Après avoir fait constater par les sous-chefs gardiens que les scellés apposés sur les serrures sont intacts, le Hazené-Kehayasseu, ou chef gardien du Trésor, ouvre les formidables cadenas des deux portes en fer massif.
LE TRÉSOR IMPÉRIAL OTTOMAN
Origine et richesses du Trésor. — Pas plus Gérard de Nerval dans son Voyage en Orient que Théophile Gautier dans Constantinople — pour ne citer que les deux principaux écrivains ayant décrit Stamboul — ne parlent du Trésor Impérial. Naturelle, toutefois, la cause de ce silence. Depuis Mahomet II jusqu’aux premières années du règne actuel, le Trésor est resté hermétiquement clos devant les chrétiens même les plus illustres. S’il a enfin ouvert les battants de ses portes à la curiosité occidentale, c’est grâce à la tolérance dont le souverain régnant fait preuve pour tout ce qui, de près ou de loin, touche au domaine artistique.
Parmi les ouvrages descriptifs parus, depuis, sur Constantinople, le livre d’Edmondo de Amicis est le seul qui consacre quelques lignes au Trésor. Mais certainement l’auteur italien ne l’a pas visité, car il en parle «au passé» et comme une fondation qui n’existe plus. L’erreur est profonde, d’autant qu’elle s’aggrave d’une fausse affirmation : «Maintenant, ajoute l’écrivain, une bonne partie de ces trésors a passé, convertie en monnaie, dans le trésor public». La bonne foi de De Amicis a évidemment été surprise. Au dire d’Ottomans dignes de croyance, ces trésors sont inaliénables. Le fait que, dans l’Islam, l’idée de la nation se lie, de manière intime et indissoluble, à celle de la religion transforme tous ces trésors en autant de reliques auxquelles, quelque pressants que puissent être les besoins du pays, personne, pas même le sultan-khalife, n’oserait porter la main. C’est l’Islam qui est le vrai maître et le gardien du Trésor.
C’est donc la première fois qu’une étude est faite sur le Trésor Impérial Ottoman. A défaut
(1) Cette étude avait été écrite et donnée à l'impression un mois avant la remise en vigueur de la Constitution ottomanne. (Note de la rédaction.)
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L'ART ET LES ARTISTES
d'autre mérite, on lui reconnaîtra celui de la nouveauté et le désir sincère de décrire aussi exactement que possible des merveilles dont l'ensemble constitue une collection unique et sans égale de chefs-d'œuvre inestimables.
Fondé par Mahomet le Conquérant, quelques années après la prise de Constantinople, le Trésor Impérial n'a fait, pendant quatre siècles et demi, qu'ajouter œuvre d'art à œuvre d'art, gemme précieuse à gemme précieuse, souvenir historique à souvenir historique. Le Trésor d'aucune cour ne peut, certainement, rivaliser avec lui. Quand on pense que, suivant une tradition séculaire, il hérite, à la mort de chaque sultan, de tous les costumes d'apparat, armes et bijoux que le padischah avait, de son vivant, portés aux cérémonies officielles et toutes les fois qu'il avait daigné se montrer à son peuple, on se fait une idée des richesses accumulées.
A cet appoint il faut joindre celui, non moins important, des butins enlevés aux sultans et aux khans d'Asie, aux empereurs et aux rois d'Ocident avec lesquels, pendant des siècles, les padischahs furent en guerre et les cadeaux les plus marquants, faits aux souverains turcs, par leurs « cousins » les souverains d'Europe.
L'état exact du Trésor avait, pour la première fois, été dressé, en 1680, sur l'ordre de Mohammed IV et à l'occasion de la mort du vizir de la coupole, Mermer-Mohammed-Pacha, dans la succession de qui on reconnut plusieurs objets provenant du Trésor. Le receveur général, le président de la Chambre des comptes, le contrôleur des finances du sérail qui, à cette occasion, reçut officiellement le titre de « Hazené-Kehayasseu » ou chef-gardien du Trésor, et leurs nombreux subordonnés furent commis à cet inventaire auquel quatorze mois furent consacrés. Depuis cette époque, le catalogue est constamment tenu à jour. Il renferme une description détaillée de chaque objet, en retrace l'historique, reproduit sa marque d'origine et son numéro d'ordre, donne la date et le lieu de sa fabrication. Ce catalogue n'est pas imprimé. Il n'en existe que deux exemplaires manuscrits, très volumineux et véritables chefs-d'œuvre calligraphiques, paraît-il; l'un se trouve au palais de Yildiz, l'autre au pavillon du « Hazené-Kehayasseu ».
Le jour de ma visite, je me laissai dire par X... bey « que l'Amérique avait offert, pour toutes ces richesses, une somme incroyablement fabuleuse et que la Turquie avait très dignement répondu... en ne répondant pas ». Je ne répète cette confidence que sous les plus expresses réserves et pour ajouter seulement que la valeur intrinsèque du merveilleux Trésor dépasse, à mon avis, l'offre des États-Unis, si, réellement, offre il y a eu. Rien que dans les costumes des padischahs, il en est plus d'un qui vaut certainement plusieurs millions.
Merveilleux, c'est bien le mot, car, lorsque la double porte en fer qui le renferme ouvre ses battants, l'imagination, malgré soi, se reporte aux contes fantastiques des Mille et une Nuits et l'on croit, réellement, avoir sous les yeux les fabuleuses magnificences d'Aladin.
II
Cérémonie de l'ouverture du Trésor. — Le Trésor Impérial n'ouvre ses portes que seulement devant un iradé de Sa Majesté le Sultan. L'autorisation de le visiter s'obtient difficilement. C'est là faveur spéciale octroyée sur la demande expresse des ambassades respectives qui se portent, ainsi, garantes de leurs nationaux. Les invitations sont rigoureusement personnelles et leur chiffre ne peut, en aucun cas, excéder celui de la moitié des gardiens du Trésor qui, deux par deux, s'attachent aux invités et leur font les honneurs des salles et des galeries.
Le pavillon se trouve, au Vieux Sérail, dans la troisième cour du palais où, quatre cents ans durant, vécurent les padischahs. A l'entrée de cette cour, l'aide de camp de Sa Majesté, porteur du firman, attend les invités, prévenus au préalable, par leurs ambassades, du jour et de l'heure de la visite. Au fur et à mesure de leur appel nominal fait par l'aide de camp lui-même, des serviteurs les débarrassent de leurs pardessus, cannes, parasols et, surtout, de leurs appareils photographiques, car aucun objet du Trésor ne peut être photographié sans un iradé du sultan.
Les photographies que nous donnons ici sont des épreuves de quelques rares clichés pris autrefois par les anciens photographes du sultan Abdul-Aziz, MM. Abdullah frères, dont la raison sociale n'existe plus depuis déjà quelques années.
L'appel terminé, deux officiers, se détachant du groupe, se portent vers le pavillon du « Hazené-Kehayasseu » ou gardien-chef du Trésor, prévenu, également, au préalable, de la visite. La porte du pavillon s'ouvre aussitôt et le gardien-chef, vieillard vénérable à barbe blanche, suivi des deux sous-chefs et des trente-deux gardiens, s'avance vers les invités. Il prend gravement communication de l'iradé, après quoi il se dirige vers la porte, tandis que son personnel, se partageant exactement en deux, forme comme un éventail humain à l'entrée du Trésor.
Elle ne présente rien d'extraordinaire, cette entrée qui fait partie du corps même de l'ancien palais et se trouve à droite, sous la grande galerie de marbre. Une porte massive, en fer, surmontée du Toughra impérial dans un cadre de bois, et
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L'ART ET LES ARTISTES
III
Première salle, dite du Trône. — Le pavillon du Trésor se compose de deux grandes salles et de deux galeries supérieures. Construites en balcon, ces galeries prennent vue sur les salles dont elles font entièrement le tour.
A peine a-t-on franchi le seuil du « Hazené » que les yeux sont littéralement éblouis par l’immense trône persan qui, sous un grand octogone de glaces polies, formant cloche, tient la place d’honneur.
Ce trône est entièrement en or repoussé et ciselé. Les parties les plus minces ont 4 millimètres d’épaisseur, les plus fortes ont plus d’un centimètre. Le siège et les quatre pieds sont en or massif. Des milliers et des milliers de perles fines, presque toutes de même orient et de même grosseur, des milliers et des milliers de rubis, de topazes et d’émeraudes, tous taillés de même façon, incrustés dans le métal précieux, forment une mosaïque rayonnante aux reflets ininterrompus et changeants.
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TRÔNE DE SCHAH-ISMAIL (ART PERSAN DU XVᵉ SIÈCLE)
Dès l’entrée les regards sont éblouis par le magnifique trône; entièrement en or ciselé et recouvert par des milliers de perles, de rubis, de saphirs et d’émeraudes. Ce trône, qui se trouvait au palais du schah de Perse Ismail Ier, à Tauris, fut envoyé à Constantinople, en 1514, par Selim Ier, qui vainquit le schah de Perse à Tschaldiran et entra en triomphateur dans l’ancienne capitale de l’Iran.
Kehayasseu » fait constater aux deux sous-chefs, détenteurs chacun d’un sceau différent, que les deux cachets apposés sur le gros cadenas sont intacts.
Avec leur assentiment, il brise les scellés et donne un premier tour de clef. La porte massive tourne sur ses gonds et laisse voir une deuxième porte bardée d’acier trempé et dont la formidable serrure est rougie par de nouveaux scellés. Il les brise, donne un deuxième tour de clef, pousse la porte et pénètre dans le Trésor, suivi des invités auxquels tous les gardiens font escorte.
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L'ART ET LES ARTISTES
La forme en est carrée. Les quatre coins arrondis.
Chacune des quatre faces mesure 2 mètres de longueur et sa hauteur totale est de 1 m. 50. L’aspect, en son ensemble, rappelle le fameux trône en marbre de la cour de Téhéran du haut duquel, aux fêtes du couronnement, le nouveau schah reçoit les hommages des princes, des ministres et des hauts fonctionnaires de l’État.
Ce trône se trouvait à Tebriz (Tauris), ancienne capitale de la Perse, au palais du monarque iranien. Il avait été spécialement construit pour Ismail Ier, premier roi de la dynastie des Sophis, qui se disait issu d’Ali et de Fatima, le gendre et la fille du Prophète. Après avoir vaincu les Turcomans et s’être emparé de l’Iran, Ismail, en ceignant la couronne, prit, le premier, le titre de schah (1501). C’est du haut de ce trône qu’il déclara le culte des trois Imams, Ali, Hassan et Hussein, officiel et général dans tout le royaume, sanctionnant ainsi, en khalife, une religion qui, pendant neuf siècles, fut la cause entre mahométans d’interminables et sanglantes guerres religieuses. Aussi, pour protester contre cette religion considérée comme un schisme par l’orthodoxie musulmane et jetée en défi par un rival qui lui portait ombrage, Sélim Ier, sultan de Turquie et khalife des croyants, fit passer au fil de l’épée quarante mille de ses sujets, sectateurs de la religion chiite, et envoya, coup sur coup, trois messages à Ismail pour l’accabler d’insultes et lui déclarer la guerre. C’est du haut de ce trône qu’Ismail lut les lettres outrageantes et y répondit méprisamment en envoyant au padischah un coffret rempli d’opium. Les deux armées se rencontrèrent dans la plaine de Tschaldiran (1514). La victoire, un moment incertaine, resta finalement aux Turcs, grâce à l’artillerie dont ils disposaient. Ismail, blessé, ne dut son salut qu’au dévouement d’un des siens et à la vélocité de son cheval.
Treize jours plus tard, Sélim entrait triomphalement à Tebriz. Durant les huit jours qu’il y séjournait, il s’occupa exclusivement, disent les historiens, de tirer tout le fruit possible de sa conquête. « Il fit partir pour ses États tous les joyaux du schah, ses riches étoffes, ses armes incrustées d’or et de pierreries, ainsi que les trésors dont Ismail avait dépouillé les derniers souverains de l’Azerbéidjian, Yacoub et Aboussaïd. »
CABINETS ITALIENS — ARMES PERSANES — VASES ANCIENS — PENDULES
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AIGUIÈRES, BROCS, FLACONS ET COUPES EN OR ET EN ARGENT, INCRUSTÉS DE PIERRES PRÉCIEUSES
Ces joyaux, ces étoffes, ces armes vinrent, à la mort de Sélim, accroître le Trésor Impérial et se trouvent exposés dans les hautes vitrines qui entourent le magnifique trône d’Ismail.
Si ce trône est une merveille de l’art persan au xve siècle, il est un autre trône, dans la même salle, qui est une merveille de l’art turc au xvie siècle. Il se trouve au fond devant la fenêtre droite. C’est le trône dit d’Ahmed Ier, de ce sultan qui eut, pour les armes, une passion aussi grande que celle de Mourad IV pour les chevaux, et qui mourut en laissant la plus belle collection de sabres que jamais prince ait possédée, composée de 1018 pièces, les unes plus rares que les autres et toutes enrichies de pierres précieuses. Quelques historiens accolent, à tort, à ce trône le nom d’Ahmed III qui régna deux siècles plus tard.
Fait en bois de cèdre et de santal, ce trône est entièrement incrusté de nacre et d’écaillle, d’argent et d’or formant des tiges, des feuilles, des fleurs fantastiques dont le pistil s’élance en gerbes de perles et de diamants, dont les pétales s’épanouis- sent en cabochons de rubis et d’émeraudes. Le dessin, l’ordre et l’art de ces incrustations ne sont pas sans des rapports manifestes avec l’inspiration persane. Ces analogies ne sont, cependant, pas pour étonner ceux qui savent que, lors de son court séjour à Tebriz, Sélim Ier avait envoyé, à ses frais, à Constantinople, mille des meilleurs artisans de la capitale iranienne. L’art persan, d’ailleurs, plus qu’aucun autre art asiatique, a, pendant longtemps, et bien avant le xvie siècle, tenu sous sa tutelle l’art ottoman. C’est auprès des Persans que les Turcs apprirent le secret de ces merveilleuses faïences qui font la gloire de la Mosquée Verte de Brousse.
Exhaussé sur trois marches qui forment gradins et entouré de quatre colonnettes qui soutiennent un dôme, le trône rappelle, par sa forme, le member ou la chaire des mosquées. Au-dessus du siège où le sultan s’asseyait en ramenant ses jambes l’une dans l’autre, est suspendu un ornement en or, très finement ciselé, s’ouvrant en éventail, auquel s’accroche une chainette retenant une énorme émeraude irrégulière de 12 centimètres de gros- seur sur 5 centimètres d’épaisseur. Ce qui décon- certe devant ce joyau, c’est la gravure qui le recouvre : sur ses facettes sont creusés des versets du Coran. Les caractères enduits d’une pâte d’or sont de parfaite lisibilité. Une autre pierre pré-