Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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FRANCIS JOURDAIN.
Ile-de-France.
Photo Lémery.
LE SALON D'AUTOMNE DE 1912 (1)
LA VOCATION, POUR LE PEINTRE, C'EST LE RAMEAU D'OR DE VIRGILE QUE NUL NE PEUT TROUVER NI CUEILLIR S'IL N'EST CONDUIT PAR LA FATALITE.
(Poussin.)
Le dernier Salon d'Automne a eu la bonne fortune de susciter une grande irritation. Non pas dans le public en général, mais dans un certain public, dont les intérêts sont liés à un certain art et qui s'entend à faire autour des questions artistiques, par ses affirmations sommaires et son indignation facile, un tapage qui laisse stupéfaits et rêveurs les esprits cultivés.
Un peu d'histoire, pour commencer, encore qu'il ne soit pas dans les usages de notre revue de prendre part à de pareilles controverses. D'histoire seulement, en dehors de toute intention de rallumer les feux qui couvent sous la cendre éternelle des combats que se livrent, depuis l'origine des sociétés, les éléments de vie et les éléments de mort.
Dès l'ouverture du Salon, M. Lampué, doyen du Conseil municipal de la Ville de Paris et artiste-peintre, adressait une lettre à M. Bérard, Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts. Cette lettre a été donnée incomplètement dans la presse, sauf dans une de nos grandes
(1) Nous nous excusons auprès de nos abonnés de ne leur donner que maintenant notre article annuel sur le Salon d'Automne. Ce retard est du au fait que la moitié des ensembles d'art décoratif n'ont été prêts, c'est-à-dire en état d'être photographiés, que quinze jours après l'ouverture du Salon (N. D. L. D.).
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revues littéraires. Nous croyons devoir la publier in extenso, non seulement pour ne pas en refuser le parfum à nos abonnés, mais parce qu'elle constitue le plus bel éloge que l'on puisse adresser à M. Frantz Jourdain, l'éminent Président du Salon d'Automne, à qui les partisans de la routine n'ont pas encore pardonné d'avoir réalisé une intéressante tentative d'architecture nouvelle, les magasins de la Samaritaine, et d'avoir su défendre la cause de la liberté de l'art comme il a défendu le sol de la patrie en 1870. Mais voici cette lettre:
Monsieur le Ministre,
Si la voix d'un Conseiller municipal pouvait arriver jusqu'à vous, je vous prierais, je vous supplierais, d'aller faire un tour au Salon d'Automne.
Allez-y, Monsieur, et, quoique Ministre, j'espère que vous en sortirez aussi écœuré que bien des gens que je connais, j'espère même que vous direz tout bas: ai-je bien le droit de prêter un monument public à une bande de malfaiteurs qui se comportent dans le monde des arts comme les apaches dans la vie ordinaire?
Vous vous demanderez, monsieur le Ministre, en sortant de là, si la nature et la forme humaine ont jamais subi de tels outrages; vous constaterez avec tristesse que, dans ce Salon, on étale, on accumule les laideurs et les vulgarités les plus triviales qu'on puisse imaginer, et vous vous demanderez encore, monsieur le Ministre, si la dignité du Gouvernement dont vous faites partie n'est pas atteinte, puisqu'il paraît prendre sous sa protection un pareil scandale en abritant de semblables horreurs dans un monument national.
Le Gouvernement de la République devrait, me semble-t-il, être plus soucieux et plus respectueux de la dignité artistique de la France.
Il y a un an, et pour une autre raison, j'écrivis à votre prédécesseur, qui ne tint aucun compte de ma lettre, mais quoi d'étonnant, ne laisse-t-il pas croire à tout le monde qu'il est méridional, alors qu'il n'est né qu'à Montmartre?
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Un ami me souffle que vous êtes d'Orthez, nous sommes donc pays, c'est presque comme si vous étiez de Montrejeau ; alors, Diou bibant ! ça ne sera pas long ; vous ferez savoir au Belge Frantz Jourdain, qui très modestement s'est donné la mission de réformer l'art français et qui, pour bien démontrer sa compétence, a déposé, je ne dis pas des ordures, mais le magasin de la Samaritaine presque en face du Louvre, ce qui prouve bien la supériorité de sa chaudonnerie sur la belle architecture de la Renaissance ; faites donc savoir à cet architecte qu'à l'avenir il ait à loger ses réformes et ses réformateurs où il voudra, mais non plus dans un monument public, et tous ceux qui ont le goût et l'amour des belles choses vous battront des mains.
Veuillez agréer, monsieur le Ministre, l'expression de mes meilleurs sentiments.
LAMPUÉ.
Le Comité du Salon d'Automne, comme réponse à cette véhémenteprotestation, vota l'ordre du jour suivant :
Le Comité du Salon d'Automne estime que la seule réponse qu'il puisse faire aux attaques particulièrement vives qui lui sont adressées cette année ne saurait être que l'énoncé du principe qui le dirige :
« Admettre tous les efforts d'art consciencieux quels qu'ils soient, si personnels, si étrangers qu'ils paraissent aux anciennes formules. »
Le Salon d'Automne n'est pas et ne veut pas être le conservateur d'une école ayant trouvé sa formule ; il prétend rester le terrain de généreux combat et d'émulation nécessaire dans un pays comme le nôtre pour faire surgir et fructifier des artistes et des œuvres.
L'Etat, dont le rôle n'est pas de diriger, mais d'encourager l'effort artistique de la nation, ne peut que considérer de la plus bienveillante façon un Salon qui a le premier accueilli beaucoup d'artistes célèbres déjà aujourd'hui, qui a donné une place inconnue jusqu'ici à l'art décoratif, qui
PAUL RENAUDOT.
Le carton à chapeau.
Photo Lémery.
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a mis, avant toutes les autres expositions, de pair avec la peinture et la sculpture, la musique et la littérature.
Le lendemain, M. Georges Lecomte envoyait au Comité du Salon d'Automne sa démission de Membre d'honneur, dans un article publié en tête du Matin, sous le titre : « Contre les défis au bon sens ». Le titre de l'article suffit à justifier la démission. Il va de soi que si le bonsense est appelé à remplacer dans l'art la poésie, dont il est le contraire, le Salon d'Automne n'a plus sa raison d'être.
EUGÈNE SPIRO.
Portrait de M. Jules Meier-Graefe.
Photo Lémery.
Puis, les journaux publièrent le communiqué suivant :
M.J.-L. Breton, député du Cher, se propose de poser au Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, au cours de la prochaine discussion de son budget, une question sur le « scandale » du Salon d'Automne et de lui demander de ne pas livrer le Grand Palais à de pareilles manifestations, qui déconsidèrent l'art français dans nos palais nationaux.
Enfin, la presse nous informe qu'il est question d'exclure le Salon d'Automne du Grand-Palais.
C'est la question qui s'est posée à la commission consultative chargée de donner son avis sur les multiples concessions du Grand-Palais pour 193.
Le rapporteur, M. Pascal, de l'Institut, concluait défavorablement. Après une longue et très vive discussion, la commission s'est rangée, à une très forte majorité, à l'opinion de son rapporteur.
Rappelons les griefs qui sont adressés au Salon d'Automne. Ils ont fait l'objet, il y a quelques semaines, d'une lettre de M. Lampué, doyen du conseil municipal, qui protestait contre l'invasion du « cubisme » dans les galeries du palais des expositions.
Il appartient maintenant à M. Léon Bérard, Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, de prendre une décision définitive.
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Nous connaissons trop le goût si clairvoyant de M. Bérard, le distingué Sous-Secrétaire d'État des Beaux-Arts, ainsi que l'appui sincère qu'il entend donner aux artistes-décorateurs modernes, pour n'être pas complètement rassurés sur le renouvellement de la concession.
Telle est l'histoire officielle du Salon d'Automne de 1912.
Son histoire officieuse n'est pas moins digne d'être rappelée, succinctement, en ses principales manifestations.
Le jour du vernissage, M. Gabriel Mourey écrivait dans le Journal : Quel dommage qu'il n'existe pas de loi permettant d'engager une action judiciaire contre les peintres qui propagent dans le public la haine de la beauté. Ces peintres sont les artistes d'avant-garde et les Cubistes. M. Mourey a négligé de nous dire si l'action judiciaire qu'il nous propose sera civile ou pénale. A notre avis, il conviendrait de faire une distinction : les peintres riches pourraient être condamnés à une amende et, pour que l'Etat ne soit pas exposé à perdre ses droits là où il n'y a rien, les peintres pauvres seraient pendus haut et court.
Oh ! tolérance, oh ! progrès, oh ! vingtième siècle !...
Dans la Revue Hebdomadaire, M. Péladan a accentué encore sa critique de l'année dernière qui pourtant ne manquait pas de vigueur : N'allez pas voir cette peinture, car le spectateur devient complice de ces profanateurs cyniques, dont l'impuissance se convulse, dont l'ignorance divague, et qui ne sont dans leur comédie épileptique justiciables que du cabanon ! Cette année, M. Péladan se montre plus pratique, il dit : L'anarchie n'est pas un programme, si l'Etat le préconise, qu'il ferme ses écoles et surtout l'Académie de Rome. Disons-le tout de suite, l'idée pour n'être pas neuve n'a rien perdu de son excellence Pourquoi, en effet, ne supprimerait-on pas l'Ecole des Beaux-Arts où, sauf peut-être dans la section d'architecture, personne n'apprend rien pour la simple raison qu'il ne s'y enseigne rien. On peut se demander si la Villa Médicis où, pour reprendre le mot de M. Péladan, l'anarchie règne en maître, ne devrait pas être fer-
RODOLPHE FORNEROD.
Le bouquet pour la fête.
Photo Lémery.
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mée aussi. Combien de noms de Premiers Prix de Rome l'histoire de l'art a-t-elle retenus ? Combien ? Aussi bien de cette double suppression, il n'y aurait que l'Art et le budget de l'Etat pour ne pas se plaindre. Depuis cent ans, d'ailleurs, l'Ecole et la Villa Médicis pourraient disparaître sans grand inconvénient, parce qu'il y a cent ans qu'il n'y a plus de doctrine esthétique vivante, plus de convention artistique officielle, plus de style général.
M. Péladan n'en disconviendra pas.
Nous ne citerons pas les opinions d'autres critiques, tels que M. Arsène Alexandre ou M. Camille Maucclair. Après tout, nous sommes en France. Le Français est né persécuteur. Son absolutisme ne tolère ni la continuité, ni la liberté et son jacobinisme éclate — avec, il est vrai, l'aménité que nous venons de rencontrer — même dans le domaine de l'art.
Il est, cependant, un point à propos duquel l'émotion a été générale, celui de l'envahissement du Salon d'Automne par les étrangers. Des chiffres faux ont été publiés par la presse. La proportion des exposants étrangers n'en est pas moins élevée. Faut-il y voir, avec les esprits dont l'inquiétude est toujours déplacée, un danger ? Nous ne le pensons pas. La suprématie de la France en peinture et en sculpture est absolue depuis plus de cent ans. En ce domaine, la France est la grande initiatrice et les écoles étrangères n'ont été que les reflets de son génie créateur. Nous ne connaissons qu'un seul artiste, en dehors de France, qui se présente aujourd'hui, comme un génie original, le peintre suisse Ferdinand Hodler, qui a accepté pour l'année prochaine l'invitation que
DIEGO RIVERA.
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le Salon d'Automne, désireux de le faire connaître au public français, lui a adressée. Encore Hodler n'est-il pas sans avoir subi, inconsciemment peut-être, la puissante influence de Cézanne. Qu'il y ait donc beaucoup d'artistes étrangers à Paris, c'est naturel, heureux et flatteur. Il conviendrait, semble-t-il, de montrer plus de nationalisme sur le terrain, national, du commerce et de l'industrie où l'étranger nous supplante chez nous que sur le terrain, international, de l'art.
On a comparé les débats que vient d'ouvrir le Salon d'Automne à la fameuse « Querelle des Anciens et des Modernes ». C'est, pensons-nous, dénaturer la question. Cette vieille querelle, en effet, mettait aux prises deux ordres bien constitués, deux catégories de doctrinarismes. On opposait le génie d'Euripide à celui de Racine; celui d'Apelle à celui de Raphaël, Phidias à Michel-Ange. On cherchait à démontrer la décadence des Modernes. Prétend-on aujourd'hui établir un parallèle entre Bouguereau, M. Bonnat, M. Gervex ou M. Puech avec les Apelle ou les Paxitèle? Et comparer ces récents « Anciens » aux Manet, Renoir, Mail-lol ou Degas?
L'esprit de l'Ecole et de l'Institut n'a rien à opposer à l'esprit de la peinture moderne. D'un côté nous avons ceux qui manquent de sensibilité — on les appelle les Philistins — ceux qui, leur vision de la Nature étant impersonnelle, sont comparables à des plaques photographiques. Ce sont les ennemis de la liberté. Ils détestent le style. De l'autre côté, ceux qui sentent, ceux dont la sensibilité s'émeut au contact des choses et qui, trouvant dans cette émotion une confidence de la Nature, une vérité nouvelle, sont contraints
Mlle Y. RIPA-DE-ROVEREDO.
Carton pour un bas-relief destiné au monument funéraire du peintre Lottin.
Photo Lémery.
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ANDRÉ WILDER.
par leur tempérament d'exprimer leur vision. Ce sont les amis de la liberté. L'absence de style ne saurait donc s'opposer au style, ni même à l'effort vers le style individuel. — Ce qui ne compte pas n'a rien de commun avec ce qui compte. L'histoire, qui se charge de faire la « mise au point », montre que les artistes ont été successivement méconnus dans la mesure où ils ont eu du style. Les individualités, elles ne refusent la liberté à personne. Elles sont curieuses, elles s'approchent des grandes œuvres, s'enthousiasment et s'enrichissent au contact des caractères, ne bafouent jamais.
La participation nombreuse des Cubistes — nous aurons à parler du Cubisme tout à l'heure — au Salon d'Automne n'a été qu'un prétexte au déchaînement de la colère. Le Cubisme n'est pas pris au sérieux. C'est, en réalité, à ceux qui ne leur ont pas refusé l'accrochage qu'on en veut surtout, aux artistes indépendants qui pensent n'avoir pas le droit de proscrire aucune tendance, aucune « folie ». Les adversaires du Salon d'Automne s'acharnent surtout contre ces artistes probes et de race qui font aujourd'hui l'admiration de l'élite française et européenne par l'expression vivante et communicative de leur personnalité. Ce sont les Rodin, les Renoir, les Bonnard, les Vuillard, les Denis, les Roussel, les Guérin, les Redon, les Maillol, les Marquet et tant d'autres... Ceux-là, qui ont quelque chose à dire et qui le disent sans autre souci que celui d'être sincères, sont abhorrés par
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les médiocres qui, ne trouvant rien au fond d'eux-mêmes, en sont réduits au mécanique trompe-l'œil. Et ces dernières luttes ont rappelé celles auxquelles Ingres — même lui — fut en butte ; celles qui firent du très grand Théodore Rousseau un perpétuel proscrit des Salons, celles qui refusèrent tout talent à Corot (un Corot a été acheté, l'année dernière, 300.000 francs par le Musée du Louvre !), qui proscrivirent Manet comme une bête galeuse, qui affamèrent Sisley, qui n'accordèrent une commande de l'Etat à Puvis de Chavannes que lorsque cet artiste eut plus de soixante ans; qui font que Degas est encore contesté et Renoir presque un inconnu. Nous passons sous silence Cézanne, ce Wagner de la peinture. Mais, pour mémoire, nous rappellerons qu'à un des Salons de la Rose-Croix, les toiles délicates d'Aman-Jean furent un scandale. Et c'est cet état d'esprit (car, nous l'avons dit, il ne saurait s'agir ici de tendance d'art), qui est cause que pour voir de la peinture moderne française, il faut aller à Berlin, à Munich, à New-York, dans les Musées de ces villes. Constatons, qu'il n'y a ni Manet, ni Toulouse-Lautrec (si, une étude !), ni Gauguin (une minuscule nature morte, d'ailleurs léguée), ni Cézanne, ni van Gogh, qu'un seul Renoir, au Musée du Luxembourg, en dehors de la collection Caillebotte. Or, cette collection a été un legs, contre l'acceptation duquel une délégation de l'Institut vint protester auprès du Directeur des Beaux-Arts de l'époque.
HENRI LEBASQUE.
Photo Lémery.
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LOUIS CHARLOT.
PAYSAGE
Photo Lémery.
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Et c'est grâce au coup d'état de M. Clemenceau que l'Olympia de Manet est là où elle doit être, non loin de ses sœurs l'Odalisque et les Femmes d'Alger.
Ces souvenirs devraient, semble-t-il, inviter à la tolérance. L'expérience des erreurs, souvent inhumaines, est faite. Notre esprit devrait être enfin habitué à concevoir plusieurs formes de beauté, autrement dit, d'expression d'art. Il serait temps de se méfier de soi-même et d'être assez modeste pour admettre qu'il ne faut pas prendre sa propre inaptitude à adopter la vision d'un artiste pour l'insuffisance de cet artiste.
Boucher écrivait à son élève Fragonard : Mon cher Frago, tu vas voir, en Italie, les ouvrages de Raphaël, de Michel-Ange et de leurs imitateurs, et je te le dis en confidence et comme ami : Si tu prends ces gens-là au sérieux, tu es un garçon perdu.
En somme, le conflit se ramène à la question de l'antagonisme actuel entre le tempérament des « artistes » et la virtuosité des copistes. Le monde de l'art est, aujourd'hui, partagé entre ces deux pôles qui, comme le Pôle Nord et le Pôle Sud, sont aux antipodes l'un de l'autre. Et c'est de ce conflit que procède le grand malentendu sur l'appartenance de la tradition de l'art français. Les uns, qui ne sont que d'habiles virtuoses à la poursuite du trompe-l'œil et qui n'ont pu faire aucun apport durable au trésor de l'art, prétendent être les représentants de l'art français. Ils s'y croient autorisés par les diplômes faciles qu'ils ont obtenus à l'Ecole des Beaux-Arts, par les médailles des Sa-
ALBERT BRAUT.
Rétrospective
Etude.
Photo Lemery.