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J. GRUBER.
Grande bibliothèque en corail. — Décoration de fougères en bronze. — Portes en cuir ciselé.
UN DÉCORATEUR NANCÉEN
$\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ Jacques Gruber $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$ $\mathbb{Q}$
Les artistes lorrains, qui forment l’Ecole de Nancy, ont été parmi les premiers en France à tenter la rénovation des arts décoratifs. Ils y affirmèrent un tempérament ingénieux mais réfléchi, et quand tant d’erreurs furent commises par des novateurs imprudents ou ignares, ils maintinrent de hautes qualités de style dans les formes nouvelles. Leur influence fut certaine, et ils contribuèrent à diriger le mouvement d’art décoratif moderne dans la tradition française, en se conformant aux besoins du milieu social contemporain.
On a étudié l’œuvre des vétérans, Emile Gallé, Prouvé, Majorelle, un artiste plus jeune, Jacques Gruber, marque sa place dans le groupe actuel, par sa personnalité, par la diversité et l’étendue de ses connaissances. Il apparaît comme une individualité artistique assez complexe, mais qu’on peut aisément définir, car ses éléments constitu-
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tifs se ramènent à trois qualités essentielles : la science analytique du dessin, le sentiment de la composition décorative comme synthèse et de l'appropriation des matériaux à leur exécution.
Comment M. Jacques Gruber comprend-il l'enseignement du dessin pour les artistes décorateurs et quelle est sa propre méthode ? il nous le dira lui-même.
« Les élèves apprendraient le dessin en général, écrit-il, figures, plantes, etc. Le professeur ne leur mettrait pas seulement un modèle ou une plante devant les yeux en leur demandant de le copier, il commencerait par leur faire un cours sur le modèle, avec
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Boiseries d'un hall avec incrustations d'orchidées en verre gravé.
figures au tableau, en attirant leur attention sur le caractère spécial du modèle, ses proportions particulières, sa beauté, etc.
« Il faudrait en outre faire à ces jeunes gens des causeries d'art dans lesquelles on leur montrerait des éléments d'architecture et de décoration en les comparant. On prendrait par exemple les chapiteaux aux diverses époques, on les décomposerait, on étudierait leur construction comprise différemment, leur décoration, la façon particulière d'interpréter la plante, selon le temps, puis on leur montrerait cette même plante nature et on la leur ferait interpréter d'après leur sentiment personnel.
« Au cours d'étude des plantes tous les élèves travailleraient à la même expliquée par le professeur comme je l'ai déjà dit, ensuite chacun d'eux, suivant le métier qu'il aurait
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choisi, interpréterait cette plante comme elle doit l'être pour l'exécution dans la matière employée, puis il ferait des compositions décoratives qu'il exécuterait lui-même dans les cours de pratique.
Rien mieux que cette page, où il explique son enseignement et où il découvre sa discipline, ne pouvait nous éclairer sur les origines de l'art de Jacques Gruber. On le suit dans son évolution rationnelle, depuis les études préparatoires, analyses des animaux et des plantes qui déterminent la structure des formes, jusqu'aux riches, souples et claires compositions décoratives et leur réalisation dans la matière.
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Boiseries et grande glace du hall.
C'est par ses études premières, si consciencieuses et d'une vision si personnelle, qu'il arrive à des ensembles parfaitement appropriés à leur destination. Chaque élément qui doit concourir à l'impression générale est fixé dans son caractère propre et en rapport avec ceux qui l'accompagnent pour un effet déterminé, et cela sans jamais une faute de goût, avec un sentiment très sûr des lignes, des couleurs et des masses.
M. Jacques Gruber ne se contente pas de styliser les formes qu'il obtient par ses dessins analytiques. Ce serait une méthode de sécheresse et de pauvreté d'imagination. Qu'il prenne comme modèle une fleur, il en tirera des motifs différents selon qu'ils devront être interprétés dans le bois, le fer, ou bien qu'ils serviront pour des dentelles, des
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Grande baie d'escalier. — Mosaïque de verres et gravure. — Roses et mouettes.
tissus. La plante en plus restera vivante dans ses formes ornementales, avec son individualité et son caractère.
Il faut que M. Jacques Gruber joigne à sa science du dessin et de la composition décorative, à ses qualités d'invention, une connaissance exacte de l'utilisation de la matière et des moyens techniques de la travailler.
Pour créer ses modèles, d'une exécution si réalisable, il a étudié la pratique des métiers, et son activité artistique a pu s'étendre à presque tous les arts industriels et décoratifs : peinture murale, mobiliers d'art, installations d'intérieurs, tissus, sculptures, broderies, dentelles, vitraux, etc. Son œuvre est abondante, variée, sans uniformité. Elle témoigne d'un esprit fertile, et chaque objet d'art sorti des ateliers de M. Jacques Gruber, par ses qualités matérielles de fini et de solidité, manifeste de son savoir de praticien et de technicien.
Sans négliger aucun de ses travaux, M. Gruber s'est consacré depuis plusieurs années à la renaissance de l'art du vitrail.
Le temps qu'il avait passé comme décorateur, dans une des plus importantes verreries de Nancy, lui avait appris quelles étaient les applications diverses des verres dans les vases artistiques. Il en avait conçu le désir de rénover le vitrail d'appartement tombé dans le discrédit parmi les architectes et les amateurs. En effet, les verriers le traitaient comme le vitrail d'église, en peinture, de grisailles et d'émaux, n'obtenant que des verres opaques avec de rares clairs entourés de foncé. Ces vitraux d'aspect fermé et
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étouffant n'étaient pas à leur place dans des appartements où il faut de la lumière, des harmonies adoucies, des valeurs délicates, des colorations atténuées.
Certains peintres verriers avaient bien essayé de remédier à cet inconvénient d'opacité, en supprimant la peinture et en exécutant une simple mosaïque de verres de couleur. Les vitraux obtenus par ce moyen avaient une apparence de sécheresse, lorsqu'ils étaient dans une tonalité claire, et de brutalité quand l'harmonie en était très colorée.
Le problème à résoudre était très délicat et très complexe. Il s'agissait de faire des vitraux en accord avec des ensembles décoratifs et de ne pas enlever au verre sa qualité essentielle de laisser passer la lumière. Et cependant il fallait donner au décor du vitrail un modèle précis, quoique enveloppé, arriver à des passages de tons adoucis, atténuer la crudité des verres commerciaux.
M. Jacques Gruber a solutionné ce problème par le mordançage des verres et leur superposition. Dans des panneaux de nénuphars, il a pu modeler les fleurs et les conserver brillantes, en les liant ainsi que leurs feuilles à l'eau sur laquelle on retrouve des accents de leurs tons atténués. Pour donner ces modèles et ces changements de tons, M. Gruber n'a pas employé les émaux, même des translucides qui
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Paysage des Vosges. — Mosaïque de verres opales.
(Acquis par l'Etat.)
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n'ont pas la vibration des verres de couleur. Avec son procédé, il a obtenu des vitraux très colorés, sans brutalité, les passages de tons étant adoucis, d'autres de tonalités claires, sans sécheresse, et même de tons rompus, sans opacité et vibrants, les verres conservant leurs qualités lumineuses.
Avec le mordançage et la superposition, M. Jacques Gruber a produit des vitraux d'une grande nouveauté. Il en a adapté certains à des portes de séparation, entre deux pièces, salon et salle à manger, en combinant l'effet par la transparence et l'effet en opacité, de sorte qu'ils sont décoratifs à toute heure, soit qu'on les voie éclairés de l'intérieur ou de l'extérieur. En outre, toujours à l'aide des enlevés de tons sur le verre, il est parvenu, comme dans les vitraux de l'Hôtel d'Angleterre, à Nancy, à laisser des parties de glace tout à fait transparentes, liées au vitrail par des dégradés, pour arriver dans l'entourage de la baie à une mosaïque colorée se tenant avec les décorations murales. Ainsi le vitrail décore la baie, et laissant une surface libre, permet de goûter la vue d'un paysage, d'un aspect de ville, en leur servant de premier plan.
Tout en usant de la même méthode, M. Jacques Gruber varie sa manière suivant les effets à obtenir. C'est par une étude particulière de la superposition de verres en plaques sans mosaïque, et par le mordançage, que dans un vitrail d'aquarium qui sert de porte, il a pu donner l'impression de l'intérieur de l'eau avec algues et poissons, cette décoration étant rehaussée par l'entourage interprété de mosaïque de verres.
Les procédés d'art de M. Jacques Gruber, en ce qui touche le vitrail, ont complètement rénové une industrie qui languissait dans l'empirisme. Ils permettent l'emploi des verres colorés, dans toutes les décorations, intérieures et extérieures, apportant de nouvelles et précieuses ressources aux architectes et aux décorateurs. D'une rare souplesse et se prêtant aux plus diverses interprétations, ils étendront le domaine du vitrail approprié aux besoins modernes.
Mais l'effort considérable, et si varié, que M. Jacques Gruber a dû fournir pour cette rénovation, pour cette création pourrait-on dire, n'a pas épuisé son activité artistique. Avec la collaboration de Mme Gruber, il a composé des dessins de broderies et de dentelles qu'exécute une grande maison de Lorraine. En dehors des qualités originales des modèles, c'est encore une admirable tentative de rénovation qui convient autentiment
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Chemin de table (lézards et papillons). Broderie anglaise et barrettes de Venise.
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de M. Jacques Gruber, actif et généreux. Peut-être l'industrie dentellière jadis si florissante en Lorraine, et aujourd'hui si épuisée, lui devra-t-elle un regain de vie ? On n'en saurait douter, si les industriels suivent ses conseils, appuient son effort. C'est ainsi que la production de M. Jacques Gruber n'a pas seulement un caractère artistique nettement prononcé mais encore une vaste signification sociale. Et l'on pourrait lui appliquer, pour conclure, les belles paroles de M. Raymond Poincaré : « Les arts ne se confondent pas, mais ils sont solidaires. Le mouvement intellectuel et esthétique dans un pays suit des règles générales qui n'excluent pas la variété, mais qui rapprochent à distance, dans un sens commun, les esprits les plus divers. Ce qui se passe autour de nous ne saurait nous être indifférent. Nous sommes de notre race et de notre temps. C'est à notre race, à notre temps, à notre milieu, que nous devons demander nos inspirations. »
Louis Lumet.
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La Société des Peintres et Graveurs de “Paris”
STEINLEN. Affiche pour l'Exposition. (Lithographie.)
A tendance relativement récente à multiplier les expositions et à les restreindre en même temps, à les spécialiser presque, jusqu'à être limitées parfois à un seul artiste, a soulevé d'ardentes polémiques.
Trop souvent, il est vrai que ce ne sont que prétextes à snobisme ou pire encore : amorçages de ventes.
Il n'en reste pas moins qu'il y a dans cette sorte de décentralisation, lorsqu'elle est sincère et uniquement inspirée par des sentiments artistiques, une tendance très intéressante : elle permet à une exposition de former une synthèse, d'exprimer une idée générale, de faire que les œuvres réunies là, quoique conservant chacune sa personnalité, ses défauts et ses mérites, concourent toutes à une harmonie unique dont on conserve un souvenir, une empreinte.
Allez donc emporter une impression durable qui modifie ou enrichisse le fond artistique qui habite en nous d'une exposition comme Volney ou l'Epatant, malgré la valeur très réelle de certaines œuvres.
Mais l'intérêt profond qui peut émaner de la réunion de quelques artistes dominés par une idée commune, a trouvé son expression parfaite dans cette première exposition des Peintres et Graveurs de Paris auxquels les salles intimes, lumineuses et pourtant inspiratrices de méditation, de chez Devambez forment un cadre de dilettantisme.
Cependant combien parmi celles ou ceux venus là passer quelques instants entre un essayage et un thé, se sont rendus compte que le simple fait d'avoir réuni de telles œuvres qui provoquent aujourd'hui leur rapide admiration avait nécessité tant d'esprit aventureux luttant pendant de longues années sous les critiques les plus amères.
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On semble vraiment par trop oublier l'évolution admirable bien qu'encore incomplète, qui s'est produite en France à la fin du xixe siècle, cette emprise de l'art sur un domaine insoupçonné, ces sensations esthétiques encore inconnues il y a quelques générations, surgissant dans la floraison impérieuse d'une nature renouvelée et qui maintenant à chaque instant ébranlent nos nerfs ou charment nos esprits.
Pendant si longtemps on avait discipliné les intelligences à cette règle absolue que la nature entière était divisée en deux parties : d'un côté les choses dites artistiques et
CHENARD-HUCHÉ.
Montmartre sous la neige. (Peinture.)
de l'autre... le reste, sur lequel il était de mauvais goût et digne d'une nature grossière de jeter les yeux.
On trouve la première révolte chez les Goncourt, ces visionnaires du mouvement artistique moderne, qui ont pressenti les trois grands courants de la sensibilité esthétique contemporaine : le japonisme — l'amour du xvm^e siècle — l'impressionisme.
Dans cette Manette Salomon qui, sous une forme de roman, est l'étude peut-être la plus vivante, la plus merveilleuse de toutes les tendances artistiques d'il y a vingt-cinq ans, on trouve cette tirade d'une si belle allure emportée et si caractéristique :
« Al'artiste jeune, débutant, inconnu, qui aura exposé une toile remarquable, que l'Etat donne une somme d'argent, que l'artiste aille où il voudra ; qu'il voyage si c'est son humeur, qu'il reste si c'est son goût; qu'il regarde, qu'il étudie sur place, qu'il travaille à Paris, et sur Paris,
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Pourquoi pas? Pincio pour Pincio quand il prendrait Montmartre? si c'est là qu'il croit trouver son talent, le caractère caché dans toute chose qui se révèle à l'homme né pour le voir.
« Eh bien, celui qu'on encouragera ainsi en le laissant tout à lui-même, en lui jetant la bride de son originalité sur le cou, s'il est le moins du monde doué, je puis l'assurer que ce qu'il fera ce ne sera ni du beau Blondel, ni du beau Picot, ni du beau Abel de Pujol, ni du beau Hesse, ni du beau Drolling... pas du beau si noble, mais quelque chose qui aura des entrailles, des tressaillements, de l'émotion, de la couleur, de la vie. »
La prophétie s'est réalisée, la vie moderne a eu droit d'accès dans la cité mystérieuse réservée jusque-là aux vieilles légendes. On a enfin compris que le cadre même où s'accomplissait notre existence quotidienne, où nous souffrons, où nous pleurons, où nous essayons de saisir des lambeaux de joie, pouvait par son évocation faire frémir notre sensibilité de la manière la plus intense.
Quel homme parmi nous possède un souvenir d'émotion un peu vive attaché à un de ces décors de théâtre dont s'encombraient la littérature et l'art d'il y a vingt ans? Quel homme n'a pas eu une vraie larme se mêlant à la brume moite d'une fin de jour d'automne parisien avec la lueur falote des réverbères clignotant pour étoiles?
Les poètes l'ont compris et ont osé l'exprimer avant les peintres : Verlaine par sa chanson rappelle à la lumière la foule des proscrits, puis c'est le petit groupe connu sous la dénomination d'ailleurs inexacte de symboliste, la jeune école qui naquit à l'ombre du Mercure de France.
Francis Jammes chante la simple armoire luisante, sentant bon la cire et les confitures, qui a connu ses parents et dont il parle comme d'une amie. Un peu plus tard, la comtesse Mathieu de Noailles mêle audacieusement dans une même strophe l'émotion raffinée des amours d'Yseult et la voix d'un orgue de Barbarie jetant sa plainte dans le silence ambigu d'un dimanche parisien : toutes les sensations se mêlent,
FRANK BOGGS.
Ancienne Académie de Médecine. (Peinture.)
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s'enchevêtrent, se bousculent pour jeter leur cri de joie ou de douleur : la vieille hiérarchie établie avec tant de peine par les Ecoles est balayée.
Mais on devait aller plus loin encore : on a osé prêter la forme sacrée du poème à ce qui faisait le plus horreur aux prétendus poètes d'autrefois, de ce temps où l'artiste était obligé d'avoir de longs cheveux et un pantalon d'une coupe spéciale — c'est ce qu'on appelait de l'indépendance — on a osé consacrer la langue des dieux à la vie fiévreuse et trouble d'une grande ville moderne, bien plus à celle qui semblait personnifier le règne des Barbares, à l'usine avec tout son grouillement de forces déployées, de haines contenues, de joies bestiales, l'opaque voile de nuit de ses Jours, les trainées lumineuses et sanglantes de ses Nuits.
Les peintres, les sculpteurs ont suivi : un Constantin Meunier fait sa gloire en fixant dans le bronze l'effort de l'ouvrier ou l'âme sourde du mineur.
Quelques années passent, bon gré mal gré, on doit accrocher au Luxembourg un tableau de Monet inspiré par l'espèce d'angoisse pleine d'inconnu et de rêve d'une de ces gares où les grands trains s'ébranlent pour les pays lointains au milieu du magique emmêlement multicolore des feux des locomotives, des fumées rougeâtres, des lanternes qu'on agite……
Encore quelques années et H. Rivière fait paraître un album d'estampes consacré à la Tour Eiffel ; pas une protestation ne s'élève : l'art avait reconquis sa liberté.
Eh bien, cette première exposition des peintres et graveurs de Paris rappelle, résume ces efforts merveilleux, elle redonne conscience de ce triomphe de la sensation vraie, car, sans lui, elle n'aurait pu naître.
Ce n'est pas seulement parce qu'elle est consacrée à Paris que cette exposition est caractéristique : depuis la marée romantique, il était d'une âme d'artiste de faire quelque effet de lune sur des débris de la vieille ville, d'y rechercher cette négation artistique qu'on appelle « le pittoresque ». Sans doute quelques-uns de ceux qui exposent chez Devambez s'en sont tenus là et à voir leurs charmants paysages on croirait vraiment que Paris est le nom d'une jolie campagne.
A. LEPÈRE.
Le nivellement de la place Maubert. (Eau-forte.)