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CHAPLET. Porcelaines flammées. L'Exposition de la Porcelaine française moderne au Musée Galliéra Les sont loin, les temps où Mirbeau pouvait écrire : « Je suis allé voir le Conservateur du Musée Galliéra et j'ai demandé à ce fonctionnaire : Qu’avez-vous à conserver, Monsieur le Conservateur ? — Mes appointements, m’a répondu ce fonctionnaire ! » Le Conservateur actuel, le très actif M. Delard, n’a pas connu cet âge d’or de doux farniente. Il entrait à Galliera comme la première exposition d’Art industriel moderne et français fermait ses portes, et, depuis, les artistes et le public averti qui fréquente Galliéra n’ont pu qu’applaudir aux installations ingénieuses et aux gracieux décors dans lesquels cet homme de goût nous a présenté successivement, depuis cinq ans, et sans aucune monotonie, en dehors des expositions permanentes, les arts de l’Ivoire, de la Dentelle, du Fer forgé, du Cuivre et de l’Etain, de la Soie, et enfin, cette année, de la Porcelaine. Il est à remarquer que le Jury du Musée Galliéra qui, sous la présidence si éclairée de M. Quentin-Bauchart, décide de l’ordre dans lequel doit être soumise au public la série des arts industriels, a arrêté son choix, à plusieurs reprises, sur un certain nombre d’arts nationaux qui, après avoir fait la gloire de nos artisans de France, sont aujourd’hui déchus ou tendent même à disparaître, soit en raison des changements survenus dans les mœurs de notre société, soit par suite de la supériorité de la concurrence étrangère.

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L'ART DECORATIF ERNEST CARRIÈRE. C'est ainsi que le Jury du Musée Galliéra essaya de rénover, en des expositions qui souvent révélèrent des sources de vie insoupçonnées, l'art perdu des ivoiriers, les merveilles sorties des mains patientes des dentellières et des brodeuses, partout concurrencées par les métiers mécaniques, et enfin, cette année même, la Porcelaine, qui fut longtemps un art français et dont la valeur artistique a tellement décliné, en France, que notre Manufacture Nationale, elle-même, en est à reproduire aujourd'hui les formules qui ont fait la réputation des décors de Copenhague. L'exposition actuelle de notre Manufacture Nationale semble devoir cependant modifier, à ce sujet, l'opinion, peut-être prévenue, des amateurs et des artistes. Voyez, parmi les pâtes appliquées, ce vase exécuté par Pihan, dont le décor d'anis sauvages, dessiné par Mlle Rault, est d'une harmonie un peu triste, mais d'un goût certain. Bien que la stylisation du décor soit d'une inspiration trop scandinave, l'œuvre, dans son ensemble, est agréable et résume toute une suite d'efforts pour échapper aux formules hybrides, en faveur à Sèvres vers 1880. D'intéressantes montures, où le fer forgé de Brandt remplace avantageusement le bronze doré coutumier, s'enroulent harmonieusement autour de ces vases de Chelles, à couvertes cristallisées, dont Sèvres, depuis longtemps, a su faire des œuvres parfaites. A signaler encore, comme une très belle pièce de BOURGEOT. Vase Monnaie-du-pape. (Manufacture de Sèvres.)

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porcelaine dure, le grand vase d'Auxerre, rouge de cuivre, reposant sur une monture en bronze doré de Sandoz. Mais où l'intérêt des admirateurs de la Porcelaine française ne pourra manquer de s'arrêter, c'est sur les pièces d'un remarquable coloris et d'un décor charmant, où se marient heureusement les trois couleurs républicaines, que notre Manufacture Nationale a exécutées pour le service de table présidentiel, d'après les modèles de M. Dujardin-Beaumetz, Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts. Le pourpre de Cassius et le bleu de cobalt, qui au feu de moufle sont la base des carmins et des bleus, ont fourni toute une gamme de tons délicats, et vraiment dans la tradition de Sèvres, dont, en vrais artistes, ont tiré le plus habile parti MM. Richard, Léger, Uhlrich, Mimard et Trager. Il faut louer M. Dujardin-Beaumetz et ces praticiens d'avoir établi ce service de table qui, tout en conservant un véritable caractère de simplicité démocratique, renouvelle les formules qui firent la grande réputation du Sèvres du XVIIIe siècle. Malheureusement, il semble que Sèvres se détourne de sa voie, quand son plus grand souci est d'éditer en biscuit les principales œuvres de statuaire contemporaine, sans rechercher si la matière fragile et un peu plate du biscuit convient pour traduire la puissance de certains ouvrages. Il faudrait, pour en arriver à un parfait accord du sujet et de la matière, revenir aux saines traditions de Falconet,de Bachelier, de Boizot et de Le Riche, et ne reproduire en biscuit que des modèles conçus pour être exécutés dans cette matière. Le Musée de Sèvres a envoyé un certain nombre d'œuvres céramiques de Rodin qui lui appartiennent. Au premier abord, et ce que nous disions du biscuit est encore vrai ici. Le kaolin, matière délicate et transparente, un tant soit peu féminine, semble peu destinée à refléter le génie puissant du pétrisseur de géants de l'Age de Jer, du Saint Jean Baptiste et du Penseur. Rodin porcelainier, ces deux mots juxtaposés vous ont un petit air de paradoxe. RODIN Vase pompéin : La Nuit. (Manufacture de Sèvres.) --- L'ART DÉCORATIF

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L'ART DÉCORATIF Et pourtant, Rodin travailla à Sèvres et y laissa des œuvres dignes d'être considérées, ne serait-ce qu'à cause du respect qu'inspire son nom. Les deux vases Pompéi sont vraiment de belles pièces, de vraies pièces de musée, dans leur symphonie sourde de beiges et de bistres, rehaussés d'or, deux beaux cratères d'un style pompéien qui eût charmé le prince Napoléon. L'un célèbre l'éveil du Jour, avec des danses de jeunes filles et des fuites d'enfants. Mais, pour chanter la Nuit, les gammes sont les mêmes, encore qu'on les voudrait plus assourdies. La figure de la Nuit est d'un beau modelé, largement indiqué : elle tient un amour, et d'autres amours volent autour d'elle. Nous retrouvons, à deux pas, une étude en grisaille de cette figure qui est une merveille ; mais là, comme dans les vases Pompéi, ce n'est nullement le céramiste que nous admirons, c'est Rodin. D'autres envois font davantage ressortir le désaccord indiscutable entre l'Art de Rodin et les exigences de la céramique. C'est l'abat-jour (farandole bachique) où la danse des faunes et des enfants, pour être perceptible, a dû être soulignée de filets d'or; c'est un vase où passent des enfants, rudement ébauchés, et dont le col est cerné d'une large bague bleu, or et vert, sans aucun rapport avec le décor vigoureux du vase. Ce sont enfin les vases Saigon, les vases bleu de Chine, dont le décor à peine esquissé disparaît complètement sous les turquoises de la couverte. Mais voici des pièces où la finesse de la matière le dispute à l'élégance du décor. Voici de vraies œuvres de céramiste : elles sont signées Dammouse. Il y a là une étude patiente et remarquable de la décoration des services de table. Certaines assiettes sont des miracles de grâce originale, témoin celle où s'envole, sur un fond gris de perle, un canard sauvage. Et le même rêve brumeux, fleuri d'étrangeté, se déroule autour des grands calices, des bols, des gobelets, autour de ce vase où s'effeuillent de fragiles églantiers, de cet autre qu'alourdissent des touffes d'œillets. Dammouse est pour la céramique ce que Le Sidaner est pour la peinture. Avec Ernest Carrière, nous voyons ce que peut donner le biscuit, quand il reproduit un modèle créé spécialement pour lui. Quelle délicieuse garniture de chemin de table pourrait composer la série humoristique des martins-pêcheurs ! Mais Carrière est, non seulement l'habile statuaire du groupe Coq et Poule, il est aussi, il tient à être le maître potier, héritier des savantes formules de Deck, et il nous expose, au milieu de ses biscuits, deux de ces vases blancs, si difficiles à obtenir, qui, avec leur simple « décor arbre », ne peuvent manquer d'être recherchés des amateurs. Il LACHENAL. Vase Narcisses.

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L'ART DÉCORATIF faudrait aussi parler du vase aux grenouilles, de nuance indécise, couleur d'eau stagnante. Voici Thesmar et ses émaux cloisonnés sur pâte tendre, d'une matière évidemment précieuse, mais, par malheur, d'un décor peu moderne, d'un goût un peu vieillot, avec des dissonances de tons, des crudités jaunes, violettes, bleues, qui sont pénibles. Les bonbonnières à violettes sont insignifiantes, en tant qu'œuvres d'Art. Mais la matière est toujours magnifique, au-dessus de la louange — ainsi dans la soucoupe aux papillons, où elle se révèle dans sa simplicité. Les porcelaines tendres, décorées d'émaux transparents à jours sur pâte et sur paillons, de Naudot, sont d'autres tours de force. Les cœurs-de-Marie des calices ont l'éclat et la limpidité de béryls. Il faut en convenir, ce n'est plus là de la céramique, mais de la joaillerie. Certaines tasses à café, aux guirlandes un peu trop chargées, n'en sont pas moins comme des accessoires de féerie. Dans le palais enchanté de la Belle au Bois dormant, il devait y avoir, sur des étagères de cristal, des tasses semblables. Decœur, toujours en progrès, mais auquel on souhaiterait un peu plus de souci de l'harmonie des formes, nous expose une série de porcelaines flammées. Un beau vase bleu grummelé de vert : de la mousse incrustée dans le marbre d'une vasque ; une magnifique potiche chinoise vert-de-gris, avec comme des reflets de vigne-vierge rouge ; une théière un peu lourde ; et surtout — manifestation intéressante au double point de vue industriel et artistique — une suite de boutons en porcelaine flammée, dont certains sont d'un goût charmant.

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L'ART DÉCORATIF 48 DECŒUR. Vase à décor de feuillages. Les porcelaines mates de M. Michel Cazin sont d'une tristesse et d'une monotonie désespérantes. Bien des profanes croiront voir de simples modèles en plâtre. Chacun sait que porcelaine voulait dire nacre à l'origine et que c'est à sa transparence nacrée qu'elle doit son nom. N'est-ce pas détourner la porcelaine de sa fin véritable que de la présenter, dépouillée de sa nacre, et devenue ainsi une des plus ingrates matières qui se puisse imaginer? Ajoutons qu'ici les montures en bronze doré soulignent encore la pauvreté de cette matière, dont on ne peut espérer autre chose qu'un éphémère intérêt de curiosité. Et que dire de la lourdeur des formes? Tout cela est germanique, n'a rien de français. Approchons-nous avec respect des productions de Chaplet. Cet artiste, qui fut un des rénovateurs de la poterie, un de ceux qui rêverent, avec Bracquemond, de renouveler les formules désuètes de notre Manufacture Étude pour le Vase « La Nuit ». RODIN. Voici Bourgeot, et son vase Monnaie-du-pape, d'une conception bien moderne et vraiment décorative; Lachenal, et son beau vase ovoïde où des narcisses étoilent de leur pâleur un ciel d'un bleu très faible; Le Châtelier, dont les porcelaines au vanadium ont un aspect préhistorique, par trop barbare, à force de raffinement; voici les productions de Delaherche, d'une matière admirable, conçues avec un mépris parfait de la forme et du décor, dans une belle harmonie de bruns clairs et de jaunes de Naples mordorés.Voici Nicolas, et ses porcelaines d'un blanc crémeux, sa gourde au serpent, son délicat pichet quenouille de maïs; Carrier, technicien justement réputé, dont les recherches de lignes sont parfois peu heureuses, mais dont la matière savante ne peut que retenir l'attention: son vase boule de forme chinoise, au décor de narcisses, qui appartient au Musée de Sèvres, est certainement une des pièces les plus remarquables de l'exposition. Voici enfin, de Deck, de beaux flammés et un grand vase d'un gris-olive où dansent des enfants, dessinés par Joseph Chéret.

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L'ART DÉCORATIF Nationale de porcelaine, continue, malgré les ténèbres de l'âge, à lutter avec cette fée capricieuse qu'est la flamme. La grâce du décor, qu'il posséda jadis, lui échappe aujourd'hui, mais ses doigts de praticien sont sensibles comme des yeux pour juger de la perfection de la matière, du nombre de feux encore nécessaires pour que son rêve de beauté se réalise, et c'est par un de ces miracles que, seule, peut produire la volonté d'un grand artiste, qu'il nous est permis de contempler encore ces nouvelles céramiques, d'une si grande délicatesse de tons, qu'a dû longuement caresser le songe de l'artiste aveugle. Taxile Doat, très discuté, à l'heure actuelle, par ceux qui n'admettent pas qu'un céramiste puisse avoir d'autres soucis que la beauté de la matière, Taxile Doat nous montre ce que peut produire la recherche du décor et de l'agencement des formes, alliée à la perfection de la pâte. On peut contester l'utilité du médaillon qui lui est cher. Mais il est impossible de ne pas admirer des créations aussi originales que la Flûte de Pan, le grand plat des Baisers, le petit vase bistré, intitulé les Favoris de Cybèle, le beau plateau bleu de Sèvres des Gémeaux, le petit plateau lie-de-vin au centre duquel, en un médaillon orange, se détache le profil de la Gorgone, et enfin, tout à fait hors de pair, le grand plat irisé, admirable autant qu'une majolique de Gubbio ou de Faenza. Il nous reste à jeter un coup d'œil, souvent attristé, sur les grandes vitrines où s'entasse la porcelaine purement commerciale. Les productions limousines de Haviland et Cie, celles de Théodore Haviland, révèlent un souci complet de la plasticité du mélange feldspathique. Pourquoi la direction d'un véritable artiste ne se sent-elle pas dans la fabrication de ces services de table, de ces jardinières, de ces tasses à café, CARRIER. Vase boule chinoise. Décor de narcisses. DAMMOUSE. Vase.

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L'ART DÉCORATIF tout cet art vraiment industriel? Il faut noter, pourtant, à l'exposition Théodore Haviland, une chocolatière décor vieux Chine, un service de table commandé par Geo Rouard, un chien de Desbois, en biscuit rehaussé d'émaux mats, des assiettes décor vieux Chine, et, chez Havilland et Cie, les assiettes de Bracquemond et de Girardin. Pillivuyt et Cie, de Mehun-sur-Yèvre, présente toute une suite d'œuvres vraiment artistiques, produites sous la direction éclairée d'Alphonse Lamarre. C'est un vase de forme allongée, jaspé en chutes, décoré de plumes de paon, et monté en argent; ce sont des assiettes plates composées par Habert-Dys ; de beaux vases vert-bleu dégradé; toute une riche gamme de tons roux, jaspés d'agate. Gérard, de Limoges, sous la direction artistique de Jouve et de Colonna, nous montre des pièces gracieuses, très stylisées, d'après les modèles de ces deux artistes et aussi de Dam-mouse et de Feure. C'est dire l'agrément de ces porcelaines industrielles et, partant, accessibles au grand public. Comme Pillivuyt, il convient de féliciter Gérard d'avoir su se dégager de formules démodées et qui, d'ailleurs, n'eurent jamais rien d'artistique. Boutigny expose une assiette de chacun des services qui lui furent commandés par six présidents de la République. Le marli d'un de ces services est décoré d'une guirlande de lis. Qu'on ne croie pas qu'il s'agit du service du maréchal de Mac-Mahon. C'est simplement le service de l'infortuné président Carnot. Auprès des biscuits de Waldmann, une autre exposition industrielle, également intéressante, celle de Mougin. Voilà véritablement ce que doit être l'Art décoratif commercial : d'une formule simple, d'un Art sincère, et d'un prix modeste, à la portée des bourses les plus humbles. De semblables efforts de vulgarisation artistique méritent d'être encouragés et soutenus. Mentionnons encore l'Exposition de l'Ecole nationale d'Art décoratif de Limoges qui a envoyé des carreaux de céramique et une série de plats, d'un beau sentiment décoratif, inspiré directement par les combinaisons fleuries des faïences rhodiennes et persanes, et saluons enfin ces courageux et nobles artisans de l'Association des Arts limousins, ouvriers des grandes fabriques de Limoges qui, après le pénible labeur de la journée, en rentrant au foyer, reprennent leur travail, cette fois, pour satisfaire au besoin d'Art qui est en eux, cherchant des formules neuves qui, même dans leur naïveté, sont toujours respectables, prouvant ainsi aux incrédules quelles forces vives et patientes l'Art peut trouver demain dans les masses ouvrières, pour peu qu'on se donne vraiment la peine de les conduire vers la Beauté. RAYMOND ESCOLIER. MANUFACTURE DE SÈVRES. Dessiné par Mlle Rault, exécuté par Pihan.

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VITRY-SUR-SEINE. Château du financier Du Petit-Val. Façade sur la cour d'honneur. Vieilles Maisons des Environs de Paris (Département de la Seine) Documents d'architecture et d'art décoratif inédits A ville de Paris a ouvert récemment, dans une partie des locaux du rez-de-chaussée du Palais des Beaux-Arts, une nouvelle exposition de photographies documentaires. C'est la troisième depuis deux ans. Les sujets proposés cette fois aux amateurs et aux rares professionnels qui, pour la vaine gloire d'une récompense honorifique, prennent part à ce concours, ont été le Jardin du Luxembourg, le Jardin des Plantes et les vieilles demeures, maisons ou châteaux, éparses aux environs de Paris compris dans l'intérieur du département de la Seine. Des deux premiers sujets il n'y a presque rien à dire : le but évident de leur choix a été de combler une lacune dans les collections municipales. Le dernier a eu cet avantage de révéler un certain nombre de vestiges curieux d'un passé souvent fort lointain ; les recherches qu'il a provoquées ont rapporté une série intéressante de documents inédits, à la suite de cette moisson, l’Art décoratif a beaucoup à glaner. Parmi les envois qui constituent l'ensemble assez modeste de l'exposition, celui de MM. Séeberger frères vaut d'être signalé spécialement à l'attention du public. Il s'impose d'ailleurs, non seulement par la quantité — il renferme plus de trois cents épreuves grand format — mais encore par des mérites d'ordre supérieur qui ajoutent aux

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L'ART DÉCORATIF qualités d'exécution que doit avoir avant tout une photographie irréprochable, un attrait particulier. Mais, la série des cent vingt-cinq vues de vieilles maisons des environs de Paris est absolument hors de pair. Stains, Clichy, Asnières, Issy, Arcueil, Villejuif, Choisy-le-Roi, Vitry, Charenton, soigneusement visités par MM. Séeberger, leur ont fourni matière à de nombreux clichés. Il y avait, dès le moyen âge, à Stains une seigneurie, le fief ou château de La Motte, appelé au xve siècle fief Taupin de Neuville et encore fief de La^Motte-Adam, et qui CHOISY-LE-ROI. Un des pavillons situés à l'entrée du parc. (Cliché Seeberger.) relevait des sires de Montmorency. De ce château, reconstruit vers la fin du xvire siècle et le commencement du xviiie, il subsiste, en bordure de la route de Pierrefitte, une façade à laquelle on accède par une porte monumentale précédée d'un pont qui franchit un fossé rempli d'eau. La porte, reproduite ici, est d'un style puissant et noble quoique de transition entre les splendeurs majestueuses du règne de Louis XIV et les raffinements délicats de la Régence. De chaque côté de la baie principale, dont l'arcade est surmontée d'une clef de voûte aux armes parlantes des seigneurs de Stains et couronnée d'un fronton arc-bouté sur des consoles, les angles sont prolongés par deux pans coupés en forme de demi-cercle, percés d'œils-de-bœuf et de portes actuellement condamnées. Le monument est revêtu du haut en bas d'un système de bossages, qui, en comparaison de la rocaille largement épanouie sur le tympan du fronton, semble une concession de l'architecte aux traditions sévères du temps passé. La commune de Stains paraît prendre quelque souci de l'entretien de cette relique. Il y a une vingtaine d'années,

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L'ART DÉCORATIF un remblai s'était formé devant la façade du château, menaçant de faire disparaître le fossé. Après délibération du Conseil municipal (séance du 15 février 1880), le maire de la localité invita le propriétaire à rétablir le pont « sur l'étang » et à remettre les choses dans leur état primitif. Il est probable que c'est au comte de Maulevrier qu'est due vers la fin du XVIIe siècle la construction de la charmante habitation, folie, rendez-vous de chasse, pavillon de musique comme l'on voudra, lieu de plaisir assurément, dont on retrouve les traces à CLICHY. Clichy, au n° 7 de la rue du Landy. Une tradition, probablement erronée, a conservé à cet édifice le nom de « Maison de Dagobert ». On sait que Dagobert eut une villa à Clichy où, suivant Grégoire de Tours, il célèbra « dans la quarante-deuxième année du règne de son père Clotaire », c'est-à-dire en 624, ses noces avec la princesse Gomatrude, sœur de la reine Sichilde. En quel endroit s'élevait cette villa ? Il serait peut-être téméraire d'en fixer l'emplacement à l'adresse indiquée ci-dessus. Au n° 7 de la rue du Landy, on voit tout d'abord un portail en pierre de taille, ayant gardé les traces de sculptures qui symbolisent la Musique et la Chasse par des lyres, des arcs et des carquois. Malheureusement, ce portail, qui semble dater de la fin du XVIIe siècle ou du commencement du XVIIIe, est fort délabré. En entrant dans la première cour, on aperçoit un long bâtiment tout en façade dressé sur un perron de quatre marches presque aussi long que lui. Ce corps de logis comporte un rez-de-chaussée et un étage. Le rez-de-chaussée est percé de huit