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First pages of the volume, freely accessible.

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JEAN CARRIÈS AU PETIT PALAIS GRACE à M. Georges Hoentschel, auteur d'un bel exemple d'amitié persévérante et de désintéressement, le nom et l'œuvre de Jean Carriès sont assurés de vivre autant que nos musées, puisqu'au Petit Palais une salle commémorera désormais le rôle si décisif joué au XIXe siècle dans la renaissance de l'art décoratif par le potier génial, audacieux et tenace, mort à 39 ans, presque sur le seuil du Temple qu'il rêvait de bâtir. M. Georges Hoentschel — auteur lui-même de grès remarquables qui ne furent pas appréciés à leur valeur technique — dans son admirative affection pour l'ami disparu, a largement fait les choses. La collection qu'il a installée au Petit Palais est le plus parfait ensemble existant de l'œuvre de Jean Carriès et permet de juger l'importance du labeur accompli et tout ce que doivent à ce merveilleux innovateur ceux qui l'ont suivi. Fils d'un cordonnier et d'une servante, Carriès n'eut pas à subir cette éducation monotype selon laquelle on modèle tous les jeunes gens plus ou moins destinés aux carrières libérales. La médiocrité de son extraction et la misère de ses débuts eurent, en ce qui concerne le développement de sa nature d'artiste, d'heureuses conséquences. Ayant perdu son père et sa mère dès sa sixième année, il fut placé dans un orphelinat par les soins de la mère Callamand, attendrissante figure de sœur de charité qui s'était occupée des parents de Carriès et qui ne cessera de protéger leurs enfants, Jean-Joseph et sa sœur Agnès. À l'orphelinat Denuzière, Carriès vécut dans l'inapplication et l'indiscipline, jusqu'au jour où, selon son désir, il fut placé en apprentissage chez un sculpteur d'images de piété nommé Vermare. À cette date commence sa vie d'artiste, non qu'il ait pu trouver dans ce milieu de bas commerce des indications ou des encouragements, mais parce qu'il pouvait, à certaines heures de loisir, fréquenter les musées et les églises de la ville lyonnaise. C'est à cette époque que les moulages de la chapelle de Brou,

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L'ART DÉCORATIF au musée des Arts décoratifs, le frappèrent si fortement que toute sa vie il en ressentira la hantise. En 1870, la sœur Callamand, qui suivait ses efforts et s'initiait à ses ambitions avec une sollicitude maternelle et divinatrice, l'installe dans une petite chambre où il va pouvoir travailler selon son cœur, dans la pauvreté c'est vrai, mais avec une formidable passion. Deux ans après — Carriès a dix-neuf ans — le mirage de Paris l'a séduit. Nous le retrouvons rue de la Huchette, là encore dans un réduit bien misérable, à côté des loqueteux, des déclassés, des épaves, de tous ces Christ du bitume, qui vont lui servir de modèles pour sa longue série des désespérés, et dont il affectionnera toujours les faciès de désolation. Il semble que de son enfance, passée dans une atmosphère de deuil, il gardera toute sa vie une prédilection pour les sujets amers. Son art s'en sera à ce point imprégné de gravité que même dans la grâce souriante de ses visages de jeune fille s'in-sinuera quelque chose de mélancolique. Quant à ces enfants qu'il connaît si bien, il flotte sur leur sommeil une sorte d'apprehension de vivre. Comme les artistes du moyen âge qu'il adorait, Carriès joignait à un esprit de nette observation une inquiétude mentale, un peu maladive, un peu religieuse, qui se glissait dans ses compositions les plus naturalistes, si l'on peut parler de naturalisme à propos d'un homme qui, jusque dans ses portraits, ne sut jamais regarder la nature que pour arriver à autre chose. Tout ceci nous explique que Carriès ait passé sans pouvoir y demeurer dans l'atelier de Dumont à l'École des Beaux-Arts. Il était bâti pour vivre en soi-même, de soi-même et avec soi-même. Cependant, il faut noter sa participation à deux Salons jusqu'au moment où, peu de temps avant son service militaire, il dut retourner à Lyon en toute hâte pour assister aux derniers instants de sa sœur Agnès, qui vivra toujours dans sa tendresse et dont il eut le temps de fixer les traits charmants dans leur expressive fatalité. De retour à Paris, rue de la Huchette et impasse d'Odessa, il se remit au travail avec exaltation. De cette époque et des huit années qui suivirent datent la plus grande partie des œuvres statuaires, entre autres le Charles Ier, l'Aveugle, le Déshérité, les por-

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traits de Jules Breton, de M. de Galhau, de M. Villeroy et de Mˡˡᵉˢ Favier, l'Évêque, la Religieuse, le Faune, les bustes de Courbet et de Vacquerie, le Guerrier, Loyse Labbé, Franț Hals, Mᵐᵉ Hals, Gambetta, Vélasquez, le Vieux Comédien, le Cuisinier, l'Infante, le Magistrat, que nous retrouvons presque tous à une exposition particulière de ses œuvres organisée en 1888 chez Mᵐᵉ Ménard-Dorian, exposition qui fut un vrai triomphe et le début pour Carriès d'une notoriété qui ne cessera plus de grandir. Il avait trente-trois ans et déjà un renom de grand sculpteur. Il allait se plonger dans des études presque nouvelles qui devaient dévorer sa vie. A l'Exposition universelle de 1878 la céramique japonaise l'avait captivé. Depuis lors il souhaita devenir potier. Séduit par le voluptueux épiderme de la matière, il avait coutume de dire en caressant certains grès: «Jamais une peau de femme ne me donnera la sensation de ça!» Il finit par satisfaire à son idée tenace de faire des grès, puisqu'après dix ans, au lendemain de son exposition chez Mᵐᵉ Ménard-Dorian, il s'exilait Le Vieux Comédien à Saint-Amand, parmi les fabricants de pots à beurre de la Nièvre, sans rien savoir d'un métier des plus difficultueux, laissant à son intuition de le tirer d'affaire et de seconder sa volonté créatrice. Le voilà donc au pays de Puisaye. Dans de vastes fours, où l'on entrerait avec cheval et voiture, les potiers nivernais font cuire au bois, jusqu'à treize cents degrés, température où les cendres fondent. Carriès remarqua que ces cendres liquéfiées coulaient en stalactites le long des voûtes. Il eut l'ingéniosité de broyer ces vitrifications et de s'en servir comme émail, redé- Monstre en forme de pot

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L'ART DÉCORATIF Grenouille faisant le gros dos couvrant, par les mêmes procédés d'induction qui avaient dû guider les Japonais dans leur trouvaille, le secret des émaux admirés en 1878 et qu'en 1889 il ira contempler avec une ferveur plus consciente encore, dans les sections japonaises et chinoises, seul ou en compagnie d'Alexandre Bigot, qui tirera aussi de profondes leçons du spectacle. En février 1889, il groupe chez lui, boulevard Arago, ses premiers résultats. Le peintre Sargent, conquis, fit commander à l'artiste par la princesse de Scy-Montbéliard, pour une somme de 60.000 frs., la porte monumentale d'une salle contenant les manuscrits de Parsifal. C'est le véritable enfer de son existence qui commence pour Carriès, enfer qui durera cinq années pour se terminer dans la désespérante agonie d'un mal de poitrine qui l'emportera, comme sa sœur, lorsque son organisme surmené ne pourra plus résister à l'atroce envahissement. La besogne de la porte était formidable et remplie d'inattendu décevant. Aussitôt le bâti architectural établi par Grasset, Carriès en modela les motifs, mais, ceci fini, les véritables complications surgissaient. « Mon travail, écrit-il à Maurice Lobre, dépasse tout ce que vous pouvez imaginer en difficultés de toute sorte. Je ne sais pas comment je tiens debout, étant sur les dents toujours... Avant de cuire, mon vieux, il me faut faire le moulage de cette porte qui a comme poids actuel 22.000 kilogrammes, qu'il me faudra diviser en 600 parties. Chaque brique demandera 4 calibres de zinc, ce qui fera 2.400 calibres à découper. Après cela, il faudra reciseler, ajuster ces 600 morceaux et les remouler un à un. Donc 600 moules, pour ce qui, à quatre mois à plusieurs, me coûtera une douzaine de mille francs... » De cette façon, le temps passait dans une fièvre sans trêve. Carriès ne s'interrompait des occupations de la porte que pour s'adonner à d'autres travaux aussi passionnants pour lui, c'est vrai, mais plus lucratifs. Cependant, c'est la pensée de la porte qui sans cesse l'affole. En 1891, il écrit à M. Klotz la lettre suivante qui dévoile sa Grand cornet avec embase grotesque

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JEAN CARRIÈS AU PETIT PALAIS constante préoccupation et sa sensibilité maladive:1 Mon cher Klotz, Je suis bien en retard pour vous répondre, d'abord pour vous remercier de votre envoi des cuivres, et pour vous donner signe de vie. Je suis d'ailleurs si troublé par ma colossale besogne que j'ai le dégoût d'écrire, même pour les choses les plus pressantes et indispensables. Soyez donc indulgent, cher ami. Mon grand travail d'ici est bien plus compliqué que jamais je n'aurais cru tout d'abord. Comme toujours, les choses débrouillées aujourd'hui deviennent très simples; mais pour les mettre au point, ça été infernal. J'ai la tête en capilotade. Je l'avais surtout le jour où j'ai entrepris une pareille besogne! Enfin, ça y est, il faut l'avaler et soyez sans crainte, j'ai la gueule de bouledogue, je ne lâche jamais. Ça se fera et ça sera épatant d'art nouveau. J'y crois fermement, sans cela je ne serais pas ici dans les broussailles du Morvan, et soyez sûr, cher Klotz, que je ne vous oublie pas au milieu de mes tracas de toutes sortes, et que si je n'ai pas été vous voir à mon très court passage à Paris, c'est qu'il n'y avait pas moyen. D'ailleurs, je ne suis resté que peu de jours pour affaires et ce n'est qu'ici que j'ai reçu votre aimable carte dont je vous remercie sincèrement. Veuillez, je vous prie, ne pas m'oublier auprès de Madame Klotz, à qui j'envoie mon meilleur souvenir ainsi qu'à toute votre famille. Amitiés, cher ami. JEAN CARRIÈS. Je serais très heureux d'avoir des nouvelles de votre ami, le malade désespéré que nous sommes allés voir avec 1 Nous devons la communication de cette lettre et de celle qui suit, toutes deux inédites, à M. Henry Lapauze, qui publia récemment sur Carriès une étude très documentée dans la Nouvelle Revue. Buste de Mme K.

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L'ART DÉCORATIF vous et l'excellent Monsieur Hayem, dont je serais également heureux d'avoir des nouvelles. C'est un sympathique. A la hâte, samedi 10 h. du soir, 12 sept. 91. La Mère Callamand La préoccupation de la porte n'empêchait pas Carriès de mener de front, avec la plus grande conscience, l'achèvement d'autres ouvrages. On en pourra juger par cette autre lettre adressée cette fois à Mme Klotz, dont il fit un buste si expressif. Chère amie, Je vous envoie ci trois épreuves de mon grand travail pour un monastère de Lyon, pour vous donner une faible idée de la chose, en attendant de palper le métal original patiné que je vous réserve pour plus tard. J'ai profité, il y a quelques jours, d'un moment de calme et je suis parti faire une cuisson de grès. Le résultat est loin de me plaire, mais devrais-je recommencer vingt fois, la chose sera un jour à souhait. A vous dire vrai, j'ai eu le trac en émail-lant. La peur de rater a amoindri mon tour de main. A un moment donné, j'ai eu peur. Bref, l'aspect manque de richesse et l'émail est trop gros pour de la statuaire. Je vous ai apporté la chose quand même pour vous la montrer et si vous désirez tous les ratés que je serai forcé de faire pour arriver au chef-d'œuvre cérame, je ne les casserai pas et vous les offre. Nous les installerons sur la façade du jardin, à Auteuil, à une hauteur de quatre mètres. Ça ne sera pas trop mal en attendant le précieux bibelot que vous conserverez à Paris. En attendant, chère amie, veuillez donc dire au porteur de ce pli, le jour que je puis vous attendre ici pour vous montrer ce qui vous intéresse, ainsi qu'à l'excellent Monsieur Klotz. J'aime-rais bien vous voir demain dans l'après-midi jusqu'à trois heures et demie. Vous verrez, par la même occasion, qu'il est des grès qui ne manquent pas d'un certain ragout pour les yeux.

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JEAN CARRIÈS AU PETIT PALAIS J'espère que vous allez bien. J'ai hâte de vous voir. Bonnes amitiés, chère Madame. JEAN CARRIÈS. J'ai mis de côté, pour votre fils ainé, quelques pièces brillantes. En 1892, au Salon du Champ de Mars, Carriès fut touché par la gloire. Il eut la consolation de se sentir enfin compris. Son exposition spéciale très importante lui donnait enfin la large place à laquelle il avait droit, mais qu'il ne pourrait plus occuper très longtemps. En effet les nerfs seuls le soutiennent, exaspérés encore par les discussions de plus en plus envenimées qu'il est obligé de subir avec la princesse de Seey. En mai 1894, Carriès, atteint de pleurésie, dut s'aliter. Le mal ne fit qu'empirer sans que l'illusion abandonnât cette nature volontaire qui devait s'éteindre le 1er juillet. Il s'était fait apporter un petit pot dont il affectionnait particulièrement l'email et s'adressant à son ami: «Vois-tu, Georges, s'exclamait-il, voilà le rêve! Voilà comment je vais la faire, ma porte!» Hélas! Pauvre espoir qui n'était qu'un espoir! M. Georges Hoentschel, par une pieuse pensée, déposa ce petit grès dans le cercueil, et la sépulture du Père Lachaise renferme encore aujourd'hui la dernière joie du pur artiste. Qui sait si, lorsque les siècles auront passé sur nos civilisations abolies, bouleversant les témoignages de l'histoire, quelqu'archéologue trouvant le petit pot gris dans cette tombe ne déduira pas: «Ici reposait un potier....» Or c'était là toute l'ambition et le rêve réalisé de Carriès: Avoir été un potier. YVANHOÉ RAMBOSSON. Désespéré

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UN INTÉRIEUR DE BELLERY-DESFONTAINES ENTRE tous nos décorateurs, M. Bellery-Desfontaines a un mérite rare : il ne cherche point des motifs singuliers. Une préoccupation domine chez lui toutes les autres, la ligne. Mais jusqu'à notre époque c'était le style qui commandait la ligne, la résolution logique de certaines formes soutenue par une communauté de goûts. Aujourd'hui, quelles formes résoudre, du moment qu'on considère celles toujours en vogue à l'École des Beaux-Arts comme des choses mortes qui ne vivifient rien? Et où rencontrer une communauté de goûts, dans un temps qui se recrée tous les jours, qui ne peut trouver son équilibre? Sans équilibre, point d'entente, ô La Palice! Pour le moment, la ligne chez un artiste ne peut donc guère avoir qu'un caractère individuel. Mais ce caractère ne suffit pas. La prédilection pour certains motifs originaux qui donne une manière ne donne pas toujours un style. Et c'est pourquoi les artistes qui ne veulent pas être personnels aux dépens de la proportion, de la simplicité et de l'harmonie sont amenés à trouver la ligne par une interprétation traditionniste. En effet, peut-il y avoir du style sans point d'attache, puisqu'il nous faut bien déjà reconnaître que la matière ni son application logique ne suffisent à déterminer une forme et que l'œuvre la plus originale se relie quand même à quelque chose?

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UN INTÉRIEUR DE BELLERY-DESFONTAINES Lorsque régnait une communauté de goûts, la tradition était entendue comme un modèle dont on s'écartait malgré soi, elle doit être entendue aujourd'hui comme un fonds de richesses rajeunies par le seul fait qu'on n'y puise plus pour les imiter, mais pour ailleurs répétée, toute la pièce tient de ce seul motif sa principale marque linéaire. C'est un hall de premier étage dans la maison d'un médecin à Marseille. Sur trois côtés s'ouvrent les portes du salon, de la salle à manger, du cabinet de consultation, les interpréter. Ainsi la tradition offre toujours à l'artiste des thèmes. Le thème cher à M. Bellery-Desfontaines est la volute ionique. Dans l'œuvre qui nous occupe aujourd'hui et dont on avait vu la maquette au dernier Salon d'automne, alliée à des verticales frustes et à des courbes en berceau, elle sert d'amortissement à d'épais chambranles; et bien qu'elle ne soit pas d'une chambre et d'une salle de bain; le quatrième côté est occupé par les baies de l'escalier. La composition forme un ensemble qui débute avec l'escalier même, au rez-de-chaussée, par une rampe d'acajou dont le motif est une interprétation de l'ombelle. La fleur est en cuivre rouge. Une grande peinture couvre le mur du fond, — paysage arcadien dans les tonalités à la fois riches

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L'ART DÉCORATIF Carton pour un panneau de porte en cuir repoussé (Exécuté par H. Rapin) et claires de l'ensemble. Et l'on débouche par une baie que soutiennent deux colonnes de grès azur aux chapiteaux verts et or. Le hall est relié à l'ornementation de l'escalier par des lambris d'acajou qui unissent entre elles les grandes portes centrales à double battant. Ces boiseries se détachent sur des murs bleu pâle; des angles, des orangiers étendent leur feuillage parsemé de fruits d'or en berceaux réguliers. Nous sommes dans le Midi sous le plafonnement d'un vitrail qui flamboie d'astres et de soleils. Des petits rectangles de cuivre rouge, comme des passants de ruban sous la frise des lambris, répondent de leur note vive aux fleurs brillantes des ombelles. Il faut louer le souci de M. Bellery-Desfontaines de ne nous avoir pas éloignés des rivages méditerranéens dans une maison de Marseille. Mais quatre impressions assez contradictoires se dégagent de son œuvre. Une ordonnance classique et grave (n'oublions pas que nous sommes chez un médecin) commande les lignes générales des lambris, des chambranles, des grands arceaux conventionnels des orangiers. Cette ordonnance a même une sorte de tristesse, malgré les colorations, car, en somme, cette incurvation des chambranles alliée à la volute ionique nous donne une ligne de sarcophage... c'est la ligne du tombeau de Napoléon aux Invalides, — tandis qu'éclate au plafond un vitrail romantique. Un modernisme plus féminin caractérise avec le panneau et les colonnes de grès bleu le côté de l'escalier. Enfin, un naturisme assez cru, d'un sentiment ornemental très différent de l'ensemble, marque la décoration de la rampe et la disposition du bois et des pentures aux battants des portes. Cet amalgame de noblesse pompeuse et de rusticité est fort savoureux, s'il n'a pas toute la logique souhaitable. Carton pour un panneau de porte en cuir repoussé (Exécuté par H. Rapin)

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Vue d'ensemble du hall (Ehémisterie de Baud frères)