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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI EXPOSITION DE L'HABITATION 2 ARCHITECTURE URBANISME DECORATION

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VALENTINE PEINT TOUT... PARTOUT toutes peintures pour tous usages ! --- VALENTINE 185, AVENUE DES GRÉSILLONS - GENEVILLIERS (SEINE)

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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉLÉPHONE: MOLITOR 19-90 et 19-91 COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, A.F. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DEMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, FRANÇOIS LE COEUR, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF HISTORIQUE: ALBERT LAPRADE URBANISME: EUGÈNE BEAUDOUIN ARCHITECTURE: JOSÉ IMBERT TECHNIQUE: G. H. PINGUSSON ET ANDRÉ HERMANT INTÉRIEURS: JEAN PAUL SABATOU DÉCORATION: RENÉ DROUIN JULES POSENTER SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: SIEGFRIED SCHULZE — ANGLETERRE: W. W. WOOD — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: DE KONINCK — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — ESPAGNE: GUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: GEORGES MASIREVICH — ITALIE: P. M. BARDI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO — ROUMANIE: S. BARAS — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWEIGENTHAL — TCHÉCOSLOVAQUIE: MAX URBAN ET PIERRE PINSAUD — U. R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: L. ILITCH ET S. PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL CONDITIONS D'ABONNEMENT: FRANCE: 120 FR. — ÉTRANGER: 200 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 18 FR. — ÉTRANGER: 25 FR. ABONNEMENT À «CHANTIERS»: FRANCE 50 FR. — ÉTRANGER: 70 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 6 FR. — ÉTRANGER: 8 FR. ABONNEMENTS CUMULÉS À «L'ARCH. D'AUJOURD'HUI» ET À «CHANTIERS»: FRANCE: 150 FR. — ÉTRANGER: 250 FR. DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» À L'ÉTRANGER: BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE À BRUXELLES. — HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TARSA, AGG. TELEKI UTCA, 17, BUDAPEST 8. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: M. EDMUNDO JOSETTI, CAIXA POSTAL 915, RIO-DE-JANEIRO ET HARRIS, CAIXA POSTAL 2286, RIO-DE-JANEIRO — COLOMBIE: LIBRAIRIE COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA --- 5ème ANNÉE - 4ème SÉRIE - N° 2 - MARS 1934

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Type d'huisserie en tôle pliée, déformable sous un faible effort. Type d'huisserie métallique en laminé MONTATAIRE des Ensembles DOUZILLE, rigide, indéformable. Tous les Immeubles construits avec solidité et toutes garanties d'étanchéité et de durée sont équipés avec Les Ensembles DOUZILLE Fenêtres, Bâtis et Huisseries métalliques (avec dispositif de réglage breveté S.G.D.G.) Portes caissonnées spéciales brevetées S.G.D.G. bois ou métal La Première Maison française qui a construit en grande série ces types de menuiserie moderne. Bureau Commercial, Service de Pose et Magasin d'Exposition : 7, rue Sébastien Mercier, PARIS XV° — Tél. Vaug. : 69.00 - 69.01 Siège Social et Usines à Albert (Somme) - Tél. 43

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SOMMAIRE: 4 PROGRAMME P. VAGO. 5 EN RELISANT LES VIEUX AUTEURS A. LAPRADE. 8 L'OEUVRE DE PETER BEHRENS J. POSENER. 30 PETER BEHRENS J. IMBERT. L'ARCHITECTURE EN FRANCE 31 L'EXPOSITION DE L'HABITATION J. IMBERT. L'ENSEMBLE G. H. PINGUSSON. LA TECHNIQUE DU BATIMENT A L'EXPOSITION J. P. SABATOU. L'ARCHITECTURE D'INTÉRIEUR A L'EXPOSITION CH. SICLIS. 45 VILLA DE M. GOUNHOUILHOU A MERIGNAC G. DEBRÉ. 48 VILLA RUE MIQUEL HIDALGO A PARIS J. LEPAGE. 49 CHAPELLE A GUÉBRIANT, ARCH.: P. ABRAHAM ET H. J. LE MÊME M. J. RAVAZÉ. 52 NOUVELLE AGENCE CITROEN A TOURS T. HELMLINGER. 54 IMMEUBLE A STRASBOURG L'ARCHITECTURE À L'ÉTRANGER 56 PAVILLON DES GORILLES DANS LE ZOO DE LONDRES GROUPE TECTON. 60 GRATTE-CIEL A VIENNE, ARCH.: B. THEISS ET F. JACKSCH J. POSENER. 64 MAISON DE LA DIÈTE FINLANDAISE, ARCH.: B. SIREN MARIE DORMOY. LA TECHNIQUE ET L'ARCHITECTURE 66 PROGRAMME G. H. PINGUSSON. L'ARCHITECTURE D'INTÉRIEUR 67 LA MAISON DU CAFÉ, ARCHITECTE: CH. SICLIS J. P. SABATOU. 70 QUELQUES INTÉRIEURS D'OLGA ET ELISABETH GÉMÈS. 71 LA SALLE A MANGER J. P. SABATOU. URBANISME 74 PLAN D'AMÉNAGEMENT ET D'EXTENSION DE LA VILLE DE MARSEILLE M. ROUX. URBANISTE: JACQUES GRÉBER. LES EXPOSITIONS 80 EXPOSITION «L'ART DÉCORATIF FRANÇAIS» R. DROUIN. 81 UNE RÉTROSPECTIVE DE L'HABITATION R. DROUIN. 85 LE SALON DES ARTS MÉNAGERS R. DROUIN. 86 LE CONCOURS DU MEILLEUR SIÈGE EN ALUMINIUM CONFÉRENCES DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» REVUE DES REVUES — INFORMATIONS LES STANDS DE L'EXPOSITION DE L'HABITATION

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PROGRAMME Est-il besoin de rappeler le programme de « l'Architecture d'Aujourd'hui »? Il n'a pas changé depuis les débuts de notre Revue. Egalement éloignée des publications d'information, acceptant toutes les réalisations, sans préoccupation de doctrine et sans critique; et des publications restreintes sélectionnant les hommes et les œuvres à la lumière d'un dogme rigide, exclusif et intransigeant. « L'Architecture d'Aujourd'hui » est et restera l'organe de tous ceux qui, dans des limites aussi larges que possible, travaillent de bonne foi à la formation de cet « art nouveau » qui sera l'art de notre époque. Nous sommes convaincus, en effet, que l'architecture traverse actuellement une période difficile de transformation, de renouvellement. Les besoins ont subi de profondes modifications, aussi bien que les possibilités. Une société nouvelle, une économie nouvelle, une morale nouvelle doivent sortir de la période turbulente que nous traversons. L'architecture, art social par excellence, ne peut que suivre l'évolution de la société. Nous ne pouvons donc pas admettre ces « styles » fabriqués de toutes pièces et que certains considèrent comme définitivement fixés dans leurs principes théoriques aussi bien que dans leurs formes d'expression. Faut-il donc renoncer à toute doctrine, à tout principe? Certainement pas. Il y a des vérités éternelles, de grands principes que l'on retrouve à travers toutes les belles époques de l'histoire de l'art. C'est à la lumière de ces grands principes que nous voulons examiner la production architecturale contemporaine. Le développement de l'industrie et de la technique moderne doit être suivi avec la plus grande attention par les architectes. Son influence sur l'évolution de l'architecture est considérable: nous pouvons même dire qu'elle est prépondérante. La technique a cessé d'être un simple moyen de réalisation; elle impose ses lois inflexibles à l'architecte: lois constructives, lois économiques. S'il ne veut pas se voir éliminé de la construction, l'architecte doit connaître parfaitement la technique, et accepter ses lois pour la dominer. Nous sommes donc convaincus de rendre service à l'architecte en donnant une place très large aux questions techniques. C'est pourquoi nous avons créé notre organe technique « Chantiers », complément indispensable de « l'Architecture d'Aujourd'hui ». Architecture, Technique. Il faut y ajouter, pour que notre documentation soit complète, l'architecture de la cité, l'architecture de l'intérieur, l'Urbanisme et la Décoration, deux arts, deux sciences aussi, intimement liés à l'architecture. Peut-on concevoir l'urbanisme sans architecture? Peut-on considérer un monument en dehors de son cadre urbain? L'hôtel particulier, l'habitation ouvrière sans leurs aménagements intérieurs? Architecture, Technique, Urbanisme, Décoration: voici donc le cadre de notre activité. Le développement rapide et considérable de notre Revue nous a amené à constituer un comité de rédaction; on en trouvera la composition en première page. Les membres de ce Comité travailleront en collaboration étroite; ils s'efforceront de dégager, par l'examen des œuvres les plus intéressantes de l'architecture de tous les pays, les lois fondamentales qui caractériseront l'art de notre époque; ils analyseront les œuvres présentées à l'aide des principes de logique qui ont toujours présidé à la création des chefs-d'œuvre de l'architecture; ils classeront l'ample documentation de la Revue de manière à la rendre claire, instructive, utile. Nous sommes convaincus que notre effort servira efficacement nos confrères, pour lesquels nous travaillons avec enthousiasme et avec foi. Pierre VAGO.

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En relisant les vieux Auteurs PAR ALBERT LAPRADE --- En temps de crise, c'est une très agréable et profitable occupation que de relire nos vieux maîtres. On y trouve d'excellentes leçons de philosophie. Griefs contre les mauvais architectes, plaintes à peine voilées contre la bêtise des clients, malédictions et moqueries pour la génération précédente (cependant admirable), délirant et naïf enthousiasme pour les dernières vérités révélées: tout est d'actualité. Le processus de cet état d'esprit est tellement toujours le même que cela vous incite à beaucoup d'indulgence dans nos discussions passionnées entre contemporains. Jetons d'abord un coup d'œil du côté de l'Italie. Il ne semble pas qu'il y ait eu là comme en France entre la chute de l'Empire romain et la Renaissance une cassure très nette dans le plan intellectuel. Des traditions bien enracinées, des œuvres d'art innombrables, des édifices antiques presque intacts et surabondants, tout concourait à entretenir une certaine continuité dans l'idéal esthétique des populations italiennes. L'influence byzantine fut grande mais non celle du style gothique, « formalisme » d'importation, simple « décor », fantaisie mal assimilée. Malgré huit siècles d'effroyables désastres et les vagues successives d'invasions, bien avant le « quatrocento », toute l'élite intellectuelle au-delà des Alpes continuait à vivre « latinement ». Rien d'étonnant à ce qu'au XVIème siècle, quand « l'humanisme » eut triomphé, les Français se soient mis à l'école de l'Italie, en avance sur nous de plus de cent ans. Tous ses auteurs furent étudiés avec passion. L'œuvre écrite de Vitruve, miraculeusement sauvée, fut considérée par tous les « modernistes » de l'époque comme l'évangile de l'architecture nouvelle. Les commentateurs Léon Albert, Petrucio, Vignole, Serlio, Palladio, Scamozzi, avec l'ardeur de néophytes publiaient presque simultanément leurs « livres d'architecture ». Les imprimeurs de Sienne, Florence, Bologne, Venise, Padoue, Vicence voyaient toutes leurs éditions rapidement épuisées. Et celles-ci furent traduites, copiées, pillées avec ce charmant sans façon très en usage au temps passé. Ne pouvant entreprendre l'énumération de toute cette bibliographie, nous nous contenterons un peu au hasard d'ouvrir quelques-uns de ces savoureux et précieux recueils, si évocateurs. Parmi les exégètes de l'architecture néo-classique, peu semblent avoir déchaîné autant d'enthousiasme que « Messire Leon Baptiste Albert ». Son traducteur, Jean Martin, termine l'ouvrage sur ces mots: « Fin du dixième et dernier livre de Messire Léon Baptiste Albert, gentilhomme Florentin, très savant et profond en toutes bonnes lettres, mesmes singulier Architecte, et ouvrier excellent de sa main: dont la louenge en soit a Dieu, et aux hommes le profit ». Le livre fut « imprimé à Paris par Albert Masselin, demeurant rue Saint-Jacques, à l'enseigne des deux cochets et fut achevé d'imprimer le deuxième jour d'aoust 1553 », après avoir été protégé « par lettres patentes données à Fontainebleau et scellées du grand scel en simple queue de cire jaune le 8 septembre 1551 ». Le traducteur Jean Martin, secrétaire du Révérendissime Cardinal de Lenoncourt « son Mecenas et bienfaiteur », mourut avant la parution et ce fut son ami Denis Sauvage qui le dédia au très chrétien roy Henri, deuxième de ce nom. Cette dédicace dit: « Outre le pur et vray langage français ordinaire, y trouverez notre langue enrichie de mille mots paravent cachés dans les boutiques des seuls ouvriers ». On insiste sur l'importance de l'Architecture si utile « en paix et en guerre ». Le livre débute avec une épitaphe à la mémoire du traducteur Jean Martin composée par « Pierre de Ronsard Vandomois », sous forme d'un dialogue entre un Passant et le Génie du Trépassé. Cette pièce vraiment peu connue de Ronsard témoigne d'une charmante affection entre l'architecte et l'écrivain. C'est une révolte contre la Mort qui fauche les meilleurs, ceux qui « ont d'un oser plus qu'humain » cherché Dieu ou qui « ont les estoiles nombrées » ou deviné « les secrets de la nature », ou sont devenus « philosophes » ou bien « s'en sont allés retraçant les pas de celles qu'on nôme les neuf pucelles ». Le Génie du Trépassé, modeste, désabusé, répond: « Il faut mourir... la Mort guigne ta teste ». Et le Passant, notre Poète sur cette « tombe de lauriers, de pampre et d'oliviers » en matière d'adieu termine à la façon de Virgile:

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Reçoy donc ces belles roses, Ces liz, et ces fleurs décloses Ce lait et ce vin nouveau... Temps bénis où les architectes étaient pleurés par de grands Poètes! Si le Traducteur fût mis au pinacle, combien respecté fût l'Auteur, ce Messire Léon Baptiste Albert, dont la préface italienne, sous forme d'une « épistre d'Ange Politian à Laurent de Medicis » donne un si charmant portrait. C'était, paraît-il, un « personnage de bien gentil esprit, de très subtil jugement et de savoir fort exquis »... « Il n'y avait science ou discipline (tant fust elle secrete et cachée) qui luy demourast incongneue »... « Il a tant cherché et fouillé les traces et demourans de l'antiquité, qu'il a et trouvé et remis pour patron toute la façon de bastir des antiques: de sorte qu'il a excogité non seulement des machines et plusieurs automates, ainsi aussi des emerveillables manières de bastir. D'avantage il estoit réputé très bon peintre et statuaire ». Un autre contemporain Paolo Jovio dans son « Eglogia clarorum vivorum » vante la « subtilité de son esprit et sa félicité d'escrire en matière très scabreuse » (sous-entendu l'Architecture). Il déploya, paraît-il, en ses écrits « une telle faconde qu'il amena les architectes de ce temps-là obscur et grossier, estant ignorans et ayans faute de certaine lueur de discipline, à la sente de très droite raison: pendant qu'il illustroyt les preceptes de Vitruve, environés de tres espesses tenebres, et après qu'il eut aperceu, en revisitant curieusement les restes des aniques bastiments et de là en les compassant et proportionnant soigneusement, l'ordre de leurs commencements et achevemens: tellement qu'il est estimé avoir enrichi, par admirable foison de choses fort secrettes, nostre aage, paravant souffreteux et mal-paré au moyen de la corruption des arts ». Ce livre, comme tous ceux similaires de l'époque, est un curieux compromis entre l'ouvrage didactique donnant la loi modulaire des ordres, transmettant comme les secrets de proportions et une sorte de manuel pratique donnant mille conseils basés sur l'expérience et la coutume des ancêtres. C'est la « somme » des connaissances scientifiques de l'époque et il est vraiment curieux de trouver à côté de certaines superstitions, un grand fond de bon sens et beaucoup d'intuition sur certains phénomènes dont notre époque devine l'intérêt sans pouvoir encore en expliquer les causes. Cette science expérimentale du XVIème siècle mériterait une étude attentive. Nul doute qu'il n'y ait là en puissance des découvertes du plus haut intérêt. Voici au fil de la lecture quelques citations. D'abord une description du bon architecte: « Sachez que je ne le veuil simplement manuel, pour estre equiparable aux hommes excellens en chacune des autres doctrines: Avec cela je désire en sa personne que par certaine raison ou discours de pensée, il puisse bien et adroit imaginer, puis faire voir en œuvre, les choses d'importance à l'usage des habitants, lesquels se tirent du mouvement, des pois, assemblemens des matières et de leur augmentation ou diminution quand il est besoing que cela se face. Mais croiez que pour en venir à bout, force est qu'il ait du moins cognoissance moienne de maintes disciplines ». Les architectes ne sont pas seulement utiles pour la construction « des retraites seures et bien aimées », résistant à toutes les intempéries, on leur doit beaucoup plus que cela « pour avoir inventé des singularités grandement profitables à toute la commune en général et aux particuliers chacun par soy ». Après une énumération de tous les bienfaits dus aux architectes pour « le salut et commodité de la vie que nous menons », on n'oublie pas de mettre en valeur leur précieux concours lorsqu'il s'agit de construire des « machines de guerre tant pour offendre que defendre: bastilles, rampars, forteresse pour la sauveté des pays et maintenir la liberté tant chère, avec les biens de fortune, ensemble l'honneur des nations tant en général que particulier ». A la guerre les défenseurs « tesmoigneront que jamais chose ne les fait tant tenir bon, que l'assurance qu'ils avaient en l'ingéniosité de leurs Architectes ».

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Souvent des ennemis ont été plus rapidement « réduits à l'extrémité par les inventions et conseil d'un artiste de bon entendement, que par les forces des grands hommes de guerre ». Et l'Architecte est économe de sang, « il sait vaincre sans mettre les personnes au hazart de mort ». Comme on savait utiliser les compétences et comme on devait être fier d'être architecte au temps de Laurent de Medicis! Quelle heureuse époque que celle où l'on notait « combien l'affection de bastir est agréable aux hommes, voire nayvement enracinée en leur mémoire. On n'en trouvera pas plus de cent l'un, qui ne soit tout enclin à édifier quelque chose, pourvu qu'il ait moyen de fournir à la dépense ». Pour les particuliers construire de belles « maisons de profit et plaisance » quelle réputation cela leur acquiert parmi les autres hommes! Que surcroît d'estime cela vaut au « bastisseur » quand la maison « est de belle marque et que la grâce en contente le peuple »! Avoir su choisir un bon architecte c'est pour un client « une richesse, laquelle peut faire à vous, à votre famille présente, ensemble à la postérité, un grand honneur, et singulier profit: voire augmenter la dignité de la ville et en faire mieux estimer tout le pays ». Voici un argument à copier « ad usum » de nos chers clients et de nos hommes politiques du temps présent. Nous pourrions également rappeler à nos Princes la nécessité de faire quelques « bastiments soptueux pour perpétuer leur mémoire envers ceux de la Postérité ». Nous pourrions rappeler les « establishments, dignité et honneur » que « toutes Républiques sont à merveilles redevables aux architectes ». Grâce à ces bienfaiteurs de l'humanité « en temps de repos chacun peut demeurer sainement à clos et à couvert, et se donner chez soy toutes réjouissances de pensée... » « Nul doncques ne me nyera que pour les grands biens et commoditez que telz industrieux artistes donnent par le moyen de leurs ouvrages, pour les secours qui en maintes occurences se reçoivent de leurs inventions exquises et finablement pour le profit qui en succède à ceux qui viennent après nous, ilz (les architectes) ne soient a priser, chérir, aymer et favorir, plus que beaucoup d'autres, voire a estre comptez entre les premiers qui méritent honneurs et bienfaitz tant de grans seigneurs que des populeuses républicques ». Que les temps sont changés! Aujourd'hui c'est tout juste si notre corporation, mal défendue, déshonorée par les brebis galeuses, n'est pas considérée à priori comme une « zaquia » de bandits. Jamais on n'écrit à notre sujet de gentilles choses. Hélas, nous ne sommes plus ni « prisés », ni « aimés », ni « chéris », ni « favoris ». Cela est bien dommage pour nous et encore plus pour nos contemporains. Les générations futures auront d'eux la plus mauvaise opinion, tandis que seront éternellement loués, remerciés ces Médicis, ces Florentins qui surent si intelligemment tirer gloire et inépuisable richesse de leur amour passionné des architectes. Puissions-nous revoir cet heureux temps où les banquiers faisaient de la banque et les architectes de l'architecture! Puissions-nous, par une solide organisation corporative, par une réaction violente contre la malhonnêteté triomphante, regagner la confiance de l'opinion, chasser les marchands du temple, remettre de l'ordre dans le désordre et reprendre enfin notre rôle social qui jadis fût si grand! Albert LAPRADE.

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L'ŒUVRE DE PETER BEHRENS PAR JULIUS POSENER Peter Behrens est né en 1868 à Hambourg. Sa figure et sa stature sont celles d'un Allemand du Nord. Il est bien bâti, a les épaules larges, une tête allongée. Tous les traits sont fortement marqués, surtout le menton large et puissant, la bouche résolue, le regard dominateur sous les sourcils touffus. Aujourd'hui, avec l'âge, ses gestes ont pris une majesté naturelle et sont restés en même temps courtois, comme on en trouve rarement. Peter Behrens débute à Munich comme peintre. De 1890 à 1898, il expose des tableaux, qui frappent par leur caractère singulier et rencontrent peu de succès. Il se fait néanmoins rapidement un nom, de sorte qu'en 1899 il est parmi les 7 artistes que le Duc de Darmstadt invite à aménager, à la Mathildenhoehe, des maisons modernes à leur propre usage. C'est à ce moment que se produit l'évolution décisive: le peintre ne veut pas se contenter de décorer sa maison, mais il veut concevoir seul les meubles, les tapis, la vaisselle, et, enfin, l'édifice même. Le résultat est bien connu: la maison du peintre était la seule qui faisait preuve de qualités vraiment architecturales. Dans les lignes droites de ce cube simple, dans la structure marquée de ses piliers, s'annonce déjà une architecture future. Cet événement est important, et pas seulement pour Behrens: le passage d'un des talents conducteurs de la peinture à l'architecture fait prévoir le déplacement du centre de gravité qui se fait sentir dans le domaine des beaux-arts à partir de 1900. Behrens découvre dans ce domaine des possibilités de création plus fortes et plus vivantes. C'est à cette époque que l'architecture commence à se détacher des autres arts plastiques, avec lesquels jusqu'à ce moment elle était étroitement liée. Cette liaison avec la peinture, le dessin, etc., était telle, que l'on voulait soumettre l'architecture, ainsi que les arts appliqués, à la ligne courbe étendue, qui régnait alors. Nous voulons parler du style floréal de 1900, un peu ridicule à nos yeux, mais auquel on donnait à cette époque un sens plus profond et que l'on appelait le «style organique», ou même «fonctionnel». Behrens, nouveau venu dans l'architecture, commence, peu après Darmstadt, la critique de cette architecture. À son avis, l'architecture ne doit pas trouver son avenir dans ce chemin et, quant à lui, il poursuit une voie diamétralement opposée. De 1904 à 1907, il essaie un art purement stéréométrique, sans tirer parti des proportions raffinées chères à un Palladio ou un Vignole. Son tempérament nordique le fait suivre la direction choisie jusqu'au bout. Cubes, carrés, cylindres: les surfaces et volumes élémentaires, disposés dans un plan rigoureusement axé, deviennent caractéristiques pour son architecture (expositions de Mannheim, Cologne, Dresde).

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USINE DE TURBINES DE LA A. E. G. A BERLIN, 1911 Citons deux critiques: Dans une monographie parue en 1914, Fritz Hoeber parle des dangers d'une architecture en verre. On n'admire plus, dit-il, comme la génération de 1850, une architecture tout à fait transparente (!). De tels bâtiments ne seraient que des « cages d'oiseaux », sans valeur architecturale. Bien qu'il fut amené, par des raisons de pratique, à concevoir un hall tout en métal et verre, Behrens aurait cherché à doter sa construction de qualités architecturales, voir à neutraliser, autant que possible, le caractère immatériel du pan de verre. Il y est arrivé en créant une façade en relief profond. Les grandes fenêtres sont inclinées et contrastent avec les verticales des fermes. Dans le pignon, au contraire, ce sont les pylones en béton armé qui sont inclinés, tandis que la grande vitre monte verticalement, au même nu que le tympan. Celui-ci est moulé exactement sur le profil des fermes. Il est intéressant encore de noter, comment Behrens applique ici, en grande échelle, un moyen d'art qu'il avait étudié dans l'ornement oriental: le jeu de surfaces claires et sombres, dont la forme alterne, de sorte que dans le dessin A les surfaces claires jouent le même rôle que les surfaces sombres dans le dessin B. (Ici, le rôle des pans de verre inclinés (surfaces sombres) est repris, dans le pignon, par les pylones en béton (surfaces claires). Erich Mendelsohn, 1919: L'architecte n'exprime pas encore la tension qui devrait se dégager de la suite de ces fermes métalliques. Le piédroit du portique est interprété dans son architecture comme un simple poteau, portant la masse d'un toit. Son profil continu n'apparaît pas dans le tympan polygone du pignon. La masse des pylones est amoindrie (esthétiquement) par des imitations de joints horizontaux (motif de l'architecture de pierre). Il ajoute l'un à l'autre les corps de bâtiment, au lieu d'accuser l'organisme un et indivisible, le contour continu, l'épanouissement naturel. L'usine de turbines a donc donné naissance à des théories d'architecture diverses. Aujourd'hui, elle ne sera plus discutée. Elle reste la première réalisation d'une architecture industrielle, pleine d'énergie et de grandeur. --- Ces constructions sont bien étranges à une époque qui était tellement entichée du raffinement efféminé, comme ces années d'avant-guerre. Ce sont des signes d'une formation extrêmement sévère, dont les résultats apparaîtront vers 1909. Mais ces « études construites » n'absorbent pas toute l'activité de Behrens. Dans les mêmes années, il dirige à Dusseldorf l'Ecole des Arts et Métiers où il prend son rôle de professeur tout à fait au sérieux. Il a su s'entourer d'une pléiade d'artistes, renommés à l'époque, qui firent intervenir, les premiers, des principes modernes dans l'enseignement de l'art. Des élèves comme Mies, Gropius, Le Corbusier et quelques-uns parmi les jeunes Viennois, témoignent de la qualité de l'enseignement de Behrens. D'ailleurs, un homme qui suit résolument une voie nouvelle, est toujours en même temps pédagogue (surtout s'il est allemand); et Behrens était, pour une autre raison, particulièrement désigné pour remplir cette tâche. Dès le début de son œuvre, il a cherché à travailler dans tous les domaines de l'art: impression, peinture, dessin, ébénisterie, verre, métaux, tissus: il n'y a pas de matière dans laquelle le caractère de cet artiste universel ne se soit pas exprimé; aucune dans laquelle il n'aît fait sentir son impulsion personnelle. Plus tard, en 1909, il concevra pour l'Allgemeine Elektrizitäts-Gesellschaft des gigantesques salles de machines en même temps qu'il créera des appareils d'éclairage, interrupteurs, ventilateurs, etc. 1907 marque la fin de la période préparatoire de Behrens. C'est d'abord Osthaus, le grand industriel de Hagen, qui lui propose des sujets plus vivants: villas et cités. Les villas de Hagen sont d'une austérité presque menaçante. Elles font partie d'un plan d'ensemble concentré, et il faut regretter que seulement deux de ces villas aient été construites. Elles s'élèvent isolées au milieu des cottages de l'époque au plan libre et aux windows multiples. Behrens fut interrompu dans cette tâche par un problème d'une importance beaucoup plus grande: les constructions pour l'Allgemeine Elektrizitäts-Gesellschaft de Berlin. L'attitude sévère de cet artiste se trouve face