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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI CONSTRUCTIONS SPORTIVES 3 ARCHITECTURE URBANISME DÉCORATION

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Anciens Établissements Clémançon 23, Rue Lamartine - Paris — Trudaïne 86-40 (3 lignes gr.) L'Électricité au Théâtre et au Cinéma Cinéma Raspail 216 - Paris — B. Elkouken, Architecte-Décorateur

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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉLÉPHONE : MOLITOR 19-90 et 19-91 COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DÉMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, FRANÇOIS LE COEUR, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF HISTORIQUE: ALBERT LAPRADE URBANISME: EUGÈNE BEAUDOUIN ARCHITECTURE: JOSÉ IMBERT TECHNIQUE: G. H. PINGUSSON ET ANDRÉ HERMANT INTÉRIEURS: JEAN PAUL SABATOU DÉCORATION: RENÉ DROUIN JULES POSENTER SECRÉTAIRE DE LA RÉDACTION CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: SIEGFRIED SCHULZE — ANGLETERRE: W. W. WOOD — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: DE KONINCK — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — ESPAGNE: GUITIERRE SOTO — ÉTATS-UNIS: ANDRÉ J. ROBIN — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: GEORGES MASIREVICH — ITALIE: P. M. BARDI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: PARDAL MONTEIRO — ROUMANIE: S. BARAS — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWEIGENTHAL — TCHECOSLOVAQUIE: MAX URBAN ET PIERRE PINSARD — U. R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: L. ILITCH ET S. PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL CONDITIONS D’ABONNEMENT: FRANCE: 120 FR. — ÉTRANGER: 200 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 18 FR. — ÉTRANGER: 25 FR. ABONNEMENT A «CHANTIERS»: FRANCE 50 FR. — ÉTRANGER: 70 FR. — LE NUMÉRO, FRANCE: 6 FR. — ÉTRANGER: 8 FR. ABONNEMENTS CUMULÉS A «L’ARCH. D’AUJOURD’HUI» ET A «CHANTIERS»: FRANCE: 150 FR. — ÉTRANGER: 250 FR. DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L’ARCHITECTURE D’AUJOURD’HUI» A L’ÉTRANGER BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE A BRUXELLES. — HONGRIE: BUDAI ALADAR ES TARSA, AGG-TELEKI UTCA, 17, BUDAPEST 8. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: M. EDMUNDO JOSETTI, CAIXA POSTAL 915, RIO-DE-JANEIRO ET HARRIS, CAIXA POSTAL 2286, RIO-DE-JANEIRO — COLOMBIE: LIBRAIRIE COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA --- 5me ANNÉE - 4me SÉRIE - N° 3 - AVRIL 1934

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Type d'huisserie en tôle pliée, déformable sous un faible effort. Type d'huisserie métallique en laminé MONTATAIRE des Ensembles DOUZILLE, rigide, indéformable. Tous les Immeubles construits avec solidité et toutes garanties d'étanchéité et de durée sont équipés avec Les Ensembles DOUZILLE Fenêtres, Bâtis et Huisseries métalliques (avec dispositif de réglage breveté S.G.D.G.) Portes caissonnées spéciales brevetées S.G.D.G. bois ou métal La Première Maison française qui a construit en grande série ces types de menuiserie moderne. ATELIER DE MONTAGE DES CROISÉES MÉTALLIQUES douzille Bureau Commercial, Service de Pose et Magasin d'Exposition : 7, rue Sébastien Mercier, PARIS XV° — Tél. Vaug. : 69.00 - 69.01 Siège Social et Usines à Albert (Somme) - Tél. 43

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CONSTRUCTIONS SPORTIVES 4 VERS DES TEMPS MEILLEURS LOUIS MARIN, MINISTRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE. 6 SPORT ET ARCHITECTURE DANS LE PASSÉ ALBERT LAPRADE. 9 DES ENSEMBLES SPORTIFS DANS LA CITE EUGÈNE BEAUDOUIN. 18 LES STADES. LEUR ARCHITECTURE JOSÉ IMBERT. 46 LES HIPPODROMES JOSÉ IMBERT. 54 PISCINES ET PLAGES J. POSENER ET G. H. PINGUSSON. 84 ORGANISATION DES CLUBS SPORTIFS A. ROUSSEL. 85 CERCLES SPORTIFS J. P. SABATOU. 94 LE SPORT DANS LA MAISON J. P. SABATOU. 97 REVUE DES REVUES, INFORMATIONS, ÉTUDES TECHNIQUES.

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STADE MUNICIPAL DE LYON. ARCHITECTE: TONY GARNIER VERS DES TEMPS MEILLEURS PAR LOUIS MARIN MINISTRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE Je félicite « L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI » de l'heureuse et opportune pensée qu'elle a eue de consacrer un de ses numéros aux terrains de jeux et aux installations sportives. Le fait est là: depuis la guerre, la jeunesse française s'est nettement orientée vers l'éducation physique et les sports; le mouvement prend chaque année plus d'ampleur. C'est pourquoi nous avons le devoir — et tous ceux qui s'intéressent à la jeunesse l'ont avec nous — de mettre à sa disposition les espaces libres et les installations qui lui sont nécessaires. Plus nombreuses, en effet, et plus pressantes que jamais sont les raisons qui commandent de considérer comme une tâche ESSENTIELLE le développement de l'éducation physique dans notre pays. D'abord, peut-on ne pas se préoccuper de ce qui se passe chez nos voisins? L'exemple de l'Italie et celui de l'Allemagne, en particulier, ne comportent-ils pas de rudes enseignements! Tandis qu'en Italie, les BALILAS, multipliés par l'élan d'une nation entière, sont groupés et entraînés dans un esprit à la fois sportif, patriotique et militaire, l'Allemagne hitlérienne, de son côté, se couvre de camps, de stades, de terrains de jeux, de piscines, de champs de manœuvres. De l'autre côté du Rhin, la pratique de l'éducation physique apparaît, aux yeux de tous, comme l'élément de base d'une préparation militaire dont nul n'ignore plus aujourd'hui qu'elle est complète, intensive, acceptée avec enthousiasme par une jeunesse ardente et rénovée. On aurait tort de ne pas comprendre la signification d'un tel effort, si différent qu'il soit par son caractère et son but, de celui qui s'impose à nous. Il nous oblige à faire beaucoup plus que nous n'avons fait jusqu'ici; négliger, chez nous, l'éducation physique des jeunes gens, ne pas lui donner — à la française — toute l'ampleur que les circonstances commandent, serait aujourd'hui une faute lourde des plus redoutables conséquences. Il ne suffit plus de paraphraser l'adage antique et de vanter l'heureux équilibre qui naît du développement simultané du corps et de l'esprit. Culture intellectuelle et culture physique doivent, cela va de soi, aller de pair; mais, en dépit des prescriptions inscrites, noir sur blanc, dans les programmes scolaires, oserait-on dire qu'il soit atteint? Chacun sait, hélas, en quelle estime était tenu, naguère encore, l'enseignement de la gymnastique dans nos écoles! S'il y a progrès, ce progrès est encore très insuffisant. Il n'est que temps, en vérité, de rompre — et de rompre définitivement — avec une tradition déplorable et de trouver, enfin, la formule qui, à l'école, au collège, au lycée, donnera aux enfants — même studieux — des corps alertes et robustes, pour le plus grand profit de leur intelligence et pour l'affirmation de leur caractère. La nouvelle jeunesse française est prête pour ce redressement; elle vaincra l'indifférence et la routine de ses maîtres. La gymnastique, le sport, la préparation militaire doivent avoir leur place dans le cadre de la vie scolaire. La santé est contagieuse et il n'est pas nécessaire d'être prophète pour annoncer qu'avant longtemps nous verrons défiler, sur les stades nouveaux encadrés de verdure, de jeunes Français et de jeunes Françaises chantant, eux aussi, leur hymne à la Jeunesse. Si l'éducation physique a un grand rôle à jouer au point de vue national, elle en a un autre, au point

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de vue social, dont l'importance doit être également soulignée. Affaiblie par le sacrifice de tant de jeunes hommes qui étaient à la fois sa force et sa fierté, la France d'après guerre doit considérer comme une tâche urgente l'œuvre de renaissance et de régénération qui s'est imposée à elle. A défaut du nombre, elle doit chercher la qualité et compenser les risques d'une immigration insuffisamment contrôlée par la prééminence incontestable de la valeur des éléments nationaux. Chez nous, comme chez nos voisins, la pratique de l'éducation physique doit être un des éléments de la sauvegarde de la race, par l'affirmation de sa santé, de sa vigueur. Au demeurant, la vie moderne rend nécessaire pour tous cet élément d'équilibre qu'est l'exercice, le « sport ». La population des villes a un besoin de plus en plus évident de fuir l'agglomération des maisons où elle vit, travaille et meurt, pour aller vers les espaces libres. La pratique, au grand air, de l'éducation physique devient ainsi le complément indispensable des mesures d'hygiène que, dans un effort de plus en plus large, la Société prend en faveur des masses populaires. Tout ce que l'Etat dépense pour la sauvegarde de la santé des jeunes représente une économie certaine. Le terrain de sport est le rival du sanatorium ou de l'hospice; le Ministre de la SANTÉ PUBLIQUE ET DE L'EDUCATION PHYSIQUE affirme ici, sans hésiter, sa préférence. A mesure que les masses sont conquises par le sport, à mesure que s'accroît le nombre des équipes de foot-ball ou de natation, on voit se modifier l'esprit des jeunes gens détournés des salles fumeuses où les heures de repos se passent entre le zinc du comptoir et la machine à sous. Le « droit au loisir » ne saurait être un droit à l'avilissement, à la déchéance physique et morale: on peut faire ce rêve de voir un jour la lutte des classes remplacée, sur un terrain de sport, par la rivalité fraternelle d'équipes magnifiquement entraînées. Quand des nations disciplinées, sous la conduite de chefs impérieux, mettent, de façon éclatante, l'éducation physique au premier rang des tâches qu'elles s'imposent, on concevrait mal que les démocraties sincères manquent à un devoir où elles voient un des moyens de développer la personnalité humaine. Il ne suffit pas de dire que l'éducation physique ne doit pas être négligée: elle s'impose comme un des grands services généraux qui intéressent toute la nation en même temps que la formation intellectuelle. En Europe, dans le Monde entier, l'éducation physique prend actuellement un essor extraordinaire qu'expliquent à la fois l'évolution de la société moderne et les besoins instinctifs des populations laborieuses. On se trouve donc devant un grand problème social et ce problème réclame une solution urgente. Le gouvernement français en a reconnu l'importance. Il s'est attaché à le résoudre. Depuis trois ans, 1.200 PROJETS de stades, gymnases, piscines, stands, etc., ont été mis à l'étude et exécutés par des municipalités ou des sociétés particulières. Le montant des travaux ainsi réalisés dépasse 100.000.000 FRANCS. La participation financière de l'Etat a été d'environ 42.000.000 FRANCS. Quelle est aujourd'hui la situation? Le programme réalisé au cours de ces trois dernières années a eu cette conséquence heureuse de provoquer, dans l'ensemble du Pays, un vaste mouvement en faveur de l'éducation physique. La plupart des grandes villes de France ont déposé des projets: Lyon, Marseille, Rouen, Nice, Grenoble, Toulouse, Metz — et « le plus grand Paris » avec Pantin et Courbevoie — ont incorporé des stades, des terrains de jeux, des piscines, dans leurs plans d'extension et d'urbanisme. Les grandes villes ne sont pas seules à suivre le mouvement que souligne, tous les jours, l'arrivée de nombreux dossiers. Chaque petite ville, chaque bourg, chaque village a l'ambition légitime de posséder — à soi ou en commun avec des agglomérations proches — un terrain de jeux, un gymnase, un stand de tir. Le gouvernement a l'intention de comprendre, dans un programme d'outillage national, les crédits nécessaires pour satisfaire — dans toute la mesure du possible — des aspirations nouvelles où se marque la plus heureuse des évolutions. Donnons aux générations qui viennent toutes les facilités — facilités qui ont trop souvent manqué à leur ainés — pour jouir pleinement des bienfaits de l'air, de l'eau, de la lumière, du soleil. Nous aurons ainsi hâté cette renaissance de notre race, dont dépend l'avenir de la Patrie. Louis MARIN. STADE OLYMPIQUE DE LOS-ANGELES. ARCHITECTES: E. ET D. PARKINSON

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ARÈNES D'ARLES SPORT ET ARCHITECTURE DANS LE PASSÉ PAR ALBERT LAPRADE Le « Primaire » nous a abruti durant ces 50 dernières années avec son fameux « Progrès ». En matière d’architecture dite « sportive » soyons modestes. Nous avons encore quelques leçons à recevoir de nos vieux chers confrères gréco-romains. Il est vrai qu’en ces temps-là on ne confiait pas les grands programmes à des banquiers s’occupant de mettre sur pied de mirobolantes « études » financières et accessoirement de construire. Les architectes étaient des architectes. Quel heureux temps et s’il est vrai que l’architecture est le reflet de la civilisation, que cette civilisation devait être belle! Et quelle ferveur pour le Sport, ce sport où tout était noblesse, beauté, grandeur morale! Aristote certifiait que l’Institution des Olympiades était « le monument le plus important de l’Histoire de Péloponèse ». Avec quelle impatience devait être attendue cette fête « la plus solennelle et la plus fixe » et cette « trêve olympique » qui, à chaque cinquième solstice d’été, permettait aux épouses et aux mères d’oublier l’horreur des guerres. A quelle bénédiction avait droit la pythie de Delphes en concevant l’idée des Olympiades, véritables assemblées des nations grecques, où l’on apprenait autour d’un stade à se mieux connaître et se mieux estimer. Au fond n’était-ce pas là une solution plus pratique que ces rencontres à Genève tous les trois mois entre les mêmes politiciens parfois douteux. Quelle différence de résultats avec les « Olympiades », véritables assises du monde hellénique où s’affermissait une unité morale, une unité de pensées. Les athlètes au surplus représentaient des armées contingentées. Leurs loyaux combats jouaient le rôle de soupape de sûreté et permettaient l’explosion des orgueils nationaux, des orgueils d’équipes. Il faut lire les auteurs grecs ou romains, examiner les ruines pour saisir l’ampleur de ces manifestations sportives qui, sur les stades, groupaient 76.000 personnes à Ephèse, 69.000 à Athènes, 45.000 à Olympie. La technique du Stade fut longue à se fixer. Au début, on pratiquait le sport pour le sport sans idée spectaculaire. Tout au plus, dans une clairière ombragée, les jours de réjouissance, voyait-on deux rangs de spectateurs, les parents et les amis, applaudir aux prouesses des plus robustes. C’était pour fêter un hôte de marque, commémorer un mariage ou même un enterrement comme il advint le jour de l’enterrement de Patrocle lorsque Ajax, Ulysse et le fils de Nestor s’alignèrent sur la piste, Achille étant « starter » et indiquant comme but un arbre dans le lointain. Au 9me siècle avant Jésus-Christ, la Pythie de Delphes « lance » Olympie. Succès tel que la concurrence s’organise. Chaque peuplade cherche à faire dévier vers elle le courant des amateurs de sport et les profits inhérents. Delphes crée les jeux Pythiques en 590, Isthme les jeux Isthmiques en 682, Nemée les jeux Nemeiens en 573, Athènes les Panathénaiques en 566. C’est l’occasion d’une émulation entre les architectes.

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ARÈNES D'ARLES Tout au début les sports se pratiquaient en terrain plat au milieu de spectateurs debout. Puis l'idée vient de s'établir à flanc de coteau pour bénéficier de gradins naturels. On équilibrait déblais et remblais pour faire un stade «à bon marché». Malheureusement vers le point bas, cela obligeait à construire un très long mur de soutènement coûteux... et qui, de temps en temps, se renversait les jours de gros orages. Devant les inconvénients de ce principe, on essaya la solution contraire: celle qui consistait à mettre le grand axe du stade non plus parallèle à la colline, mais perpendiculaire en s'encastrant dans une vallée, souvent dans un ancien lit de ruisseau, dans une faille érodée jadis par les eaux. Tandis que les stades d'Olympie, de Delphes se trouvent construits parallèlement à la colline, le côté Nord étant la colline, le côté Sud étant constitué par un mur de soutènement butant les terres de remblai sur environ 200 mètres de longueur, le stade d'Athènes est conçu au contraire sur le principe opposé, c'est-à-dire qu'il se trouvait encastré dans un talweg perpendiculaire à une plus grande vallée, celle de l'Illissus. Les deux bords du talweg étaient constitués par deux contreforts naturels, ramifications de l'Hymette et laissant entre eux une sorte de couloir de 200 mètres de large. Celui d'Epidaure relevé par M. Defrasse est encastré dans une vallée parallèle à celle d'un cours d'eau qui semble avoir été dévié de son lit primitif. Celui des Jeux Isthmiques se trouve dans une très belle situation à 120 mètres au-dessus de la mer, dans une échancrure étroite, bordée de gradins s'étageant de façon assez abrupte sur 8 m. de hauteur. A Messine, le stade relevé par M. A. Blouet est dans une vallée barrée au point bas par un mur de soutènement permettant de réaliser l'aire plane de l'arène. La grande difficulté dans l'établissement de ces stades a toujours été la lutte contre les eaux d'orage, aussi découvre-t-on partout de vastes réseaux de drainage et d'égout évitant les ravissements de l'arène et surtout le renversement des murs de soutènement. Au fond, il semble que les architectes ont toujours utilisé au mieux les terrains naturels à tel point qu'on ne trouve pas de communes mesures entre les divers stades. Certains n'ont pas de gradins. A Olympie, les spectateurs s'asseyaient sur «un lit d'herbes verdoyantes». Il est vraisemblable qu'en beaucoup d'endroits on construisait, lors des fêtes, sur les pentes naturelles, des gradins de fortune en bois. Suivant la contexture des vallées et souvent des carrières dans lesquelles étaient aménagés les stades, les gradins étaient combinés différemment; ils ne s'étageaient souvent que sur les deux longs côtés (exemple Epidaure) et même quelquefois sur un seul. A Delphes, il y a six rangées de gradins côté Sud et douze côté Nord. A Epidaure, il y avait trente gradins côté Nord et douze côté Sud. La piste est presque toujours droite et de 600 pieds grecs de long. Elle est rectangulaire à Epidaure. Elle ne l'est pas à Olympie. Elle est en courbe oblongue à Delphes où le stade pythique a en effet presque la forme d'une courbe fermée. Les deux longs côtés de 178 m. 50 sont légèrement arqués avec une flèche de 2 m. sur chaque côté. Les petits côtés du stade ont respectivement 25 m. 65 et 32 m. de corde avec respectivement 10 m. 40 et 13 m. 20 de flèche. La longueur théorique du stade était de 192 m. 27 et sur les pistes on retrouve encore les lignes de départ et les lignes d'arrivée figurées sous forme de bandes de marbre affleurant la surface générale. Ces bandes sont espacées de 192 m. 27 à Olympie, de 181 m. 08 à Epidaure, de 177 m. 55 à Delphes, de 177 m. 60 à Athènes. On voit même les stries marquées dans ces bandes indiquant l'emplacement réservé à chaque coureur. A Olympie se voient ainsi les divisions pour 20 coureurs, à Delphes pour 18, à Epidaure pour 11.

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LE COLISÉE DE ROME Nous ne pouvons nous attarder sur les jeux eux-mêmes, sur les courses de vitesse qui duraient 16 à 20 secondes, sur les courses armées, les courses de jeunes filles et toutes les diverses épreuves, pugilat, pancrace, pentathle et même la danse. Les Romains copièrent ces magnifiques modèles grecs, les amplifiant dans les proportions, le luxe des matériaux. Les Grecs avaient parfois en bout des stades des théâtres demi-circulaires qu'on isolait à certains jours du stade lui-même pour donner des représentations théâtrales. Les Romains eurent l'idée d'adosser deux théâtres avec possibilité de les réunir en un seul d'où le nom conservé d'amphithéâtre. Programme enflé jusqu'au colossal. Le Colisée fut prétexte à spectacles sanglants et fastueux. Ses dimensions (188 m. pour le grand axe, 156 m. pour le petit axe) lui permettait de recevoir 87.000 spectateurs assis et 16.000 debouts. Tout comme aujourd'hui, il y avait des places et billets numérotés, des placeurs. Une machinerie compliquée permettait mille surprises, apparitions de personnages, de bêtes féroces. A volonté l'arène se transformait en forêt, en gouffre, en piscine. Les Romains connurent de leurs empereurs toute la gamme des raffinements et des folies: sol de l'arène en cinabre, parfois saupoudrée d'or, pluie odoriférante sur les spectateurs, manœuvre par les matelots d'Ostie du fameux vélum de lin bleu ciel, parsemé d'étoiles d'or... Est-il besoin d'insister sur la qualité de la construction, sur l'ingéniosité des escaliers facilitant l'évacuation rapide des foules? Tout, dans ces monuments, est intéressant, pratique et, par surcroît, très beau dans l'ensemble comme dans les moindres détails. On demeure étonné de la multiplicité de ces cirques, de ces amphithéâtres, de ces thermes, construits par les Romains dans tout l'Empire, en Asie, en Afrique, dans les Gaules. Mais chez ce peuple amolli par la richesse, les joies spectaculaires primaient les joies du sport. On ne trouve plus chez eux le merveilleux « climat sportif » de la Grèce où l'exercice du corps était pour tout citoyen un devoir envers lui-même et envers la Patrie. Les lois de Lycurgue codifièrent ces devoirs. Dans les gymnases, institutions d'État, tout se trouvait admirablement adapté à l'enseignement et à l'entraînement des maîtres et des élèves. Là se formaient les modèles de tant de chefs-d'œuvre de la statuaire et de la peinture grecques. Retrouverons-nous un jour ce « beau climat? » Pourquoi pas? Le législateur n'aura-t-il pas bientôt l'obligation d'organiser intelligemment les loisirs de plus en plus grands du peuple? Les dictateurs déjà ont parfaitement compris l'intérêt social du sport et c'est peut-être en Allemagne et en Italie que les plus grands efforts ont été faits jusqu'à ce jour pour les édifices sportifs. Il est vraisemblable que toutes les réalisations d'aujourd'hui seront jeux d'enfants à côté des besoins qui se révéleront dans vingt ans quand la machine ultra perfectionnée aura rendu quasi inutile le travail des hommes. Pour éviter qu'ils ne s'entretuent, il faudra à tout prix les distraire sur les stades et les palestres. L'optimiste vous vantera cet avenir radieux où l'être humain redeviendra beau comme les Apollon et les Vénus de Praxitèle. Seuls resteront hors du « canon » ceux dont le travail tout cérébral ne pourra se faire à la machine; les poètes, les artistes... les architectes, ces derniers « damnés de la terre », ces chercheurs insatiables de la difficile Harmonie. Albert LAPRADE. NOTA: Voir pour plus de détails sur les sports gréco-latins le « Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines, de d'Aremberg et Saglio », articles de Sorlin Dorigny, de C. Gaspar, J. Toutain, C. Therry, etc...

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DES ENSEMBLES SPORTIFS DANS LA CITE Le sport dont le renouveau date à peine de quelques dizaines d'années est une conception grecque. Dans les autres grandes civilisations, le sport n'était pas pratiqué comme une fin, mais comme un entraînement guerrier ou prescrit dans un but d'hygiène par les rites religieux. En Asie, les exercices équestres ont été de tout temps très cultivés — les Assyriens, les Persans, les Parthes, les Indous, les Mongols, ont été et sont encore souvent d'excellents cavaliers. Mais c'est là, constamment à cheval, une façon de vivre en tout temps et le perfectionnement du cavalier a pour but d'améliorer ses qualités au combat. Des jeux très nobles sont nés de cette vie — le polo s'est perpétué jusqu'à nos jours et s'est répandu dans le monde entier par l'intermédiaire de l'Inde moderne. Il reste encore aujourd'hui dans les grands Palais de l'Inde, des cours monumentales (même en Perse à Ispahan, la Grande Place Impériale) qui furent aménagées de façon grandiose pour les jeux équestres: polo, courses, tir à l'arc (à cheval bien entendu) datant pour la plupart du 14e au 18e siècle. A Samarra près de Bagdad, la magnifique ville, capitale des grands khalifes qui fut construite en quelques années vers l'an 800, d'immenses hippodromes faisaient partie de cette gigantesque composition. A titre de spectacle populaire, des combats humains singuliers ont existé un peu dans toutes les civilisations; nous avons tous vu d'admirables estampes japonaises représentant des lutteurs au centre d'une place noire de monde jusque dans les tribunes provisoires à plusieurs étages ceinturant complètement l'enclos. La conception moderne du sport, le désir de développer ses facultés physiques, de les entretenir, de les parfaire pour les avantages de tous ordres que l'on en peut tirer — ce véritable besoin qui a profondément pénétré dans les masses avec une si grande rapidité — est, pour une grande part, la conséquence des formidables développements urbains du siècle dernier. C'est par réaction contre la vie artificielle, malsaine de nos agglomérations industrielles qu'est né le mouvement sportif: Pour l'individu comme pour la communauté, il vaut mieux prévenir que guérir, construire des stades que des hôpitaux; il faut occuper pour chacun les loisirs toujours grandissants que procure le machinisme; il vaut mieux installer des plages populaires que réprimer des manifestations. Le club sportif remplace avantageusement l'estaminet. Cette attention nouvelle que l'homme apporte à son physique, à son éducation corporelle négligée depuis les débuts du christianisme, rappela l'importance qu'elle tenait autrefois dans la vie des Grecs, dont notre civilisation descend à travers Rome. C'est donc à la Grèce antique que nous avons emprunté presque totalement notre vie physique renaissante — philosophie — vocabulaire — programmes et ce qui en était la conséquence directe: son architecture. Les Grecs nous ont légué des vestiges nombreux de constructions et surtout des textes témoignant de leur ardeur pour les exercices physiques. Toute leur conception de la vie a favorisé le sport, dont les premières manifestations — courses et luttes — tirent leur origine des jeux funèbres religieux (Homère, Virgile). Des lieux appropriés furent désignés pour ces cérémonies. LE STADE DE DELPHES. ÉTAT ACTUEL. Cliché tiré de « Griechenland » par Holdt et Hoffmannsthal, éd. Wasmuth, Berlin