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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION :
- MM. A. ARFVIDSON,
- L. H. BOILEAU,
- L. BONNIER,
- BOUWENS DE BOIJEN,
- A. DEFRASSE,
- AD. DERVAUX,
- ROGER EXPERT,
- TONY GARNIER,
- J. GODEFROY,
- CH. LETROSNE,
- P. PATOUT,
- CH. PLUMET,
- H. SAUVAGE,
- L. SOREL,
- A. VENTRE
RÉDACTEUR EN CHEF : MICHEL ROUX-SPITZ
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4e ANNÉE N° 11
NOVEMBRE 1927
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SOMMAIRE
du numéro de "L'Architecte" de Novembre 1927
TEXTE
L'ÉVOLUTION DES CHARPENTES DU XIe AU XVIIIe SIÈCLE (fin). H. DENEUX.
PLANCHES
Pl. 61 à 66. — Paquebot "Île de France". Bouwens de Boijen, H. Pacon, P. Patout, architectes; J. Ruhmann, Sûe et Mare, décorateurs.
Correspondants.— Allemagne: M. Goetz, Eppendorferstieg, 39, Hamburg.— Autriche: D'Emens, Schegargasse, 47, Vienne.
Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays.
Les articles parus dans "L'Architecte" deviennent la propriété de la revue.
FRANCE . . . Le numéro 12 fcs. — L'abonnement (12 numéros) . . . 120 fcs
ETRANGER . . . 1° Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numéro 14 fcs. . . 140 fcs
2° Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Danzig, États-Unis, Colonie, Hollandaises, Italie et Roythree, Norvège, Palestine, Suède, Suisse: le numéro 15 fcs. L'abonnement (12 numéros) . . . 150 fcs
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L'ÉVOLUTION DES CHARPENTES DU XIe AU XVIIIe SIÈCLE
(Fin.)
De ces charpentes par « étages successifs », celle de l'église Saint-Eloi, à Dunkerque, est l'un des types les plus caractéristiques (fig. 148). Dans cet exemple, dont l'exécution ne date que des premières années du xvm siècle (1717), à l'exception des trois travées modernes (1889) vers le portail, le parti adopté est très franchement accusé. Les pannes ne posent pas sur l'arbalétrier, mais sur les entrails, et elles sont raidies par des liens qui prennent appui sur les arbalétriers pour assurer en même temps l'étrésillonnement longitudinal. Les chevrons, comme à la chapelle des Invalides, sont interrompus à chaque panne et embrevés, dans le bas, avec chacune d'elles.
Les jambettes, à la base des chevrons, sont une réminiscence de l'ancien système; elles ont permis aux constructeurs de relever le niveau de la première panne et, par conséquent, du premier entrait retroussé.
Le mode d'étrésillonnement longitudinal à l'aide de liens de pannes placés dans le plan des arbalétriers, qui apparaît en France vers le xviie siècle, semble être né en Angleterre, où les charpentes du xviiie siècle possèdent déjà ce dispositif.
Combles en impériale. — On peut rattacher aux charpentes par « étages successifs » les combles en impériale, c'est-à-dire en forme de carène de vaisseau renversée. Cette forme, que Philibert Delorme réalisait déjà au xvie siècle avec son système de cercles par petits éléments, nous la retrouvons à Troyes, sur la chapelle du couvent de la Visitation, construite en 1664. Cette charpente, sans entrails inférieurs, est lambrissée en berceau à l'intérieur (fig. 149).
À l'origine les abouts de tous les blocs étaient traités en modillons sculptés (il en reste quelques-uns au-dessus de la sacristie), mais ils ont été supprimés dans la chapelle lors de la restauration de cette dernière, en 1864.
On remarque que l'étrésillonnement longitudinal n'est assuré, dans les étages inférieurs que par les liernes longitudinales entaillées dans les entrails de chevrons.
La force des bois, qui diminue d'étage en étage, montre bien le procédé de mise au levage.
Dans son ensemble, elle rappelle encore les charpentes à chevrons formant fermes, tout en se rattachant à celles par étages successifs.
NOVEMBRE 1927.
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3° Charpentes à combles coupés ou brisés, dits «à la Mansard». — Dans son Dictionnaire d'Architecture civile et hydraulique (1755), Augustin-Charles d'Aviler attribue à François Mansard l'invention des combles mansardés. Dans son Dictionnaire d'Architecture (1770), T. I, p. 398, Roland le Virloys nous dit : «C'est à tort qu'on en attribue l'invention à François Mansard: l'adulation et l'ignorance ont donné l'origine à cette dénomination; on avait construit des combles brisés avant que Mansard en fit usage, et ce savant architecte n'a jamais prétendu en être l'inventeur».
Bullet, dans son Architecture pratique (1788), p. 393, est du même avis.
Mignard, dans son Guide du Constructeur (1847), T. I, p. 225, tient à peu près le même langage: «Mansard, du reste, n'a pas été le premier qui ait tronqué les combles à l'exemple de celui du Louvre. On peut remarquer que le comble du château de Chilly, dont Métezeau a été l'architecte, est aussi construit de cette manière». Nous ne chercherons pas à élucider cette question; constatons seulement que si cette forme de comble s'accorde plus ou moins avec son utilisation comme pièces d'habitation, il est permis de s'étonner de la voir employer au-dessus des églises, dont les greniers ne sont jamais habités; aussi avons-nous cherché pour quelle raison les églises Sainte-Elisabeth, rue du Temple, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la chapelle du Val-de-Grâce, Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux (1685), étaient recouvertes par des combles mansardés.
Nous pensons que la silhouette des façades classiques, généralement terminées par des frontons peu élevés, accotés de consoles renversées, s'accordait mal avec les pentes rapides de nos combles du nord. Les constructeurs se virent obligés de tronquer leurs combles pour mieux les inscrire dans la silhouette à la mode du pignon de façade.
Les façades du Val-de-Grâce et de Ste-Elisabeth confirment cette hypothèse.
La charpente de l'église Ste-Elisabeth (fig. 150), construite en 1630, est solidement combinée; de puissants entrails inférieurs empêchent l'écartement des sablières sur murs. Les fermes ne sont pas également espacées, pour permettre aux jambes de force, placées sous les entrails, de prendre appui sur les reins de voûte. L'étresillonnement longitudinal est assuré par un faîtage et un sous-faîtage reliés entre eux par des croix de
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Saint-André, les pannes de bris sont également reliées aux fermes par des liens.
Dans la charpente construite en 1656 sur l'église Saint-Nicolas du Chardonnet (fig. 151), les chevrons possèdent encore une jambette à la base avec blocs reposant sur double sablière. Les entraits inférieurs ont une grosseur anormale d'autant plus qu'ils sont soulagés par de puissantes contrefiches.
L'étrésillonnement longitudinal est simplement composé d'un faîtage avec liens de faîtage et liens de pannes de bris.
Les fermes sont espacées de $4^{m}74$ .
4° Charpentes ordinaires à pannes.
Nous classerons dans cette catégorie toutes les autres combinaisons de charpentes ne variant que dans le dessin des fermes, mais qui, toutes, sont à pannes, comme on le pratique encore de nos jours. Cependant, nous signalerons tout d'abord une combinaison de formes bien spéciale, et qui a été beaucoup employée du xviie siècle au xixe: c'est le doublment (A) de l'arbalétrier entre l'en-trait inférieur et le premier entrail retroussé (fig. 152).
Nous trouvons cette disposition, à Paris, dans la charpente actuelle de la nef de l'église St-Germain-des-Prés, refaite en 1644, en partie avec des vieux bois du xiie siècle, et à l'église St-Sulpice, à Châlons-sur-Marne, dans la charpente de la cathédrale St-Etienne, refaite après l'incendie du 19 janvier 1668, à l'église de Mailly-le-Château (Yonne), sur la nef de l'église de Pontigny, et à la charpente de la croisée de la cathédrale de Sens refaite en 1835, pour n'en citer que quelques-unes.
La charpente du chœur de l'église de l'Oratoire du Louvre (1621) à Paris, est franchement du type ordinaire à pannes (fig. 153). Elle est composée, dans le sens longitudinal, de grandes et petites travées, de façon à faire porter le poids des fermes sur les appuis en maçonnerie.
L'étrésillonnement longitudinal, entre les sous-faitages, est très important, et formé par des croix de Saint-André dont certaines branches sont de grandes écharpes placées d'une ferme à l'autre, les sous-faitages étant interrompus pour laisser passer les écharpes en question. Dans cette charpente les chevrons possèdent encore une jambette à la base avec blocet.
On remarquera également les bossages réservés sur les poinçons des fermes pour consolider les assemblages de sous-faitages et de liens, bossages qui ont, en outre, l'avantage d'élégir la pièce, et, aussi, de la purger de tout aubier.
La charpente de l'église St-Roch (1658), à Paris, (fig. 154), possède également des jambettes aux pieds de chevrons, mais les fermes sont lourdement combinées. Il est juste d'observer qu'elles sont fortement espacées ( $5^{m}67$ ) et que cet excès de force peut se justifier en partie.
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Fig. 154. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle.
Eglise St-Roch, à Paris.
Nous citerons encore à Paris la charpente de N.-D. des Victoires (1629) et celle de St-Thomas d'Aquin (1684), dont l'étrésillonnement longitudinal a été particulièrement soigné.
XVIIIe Siècle. Nous retrouvons encore, au xviiie siècle, la tradition des charpentes à chevrons formant fermes, dans la charpente de la nef de la cathédrale St-Louis, à Versailles (fig. 155), qui présente une certaine analogie avec celle de l'église St-Sulpice.
On y retrouve l'idée de réduire l'importance des entrails retroussés de chevrons, à l'aide de deux liernes longitudinales assemblées dans les entrails retroussés des fermes.
Les entrails inférieurs sont exagérés de section, les chevrons, également d'un fort équarrissage, sont très rapprochés les uns des autres.
Fig. 155. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle.
Cathédrale St-Louis, à Versailles.
Les bois ne sont pas très bien dressés ni très bien équarris. Ils sont irréguliers de grosseur et de largeur.
Cette charpente paraît avoir été commencée par le chœur, et il semble que l'étrésillonnement longitudinal ait été rapporté après coup. Le déversement de l'ensemble de cette charpente du chœur vers le dôme confirme cette hypothèse. En présence de ces désordres, les bras de transept et la nef auraient été perfectionnés à l'aide de fortes moises posées dans le plan des poinçons, et obliquement, d'une ferme à l'autre. Nous voyons apparaître, pour la première fois, les boulons à écrous pour fixer les moises et étriers. Depuis le xve siècle on ne connaissait que les boulons à clavettes.
Les fermes sont espacées de 5m83.
En parlant des charpentes par étages du xviiie siècle, nous avons vu que la charpente de l'église St-Eloi de Dunkerque appartient par la date de sa construction au xviiie siècle.
Avec les charpentes de l'église de Corbie (Somme), de 1701, et de la Cathédrale de Troyes
Fig. 156. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle.
Eglise de Corbie.
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(Aube), de 1705, nous retombons dans les charpentes à pannes.
Celle de Corbie (fig. 156), très visiblement inspirée de celle de la cathédrale d’Amiens, possède une disposition identique de liens de pannes, pour les soulager dans leur portée. Mais ces pannes sont, de plus, étrésillonnées entre elles, dans leur plan, par des croix de St-André. On remarque également que deux pannes sur cinq sont plus fortes et affleurent avec le dessus des chevrons. Cette disposition permet des longueurs plus courtes pour les chevrons.
La charpente de la nef de la cathédrale de Troyes (fig. 157), remaniée par la base au xixe siècle, possède également des croix de St-André dans le plan des pannes, mais ces dernières s’assemblent directement dans les arbalétriers et forment liernes.
Les chevrons, excessivement rapprochés, ont encore des jambettes à la base et des blocs.
En parlant des charpentes du xvie siècle à la Philibert Delorme, nous avons déjà rappelé que l’on constate une réminiscence de ce système à la fin du xviiie siècle, dans plusieurs applications que nous avons citées.
Le xviiie siècle a vu naître, en 1754, une autre tentative très intéressante, mais qui ne paraît pas avoir eu beaucoup de succès : c’est la charpente en briques et plâtre de l’invention du Comte d’Espic.
L’inventeur a développé son système dans une petite brochure in-12 intitulée : « Manière de rendre toutes sortes d’édifices incombustibles, ou Traité sur la construction des voûtes avec des briques et du plâtre et d’un toit de brique sans charpente appelé Comble briqueté. »
Dans son Art de bâtir, Rondelet cite cet exemple de charpente en maçonnerie de briques, nous n’y reviendrons donc pas. On peut reprocher à ce système d’être très lourd et de ne pas permettre l’utilisation des combles, les cloisons de briques encombrant la presque totalité de la surface.
Nous arrêterons ici cette étude sur les dispositions d’ensemble, car il serait bien difficile de résumer en quelques lignes toutes les tendances qui apparaissent au cours du xixe siècle avec les charpentes mixtes bois et fer, celles du colonel Emy, les charpentes en fer, en fer et fonte. Il faudrait tout un livre avant d’arriver à la charpente en fer de la Galerie des Machines de 110°60 de portée.
ASSEMBLAGES.
En examinant tous ces exemples de charpentes, nous avons pu constater, malgré leur grande variété, que chaque époque est caractérisée par des dispositions particulières.
Si des dispositions d’ensemble nous passons aux détails d’assemblages (fig. 158), nous constaterons encore que certains procédés sont plus particuliers à certaines époques qu’à d’autres.
Fig. 157. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle. — Cathédrale de Troyes.
Les assemblages nos 1 et 2, à mi-bois, en forme de queue d’aronde, que nous avons vus employés en 1044 dans la charpente primitive de Saint-Germain-des-Prés à Paris, puis en 1147 dans celle de Saint-Pierre-de-Montmartre, se retrouvent à la cathédrale de Sens, à l’église de la Madeleine, à Troyes, à l’église de Saint-Bris (Yonne), à la construction adossée au cellier de Clairvaux, à Dijon, aux églises de Villevallier et d’Etigny (Yonne), à l’ancien évêché d’Auxerre, à la cathédrale de Rouen, à la charpente du chœur de l’église Saint-Urbain de Troyes, à la chapelle St-Jean à Angers, à l’église Notre-Dame d’Etampes, à la salle des Etats du château de Blois, à la charpente du bras sud de l’église Saint-Julien de Tours, à la charpente d’une maison à St-Julien-du-Sault, à l’église d’Hermonville (Marne). C’est donc dans la période
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comprise entre 1044 et 1260 environ que cet assemblage est employé dans la région de la France que nous avons explorée.
Nous le voyons indiqué dans l'album de Villard de Honnecourt, architecte du xme siècle, dans des croquis de charpentes.
Mais nous le retrouvons aussi dans plusieurs gravures d'Albert Dürer, du début du xvie siècle; cela ne surprendra pas, lorsque nous aurons dit que cet assemblage s'est perpétué en Suisse et en Allemagne jusqu'au début du xixe siècle.
L'assemblage n° 3, par simple embrèvement, sans tenon ni mortaise, mais fixé à l'aide d'une ou deux chevilles, apparaît, à la fin du xne siècle, dans la charpente du bras sud de l'église de la Madeleine, à Troyes, dans la charpente du bras nord et de la nef de l'église de Puiseaux (Loiret), dans la charpente du chœur de la cathédrale d'Auxerre, à l'ancien évêché d'Auxerre, à l'église Saint-Urbain de Troyes, sur le bras sud du transept de l'église Saint-Julien de Tours, au-dessus du chœur de l'église de Moret (S.-et-M.), à la maison de Saint-Julien-du-Sault et à l'église de Berru (Marne).
Cet assemblage fut donc employé de la fin du xne siècle au milieu du xmre.
L'assemblage n° 4, à tenon et mortaise, est celui qui peut le moins nous renseigner sur les dates des charpentes. Nous le trouvons, en effet, employé de 1147 à nos jours, mais cependant avec quelques variantes.
L'assemblage n° 5, à tenon et mortaise avec embrèvement, n'est couramment employé qu'à la fin du xmre siècle. Avant cette époque, c'est l'assemblage précédent qui domine.
L'assemblage n° 6, à tenon et mortaise avec embrèvement encastré, ne se rencontre guère avant le xvri siècle.
Enfin au xvri siècle, alors que le bois était généralement employé non équarri, presque tous les assemblages sont exécutés en réservant la « poulaine » (n° 7).
C'est-à-dire que l'on réservait au droit de l'assemblage, à l'une des deux pièces, le bois qui manquait à l'autre.
Si nous passons maintenant aux différents modes d'assemblages des blocs avec les sablières (fig. 159), nous voyons que l'exemple 1 à simple entaille sur les arêtes extérieures des sablières se trouve à la charpente de la cathédrale de Sens, à Puiseaux, à Notre-Dame d'Etampes, c'est-à-dire entre 1170 et le début du xmre siècle.
L'exemple n° 2, avec double entaille sur chaque sablière, se rencontre à l'église Saint-Pierre de Montmartre, à Dijon, au chœur de l'église de Puisieux, au chœur de Notre-Dame de Paris, à l'an-
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cien réfectoire de Saint-Martin-des-Champs, à la chapelle Saint-Jean d'Angers, c'est-à-dire entre 1149 et le début du xme siècle.
Nous l'avons trouvé exceptionnellement employé au début du xviie siècle sur le bras sud du transept de la cathédrale de Sens.
L'exemple n° 3, à demi-queue d'aronde sur chaque sablière, est adopté à la charpente de la nef de l'église de la Madeleine à Troyes, à l'église de Saint-Bris (Yonne), au chœur de la cathédrale de Tours, au chœur de l'église de Moret, à la maison de Saint-Julien-du-Sault, c'est-à-dire entre la fin du xne siècle et le milieu du xmne siècle.
Nous passons les cas particuliers de Meaux et de Mantes, pour arriver à l'exemple n° 4, le plus répandu depuis 1230 jusqu'en plein xvime siècle.
Cet assemblage à double queue d'aronde sur chaque sablière, comme l'assemblage à tenon et mortaise, ne peut permettre aucune précision de date : son emploi est trop répandu.
L'exemple n° 5 est très particulier, puisque de cette disposition le blochet est totalement supprimé, le chevron et la jambette s'assemblant directement dans les sablières.
Il apparaît à Reims, en 1485, au chœur de la cathédrale d'Evreux au xvie siècle, et au xviiie siècle au-dessus du chœur de l'église St-Julien-du-Sault, c'est donc un exemple qui appartient à la période comprise entre la fin du xve siècle et le xviiie siècle.
Dans l'exemple n° 6, seul le blochet, placé dans l'axe de chaque travée, est assemblé à double queue d'aronde, et les autres blocs par une simple entaille sur les arêtes intérieures des sablières.
Ce procédé est employé au xvie et au xviiie siècle aux églises Saint-Nizier et Saint-Jean à Troyes, à l'église de l'Oratoire du Louvre à Paris, et à la chapelle des Invalides.
L'exemple n° 7, à double queue d'aronde avec renfort au collet de la queue d'aronde, est encore spécial au xviiie siècle. Nous le trouvons à la chapelle du couvent des Carmes, rue de Vaugirard, et sur la charpente de l'église St-Nicolas-St-Laumer à Blois, également du xviiie siècle.
Enfin l'exemple n° 8, assemblage en croix à double entaille, qui consiste à exécuter l'assemblage à l'aide de deux traits de scie dirigés suivant les diagonales tracées par la projection horizontale des pièces à assembler, puis à faire sauter au ciseau les deux triangles opposés, dans chacune des pièces, est encore un assemblage spécial au xviiie siècle.
Nous passons maintenant aux diverses dispositions de sous-faitages (fig. 160).
Nous avons vu en commençant que le sous-faitage n'apparait qu'avec les premières années du xmne siècle. A cette époque il est placé sous les premiers entrants retroussés, quelquefois sous les seconds, mais toujours au-dessous des entrants.
Fig 159. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle. — Assemblages.
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