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First pages of the volume, freely accessible.

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L'AMOUR DE L'ART 12e ANNÉE - AVRIL 1931 FRANCE : DIX FRANCS --- TOULOUSE-LAUTREC SOUVENIRS DE TRISTAN BERNARD, VUILLARD, ROMAIN COOLUS. DOCUMENTS, DESSINS INÉDITS DIRECTEUR : RENÉ HUYGHE ---

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MARS 1931 ANNÉE XXXIV FASCICULE II SECOND VOLUME NOUVELLE SÉRIE L'ARTE Revue bi-mensuelle d'Histoire de l'Art Médiéval et Moderne ADOLFO & LIONELLO VENTURI, DIRECTEURS ANNA MARIA BRIZIO, RÉDACTEUR EN CHEF --- SOMMAIRE MARY PITTALUGA - Le tabernacle de Figline pres Prato. EMILIO LAVAGNINO - Un Crucifix vénitien du XIVe siècle à Rome. LUIGI COLETTI - Sur le polyptique de Chioggia et sur Giovanni de Bologne. GUIDO LODOVICO LUZZATTO - Oscar Kokoschka. WART ARSLAN - Deux peintures inédites de Gaudenzio Ferrari. GIULIO R. ANSALDI - Deux panneaux inconnus de Defendente Ferrari. ALDO BERTINI - Notes sur l'inachevé dans l'art de Michel-Ange. ANNA MARIA BRIZIO - Bibliographie de l'art italien. --- TARIF DES ABONNEMENTS Un An : Italie . . . . . . . . L. 100 — Un fascicule . . . . . . . L. 20 Etranger . . . . . . . . L. 150 — Un fascicule . . . . . . . L. 30 --- Administration : Messagerie Italiane, Via dei Mille, 24 - TORINO Rédaction : Corso Marsala, 3 - TORINO

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GOTTHARD JEDLICKA TOULOUSE-LAUTREC AVEC 157 ILLUSTRATIONS ET 7 PLANCHES EN COULEURS Edition numérotée, tirée à 1.000 Exemplaires N° 1 à 100 sur papier parchemin Mk 100 — N° 101 à 1000 sur papier pur fil Mk 50 Prospectus illustré sur demande BRUNO CASSIRER VERLAG-BERLIN W 35

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COMPTOIR GÉNÉRAL DES CADRES Ets Armand DROUANT Soc. An. au capital de 1.000.000 de fr. 66 - Rue de Rennes - 66 PARIS (6°) Téléphone : Littré 69-56 Succursale affectée à la vente exclusive des cadres Organisation unique en Europe. Possibilité de choisir parmi plus de cent conceptions de cadres modèles de tous pays et de toutes époques, le cadre qui convient à chaque tableau. Livraison immédiate. Prix très accessibles. Stock constamment renouvelé. CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT ET DU SOUTHERN RAILWAY PARIS-S'T-LAZARE à LONDRES par les plus Luxueux Paquebots de la Manche LE JOUR le service rapide le plus agréable et le plus économique est celui de DIEPPE - NEWHAVEN LA NUIT vous avez le choix entre : LE HAVRE - SOUTHAMPTON service le plus confortable ou DIEPPE-NEWHAVEN service économique le plus rapide 6 SERVICES CHAQUE JOUR Se renseigner à la Gare de Paris-Saint-Lazare, au Bureau du Southern Railway, 14, Rue du Quatre-Septembre, et aux principales Agences de Paris. Pour aller en Corse, la traversée la plus courte se fait par Nice Les meilleurs paquebots de la Compagnie Fraissinet effectuent quatre fois par semaine (mardi, mercredi, vendredi et dimanche) la traversée de Nice en Corse dans l’après-midi. Trois de ces traversées mettent la Corse à 24 heures de Paris. En effet, les voyageurs partis de Paris, le lundi, le mardi ou le samedi, à 17 h. 05, par le train 15, formé de voitures de 1re et de 2e classes, de voitures de luxe, de Pullman et d’un wagon-restaurant, arrivent en gare de Nice à 10 h. 30 le lendemain; ils y trouvent un autobus qui les conduit au port d’où le paquebot, partant à midi, les dépose en Corse, le soir même. Des traversées rapides de jour sont également assurées au retour de Corse. Elles ont lieu le mardi (départ de Calvi à 14 h.; arrivée à Nice à 21 h.) et le jeudi (départ d’Ile Rousse à 14 h.; arrivée à Nice à 20 h. 15). L'Association des Artistes Tchécoslovaques "MANÈS" à Prague vient d'ouvrir le 7 Mars 1931 une Exposition d'Art Français contemporain des artistes suivants: PICASSO, BRAQUE, MATISSE, DERAIN, BONNARD, MASSON, VLAMINCK, UTRILLO, MODIGLIANI, LÉGER, DESPIAU, LIPCHITZ, LAURENS, MAILLOL en tout 120 tableaux, 30 sculptures et 100 gravures. A cette exposition ont été ajoutés encore deux très beaux tableaux de Renoir. Cette exposition sera ouverte deux mois.

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L'AMOUR DE L'ART REVUE MENSUELLE FRANCE : 95 tr. BELGIQUE : 107 fr. Douzième Année ETRANGER : 150 et 175 fr. DIRECTEUR : RENÉ HUYGHE _Secrétaire de Rédaction : Germain Bazin_ --- SOMMAIRE DU N° 4. Avril 1931 Numéro consacré à TOULOUSE - LAUTREC _93 Illustrations_ Toulouse-Lautrec sportman... --- TRISTAN BERNARD. --- Souvenirs sur Toulouse-Lautrec... --- ROMAIN COOLUS. --- Lautrec raconté par Vuillard... --- G. B. --- Aspects de Toulouse-Lautrec... --- RENÉ HUYGHE. --- Synoptique, Lautrec et les autres... --- R. H. et G. B. --- Toulouse-Lautrec graveur... --- CLAUDE ROGER-MARX. --- Un cahier inédit de Toulouse-Lautrec... --- Les Livres... --- R. H. et G. V. --- Les Revues... --- RÉDACTION, ADMINISTRATION : LIBRAIRIE DE FRANCE, 110, Boulevard St-Germain, PARIS (VIe) -- Téléph. Littré : 67-91 et 67-92 Publicité : C.A.P., 145, rue Montmartre, PARIS (IIe)

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GALERIE DE FRANCE 2bis, Rue de l'Abbaye, PARIS (6°) Tél.: Danton 72-24 Métro : St-Germain-des-Prés Du 16 au 30 Avril LA GALERIE DE FRANCE présente COSSIO à la GALERIE GEORGE BERNHEIM 109, Fg St-Honoré - Elysées 06-95 --- GALERIE alp 4, rue michelet - paris (6°) angle av. de l'observatoire tableaux contemporains livres illustrés catalogues gratuits œuvres de Imre Reiner --- VISITEZ LA SUÈDE Allez goûter le charme puissant de ses monuments splendides sous le merveilleux ciel du Nord Pour prospectus, cartes, livres et toutes informations, s'adresser : CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT DE SUÈDE 3, Avenue de l'Opéra PARIS --- Edouard BOUET, Réparateur de Tableaux, Sculptures, Objets d'Art 9, Rue de Penthièvre (Maison Fondée en 1885) English Spoken Tél.: ÉLYSÉES 61-96 Man Spricht Deutsch ACHAT VENTE

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N° 4 AVRIL 1931 L'AMOUR DE L'ART TOULOUSE-LAUTREC (1864-1901) Fig. 1. LAUTREC. PORTRAIT INÉDIT. Voici 30 ans que Lautrec est mort; le Musée des Arts Décoratifs ouvre une exposition à laquelle le Musée d'Albi a largement contribué et qu'ont organisée remarquablement M. Albert-S. Henraux et les Conservateurs du Musée des Arts Décoratifs, au profit de la Société des Amis du Musée d'Albi. L'AMOUR DE L'ART, à cette occasion, présente à ses lecteurs un ensemble d'études et de documents sur Lautrec.

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L'AMOUR DE L'ART TOULOUSE-LAUTREC ET TRISTAN BERNARD En haut: Fig. 2.—Toulose-LauteRec-Couverture pour le « Fardeau de la Liberté », de Tristan Bernard. Supplément de la « Revue Blanche » (1897). Delt. 214. En bas: Fig. 3.—Toulose-LauteRec-Tristan Bernard au Vélodrome Buffalo, 1895. (Coll. Tristan Bernard).

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TOULOUSE-LAUTREC Sportman par Tristan Bernard Il y a trente-sept... trente-huit ans... celui qui écrit ces lignes occupait de hautes fonctions au Vélodrome Buffalo et au Vélodrome de la Seine. Il était directeur sportif de ces deux pistes. Il établissait des programmes, il organisait des matches entre les coureurs en vue. Le public aimait beaucoup les matches. Au point de vue de la recette, une course entre Jacquelin, par exemple, et Edwards valait mieux qu'une épreuve plus fournie où les mêmes Edwards et Jacquelin rencontraient Morin, Banker, Protin et autres étoiles de l'époque. Il y a tout avantage à simplifier les questions. Les bons agents de publicité vous diront que le client n'aime pas les attractions compliquées. Le jour de la course, se produisaient toujours de petits accrocs; un retard sur l'horaire annoncé, un ou deux concurrents qui faisaient défection dans le handicap... Quand le directeur sportif apparaissait sur la pelouse, dix mille personnes criaient: «Conspuez Bernard!» C'était la gloire. Lautrec était un habitué fervent du Vélodrome. Il venait me prendre le dimanche, nous déjeunions ensemble et nous nous rendions à la Seine ou à Buffalo. Je le faisais entrer sur la pelouse, parmi les officiels. Mais il s'écartait d'eux la plupart du temps et s'asseyait sur le gazon. Je crois que le résultat des courses l'intéressait peu, mais le cadre et les gens le passionnaient. Il trouvait des mots à lui pour faire le portrait d'un homme, un mot aussi décisif que l'était son crayon. D'un coureur assez connu, il disait: «Un tel a l'air d'une sole, il a les deux yeux du même côté du nez.» Un jour nous nous rendîmes à Bécon-les-Bruyères où se disputait un match de rugby. Là encore Lautrec s'intéressait moins au résultat du match, aux essais, aux buts, qu'aux groupements des équipiers, qu'à cet animal bizarre, à cet énorme mille-pattes dont «une mêlée» donne assez l'impression. Il ne quittait pas des yeux un trois-quarts écossais, une sorte de colosse à la nuque saillante, aux forts mollets entourés de bas rouges. Lautrec, à la vue de cet homme, ne se livra pas aux comparaisons tirées de l'antique qu'aurait «sorties» un universitaire. Il me dit avec admiration en regardant le rude trois-quarts qui guettait le ballon, les bras écartés: «Il a l'air de venir de la cave en remontant des litres.» On pouvait dire de Lautrec ce que je ne sais plus quel écrivain à dit d'un autre grand peintre: «Ses yeux ne sont qu'à lui.» Fig. 4. — TOULOUSE-LAUTREC. PORTRAIT DE TRISTAN BERNARD. ZINC. 1898. DELT. 9.

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L'AMOUR DE L'ART Fig. 5. — TOULOUSE-LAUTREC. PORTRAIT D'OSCAR WILDE. (ANCIENNE COLL. NATANSON).

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Souvenirs sur Toulouse-Lautrec par Romain Coolus Si paradoxal que cela puisse paraître, en raison de son étrange physique, Toulouse-Lautrec était séduisant. Il joignait à une ingénuité charmante une extraordinaire acuité de sensations et d'impressions et il prenait un plaisir enfantin à les faire partager à ses camarades, après avoir trouvé pour les exprimer des formules saisissantes. Je l'entends encore évoquer de sa voix narquoise et gamine « les cravates gonfalonières » des peintres au vernissage des Salons; il s'amuse du « côté gargouille » de certains individus; il remettait les pédants ou les étourneaux à leur place en leur signifiant: « t'occupe pas de ça, pas ton affaire »; enfin il résumait dans une phrase typique un point de vue philosophique incontestable, quand il disait: « Ceux qui disent qui s'en f... ne s'en f... pas; car, s'ils s'en f... vraiment, ils ne diraient pas qu'ils s'en f... » C'était un observateur prodigieusement doué et son œil fureteur ne laissait rien échapper. Un bout de papier lui suffisait pour crayonner sur le bout d'une table un geste, une attitude significative; il croquait ses contemporains au passage, mais comme le loup; car, s'il avait de vieilles traditions de courtoisie, son crayon ignorait l'aménité et sa plume s'interdisait la complaisance. J'ai gardé de Lautrec de multiples souvenirs. Parmi ceux-ci quelques-uns sont restés plus vivaces que d'autres. Je le vois encore à Villeneuve-sur-Yonne, où la charmante hospitalité de Thadée Natanson nous avait permis d'établir en même temps nos quartiers d'été. Sur la fameuse route nationale n° 7, qui va de Paris à Antibes, en passant par la Bourgogne, la région lyonnaise, le Dauphiné et la Provence, il y avait un tout petit bistrot, à quelques mètres du Relais où nous habitions, et Lautrec, comme il faisait pour le fameux bar de la rue Royale, ne laissait échapper aucune occasion de m'y entraîner. Là, à travers ses moustaches pendantes et toutes humides de vermouth ou d'absinthe, filtraient des points de vue humoristiques, des théories inattendues, des remarques primesautières, des sarcasmes bon enfant, le tout entremêlé de mots de grand écrivain, car ce dessinateur, cet aquafortiste, ce peintre incomparable était merveilleusement doué pour écrire. Un jour, pendant cette villégiature à Villeneuve, il entra brusquement dans ma chambre, où j'étais installé à écrire une scène des Amants de Sazy. Il s'approcha de moi sournoisement, puis, brusquement d'un geste de sa large main fit voler les feuillets accumulés devant moi. « Assez travaillé pour aujourd'hui, me dit-il, j'ai besoin de toi. » Et comme je pensais que c'était pour me forcer à l'accompagner encore chez le bistrot de la route nationale: « Ah! non, mon vieil Henri, lui répondis-je, pas maintenant, fiche-moi la paix; j'ai autre chose à faire qu'à aller tordre le cou à un perroquet. » — « Il ne s'agit pas de perroquet; ce que j'attends de toi est autre- (Cliché Cailac) Fig. 6. — LE BÉZIGUE, ILLUSTRATION DE TOULOUSE-LAUTREC POUR « LA BELLE ET LA BÊTE », DE ROMAIN COOLUS, PARUE DANS LE « FIGARO » (SEPTEMBRE 1895). LITHO. DELT. 115 (*). (*) Nous remercions vivement M. Cailac, le marchand d'estampes bien connu, qui a bien voulu nous prêter plusieurs clichés de lithographies de Lautrec.