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ANNEE 1926 AVRIL N° 4 FRANCE .. 6 fr. ETRANGER 8 fr. L'AMOUR DE LA PRIT Coulon LIBRAIRIE DE FRANCE 110, Boulevard Saint-Germain, PARIS
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ANNEE 1926 AVRIL N° 4 FRANCE .. 6 fr. ETRANGER 8 fr. L'AMOUR DE LA PRIT Coulon LIBRAIRIE DE FRANCE 110, Boulevard Saint-Germain, PARIS
GALERIE Armand Drouant 66, Rue de Rennes, 66 - - - FLEURUS 69-56 - - - EXPOSITIONS PERMANENTES TABLEAUX MODERNES GALERIE GRANOFF TABLEAUX MODERNES INAUGURATION LE 12 MARS 1926 166, BOULEVARD HAUSSMANN, 166 PARIS VIII' CARNOT 35-40
L'Amour de l'Art Revue Mensuelle 7e Année France : 60 fr. Etranger : 80 fr. --- Sommaire du N° 4 (Avril 1926) Rédacteur en Chef : WALDEMAR GEORGE - Les tableaux français modernes à la Galerie Tate et à la Galerie Nationale de Londres ... CLIVE BELL. - Les Collections de l'art d'Extrême-Orient en Allemagne ... KURT GLASER. - J. E. Laboureur ... TRISTAN KLINGSOR. - Georges Braque ... HENRI HERTZ. - L. A. Moreau, lithographe ... ANDRÉ WARNOD. - Picart Le Doux ... GEORGES DUHAMEL. Chronique : - Les Expositions ... WALDEMAR GEORGE. - Les Arts Appliqués ... GASTON VARENNE. - Les Livres d'Art ... LEON ROSENTHAL. - Les Ventes ... CHARENSOL. - La Gravure et les Beaux Livres ... ANDRÉ LEVINSON. --- Galerie d'Art Contemporain Tableaux Sculptures Modernes Expositions - RENO : PEINTURES ET DESSINS DE NEW-YORK - TOGO, PEINTRE JAPONAIS 135, BOULEVARD RASPAIL R.C.S.N° 221.497.B. TÉL. FLEURUS. 69.76
--- GALERIE MORIN-BENEZIT --- 13, Rue de Seine, PARIS --- BOUDIN, COROT, FLANDRIN, FORAIN, GUILLAUMIN, LEBASQUE, LEBOURG, DESEVRE, LEPREUX, MAR- QUET, POLLADY, PAYRET, PISSARRO, H. TAVERNIER. Du 15 au 30 Avril : Exposition MAURICE BIZET Du 17 au 31 Mai : Exposition aquarelles de MAURICE DESÈVRE --- GALERIE VAN LEER --- 41, Rue de Seine, 41 --- Fleurus 50-46 Fleurus 50-46 --- MAITRES MODERNES --- Jean LAUNOIS. Portrait du peintre Mondzain. PEINTURES, AQUARELLES, DESSINS Juin : Exposition Constant PERMEKE. --- BOSSHARD --- LÉOPOLD LÉVY --- GALERIE BRIANT-ROBERT --- 7, Rue d'Argenteuil, 7 Téléphone : Gutenberg 59-86 --- EXPOSITION --- ALBERT CHAZALVIEL --- Éditions BRIANT-ROBERT --- RENE PROU --- DECODATEUR --- 155 Rue de l'Université Paris 7 TÉLÉPHONE - SECONTE 11 11 --- LES INTERIEURS ÉLEGANTS — LES TISSUS LES BEAUX MAGASINS, BRONZES, SICGES, HEUBLES D'ART, L'INSTALLATION DES GRANDS MOTELS, L'AMENAGEMENT DES VACHTS, PAQUEBOTS, TRAINS DE LUXE, PROJETS, DEVIS... DEMANDE ---
INGRES. PORTRAIT DE M. DE NORVINS. NATIONAL GALLERY. INGRES. PORTRAIT DU DUC D'ORLEANS. TATE GALLERY. Les Tableaux Français Modernes à la Galerie Tate et à la Galerie Nationale de Londres Je suppose que ce fut grâce à Cézanne et aux Post-Impressionnistes que la plupart des Anglais de ma génération et de la génération suivante comprirent la peinture moderne. Après s'être enthousiasmé pour Cézanne, Gauguin et Van Gogh il était aisé d'apprécier Matisse, Bonnard, Picasso et Derain ; et depuis l'exposition à la Galerie Grafton en 1911 l'intérêt anglais pour la peinture française ne s'est jamais démenti. Au contraire, il s'est accru et s'est propagé, ramenant à la mode d'abord les Impressionnistes, puis toute l'école de David à Picasso. Chaque fois qu'il y a à Paris une exposition des œuvres d'un grand peintre contemporain ou de l'art français des cent dernières années, on peut être sûr d'y rencontrer une foule de jeunes Anglais ; à Londres les Galeries Leicester, l'Independent et le Goupil sont fréquentées par le même public ; c'est pourquoi je suis assez surpris de voir si rarement les visages qui me sont devenus familiers chez les marchands, à la Galerie Tate. La richesse de la Galerie Tate en peinture française moderne dépendra dans une certaine mesure de la générosité de M. William Burrell. Si, comme on l'espère, notre directeur réussit, à force de persuasion, à garder une trentaine des meilleurs tableaux de cette curieuse collection, il pourra faire connaître aux habitants de Londres Courbet, Corot, Daumier et les Impressionnistes, et leur donner de bons exemples de deux artistes, médiocres mais peut-être trop dépréciés, du milieu du siècle — Ribot et Bonvin. J'ai dit que la collection Burrell était curieuse, et c'est peut-être une sottise ; elle est plutôt symbolique du goût — le goût des meilleurs collectionneurs — de l'époque dans laquelle je suppose qu'elle a été formée. Il y a trente ans les collectionneurs cultivés, et surtout les marchands cultivés, pensaient que les Hollandais et les Belges imitateurs de Barbizon égalaient Corot et Millet et dépassaient les Impressionnistes. De nos jours, voir une rangée de peintures par Maris, Mauve, Stevens, Israels et tutti quanti en face des œuvres de Corot, de Courbet, de Daumier, de Manet et de Degas nous semble simplement comique. Mais il y a quelques années, un tel mélange n'avait rien d'étrange, comme le prouvent d'admirables collections comparables à celle-ci et aussi la section française de la Collection Tate, où s'est glissé un certain nombre d'intrus du Nord qu'on devrait chasser sans pitié. Puisqu'on ne peut voir à présent les tableaux Burrell, je me bornerai dans cet article — qui est destiné
L'AMOUR DE L'ART DELACROIX. PORTRAIT. TATE GALLERY. à être utile — aux tableaux qui appartiennent à la galerie et qu'on peut toujours y voir. Mais la mission du critique — même du critique le plus modeste — est difficile : croirez-vous que lorsqu'il veut faire une étude sérieuse, ou au moins consciencieuse, on lui apprend qu'il n'existe pas de catalogue des tableaux français ? Sans doute, les fonctionnaires, mis au pied du mur, diront qu'ils attendent le jour où l'école française sera convenablement logée et arrangée dans les nouvelles salles Duveen. Nous l'attendons tous certainement : car à parler franchement, la place à présent assignée aux meilleurs tableaux de la galerie est une honte pour l'Angleterre et une insulte pour l'art. Cependant on ferait preuve de bonne volonté et d'un sentiment des convenances en annonçant un catalogue provisoire. Ce qui peut faire hésiter c'est que pour faire le catalogue, il faudra pénétrer assez complètement les rapports entre les noms sur les cadres et les toiles qui sont à l'intérieur. Un bon nombre de ces peintures vient de la collection de Sir Hugh Lane, et nous pouvons supposer que nous lui devons aussi leurs attributions ; et comme chacun le sait, l'érudition de Sir Hugh Lane était le très humble serviteur de ses ambitions. Par exemple, le portrait de la Malibran — en admettant qu'il soit de la Malibran — par Ingres, estunjolitableau; mais il n'est certainement pas d'Ingres. Le paysage marin de Courbet qui est à côté, peut être authentique bien qu'il soit décevant. Si Courbet l'a fait, ce doit être vers l'époque où Whistler était assis à ses pieds et ce sera une surprise pour beaucoup, j'imagine, de se rendre compte combien Whistler — le Wistler des tons lé- gers et délicats et des contrastes subtils — doit au robuste maître d'Ornans. On peut croire que ce tableau Whistlerien — bien que supérieur à ceux de Whistler — indique un brillant imitateur, et le fait que le jugement officiel anglais a été malheureux à ce sujet (vous rappelez-vous que certains fonctionnaires, ceux qui s'abritent sous l'ombre de Nelson, ont permis à une indéniable imitation La Tourmente de neige, — également dans la collection Lane n'est-ce pas ? — de passer pour un Courbet authentique) n'est pas rassurant. Néanmoins, en attendant — puisqu'on n'a encore proposé aucune alternative acceptable — je crois qu'il faut garder l'attribution officielle. Le portrait de Courbet par lui-même est une œuvre de jeunesse. Il s'est crevassé et il est devenu noir selon la volonté de Courbet ; car le maître qui permettait toujours à sa vanité excessive de nuire à son superbe talent, avait ses idées à lui sur la technique et sur les couleurs qui n'étaient pas plus fondées que ses idées politiques et sociales. Courbet était si satisfait de son beau visage qu'il ne se lassait pas de le peindre. Ses portraits de lui-même sont nombreux, si nombreux qu'il fallut trouver pour eux des titres qui les distinguent. Et puisque nous avons déjà L'homme au chien, L'homme à la pipe, L'homme blessé, j'aimerais assez ajouter à la liste L'homme à la main en raccourci, car le dessin et la peinture de ce membre sont peut-être assez beaux pour lui valoir cette dénomination. Delacroix, autant que je puis m'en souvenir, n'est représenté à la Tate, que par une esquisse et un des- MANET. EXÉCUTION DE MAXIMILIEN. (FRAGMENT). NATIONAL GALLERY.
L'AMOUR DE L'ART MANET. LA MUSIQUE AUX TUILERIES. TATE GALLERY. DEGAS. SUR LA PLAGE. TATE GALLERY.
L'AMOUR DE L'ART sin, sans grande importance l'un et l'autre; et bien qu'il y ait cinq ou six tableaux de Corot, aucun d'eux et Aube d'éte, me frappent comme les moins faibles de cet ensemble. Delacroix et Corot sont plus avantagés à la SEURAT. LA BAIGNADE. TATE GALLERY. ne pourrait faire croire à un visiteur que Corot, qui est dans ses meilleures œuvres, peut-être le plus Galerie Nationale. D'autre part, le portrait du Duc d'Orléans par Ingres est un chef-d'œuvre. Les gens qui CÉZANNE. PAYSAGE. TATE GALLERY. grand peintre du siècle, était autre chose qu'un faiseur de tableaux habile et sensible : Les ramasseurs de bois ne sortent pas de Londres ne sauront pas quel grand peintre pouvait être Daumier à moins que M. Burrell
L'AMOUR DE L'ART RENOIR. LES PARAPLUIES. TATE GALLERY. RENOIR. LA PREMIÈRE SORTIE. TATE GALLERY. COROT. LE CAVALIER. NATIONAL GALLERY. MANET. PORTRAIT D'ÉVA GONZALÈS. TATE GALLERY.
L'AMOUR DE L'ART l'ont tenu à l'écart aussi longtemps qu'ils l'ont osé et qu'ils ont réussi, si j'ai bien compris, à écarter un second que la généreuse propriétaire voulait bien prêter. Il vaut mieux se réjouir de posséder dans La première sortie et Les parapluies deux Renoir aussi beaux, deux aussi belles œuvres d'art, qu'un modeste amateur le peut demander. La Tate peut également s'enorgueillir de ses Manet. La musique aux Tuileries, ravissant tableau qui fera les délices de toutes les époques et de toutes les classes, appartient à cette heureuse période avant que l'essai d'assimiler une technique pleinariste gâtat le style de Manet et La serveuse de Bocks (un achat de Courtauld) date du moment où il essayait avec succès de la retrouver. Il y a de très beaux Pissarro; et bien que les Van Gogh achetés à l'exposition de la Galerie Leicester, ne fussent pas tout à fait ce qu'il y avait de mieux, nous ne pouvons qu'être très reconnaissants de cette acquisition. Des deux Gauguin, l'un (une scène de Tahiti) est une très mauvaise peinture — une pièce type de musée que seul un comité résolu aurait pu refuser — l'autre Fleurs est satisfaisante. Mais si la Galerie Tate ne possédait que la Baignade de Seurat, elle mériterait encore d'être un lieu de pèlerinage pour tout homme ou toute femme qui aiment vraiment l'art de la peinture. Ce tableau surprenant est, je crois, l'exemple le plus important d'un des plus grands et certainement d'un des plus rares maîtres modernes qu'on peut trouver dans un musée. C'est la gloire de la Galerie Tate; c'est aussi une gloire de la peinture moderne. (Traduit de l'anglais). CLIVE BEIL. MANET. LA SERVEUSE DE BOCKS. TATE GALLERY. permette à la Tate de garder son merveilleux petit panneau intitulé La blanchisseuse (n° 20 dans le catalogue de sa collection). Nous possédons une ou deux esquisses à la manière de Don Quichotte, et le Bon Samaritain de M. Burrell est du même genre, c'est-à-dire que nous possédons le pire Daumier, romantique et violent, et qui emploie des formes qui frappent l'imagination, sans autre but que de la frapper. Quant au Saint Paul de Daubigny, puisque l'Angleterre est en général gouvernée par des gens qui peuvent trouver des millions pour des croiseurs et des mineurs, mais pas un sou pour l'art, ce petit tableau pourra ayant qu'il soit longtemps acquérir une valeur fortuite et historique — la Cathédrale de St-Paul, dont les fondations ont été faites dans de l'argile, menace de s'effondrer — mais il ne peut en avoir d'autre, c'est seulement un Daubigny. Aussi pour ranimer la curiosité, regardons le Rousseau extraordinairement intéressant — tableau représentant des enfants qui se baignent — si profondément influencé par Constable et l'école anglaise qu'on ne peut s'empêcher de se demander si ce n'est pas l'œuvre d'un artiste anglais. Mais la gloire de la Tate est, naturellement, sa richesse en tableaux Impressionnistes, due surtout à la munificence de M. Courtauld (*). Dernièrement le directeur et ses assistants ont accompli du bon travail, avec volonté et, ce qui est beaucoup plus rare, avec intelligence. Ce serait une faute cependant de les remercier d'avoir emprunté le Cézanne de Miss Davies, puisqu'ils (*) Depuis que cet article a été fait M. Courtauld nous a donné : deux très beaux tableaux de Cézanne, un Degas important, un Renoir moins bien, un Bonnard, un Manet et un Sisley. VAN GOGH. LA CHAISE. TATE GALLERY.
TIGRE EN MARBRE. ART CHINOIS. (Coll. Buschard). Les Collections de l'Art d'Extrême-Orient en Allemagne Le premier collectionneur d'objets de l'art de l'Extrême-Orient fut l'électeur de Saxe, Auguste II, surnommé le Fort. Son pays se glorifie de posséder l'une des plus importantes manufactures de porcelaine en Europe, et il est courant d'appeler « vieux Saxe » toute porcelaine ancienne, au même titre qu'on dit « old China ». Passionné pour les belles porcelaines, Auguste était prêt à n'importe quel sacrifice pour satisfaire sa manie, et on rapporte qu'il échangea un jour une compagnie de soldats contre une paire de vases chinois qui avaient eu la bonne fortune de lui plaire. La section historique du musée de Dresde, riche en faïences chinoises, est un monument remarquable du zèle artistique de ce roi. Depuis l'époque de ce prince amateur, notre goût et nos connaissances touchant l'art asiatique ont subi de notables transformations. La collection de Dresde au point de vue de qualité et ancienneté, ne résiste pas à toute critique. L'ambition des amateurs contemporains vise surtout les chefs-d'œuvre de la poterie des premiers siècles. Dans le monde entier, la céramique de l'époque Sung et Tang est le plus haut côté, bien que nos connaissances des vieux documents chinois, où est consignée l'histoire de cette céramique, soient encore très imprécises. Quoique l'Allemagne participe depuis quelque temps déjà à ce mouvement, elle ne compte encore dans cet art si noble et si délicat aucun collectionneur qui puisse se mesurer avec un amateur anglais ou américain. L'interruption de tout commerce avec le monde, causée par la guerre, a duré trop longtemps et ce n'est qu'en ces dernières années qu'un habile marchand d'antiquités, doublé d'un connaisseur et d'un amateur, a réussi à assembler une collection importante de grès chinois d'ancienne époque. L'Europe se familiarisa avec la poterie chinoise à travers les méandres de l'art japonais. L'Empire des Iles par ses œuvres plus accessibles, je dirais même plus traditionalistes, joua dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, le rôle de médiateur et d'initiateur. Venant de Paris, l'amour de l'art japonais se répandit à travers le monde ; des pièces importantes provenant des ventes parisiennes trouvèrent le chemin de l'Allemagne, et Hayashi, le marchand expert, s'établit à Paris, et fit fonction d'intermédiaire, avant que les amateurs eussent trouvé le chemin de l'Orient. Justus Bruck- VASE EN BRONZE. ART CHINOIS. ÉPOQUE CHÉOU. MUSÉE DE BERLIN.

Cette publication d'avril 1926 de la revue mensuelle "L'Amour de l'Art" présente un numéro riche en articles sur l'art. Le contenu inclut des analyses de tableaux français modernes exposés à Londres, des collections d'art d'Extrême-Orient en Allemagne, ainsi que des études sur des artistes tels que J. E. Laboureur, Georges Braque, L. A. Moreau et Picart Le Doux. Des chroniques couvrent les expositions, les arts appliqués, les livres d'art, les ventes et la gravure.