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COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE
LÉON MOUSSINAC
INTÉRIEURS - III
- DJO BOURGEOIS
- MME CHAUCHET-GUILLERÉ FRÉCHET
- M.GUILLEMARD
- RENÉ HERBST
- E.KOHLMANN
- M.MATET
- LUCIE RENAUDOT
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
Librairie Centrale des Beaux-Arts
PARIS, 2.RUE DE L'ÉCHELLE
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INTÉRIEURS - III
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Les modèles publiés dans le présent ouvrage sont et demeurent la propriété de leurs auteurs, toutes reproductions, même partielles, sont interdites et seront poursuivies par les auteurs.
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INTÉRIEURS - III
DJO BOURGEOIS — Mme CHAUCHET-GUILLERÉ
FRÉCHET — M. GUILLEMARD — RENÉ HERBST
KOHLMA NN — M. MATET — LUCIE RENAUDOT
53 PLANCHES PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION
ET AVEC UNE INTRODUCTION DE
LÉON MOUSSINAC
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COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS
PARIS — 2, RUE DE L'ÉCHELLE
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INTRODUCTION
Les ensembles mobiliers qui figurent dans les précédentes séries d'INTÉRIEURS ont permis de remarquer combien les artistes restent préoccupés d’organiser l’espace de façon nouvelle, de répondre à des besoins modifiés et, la fonction remplie, de susciter notre émotion. Ces principes retrouvés et retenus, il s’agit de jouer avec les matières et les essences différentes, riches ou sobres, solides ou fragiles, de réussir une fabrication irréprochable, d’égaliser en quelque sorte les chefs-d’œuvre d’ébénisterie du passé, de produire, en tous cas, des œuvres loyales et saines, et, lorsque l’ornement apparaît encore nécessaire, d’en emprunter les éléments et la facture au goût de l’époque.
Du moins est-ce ainsi que pensent certains artistes, car d’autres sont plus passionnés de formes simples, de plans nus, de constructions robustes, soigneusement équilibrées et plus proches de la menuiserie que de l’ébénisterie proprement dite, ou s’appliquent à trouver à des problèmes techniques des solutions propres à faciliter la fabrication en série. De ces deux écoles où se reconnaissent, dominantes, les influences de Pierre Chareau, de Francis Jourdain et de Ruhlmann, le présent volume rassemble quelques exemples caractéristiques.
De jeunes tendances, de plus jeunes encore et André Fréchet, directeur de l’École Boulle qui a prêté à plusieurs la sécurité de son enseignement : connaissance et respect des matières, rigueur de la construction, qualités du beau métier, étude de la plus sûre et de la plus libre des traditions. Au delà de telles méthodes, la personnalité trouve son indépendance. Mais tant d’application et de discipline mettent en garde contre l’aventure. Le hasard, ici, n’a guère de part dans la création, ni les influences excessives et passagères. Il s’agit, on le sait, de satisfaire à des nécessités impérieuses, d’ordre raisonnable et sentimental à la fois. La technique, comme ailleurs, dicte ses lois que nul ne viole sans danger. Il y a des efforts à supporter, des résistances à vaincre, une économie générale à respecter. Le meuble, aspect durable d’une part de la vie, demeure une architecture.
Mais les pratiques sont personnelles. Celui-là dessine d’abord toutes les combinaisons de formes possibles, puis retient de ses figures
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celle qui correspond le mieux, pour un meuble donné, au caractère de l'ensemble recherché, celle qui aboutira, mise au point, à la construction la plus homogène ; il en précise, alors, les détails pratiques, l'aménagement et aussi l'intimité ; il en accuse, en outre, s'il y a lieu, le décor. Celui-ci préfère s'en tenir à une idée première — croquis initial — idée reprise sans cesse, modifiée jusqu'à une certaine perfection générale, mais qui conserve la fraîcheur de l'esquisse — née, sans préoccupation spéciale, de la rêverie ou de la contemplation. Méthode ou inspiration. Habitudes d'esprit qui valent ce que vaut l'artiste et sont parfaites pour chacun d'eux selon qu'elles servent le mieux leur originalité.
Quant à l'ornement, chaque fois qu'il subsiste, il révèle nettement l'influence du cubisme. Car, si le retour aux formes cubiques, l'amour de la ligne droite, sont beaucoup moins le fait des théories de l'école Braque-Picasso que les conséquences d'une réaction inévitable contre l'abus des courbes et de la décoration de la part de l'école précédente aussi bien que des nécessités d'ordre hygiéniques et économiques, les motifs ornementaux exécutés par l'ensemblier procèdent des aspects de la décoration plane laquelle a cherché et trouve une grande part de son inspiration dans l'œuvre des cubistes et dans celle de leurs continuateurs. De la sorte, entre l'architecture et le décor une certaine unité d'expression se réalise.
Djo Bourgeois. Un esprit réfléchi, certain de ses aboutissements et chez qui l'étude rigoureuse est stimulée par l'invention. L'amour des formes robustes, le goût d'un confort bien d'aujourd'hui, c'est-à-dire capable de retenir le temps nécessaire l'homme qui admire également les nudites du stade et celles non moins émouvantes de l'auto et de l'avion, qui aime le cinéma et ne redoute pas d'introduire chez lui, sans camouflage, la géométrie implacable d'un cadre récepteur de T. S. F. Le souci des aménagements pratiques provoque d'ingénieuses solutions pour certains meubles, sans complications d'ébénisterie. La sobriété, l'équilibre, l'entente des proportions heureuses, des accords discrets, sont la marque des premières réalisations de ce jeune artiste qui s'est révélé au Salon d'Automne de 1923 avec une salle à manger de campagne particulièrement réussie.
Mme Chauchet-Guilleré. Directrice de l'Atelier «Primavera». Un sens aiguisé des goûts d'une société attentive aux dernières doctrines artistiques et littéraires. Ainsi un art essentiellement vivant. L'imagination s'allie, ici, fort habilement au métier, pour parfaire dans une architecture comme
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dans les meubles qui y trouvent leur place, des aspects propres à flatter ce sentiment que nous avons des besoins quotidiens et à servir de cadre à ces instants exceptionnels où nos exigences sont plus subtiles, plus raffinées, plus capricieuses. L'homogénéité des œuvres de Mme Chauchet-Guilleré est éclatante. Des influences de mode, passagères, s'y distinguent, mais ajoutent peut-être au charme attrayant de l'ensemble. L'abondance, grâce à un contrôle constant de soi, ne saurait nuire à la variété. Ainsi pour certaine chambre de dame d'une intimité profonde, vibrante et durable, et pour ce cabinet de travail, justement acquis par l'État, qui restera parmi les meilleurs témoignages de l'art présent.
M. Guillemard. Un artiste chez qui les qualités de l'architecte et celles du peintre se complètent avec un bonheur rare. Exemples remarquables : la chambre dite «du jeune homme à la cravate verte» présentée avec un goût raffiné, unissant le rappel séduisant de certaines formes traditionnelles à l'intelligente expression d'une tendance très actuelle — seulement un peu trop littéraire encore ; ou bien ce studio dont les meubles répondent si exactement aux nécessités du travail comme aux besoins de la méditation. L'équilibre règne, résultat d'une étude appliquée et aussi d'une liberté consciente de la vertu de certaines audaces. Des lignes simples, des formes pleines, riches toujours, des matières judicieusement choisies, un effet d'intimité à quoi nous restons particulièrement sensibles après la fièvre et les sollicitations excessives du dehors.
René Herbst. Attentif à tous les besoins, préoccupé par toutes les recherches. Une force moins sûre d'elle-même redouterait la dispersion de l'effort. Mais l'architecte réussit aussi bien le dessin d'une devanture de boutique que les aménagements particuliers d'un magasin, l'invention d'un siège, la composition d'un tissu ou d'un tapis, la silhouette d'un mannequin d'exposition et les formes de la céramique. Solutions simples à des problèmes complexes. L'erreur, toujours possible, n'interrompt pas, chez René Herbst, la suite de la création, mais stimule encore sa volonté. De tels dons manqueraient peut-être d'une certaine liberté si leur abondance n'était essentielle.
E. Kohlmann. L'ardeur et l'enthousiasme, la foi et la certitude de la vraie jeunesse. Sûreté de la compréhension, souplesse du talent. Si bien armé, l'artiste donne déjà, à l'instant où d'autres ne font que promettre : le Salon d'Automne a permis de voir ses ensembles fort bien composés, où la connaissance de la technique ne le cède point à l'intelligence des besoins modernes. Kohlman a compris qu'il est nécessaire à l'artiste de travailler
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à même la vie, avec audace, franchise, harmonie, en ne cédant à l'opportunisme qu'autant que celui-ci assure une réussite désintéressée. En résumé : une activité attachante, un tempérament véritable.
M. Matet. C'est dans l'inquiétude de la création que cet autre très jeune artiste découvre ses meilleures joies : du moins ses ensembles mobiliers semblent nous l'affirmer. Sensibilité qui se révèle et s'exprime en nuances nombreuses. Méditation patiente, recherche d'unité et, jusque dans l'erreur, vertu de la sincérité. M. Matet comprend l'émotion de travailler pour son époque avec le désir de lui prêter son élégance particulière, de répondre à l'emploi du temps surchargé des contemporains et surtout de procurer à ceux-ci l'isolement harmonieux indispensable à leur repos. Les premières expériences de M. Matet ont déjà la valeur des œuvres durables.
Lucie Renaudot. Pour une société éprise d'élégance, riche et désireuse d'utiliser des meubles sains, de belle matière, cette artiste réalise des ensembles d'une extrême distinction. Car la distinction est la meilleure des qualités de l'œuvre de Lucie Renaudot. Grâce à un jeu simplifié, mais subtil, de plans et de lignes, la lumière ajoute à l'effet des essences précieuses, à la grâce retenue d'un galbe, dans un meuble de proportions justes et pleines. Un sentiment personnel des valeurs, une loyauté qui exclut tout subterfuge dans la poursuite des fins à atteindre, une manière qui reflète moins les influences éphémères qu'une certaine tradition renouvelée avec goût.
Une telle diversité, tant d'oppositions même, restent une richesse. L'étude de ces exemples choisis d'une sensibilité et d'une intelligence qui rassemblent un groupe important d'artistes, jeunes encore pour la plupart, complète utilement les renseignements précédemment réunis, et permet de fixer avec plus de certitude les aspects particulièrement significatifs et durables de l'intérieur contemporain.
LÉON MOUSSINAC.
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TABLE DES PLANCHES
Planches
1. Fumoir. I. Perspective.. Dio Bourgeois.
2. Fumoir. II. Faces . . .
3. Fumoir. III. Face et plan.
4. Fumoir. IV. Meubles . . .
5. Cabinet de travail. I. Mme Chauchet-Guilleré.
Perspective . . .
6. Cabinet de travail. II. Grande Face . . .
7. Cabinet de travail. III. Faces . . .
8. Cabinet de travail. IV. Face et plan. . . .
9. Chambre de dame. I. Perspective . . .
10. Chambre de dame. II. Faces. . . .
11. Chambre de dame. III. Face et plan. . . .
12. Chambre de dame. IV. Bahut et coiffeuse. . . .
13. Bureau-Bibliothèque. I. André Fréchet.
Perspective . . .
14. Bureau-Bibliothèque. II. Face et plan . . .
15. Bureau-Bibliothèque. III. Meubles . . .
16. Studio. I. Perspective et plan . . . . . . . . . . . . M. Guillemard.
Plan . . .
17. Studio. II. Faces . . .
18. Studio. III. Faces . . .
19. Studio. IV. Meuble d'appui et guéridon . . .
Planches
20. Chambre de jeune homme. I. Perspective et plan. . . . . . . . . . . . M. Guillemard.
21. Chambre de jeune homme. II. Meubles et détail. . . .
22. Chambre de jeune homme. III. Faces . . . . . . . . . . . . —
23. Chambre de jeune homme. IV. Faces . . . . . . . . . . . . —
24. Salle à manger chez M. R.L., à Roubaix. I. Perspective et plan. . . . . . . . . . . . René Herbst.
25. Salle à manger chez M. R.L., à Roubaix. II. Faces et détails. . . . . . . . . . . . —
26. Living-room. I. Perspective et plan. . . . . . . . . . . . —
27. Living-room. II. Face et détails. . . . . . . . . . . . —
28. Bureau. I. Perspective . . . . . . . . . . . . E. Kohlmann.
29. Bureau. II. Faces. . . .
30. Bureau. III. Faces. . . .
31. Bureau. IV. Bureau, fauteuil et plan . . . . . . . . . . . . —
32. Bureau. V. Bibliothèque. . . .
33. Salle à manger. I. Perspective. . . . . . . . . . . . —
34. Salle à manger. II. Perspective. . . . . . . . . . . . —
35. Salle à manger. III. Faces. . . .
36. Salle à manger. IV. Faces. . . .
37. Salle à manger. V. Cheminée, fauteuil et plan. . . . . . . . . . . . —