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"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE HIVER MCMXXI-XXII PARIS Numéro 1 1ère Année
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"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE HIVER MCMXXI-XXII PARIS Numéro 1 1ère Année
"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE COMITÉ DE DIRECTION Pierre Gusman, Directeur-Fondateur; MM. Burnand, Frazier-Soye, Jacomet, Lafuma, Manguin, Morancé, Porcabeuf, Schmied. ADMINISTRATION: aux Éditions Albert Morancé, « La Maison des Maîtres-Graveurs Contemporains », à Paris, 30 et 32, rue de Fleurus (6°). Téléph.: Fleurus 0-68. SOMMAIRE DU N° I DE "BYBLIS": HIVER 1921-1922 Auguste Lepère, aquafortiste, par Clément-Janin, p. . . . . . . . . 5 F.-L. Schmied, peintre-graveur-typographe, par Clément-Janin, p. 10 Jacques Rigaud, peintre-graveur (Chalcographie du Louvre), par P. Gusman, p. . . . . . . . . 15 Jehan Duvet, par P. M., p. . . . . . . . . 19 Les Œuvres de François Villon, ornées de bois originaux d'Hermann Paul, par R. Burnand, p. . . . . . . . . 15 Le Compost et Kalendrier des Bergiers, par P. Gusman, p. . . . . . . . . 27 L'Eau-forte en relief, dite en taille d'épargne, par P. G., p. . . . . . . . . 33 Le Caractère typographique Didot, par G. Magnus, p. . . . . . . . . . 36 Echos et propos de Saison, p. . . . . . . . . 41 HORS-TEXTE La Salute à Venise, eau-forte, burin et bois camaïeu, par P. Gusman (frontispice spécialement réservé à l'édition de luxe). Les dernières Feuilles, eau-forte originale de A. Lepère, p. . . . . . . . . 6-7 L'Arbre, bois original en trois tons, par F.-L. Schmied, p. . . . . . . . . 12-13 Le Château de Chantilly, planche originale de Jacques Rigaud, p. . . . . . . . . 16-17 L'Annonciation, de Jean Duvet, phototypie de D. Jacomet, p. . . . . . . . . 20-21 Le Villon d'Hermann Paul, spécimen par Léon Pichon, p. . . . . . . . . . 24-25 Le Compost et Kalendrier des Bergiers, p. . . . . . . . . . 28-29 Les Pins coussus, eau-forte originale en relief de P. G., p. . . . . . . . . 34-35 Le Caractère typographique Didot, spécimen par Peignot, p. . . . . . . . . 38-39 "BYBLIS" EST PUBLIÉ EN DEUX ÉDITIONS: Edition sur vélin Lafuma. — Tirage à 600 exemplaires, mis en vente, France, les quatre fascicules annuels : 100 fr. — Union postale : 125 fr. Edition de luxe sur vélin d'Arches à la forme, contenant un frontispice particulier (gravure originale, cuivre ou bois), les états de toutes les planches originales modernes; exemplaire sous couverture spéciale à cette série et imprimé au nom du souscripteur, France, les quatre fascicules annuels : 250 fr. — Union postale : 300 fr. Tirage à 100 exemplaires numérotés 1 à 100.
“BYBLIS”
"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE Pierre Gusman étant Directeur-Fondateur P.-J. Angoulvent, Secrétaire de la Rédaction Albert Morancé, Administrateur a été tiré à 100 exemplaires, vélin d'Arches, numérotés et à 600 exemplaires, vélin Lafuma sur les presses de Frazier-Soye. --- PREMIÈRE ANNÉE M CM XXII --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ "LA MAISON DES MAITRES GRAVEURS CONTEMPORAINS" 3o et 32, rue de Fleurus PARIS (vi°)
"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE HIVER MCMXXI-XXII --- PARIS Numéro 1 1ère Année
--- T ne dixième muse vient de naître : Byblis, Muse des arts du Livre et de l'Estampe. Elle peut résumer ses neuf sœurs, puisque toutes ont recours aux arts graphiques pour divulguer le secret de la Beauté. — Byblis, nom de source, évoque l'idée de miroir, et, nom aimable, son étymologie peut se confondre avec celle de Byblos, la plante d'Egypte, le papyrus, dont furent faits les premiers livres de l'antiquité. — Sa venue répond aux desiderata souvent exprimés, car le goût de la gravure et la curiosité qui s'attache au Livre et à l'Estampe retiennent de nombreux amateurs, de brillants artistes qui, pour la plupart, faute d'un organe spécial, ne pouvaient satisfaire à leur désir de mieux connaître pour mieux apprécier. — A chaque saison, Byblis ouvrira ses feuilles, et l'histoire et les œuvres des graveurs de France y seront développés sous les formes les plus variées. ---
— Publiée en association de techniciens éprouvés, aimant leur art, et de spécialistes soucieux du beau livre et de la belle image, Byblis ne négligera rien pour rester le miroir de la Gravure Française ancienne et moderne : Cultiver de son mieux le jardin que Byblos en France possède est la tâche de Byblis : LIBER · GALLIAE · SEMPER · FLORENS ---
AUGUSTE LEPÈRE AQUAFORTISTE L me semble que pour écrire un article convenable sur Lepère aquafortiste, dans cette revue nouvelle, dont la mémoire est, en quelque sorte présente, il faudrait en demander l'inspiration à lui-même. Et vous savez alors combien son sérieux foncier se mêlerait de gouaille parisienne; combien, avec cette pudeur propre aux véritables artistes, il cacherait sa valeur, non pas pour qu'on la méconnaisse en le prenant sottement au mot, mais parce que les compliments le laissaient assez froid, et parce qu'il estimait que l'artiste tire sa plus précieuse récompense de sa conscience. Quand, dans la joie de créer, il a pu exprimer tout ce qu'il voulait, il est assez payé de sa peine et le reste, comme disait Epictète, est hors de lui. « Des choses qui existent, les unes dépendent de nous, les autres ne dépendent pas de nous. Dépendent de nous : le jugement, l’impulsion, le désir, l’aversion, et d’un mot tout ce qui est de notre activité; ne dépendent pas de nous : le corps, la propriété, la considération, les places, et d’un mot tout ce qui n’est pas effet de notre activité. » (1) — Ce que l’on écrit sur nous ne dépend pas non plus de notre activité : Lepère n’en aurait eu nulle préoccupation et, toujours comme le philosophe grec, il aurait dit : « Cela ne me concerne pas! » Pourtant, il savait gré à ceux qui parlaient de lui en termes justes. Au banquet qui lui fut offert pour sa promotion à la dignité d’officier de la Légion d’honneur, il remerciait d’un mot affectueux tous ceux qui l’avaient encouragé et loué : Edouard Hubert, H. Beraldi, Lotz-Brissonneau, Eug. Rodrigues, Roger Marx, L. Bénédite, A. Dayot, G. Geffroy, G. Kahn, G. Lecomte, G. Mourey, Thiébaut-Sisson, Ch. Saunier et nous-même. On peut donc encore parler de lui sans que, aux Champs- (1) Manuel d’Epictète, trad. Th. Collardeau. Helleu et Sergent, édit. 1920. ---
Elysées où il converse avec ses amis, ses pairs et ses maîtres, de Daniel Vierge à Jongkind et à Rembrandt, son ombre qui, après le passage où il sut encore sourire (1), garde sa belle humeur et le charmant esprit qu'il montra sur la terre. — On sait que Lepère fut d'abord graveur sur bois, apprenti à l'atelier Smeeton dès l'âge de treize ans, puis qu'il fit de la peinture, de la décoration céramique, de la gravure sur bois originale, dessinant et gravant, pour le Monde Illustré et l'Illustration, des planches d'actualité, d'une verve et d'une technique supérieures. On sait aussi qu'il fit de la lithographie, des livres, des reliures, de l'impression typographique, — et de l'eau-forte, bref tout ce qui rentrait dans le cadre d'une curiosité sans cesse en éveil, et qui n'entraînait pas la dispersion. — Alors qu'il avait commencé le bois de très bonne heure (il exposa, pour la première fois au Salon de 1876, des bois d'interprétation, mais depuis 1870 il y exposait de la peinture), ce n'est qu'en 1889, sur les conseils de Bracquemond, qu'il aborda l'eau-forte. Dès l'année suivante, il en exposait 11 à la Société Nationale, qui venait de se fonder. Il exposait aussi de nombreux bois originaux en noir et en couleurs, qui devaient avoir sur l'évolution de cet art une si décisive influence, préparant l'avènement de la gravure au canif, qui devait avoir lieu un peu plus tard. — Il est difficile de savoir qui l'emporte, en Lepère, du xylographe ou de l'aquafortiste. Lepère avait coutume de dire que tout ce qu'il était, il le devait à ce qu'il avait bien appris son métier de coupeur de bois. Il est certain qu'un métier bien su habitue l'esprit à la discipline, qu'il conseille la subordination des théories à la matière, qu'il familiarise avec l'intelligence de certaines lois, les mêmes dans tous les domaines de la technique artistique. Avec de bonnes habitudes mentales et manuelles, rien n'est impossible, et rien ne s'opposait à ce qu'il appliquât sa science du dessin à l'eau-forte, puis à la lithographie. L'homme très averti qu'il était, n'était pas, en ces matières, capable de confusion. Il (1) M. P. Gusman a publié dans la Revue de l'Art ancien et moderne, n° de juin 1921, un remarquable article, où la fin de Lepère est évoquée, avec tout ce qu'elle eut de courageux et tout ce qu'elle conserva de souriant. ---
A LEPERE G. J. DERRONALY, 1893-

Byblis est une revue consacrée aux arts du livre et de l'estampe, publiée quatre fois par an. Chaque fascicule présente des études sur des peintres-graveurs modernes et anciens, la Chalcographie du Louvre, des livres d'art anciens et modernes, des procédés de gravure et des caractères typographiques. La revue contient des gravures et planches originales.