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Numéro 14 BEAUX-ARTS REVUE D'INFORMATION ARTISTIQUE LE MUSÉE BONNAT A BAYONNE LES ORIGINES (1) La ville de Bayonne ne possédait, au temps de la jeunesse de Bonnat, qu'un embryon de collection municipale qui n'avait même pas attiré l'attention du comte Clément de Ris dans ses volumes Le Musée Léon Bonnat à Bayonne sur les Musées de Province (1859 et 1861); plus tard, en 1900, Louis Gonse ne s'était pas encore arrêté à Bayonne dans sa première promenade à travers les Chefs-d'œuvre de peinture des Musées de France. C'est en 1901 seulement que l'appui magnifique d'une importante partie des collections de Léon Bonnat créa à Bayonne une collection avec laquelle il fallut désormais compter, et qui devait, grâce aux dispositions libérales du testament de l'artiste, devenir l'un des centres d'art ancien les plus importants de la France entière. En 1904, dans son second volume, consacré aux dessins, sculptures et objets d'arts, Louis Gonse (1) Cette notice a été rédigée d'après les notes communiquées par M. Antonin Personnaz, vice-président de la Commission du Musée Bonnat. célébrait comme il convient l'intelligente générosité du maître, reconnaissant envers la ville où il avait vu le jour et qui avait encouragé ses débuts; il disait le sentiment de gratitude et d'admiration de tous ceux qui visiteront ce musée pour le désintéressement d'un homme qui avait eu la volonté «de se dépouiller, de son vivant, d'une partie de ce qui, pendant vingt ans, avait fait la joie de son existence ». Dès 1903, dans la Gazette des Beaux-Arts (1), Gustave Gruyer, qui devait donner également le premier catalogue du Musée Bonnat, marquait ainsi l'intérêt exceptionnel qu'offrait, au milieu de la jolie ville méridionale, cette création capitale, et Léon Bonnat dans son Musée soulignait l'origine touchante d'une fondation appelée à devenir illustre: « La ville de Bayonne s'enorgueillit à bon droit (1) 3e pér. T. XXXIX, p. 193 et suiv. 1er Août 1923

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BEAUX-ARTS de ses abords pittoresques et de ses anciens monuments. Quand on traverse le pont Saint-Esprit, on aperçoit en même temps le Réduit, avec ses murailles percées de meurtrières et flanquées de poivrières, le quai de l'Adour, le théâtre et les flèches Cl. Serv. Phot. B.-A. LÉON BONNAT. Intérieur familial (1833) de la cathédrale surgissant du milieu des maisons. Ce qui attire peut-être encore plus les regards, c'est le fleuve lui-même, aux vastes développements, qui donne l'hospitalité de ses eaux à de nombreux navires, et qui se hâte vers la mer en côtoyant les arbres des Allées Marines, et en contournant des éminences garnies de pins. En se tournant vers la gauche, on distingue, quand le temps est clair, une chaîne de montagnes neigeuses, et l'on reconnaît à ses deux cimes pointues le Pic du Midi d'Ossau. La citadelle, dont les pentes sont couvertes de grands arbres, ajoute à la beauté du paysage. Pénètre-t-on dans la ville après avoir traversé la Nive sur le pont Mayou, on se trouve bientôt devant la cathédrale, remarquable par ses nefs majestueuses, par quelques vieux vitraux, par les belles figures d'un porche du xme siècle et par un cloître de la même époque. Quelques pas encore, et la porte d'Espagne permet d'aborder, en franchissant des fossés remplis d'eau, les glacis gazonnés et les allées ombrées qui les avoisinent. Telles sont les curiosités que présentait jusqu'ici la ville de Bayonne. Désormais, ce qui constituera son principal attrait, c'est la précieuse collection d'œuvres d'art, dont Léon Bonnat vient de la mettre en possession. « Léon Bonnat est né à Bayonne, et il a passé son enfance sur le radieux côteau de Saint-Etienne en face d'un incomparable panorama, subissant, malgré son jeune âge, la fascination de l'éclatante lumière des régions méridionales. En se montrant si libéral envers sa ville natale, en se dépouillant ainsi de son vivant, il a, tout à la fois, obéi à sa tendresse pour son pays et voulu, avec une rare délicatesse de sentiments, acquitter une dette de reconnaissance. C'est, en effet, grâce à la libéralité du conseil municipal, qui lui alloua une pension pendant neuf ans, qu'il put continuer, à Paris d'abord, à Rome ensuite, ses études de peintre. Il les avait commencées à Madrid, où des revers de fortune avaient forcé sa famille à s'expatrier, et Cl. Serv. Phot. B.-A. LÉON BONNAT. Etude d'après sa sœur endormie où la vue des chefs-d'œuvre du musée avait éveillé sa vocation d'artiste. Le modeste étudiant est devenu une des gloires de l'Ecole française. Aujourd'hui, il paie les intérêts de sa pension. Personne ne sera tenté de trouver que ces intérêts sont trop minimes. Le cadeau fait par Léon Bonnat est un cadeau princier ».

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LE MUSÉE BONNAT A BAYONNE La pensée de doter sa ville natale d'un trésor d'art destiné à la délectation de tous, mais particulièrement à la formation des jeunes artistes, remonte très loin dans la conscience de Léon Bonnat; on a pu en citer ailleurs (1) des témoignages recueillis dans sa correspondance de 1857, 1859, 1860. Il n'avait que 24 ou 27 ans alors et il souhaitait déjà, pour sa ville natale, grâce à des dons particuliers, un musée comme celui de Montpellier, où « les petits Bayonnais viendraient apprendre un peu ce que c'est que le Beau ». C'était vers le temps de son séjour à Rome, où, plus riche d'ambitions généreuses que d'argent, il prenait contact pour lui-même avec les grandes œuvres classiques. Trente ans plus tard, la gloire et la fortune lui sont venues. De l'atelier de la place Vintimille, il est passé dans l'hôtel de la rue Bassano et ses collections s'y sont installées dans le cadre sobre et élégant que l'architecte Bernier a réalisé pour lui et que son ami Puvis de Chavannes a décoré, dès 1882, du merveilleux panneau qui n'a quitté sa place que pour venir prendre celle qu'on lui réservait dans l'escalier du Musée de Bayonne. Cl. Serv. Phot. B.-A. LÉON BONNAT. Portrait de son père (1852) C'est en 1891, le 18 mars, que le conseil municipal de Bayonne, touché de la proposition faite par (1) Léon Bonnat. Notice lue à la Société des Amis du Louvre, 1923. le peintre, dont la gloire et la générosité illustraient déjà sa petite patrie, décidait de faire construire un musée digne des trésors qu'il allait avoir à abriter. Un concours fut ouvert et l'année suivante, le 16 avril 1892, le projet de M. Plankaert, architecte à Limoges, ancien élève de l'Ecole des Beaux-Arts, était adopté. La réalisation traîne quelque peu; la première pierre n'est posée qu'en 1896 et l'édifice achevé seulement en 1901. Dès cette année, il est ouvert sans grande pompe et le maître commence à y installer lui-même ses collections : en octobre 1901 les tableaux et les dessins, au printemps de 1903 les objets d'art, les statuettes de Barye, les terres cuites grecques, les verres, les ivoires, etc. Le premier noyau du musée était constitué; c'est celui qui figure dans le catalogue rédigé par Gustave Gruyer, publié d'abord en 1903 en un simple livret, puis, avec d'abondantes illustrations, en 1908, et qui ne comprend pas moins de 493 numéros. Le bâtiment construit par M. Plankaert s'élevait à l'angle de deux rues, en pleine ville, près de l'église Saint-André pour laquelle Bonnat avait peint son Assomption; l'image placée en tête de cette notice montre son allure correctement classique; le style et les dispositions en furent loués Cl. Serv. Phot. B.-A. LÉON BONNAT. Portrait de sa sœur (1866)

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BEAUX-ARTS dès l'abord, notamment par Louis Gonse. On admira son large vestibule en mosaïque, son bel escalier, son grand hall, etc. Le rez-de-chaussée abritait la Bibliothèque municipale, tout autour du grand hall qui avait été consacré aux sculptures, envois de l'Etat à la ville de Bayonne. Le premier étage était réservé aux collections Bonnat; le second aux collections municipales de peinture. Celles-ci s'étaient du reste enrichies antérieurement de quelques dons isolés de Léon Bonnat, tels que celui du Portrait d'Anatole de la Forge, par Ricard, son premier cadeau. Elles avaient groupé progressivement aussi diverses productions importantes du maître lui-même, portraits, esquisses et tableaux de Salon comme son Giotto, son Samson, son Martyre de saint André, l'esquisse de son Assomption, etc. Un certain nombre d'envois isolés vinrent s'ajouter aux premiers en 1910, 1911, 1912 et 1913. Cette année là, à un passage du Président Poincaré, un grand banquet fut donné dans le hall du musée en l'honneur de Léon Bonnat, âgé de quatre-vingts ans. Sa glorieuse carrière se poursuivait. On sait, en dehors de ses succès d'artiste, son rôle à l'Ecole des Beaux-Arts et au Conseil des Musées Nationaux, son dévouement pendant la guerre aux institutions artistiques et charitables, ses dons magnifiques et discrets, en l'honneur de la victoire, au Musée du Louvre. Mais sa pensée restait toujours attachée à sa fondation bayonnaise. Le 27 septembre 1919, il fut reçu solennellement à l'Hôtel de Ville, confirma ses intentions généreuses et on décida, jugeant le premier Musée insuffisant, d'en créer un nouveau sur les terrains militaires désaffectés pour recevoir la suite considérable de ce qu'il désirait encore envoyer et installer de son vivant même. Les plans en furent demandés à M. Pontremoli dont le talent eût réussi à créer une œuvre autrement intéressante et originale que la première, qui n'était qu'honorable. Mais hélas! les difficultés inhérentes à l'époque, la cherté des matériaux, l'élévation du prix

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LE MUSÉE BONNAT A BAYONNE contenter du premier bâtiment. Les amis de Bonnat n'eurent pas de peine à persuader le maître à qui l'on promit, du reste, de lui consacrer en entier le bâtiment actuel. Sans amertume pour cette déception, il était seulement au regret d'entraîner la disparition momentanée du Musée municipal qui avait recueilli, grâce à son intervention bienveillante le plus souvent, quantité d'œuvres de ses élèves. De gros envois furent faits et instal- Cl. Serv. Phot. B.-A. Ecole flamande xvi° siècle. Vierge ou sainte femme de la main d'œuvre firent renoncer à un projet jugé trop coûteux et la sagesse conseilla de se Cl. Serv. Phot. B.-A. Dürer. Tête de jeune cerf Cl. Serv. Phot. B.-A. PISANELLO. Etude de femmes drapées lés en janvier et juillet 1922, comprenant surtout des dessins de Rembrandt, Dürer, Ingres; comprenant aussi des œuvres assez nombreuses de Bonrat lui-même, qui furent dès lors installées côte à côte avec celles que la ville possédait déjà, dans une galerie spécialement organisée au second étage. Le remaniement du Musée fut conduit, à ce moment, d'après la volonté de Bonnat, par M. Pontremoli, pour les nouveaux aménagements du bâtiment, par MM. Carle Dreyfus et Jean Guiffrey, pour la disposition des œuvres. Le Musée d'Histoire naturelle, qui s'abritait dans des constructions anciennes contiguës au bâtiment Plankaert, aurait pu céder la place aux collections municipales; mais il fut déclaré intangible et ce

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BEAUX-ARTS Cl. Serv. phot B.-A. MICHEL ANGE. Adam et Eve. Etude pour le plafond de la Sixtine sont celles-ci, les élèves s'inclinant devant le maître, qui se trouvèrent délogées provisoirement. On ne tardera ce tainement pas à leur trouver, du reste, un asile prochain, aussi bien qu'aux collections du Musée Basque qui vient d'être organisé par la Société des sciences, lettres, arts et d'études régionales de Bayonne. La bibliothèque seule a été maintenue dans les locaux du rez-de-chaussée, avec une entrée spéciale sur le côté du bâtiment. L'ancien hall de la sculpture, décoré, dans le nouvel arrangement qui vient d'être réalisé, de deux splendides tapisseries flamandes du xvie siècle, qui ornaient l'atelier de la rue de Bassano, a reçu dans quatre grandes vitrines les collections antiques, les esquisses et statuettes modernes, les bronzes et pla-

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[83] LE MUSÉE BONNAT A BAYONNE 215 tres originaux de Barye, dont Bonnat avait réuni une si admirable série. Deux pièces capitales du maître animalier, deux combats d'animaux, l'Antilope fourchue assaillie par une Panthère et le Tigre attaquant un Cerf ont été seules exposées à part et hors vitrine et complètent le décor de cette grande pièce de réception. compatriotes et ses confrères, aux jeunes gens dont il voulait avant tout éveiller le goût, à la gloire de sa ville natale, à l'intérêt des œuvres de maîtres elles-mêmes, dont il se souciait d'assurer la survie rayonnante, à l'avenir sous toutes ses formes. Une série d'expositions organisées au Louvre ont fait connaître les parties de la collection qui Cl. Serv. phot. B.-A. REMBRANDT. — Homme à genoux priant près d'un malade Léon Bonnat s'était éteint le 7 septembre 1922. Son testament précisait et régularisait toutes ses dispositions, en léguant aux Musées Nationaux tout l'ensemble de ses collections, à charge d'en réaliser et d'en surveiller le dépôt à perpétuité à Bayonne. Tout un ensemble de mesures prudentes, sages et libérales étayait cette volonté, qui s'était marquée près de soixante ans auparavant, pour assurer la conservation raisonnée de ces chefs d'œuvre. Le grand artiste intelligent et bon qu'était Bonnat avait pensé à tout, aux artistes ses étaient encore demeurées rue Bassano. Les séries de dessins ne seront installées à Bayonne que plus tard. Mais dès la fin de juillet 1923, le Musée Bonnat, remanié et complété dans ses sections principales de peintures et de sculptures, qu'elles aient fait partie de l'envoi de 1901 ou de celui de 1923, va consacrer l'œuvre et la mémoire du maître, aussi bien que la statue de bronze due au talent de Ségoffin, que ses compatriotes reconnaissants ont tenu à honneur de lui élever sur la grande place de Bayonne, devant l'hôtel de ville.

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BEAUX-ARTS DISPOSITION GÉNÉRALE DES COLLECTIONS Nous n'avons pas la prétention de donner ici un catalogue complet de l'ensemble considérable constitué par le Musée Bonnat, ni même un Cl. Serv. phot. B.-A. REMBRANDT. Un Rabbin commentaire artistique et historique développé des principales pièces qui le composent et dont nous avons choisi quelques spécimens pour les reproduire ici. M. Jean Guiffrey, conservateur au Musée du Louvre, vient, avec M. Carle Dreyfus et par la volonté expresse du donateur, d'en réaliser la distribution définitive, assisté par M. Antonin Personnaz, l'ami personnel du maître, qui préside à côté du maire de Bayonne la commission du Musée et par M. Georges Bergès que le choix de Bonnat avait désigné comme son futur conservateur. M. Guiffrey a bien voulu nous donner le sens général de cette distribution dans les lignes qui vont suivre et qui constituent comme un itinéraire à travers ces riches collections, aujourd'hui logiquement disposées. Le bâtiment du Musée Bonnat est constitué par un hall central autour duquel règnent, au premier et au second étage, des galeries destinées à l'exposition des peintures et dessins. On a vu plus haut l'aménagement des locaux du rez-de-chaussée. Quand on a gravi l'escalier jusqu'au premier étage et franchi le vestibule, on se trouve devant l'entrée des salles de peintures qui est flanquée des deux belles statues gothiques de l'Ecole toulousaine du xive siècle, exécutées pour la chapelle de Rieux et représentant, l'une un Christ bénissant, l'autre une Vierge d'Annonciation. La première salle qui se présente aux visiteurs, salle de dimensions restreintes, a reçu les peintures des xive, xve et xvie siècles que renferme la collection : tableaux italiens, siennois et florentins, à fond d'or, notamment la belle figure si majestueuse du Christ bénissant attribuée à Piero della Francesca, dans laquelle M. Venturi a cru reconnaître la main de Domenico Veneziano, et qui est de toute façon un morceau capital d'une coloration claire et limpide et d'un style admirable; un fragment de fresque de Filippino Lippi, une Madone entre deux anges de Botticelli, enfin divers petits panneaux ou volets de triptyques; tableaux néerlandais, entre autres une Sainte-Face de Dirk Bouts le Vieux d'une qualité exceptionnelle et une Adoration des Mages d'un maître hollandais assez mystérieux ; deux ou trois précieux petits portraits français du xvie siècle; enfin Cl. Serv. phot. B.-A. REMBRANDT. Esquisse pour un portrait du bourgmestre Six quelques peintures espagnoles; mais, (fait assez notable, car la collection Bonnat est, on le sait, une des plus riches du monde en dessins de Dürer), aucune peinture allemande.

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[85] LE MUSÉE BONNAT A BAYONNE 217 On a joint aux peintures dans la composition de cette salle quelques sculptures de la Renaissance, comme la Madone italienne du xve siècle, en stuc peint, attribuée à Antonio Rossellino, et le bas-relief en terre cuite de Benedetto da Majano, qui représente Sainte Marie Madeleine réduite par les austérités de la vieillesse à la plus extrême maigreur, uniquement vêtue de ses longs cheveux, serrés à la taille par une ceinture de corde et tombant jusqu'au-dessous des genoux. Une grande galerie faisait suite à cette première salle; elle a été divisée en trois travées, dont les proportions réduites sont mieux adaptées aux dimensions moyennes des tableaux qui doivent y prendre place. La première travée est réservée aux magnifiques esquisses de Rubens et de Van Dyck pour lesquelles Léon Bonnat paraît avoir eu une réelle prédilection. Les expositions du Louvre ont souligné la rare qualité de quelques-unes de ces esquisses, un Triomphe de Henri IV, une Bataille d'Ivry, témoignages certains des recherches de Rubens en vue des commandes de Marie de Médicis, un autre fragment pour un Triomphe non identifié, mais non moins brillant; un Banquet de Térée dont l'exécution appartient au Musée du Prado, ainsi qu'un Enlèvement de Proserpine. Van Dyck est représenté surtout par une Erection de la Croix et par un extraordinaire Martyre de Saint Georges, sans compter plusieurs esquisses de portraits célèbres. Cl. Serv. phot. B.-A. Goya. Son por rait C'est Rembrandt qui domine dans la seconde travée; il s'y manifeste par des œuvres incontestables comme le petit portrait du Bourgmestre Six accoudé à sa fenêtre, dans le type du portrait gravé du même personnage, un dramatique Christ en croix, une Baigneuse qui semble être une étude pour la Suzanne du Musée de Berlin, plusieurs têtes de Vieillards ou de Rabbins enfin, qui avaient déjà été transportées à Bayonne dès 1903; d'autre part, on y retrouve au moins son esprit dans une série d'autres œuvres exécutées sous son influence directe. Cette suite de peintures du maître d'Amsterdam et de son école suffiraient à faire du Musée Bonnat l'un des plus riches de France et pourtant, que d'autres richesses viennent encore se joindre à celle-là! La troisième travée est consacrée aux tableaux du xviiie siècle: tableaux anglais de Lawrence ou de Hoppner, (deux charmantes esquisses de portraits de femme), de Reynolds, (un portrait du Colonel Tarleton), de Raeburn, (un portrait Cl. Serv. phot. B.-A. Gruco. Le cardinal Quiroga

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BEAUX-ARTS d'homme âgé), un paysage de Constable; une précieuse esquisse de plafond par Tiepolo; parmi les Français, on remarquera un intéressant projet du peintre Doyen pour son tableau de l'église Saint-Roch. On a placé aussi dans cette salle quelques tableaux espagnols, parmi lesquels deux portraits saisisants et rares du Greco, celui du Duc de Benavente, grand inquisiteur, et celui du Cardinal Quiroga, archevêque de Tolède, sont particulièrement notables. Pourtant les trois peintures de Goya que possède le Musée ont dû être exposées ailleurs en raison de la taille de l'une d'elles, le portrait en pied du Duc D'Osuna, et de la difficulté de l'éclairer convenablement ici. Une petite salle fait suite à cette galerie; ses dimensions restreintes la désignaient pour recevoir des tableaux particulièrement précieux. On y a groupé les œuvres françaises du début du xixe siècle, les esquisses de David (Serment des Horaces), et de Prud'hon, (Cérès accueillie par une vieille femme), les petits portraits précis de Heim, les études de Granet et surtout les différentes peintures d'ingres pour lesquelles Léon Bonnat avait une particulière affection. Une dizaine de morceaux du maître de Montauban sont conser- Cl. Serv. phot. B.-A. Poussin. Nymphe et satyres. Prud'hon. Cérès accueillie par une vieille femme Cl. Serv. phot. B.-A.

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LE MUSÉE BONNAT A BAYONNE Cl. Serv. phot. B.-A. BARYE. Lion couché (aquarelle) Cl. Serv. Phot. B.-A. BARYE. Tigre couché (peinture)