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ART INDUSTRIE PAULI MAX INGRAND --- m a r i e IXe Année. 5, rue Montaigne. Le Numéro : 8 francs.

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Anciens Établissements E. NEVEU, BRUNET & Cie P. MEUNIÉ, Ch. de LA ROUSSIÈRE & Cie SUCCESSEURS 13, rue d'Uzès, Paris --- - ÉTOFFES D'AMEUBLEMENT - TAPIS - MOQUETTES - TAPIS POINT NOUÉ --- - ART ANCIEN - ART MODERNE --- Téléphone : Central 42-74 • Gutenberg 26-33 • Richelieu 88-22

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ART ET INDUSTRIE Société Anonyme au Capital de 2,000.000 de francs 5, rue Montaigne, Paris (8°). Tél.: Elysées 90-24 et 90-25 Victor de La FORTELLE, directeur. COMITÉ : MM. Louis ARTUS ; Pierre BENOIT, de l'Académie française ; Jacques-Emile BLANCHE ; Jean CASSOU ; Jean COCTEAU ; Henri CLOUZOT ; Mme L. DELARUE-MARDRUS ; MM. Jean GIRAUDOUX ; C. CRONKOWSKI ; G. JANNEAU ; Paul LOCARD ; Charles LCUFOT ; Camille MAUCLAIR ; Pierre MILLE ; Auguste PERRET ; Léon RIOTOR ; Jean SARMENT ; André THÉRIVE ; Mme Marcelle TINAYRE ; MM. Paul VALÉRY, de l'Académie française ; J.-L.VAUDOYER. SOMMAIRE MARS 1933 COUVERTURE : "LE SANGLIER D'ÉRYMANTE", par Mme Max INGRAND UN JARDIN A PARIS (P. PATOUT, architecte) PROPOS SUR LES BIBLIOTHÈQUES, par R. BURNAND (dessins de RESCHOF SKY) UN HOTEL MAC-MAHON MODERNISÉ (M. KAMENKA, architecte) LE SIÈGE "Chez P. DEVÊCHE ET SES FILS, décorateur" ART ACTUALITÉ LA MAISON DE CUBA (A. LAPRADE, architecte) UN NOUVEL IMMEUBLE A AUTUEL (P. DUPUY, architecte) L'AMÉNAGEMENT DES SALLES DE BAINS LA MUSIQUE CHEZ SOI... MADAME, par L. BERNHARDT TRADUCTIONS Revue Mensuelle, paraissant le 15 de chaque mois. Le Numéro : 8 francs. FRANCE ET COLONIES : UNION POSTALE : AUTRES PAYS : ABONNEMENT.. 60 FRANCS ABONNEMENT.. 100 FRANCS ABONNEMENT.. 120 FRANCS Édition de luxe : 20 francs. — Abonnement : 200 francs. — Étranger : port en plus. Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Copyright, Mars 1933, par Art et Industrie.

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Au-dessus d'une fontaine de mosaïque, se dresse l'Eve de Rodin qui se détache sur un fond de lierre. $\langle 2 \rangle$

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Un jardin à Paris P. Patout, architecte. Dans l'hôtel de M. Ducharme, le jardin était, comme il arrive généralement à Paris, entièrement entouré de maisons dont on voyait toutes les façades postérieures L'architecte a pensé qu'il fallait se protéger des regards si on voulait jouir tranquillement du plein air sous les ombrages des anciens arbres du parc de la Muette. On a donc élevé au fond un mur de 11 mètres de hauteur qui, grâce à sa décoration, ne nuit aucunement à l'aspect général. Des pilastres surmontés de vases cannelés, les arcades tapissées de lierre enlèvent toute monotonie au décor. Les allées sont réduites au minimum et dallées avec la pierre d'Anstrude en opus incertum. La décoration principale de ce jardin est composée d'une fontaine de mosaïque, dont l'eau jaillit au pied de l'Ève de Rodin qui se détache sur un fond de lierre. « 3 »

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Phot. Chevojon. Vue générale du jardin, prise de la terrasse inférieure. Au premier plan, des vases sculptés par Le Bourgeois. A droite et à gauche, des « hauts panachés » où s'enroulent des lianes de polyganum.

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Dans le fumoir, Monsieur s'est réservé un coin pour ses papiers d'affaires, ses livres techniques, ses annuaires. Derrière la table, un meuble à étagères permet d'avoir à portée de la main tous les documents nécessaires. Les dossiers peuvent être ainsi conservés méthodiquement sans nuire à la décoration générale de la pièce. Chère Amie, mon vieux Philippe, Votre lettre, votre demande me flattent infiniment. Il se trouve donc encore quelqu'un pour s'occuper de moi qui vis loin du monde, de ses pompes et de ses œuvres, pour solliciter mon avis, peut-être pour en tenir compte ? Il est vrai que je suis rat d'archives, de librairie et que sur ce seul terrain, je me tiens avec quelque aisance. Assez parlé de moi. Parlons de vous, s'il vous plaît, de vos pensées

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Voici le studio d'un jeune homme. Dans un angle de la pièce un grand meuble contient à la fois des livres, une discothèque, un pick-up et... un bar. Table en nickel chromé dont le plateau supérieur est orné d'un dessin recouvert d'une glace. qui sont aimables et charmantes, du cadre que vous savez construire à votre jeune grâce, de vos projets. Quelle idée merveilleuse de demander à un grand artiste une bibliothèque moderne! Vous aimez vos livres et vous avez bien raison ; ce sont les plus tendres, les plus fidèles amis et qui ne trompent pas. On ne saurait leur réserver une trop douillette, trop élégante, trop sûre demeure. Vous savez que l'art d'aujourd'hui a réalisé en matière, comme on dit grossièrement des bibliothèques, des merveilles : clarté, agrément, commodité. Tout est réuni. Mais — ne m'en veuillez pas — je ne suis point très moderne. Je rêve pour vous et vos livres une de ces nobles bibliothèques de château, grande comme une cathédrale, meublée de hautes armoires, où brille l'or assoupi des reliures, une bibliothèque avec de grandes tables Louis XIV, d'imposants fauteuils, des portraits à perruque et quelques-unes de ces énormes mappemondes ceinturées de cuivre, étoilées de roses des vents. A défaut de ces immensités,

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Nous voici chez un bibliophile. De chaque côté de la cheminée, des rayonnages contiennent des livres brochés ou recouverts de parchemin de différents tons qui s'apparentent heureusement à la décoration de la pièce. vous voulez loger confortablement, dans votre appartement de 1933, vos chers livres. Qui vous en blâmerait ? D'ailleurs c'est folie de limiter à une seule pièce la place de ses livres. A-t-on l'idée de cantonner, chez soi, ses amis dans un coin! C'est la maison tout entière qu'on leur ouvre. Il faut, ma blonde amie, que vous ayez près de vous, dans un cadre créé par vous, les volumes que vous aimez, à portée de votre main, tout à côté de vos bibelots familiers, de votre chaise longue. Et vous, mon camarade, quand vous serez couché dans votre fauteuil de cuir, il faut que vous puissiez, sans plus d'effort que pour vos cigarettes, atteindre vos livres. Répartissez-les, croyez-moi, dans toutes les pièces où vous vous tenez volontiers. Des livres, à moins d'être un vieux fou comme moi, on n'en a plus guère présentement le moyen, ni la place, ni le goût d'en avoir beaucoup. Plus de ces collections, de ces mémoires, de ces correspondances en quatre-vingts ou cent volumes, plus de ces massives Œuvres complètes, A côté d'un large fauteuil, une étagère mobile de métal et de glace permet d'avoir à côté de soi quelques livres et les dernières revues. $\leftarrow 7 \rightarrow$

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Dans un autre angle de la pièce, un grand meuble à portes pleines (mais aéré par le haut) contient les livres les plus rares, ceux que l'on ne montre qu'aux ama- teurs et aux initiés. Au milieu, dans un refend, une vitrine éclai- rée permet d'exposer des auto- graphes et des ouvrages illustrés. $\leftarrow 8 \rightarrow$ de ces Encyclopédies décourageantes. Le Petit Larousse suffit pour les mots croisés. Mais quelques auteurs cherchés, choisis avec amour, les poètes, les essayistes, les voyageurs, quelques romanciers vigoureux et désabusés — et un bon lot d’histoires policières, pour les jours où vous êtes seule et que personne ne vous voit : voilà ce que vous permettent les mœurs du siècle. Il s’agit maintenant de bien loger ces amis, et de les conserver en bel état. Pour bien faire, et les protéger parfaitement, vous devriez les donner

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tous à la reliure. Mais l'on ne saurait, sans déchoir, habiller de toile rude ou de grossière basane les éditions sur grand papier, les beaux tirages, ou simplement des livres aimés. Et vous savez à quelles hauteurs montent les factures du relieur d'art. Gardez donc vos volumes brochés, ou bien glissez-les dans des emboîtages, à la condition que ceux-ci ne soient pas trop étroits. Et puis veillez en amis diligents, sur eux, craignez leurs ennemis qui sont de tous les instants. Il en est quatre principaux : la poussière, l'humidité, le feu et la chaleur. Dans ces deux bibliothèques sont réunis les livres anciens et les reliures modernes. Devant, un pupitre en métal et glace, éclairé par une rampe lumineuse, permet d'exposer tour à tour des incunables ou des enluminures.