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ART & INDUSTRIE V. Prove 1918.
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ART & INDUSTRIE V. Prove 1918.
Le 5ème Salon des Artistes Décorateurs PARIS avril 1910 --- EDOUARD SCHENCK --- CHENETS, FONTE DE FER --- CHIFFRE DE L'INVITATION AU VERNISSAGE PAR AUG. BUGNOT --- Il serait curieux d'établir, dix ans après la dernière Exposition Universelle de Paris, le bilan de l'Art décoratif français. En se développant dans le Pavillon de Marsan, au Louvre, il semble que la Société des Artistes Décorateurs devrait s'attacher à montrer le résultat de tant d'efforts. Le musée fixerait, autour d'elle, la tradition de notre mobilier et sa renaissance récente. Peut-être la victoire, non pas du « style », comme on dit, mais du pastiche paraîtrait-elle moins certaine? Avoir la ligne révoltée s'apaiser dans des rythmes nouveaux, une jeune sensibilité raviver la matière, on comprendrait mieux qu'il convient d'inspirer la machine, d'aérer l'atelier, d'instruire l'apprenti, l'ouvrier, d'assouplir la discipline du travail et l'ordre des échanges, et de renverser ce décor des aristocraties anciennes que les classes maîtresses des gouvernements, aujourd'hui, ont bâclé comme un symbole de puissance. Partout l'art refleurit mais aussitôt s'étiole. Le Salon des artistes décorateurs n'appelle sans doute pas assez de maîtres et néglige trop d'artisans. --- Mai 1910 — Le 5e Congrès des Artistes Décorateurs. — Fasc. 1.
CARRÉS POUR COUSSINS VELOURS RÉTICULES VELOURS MME A. WEGERIF-GRAYESTEIN
--- NAPPERONS JULES COUDYSER ---
Il s'encombre de redites. On n'y peut mesurer un aboutissement. Pourtant il suffirait à caractériser cette phase où l'art industriel, sur de quelques principes, hésite dans leur application. Loin du peuple, client des camelottes, ignoré de l'Etat, que fournit l'Institut, l'artiste tâtonne ou s'égaré. Il devrait satisfaire aux besoins d'une société, d'une époque; mais plus encore que le luxe, c'est le caprice — et le caprice féminin — qui l'asservit. L'architecture, la collectivité, l'homme disparaissent singulièrement ici. Les poupées qu'expose Mme Laffitte-Désirat, lancées dans les paraphes du golf et du skating, tiendraient-elles l'emploi de Muses? M. Guimard, pour cette fois, ne leur jette guère qu'un mouchoir. Mais il faut qu'elles aient égaré MM. Landry et Pierre Selmershein dans l'invention de leurs cabinets «de travail» faits de citronniers et de bois de corail, tendus de soie et de cuir patiné, revêtus soit de stucs, soit de pâte de verre, où la lumière s'amollit à travers des roses moulées: ensembles «amusants» selon cette expression qui dénonce si bien notre goût de l'ingénieux, du fragmentaire et du superficiel. Trop amusants pour appuyer une méditation. Des artistes hongrois se groupaient récemment. «Nous connaissons, disait leur manifeste, un grand trésor»; ils entendaient par là la joie de vivre. «Nous tisonnons ce feu de toute notre énergie... ce qui nous aide dans cette œuvre, c'est l'amour de nous-mêmes et d'autrui». N'est-ce pas, au total, la foi commune à toutes les écoles. On ne risque pas d'en entendre l'aveu dans ce Musée mondain. Cependant voici que les décorateurs se sont groupés déjà. Faute d'un idéal commun, des tâches immédiates, secondaires, les associent du moins. RIDEAU (VIGNE) JULES COUDYSER
Quelle que surcharge qu'elle entraîne, leur collaboration est un fait décisif. M. Dufrene réclame le concours de MM. Albrigo et Collet, de M. Schenk, qui seconde M. Follot, en même temps que MM. Delon, Tassinaire, Charles Guérin, Mme Wegerif. A la suite de M. Gaillard voici MM. Ausseur, Hipp, Collet, Meisselbach, Mlle Germain, qu'on retrouve, elle-même, auprès de M. Lambert, avec MM. Jémont, Chatel, Lebasque. Il y a les « Barberis » comme les « Morenvillier ». M. Louis Majorelle dirige les travaux de MM. Steiner, Gatelet, Lévy, Jung, Lognon, Jacques Majorelle. M. Pierre Selmersheim commande à MM. Benedictus, Socard, Bourgeot, Kirsch, Mezzara la décoration des formes qu'il assemble. DÉCORATION D'UN LIT COUVRE-LIT DENTELLE À L'AIGUILLE, RIDEAUX BATISTE BRODÉE ET DENTELLE À L'AIGUILLE, FOND DE LIT FILET BRODÉ (LE LIT EST DE M. GALLOT) PAR PAUL MEZZARA (SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS 1910)
PLAQUE DE COU ARGENT DORÉ ET ÉMERAUDES MATES PENDENTIF ARGENT ET NACRE AVEC AGATHE POIRES EN PIERRES DU LABRADOR MONTURE ET COULANT EN ARGENT (MME BEDOT-DIODATI) BRODERIE DE JULES CLOUDYSER
VASES EN PATE DE VERRE F. DECORCHEMONT
Des ferronniers MM. Nics, Brandt, Follot abandonnent aux frères Daum le soin de colorer les lampes qu'ils suspendent. Quand M. Maurice Denis peint un vase de Methey, quand M. Pierre Roche confie ses reliefs à MM. Bigot, Foley, Cheval, Deck qui fera la part de leur obéissance aux techniciens, et des ressources, qu'en revanche, leur génie apporte à l'outil, aux formules? Ces accords ne sont, sans doute pas nouveaux. Le catalogue ne nous révèle quelquefois que des collaborations trop longtemps anonymes. D'autre part, on discerne dans ces ensembles, plus de rencontres que de communions. Mais déjà les métiers s'enchaînent, l'art et l'industrie s'organisent. C'en est fini des improvisations où trop de peintres, de sculpteurs s'étaient risqués. L'exposition rétrospective de l'œuvre de Bellery-Desfontaines paraît ici comme le testament de cette confusion. Noble erreur que celle de cet art robuste, expressif, dramatique, mais où manquaient la main, la réflexion et la sérénité. Maurice Denis, Pierre Roche restent, dans cette exposition, les seuls témoins de ces temps ambitieux. Mais leur génie classique les y a constamment défendus. Quelque fut leur ouvrage, tableau de chevalet, vitrail, buste, plaquette ou monument, un sentiment décoratif en dominait les relations. COQS, CHENETS BRONZE; EDOUARD SCHENCK.
M. Denis a couvert des vases en faïence stannifère d'allégories mythologiques plutôt encore que paiennes. Il en emprunte la noblesse à l'Italie, y ajoutant une tendresse puérile, mais peut-être gonflée. Pierre Roche montre à quelle diversité les carreaux de revêtement se prêtent selon qu'on façonne le grès, la porcelaine ou la terre lustrée, l'étain ou le bois découpé, en figures de femmes, de tritons, de volutes, de salamandres, d'escargots ou d'acrobates, avec l'esprit le plus savant et le plus spontané. Tandis que ces rares artistes se plaisent aux métiers divers, les techniciens, perfectionnant chacun leur pratique, préparent les groupements dont on se réjouit. Il semblait que le travail du verre eût atteint, à la fin du xixe siècle, en Europe et en Amérique, la limite de sa complexité et de sa magnificence. M. Dammouse l'assouplit encore à des grâces exquises. M. Decorchemont se distingue de cet inventeur plein de suavité dans ses pâtes de verre, ainsi que font dans la porcelaine et le grès, MM. Decœur, Gandais. --- Gobelets (argent) Geery Jensen (Copenhague) --- Mai 1910 — Le 5 Salon des Artistes Décorateurs — Fasc. 3

Cet article examine le 5ème Salon des Artistes Décorateurs à Paris en avril 1910. Il critique le manque de clarté dans l'application des principes de l'art industriel et le fait que l'art semble s'adresser davantage au caprice féminin qu'aux besoins de la société. L'auteur note la collaboration entre artistes et artisans, tout en soulignant la nécessité d'un idéal commun et de tâches plus significatives.