Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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ART et Décoration
Revue mensuelle d'Art Moderne
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Sommaire
- Céramique de grand feu
L. AUCLAIR
- Une maison pour un médecin.
DU CHASNET
- Leo Putz
FRANÇOIS GOS
- La décoration et le mobilier d'une villa moderne.
H. PRUDENT
- Planche hors texte : Étude
Mme G.-H. DUPAU
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OCTOBRE
1910
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LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS
13, RUE LA FAYETTE PARIS
Prix de la Livraison : 2 fr. — Etranger : 2 fr. 50
14e Année, N° 10
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Art et Décoration
Revue Mensuelle d'Art Moderne
COMITÉ DE DIRECTION :
MM. VAUDREMER, GRASSET, LUCIEN MAGNE,
JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY,
LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT
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ABONNEMENT ANNUEL
PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 francs
ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 francs
Prix de la Livraison. France : 2 francs. — Etranger : 2 fr. 50
L'Année parue ...
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Figure réduite de moitié.
PAON
ÉTUDES D'ANIMAUX
Par M. MÉHEUT
Sous la direction de M. E. GRASSET
Les livres documentaires publiés sur la Plante sont nombreux et plusieurs sont excellents, mais que trouve l’artiste qui veut étudier les Animaux? Rien; aucune publication de quelque valeur sur la Faune n’ayant été faite.
On ne saurait assez le regretter. Les études sur la Flore sont faciles à faire. La fleur est un modèle complaisant que l’on peut étudier à loisir; et chacun peut se documenter d’après elle aussi complètement qu’il peut le désirer. De cette facilité sont nés de nombreux ouvrages, où peuvent puiser les artistes.
Il en va autrement des études faites d’après l’animal. Pour que cette étude ait quelque valeur, il faut qu’elle ait été faite d’après l’animal vivant. Mort, celui-ci perd tout son caractère; empaillé ou conservé dans l’alcool, il n’est plus qu’une masse informe d’où nul enseignement ne peut être déduit. C’est donc seulement l’être en vie qui doit être observé et analysé en vue d’une étude profitable. Mais là, les difficultés deviennent nombreuses, et pour beaucoup insurmontables. Des qualités extrêmement complètes de dessinateur sont indispensables pour mener à bien cette étude: la construction d’un animal ne peut renfermer aucune faute qui ne saute à l’œil au premier examen.
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Il faut donc des études extrêmement bien établies, et voilà que nos modèles sont les moins stables que nous puissions avoir à étudier! Nulle pose ne peut leur être demandée. C'est donc par une étude lente et minutieuse, par la succession de croquis rapides et innombrables, que nous arriverons à la connaissance de l'animal dont nous allons fixer le caractère en quelques dessins types, où vont se condenser les multiples croquis et les longues observations que nous avons pu patiemment faire d'après lui. Il faut pour cela un entraînement extrêmement sévère, et une faculté d'observation que chacun ne peut posséder.
C'est ce qui explique que l'on ait reculé jusqu'ici devant un tel travail. Et c'est ce qui explique aussi pourquoi l'animal entre si rarement dans les motifs ornementaux de nos décorateurs; la documentation leur fait défaut.
C'est là une lacune regrettable, que vient combler le beau livre d'ÉTUDES D'ANIMAUX de M. Méheut.
On ne pouvait mieux s'adresser qu'à cet artiste habile et consciencieux qui, depuis plusieurs années, s'est entièrement consacré à l'édification de cette œuvre considérable. L'artiste avait à se défendre contre la tentation du pittoresque, du dessin que l'on se complaît à composer; il devait avant tout rester documentaire, et éloigner toute interprétation dans la représentation de ses modèles. M. Méheut a su mener à bien son œuvre, restant toujours sincère, tout en faisant preuve des plus profondes qualités d'analyste, en même temps que d'une profonde science du dessin.
Son recueil d'Études d'Animaux est appelé à rendre les plus grands services; et on doit lui savoir gré de n'avoir pas reculé devant la lourdeur et la difficulté de la tâche qu'il avait à entreprendre en l'établissant.
Les dessins de M. Méheut ont été faits en vue de leur reproduction, c'est ce qui nous a permis d'en obtenir de véritables fac-simile.
L'ouvrage est publié sur grand in-4" (0.44×0.34) et les reproductions très réduites qui figurent sur ce prospectus ne donnent à cause de cette réduction qu'une idée bien imparfaite de l'ouvrage.
HAMADRYAS
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PANTHERE
Figure réduite d'un tiers.
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VIVE
LISTE DES ÉTUDES D'ANIMAUX QUI SERONT PUBLIEES
Abeilles et Frelons 1 pl. Couleuvre . 2 pl. Langouste . 2 pl. Panthère . 5 pl.
Anguille . . . . . 1 » Crabe . . . . . 1 » Lapin . . . . . 2 » Papillons . 3 »
Brochet . . . . . 1 » Crevette . . . . . 1 » Lézard . . . . . 2 » Perche . . . . . 1 »
Coquillages . . . 2 » Criquet . . . . . 1 » Libellule . . . . . 1 » Pigeon . . . . . 2 »
Caméléon . . . . . 1 » Dindon . . . . . 3 » Lion . . . . . 6 » Raie . . . . . 1 »
Canard . . . . . 2 » Écrevisse . . . . . 1 » Longicorne . 1 » Renard . . . . . 3 »
Caracal . . . . . 3 » Écureuil . . . . . 2 » Loup . . . . . 3 » Rouget . . . . . 1 »
Chauve-souris . . . 1 » Escargot . . . . . 1 » Lucane . . . . . 1 » Salamandre . 2 »
Chèvre . . . . . 3 » Faucon . . . . . 2 » Moineau . . . . . 1 » Scorpion . . . . . 1 »
Chouette . . . . . 1 » Grenouille . . . . . 1 » Mouflon . . . . . 2 » Souris . . . . . 2 »
Cigale . . . . . 1 » Hamadryas . . . . . 2 » Oie . . . . . 4 » St-Pierre . . . . . 1 »
Cigogne . . . . . 2 » Hippocampe . 1 » Ophiures . . . . . 1 » Tigre . . . . . 6 »
Coq . . . . . 2 » Hirondelle . . . . . 1 » Paon . . . . . 5 » Tortue . . . . . 1 »
Cet ouvrage dont les livraisons I et II viennent de paraître (juillet 1910)
sera publié en 5 livraisons de 20 planches chacune qui paraitront mensuellement.
L'ouvrage complet, contenant 100 planches, formera 2 volumes.
Prix ...
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CÉRAMIQUE DE GRAND FEU
NOTES SUR LA FABRICATION DES GRÈS A EMAUX MATS,
CRÉES PAR J. CARRIÈS, EN 1893, DANS SON ATELIER
DE SAINT-AMAND-EN-PUISAYE (NIEVRE)
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E
n 1891, Carriès surchargé de travail, et ne se sentant pas disposé à faire de nouvelles recherches, me demanda de devenir son collaborateur.
L'affaire fut conclue de suite, je pris possession de mon poste et arrivai à Montrivaux en juillet de la même année.
J'y trouvai comme outillage de laboratoire une balance, celle de la cuisine, et une série de terrines en grès du pays.
Le premier jour, après m'avoir fait visiter son installation, Carriès me tint à peu près ce discours : « Ici, mon petit, pas de produits chimiques épatants, pas de matière avec des noms en ique ou en ate. Voyez ma collection de vieux Chines, Coréens et Japons; est-ce assez épatant? Eh bien! ces gens-là ne connaissaient pas votre chimie, ça ne les a pas empêchés de faire des merveilles! Aussi, pas de produits chimiques compliqués, et surtout pas d'alcalis, ni de produits donnant du vitreux, je n'en veux pas voir ici, je laisse cela aux copains de Paris. Vous ferez comme les Japonais et les autres, vous travaillerez avec les terres et les produits du pays, avec les roches naturelles; je ne vous permets que le cuivre parce qu'il m'a donné des résultats supérieurs. »
Il me montra ensuite tout son outillage, comprenant, en plus de la balance et des terrines, une culasse de canon qui servait de mortier et un lot complet de tamis. Il y avait un luxe de ces outils. En plus de cet outillage, il y avait un atelier avec deux tours de potiers du pays.
Deux ouvriers potiers et un manœuvre constituaient tout le personnel.
En plus de cet atelier, Carriès avait le sien propre, où il retouchait ses moulages et où il émaillait ses poteries en terre de grès.
Dans la cour, sous le hangar, se trouvait le four à poteries, comme ceux du pays, dit four couché à axe de tirage oblique, comme les fours chinois, comme ceux du Berri et du Beauvaisis, et comme il en existait encore en
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Art et Décoration
Allemagne à la même époque où il a servi autrefois à cuire la porcelaine.
Après avoir passé quelques jours à m'orienter dans ce milieu nouveau pour moi, je constituai le laboratoire dans la vieille cuisine de la maison.
J'y rassemblai toutes les matières qu'il m'était permis d'employer; c'étaient les suivantes:
1 Feldspath broyé.
2 Email de porcelaine.
3 Kaolin des Eyzies.
4 Laitier dur broyé.
5 Cendres de bois.
6 Blanc de Troyes.
7 Terre blanche (Argile à silex).
8 Terre de grès (celle des potiers du pays).
9 Lave de Volvie.
10 Carbonate de baryte nature (Whétérite).
11 Carbonate de cuivre.
12 Oxyde d'Uranne orange (Joachimstoll).
En tout, 12 produits différents. Cela constituait tout le stock de produits avec lesquels furent faits tous les émaux de Carriès.
Toutes les pièces de sa collection, y compris celles qui sont au Petit Palais, furent émaillées avec les émaux suivants.
Ceci me prouva, comme du reste je l'avais vu de suite, qu'il n'était pas nécessaire d'avoir des produits bien compliqués pour reproduire les pièces de grès genre vieux Japon, Coréen et Chine. Carriès avait raison; il avait flairé juste.
Tous les émaux qui vont suivre ont tous été reconstitués par moi seul; quand je demandais
à Carriès comment il avait fait tel émail, il me répondait qu'il ne s'en souvenait plus, et je pouvais constater qu'il me disait la vérité. Il me citait les produits énoncés plus haut, mais sans donner aucune proportion. Cela lui était impossible, étant donné qu'il ne notait rien; il s'en rapportait à sa mémoire seule, laquelle lui faisait souvent défaut.
Aussi, tous les travaux qu'il avait faits deux ans avant, toutes les recherches, les dosages, tout fut à refaire et à rechercher.
Les miens furent faits d'une façon méthodique, avec des produits toujours les mêmes, et dont les quantités respectives étaient soigneusement pesées et notées.
Non seulement je lui ai recherché et retrouvé les émaux faits antérieurement, mais j'en ajoutai un grand nombre que je trouvai en cherchant d'autres.
Je lui livrai à son atelier les émaux tout préparés, broyés, délayés et tamisés, et au point pour émailler; ils avaient toujours autant que possible le même degré de liquidité.
A part quelques exceptions, Carriès émaillait tout lui-même en ce qui concerne les poteries; quant à la sculpture, il l'émaillait seul.
Les cuissons avaient lieu dans le four couché décrit plus haut. Pour l'enfour-
Ponte du Four
Cendres
Sol naturel
A - Chapelle
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Art et Décoration
nemment, tout le monde y assistait, c'était un grand travail qui durait toute une semaine, et l'on était loin de remplir le four avec des objets de valeur. Il était en grande partie lesté avec des briques, qui contribuaient à faire le bloc nécessaire à une bonne cuisson en remplissant le four dans les conditions requises pour une bonne marche.
Il aurait été, certes, plus économique de louer une case chez le voisin et de cuire avec lui; mais Carriès voulant être le maître de son travail, préférait supporter à lui seul toute la dépense de son four.
Pour un artiste, ou même un amateur, ce modèle de four est l'idéal comme commodité, en ce sens que l'on peut y obtenir, selon la place où l'on enfourne les pièces, tous les degrés de cuisson compris entre les cônes 4 et 13 ou 14 des pyromètres Seger.
Nous donnons ici une coupe de ce four. Les lignes paraboliques indiquent approximativement les zones de température semblables.
Il est facile de remarquer qu'en construi-
sant au milieu du four une chapelle, comme disent les potiers, et en y plaçant des pièces du haut en bas, on aura toutes les températures du four, puisque les lignes traversent toutes cette chapelle avec les zones les plus chaudes en haut et les plus douces en bas.
Comme dans la série d'émaux qui vont suivre il y en a pour toutes ces zones, je mettrai en regard de chacun d'eux la zone à laquelle il réussira le mieux.
Pour les cuissons, l'artiste qui voudra se livrer à ce genre de travail sera obligé de se familiariser avec la façon de faire des potiers, de connaître les termes d'enfournement et les noms des différentes parties du four.
Pour celui qui voudra commencer, la seule voie à suivre est de s'entendre avec un potier et de lui louer une case dans son four; ce sera le plus sur et le plus économique. Ils cuisent tous, à très peu de chose près, au même degré.
La terre employée par Carriès était celle nommée Terre noire des Galines. Sévres adopta la même dans la suite.
Sa composition minérale, donnée par Sévres, est la suivante:
Sable fin de quartz
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36,8
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Partie plastique: Kaolinite
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39,0
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Mica Muscovite
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19,5
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Feldspath
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4,8
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Oxyde de fer et titane
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1,830
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TOTAL
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101,930
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C'est une terre à kaolinite de kaolin; elle n'est pas très fine et elle possède la plasticité spéciale aux kaolins. Elle se soude mal; et, au modelage, s'il n'est pas fait usage d'une terre bien molle, elle revient sous le doigt (elle fait caoutchouc); elle est en réalité ingrate à travailler.
Aussi, à la manufacture de Sévres, quand, quelques années après Carriès, l'on voulut se servir de cette terre et faire des grès, on en modifia la composition en y ajoutant du sable de Decize et de la terre de Randonnay.
A l'état naturel, elle fait $14\frac{0}{0}$ de retrait, autant que la porcelaine dure, et cuit à partir du cône 4, où elle est déjà grès. Son
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coefficient de dilatation est de $10^{-8} - 650$ environ; c'est un coefficient élevé pour une pâte vitrifiée. Celui de la porcelaine étant 326 et celui de la pâte N de Sèvres = 523.
Cela explique pourquoi elle reçoit aussi bien les émaux mats qui vont suivre, étant donné qu'ils sont tous à coefficients élevé.
C'est avec la terre pure, simplement délayée et tamisée au tamis 120, que travaillait Carriès.
Cette terre est très délicate à sécher et à cuire; elle craint les forts feux. Au cône 13 ou 14, elle se couvre de pustules gonflées (elle boufflotte, disent les potiers); ceci est dû à un phénomène particulier trop long à expliquer ici.
Bien travaillée, un peu molle, elle permet un bon façonnage; mais il faut surveiller très attentivement le séchage, le retarder le plus possible, surtout dans les grandes pièces. Cette terre est trop riche en colloïdes hydrogels qui lui donnent la plasticité spéciale qu'elle possède : elle absorbe beaucoup d'eau pour avoir la mollesse nécessaire au moulage ou modelage.
Elle gagnerait beaucoup à être mélangée avec une partie de la même terre dégourdie et broyée.
Mélangee avec moitié de son poids de pegmatite dure de Limoges, et préparée spécialement pour ce travail, elle coule d'une façon extraordinaire; elle permet d'imprimer tous les détails de la sculpture contenus dans le moule d'une façon aussi parfaite qu'un bronze à cire perdue; elle donne les détails du doigt.
Pour le détail des opérations du coulage, il suffit au lecteur de se reporter page 95 et suivantes de la présente Revue, septembre 1906, où M. Taxile Doat en fait la description d'une façon si parfaite que je ne crois pas nécessaire de la reproduire ici. Seulement, depuis cette époque j'ai trouvé le moyen de couler les grès aussi bien, et même mieux, que l'on ne coule la porcelaine.
Cuite au cône 7 ou 8, la pâte ci-dessus donne un beau grès blanc verdâtre d'une teinte très jolie, et reçoit admirablement bien les émaux de la série des Cires qui vont suivre.
Au coulage elle permet toutes les formes de vases, toutes les épaisseurs et ne demande aucuns soins spéciaux pour le séchage.
Ce procédé de fabrication est le plus parfait, le plus économique et le plus facile à employer. C'est lui qui donne la plus grande somme de réussite, parce que les pièces coulées sont partout d'une épaisseur absolument régulière; de plus, elle affranchit l'artiste du souci de se procurer un bon mouleur ou tourneur, ce qui n'est pas toujours facile à rencontrer.
Enfin, celui qui voudra tirer profit des données et formules contenues dans cette étude sera largement récompensé par le plaisir qu'il aura en contemplant les belles matières obtenues, et où il y a toujours du nouveau et de l'imprévu à obtenir.
C'est alors que l'on verra que Carriès avait raison, qu'il n'était pas nécessaire d'avoir des produits raffinés pour obtenir des matières remarquablement belles, des peaux de fruits veloutées, de belles pierres, de beaux cailloux, comme il aimait si bien à dire.