Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

Page 1

ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne --- Sommaire - Un Maître Femme Mlle Breslau COMTE ROBERT DE MONTESQUIOU - Ovide Yencesse CHARLES SAUNIER - L'Émail et les Emailleurs M. P.-VERNEUIL - Planche hors-texte : Émaux GRANDHOMME --- MAI 1904 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LA FAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. 8e Année, N° 5.

Page 2

Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT --- Abonnement annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L’Année parue ...

Page 3

Un Maître Femme MADEMOISELLE BRESLAU --- A u cours des deux volumes de son Journal, cette pauvre Bashkirtseff nous apparaît à la fois bien touchante et bien vaine. Certes, elle aurait pu figurer, à titre d'éloquent exemple, dans cette enquête récemment réalisée par une Revue sur le compte des enfants prodiges, et de la finale résultante de leur dons. Elle fut l'une d'entre eux, avec de leurs séductions et de leurs travers. Sa triste fin diminue ceux-ci au profit de ceux-là. Paix à sa cendre diaprée et troublée! Bien différente dut être l'enfance de la grave, de la grande artiste à laquelle je veux consacrer cet Essai. Et, pourtant, de bonne heure, la renommée effleurait, assurait ce nom de Breslau, dans lequel la vibrante mémorialiste que je citais plus haut entendait comme un accord puissant, sonore et calme. Mais une renommée en harmonie avec de si sûres espérances. Oui, sonore, calme et puissant; la justesse de ces expressions et leur justice parlent en faveur de celle qui les formula dans son équité inquiète, la jeune et brillante mondaine ambitieuse de dévorer toute une carrière d'art avec une rapidité de lièvre; tandis que sa prudente et patiente compagne en parcourt lentement, sagement, vaillamment les stages successifs et consécutivement victorieux. Ce sont ces stages sur lesquels il nous est permis, grâce à l'Exposition dont l'initiative fait, une fois de plus, grand honneur à M.Georges Petit, de donner aujourd'hui un coup d'œil d'ensemble, surprenant même pour ceux qui, comme nous, ont suivi depuis des années avec un intérêt attentif l'œuvre du peintre. Que dis-je? surprenant même, j'en suis sûr, pour le peintre en personne. Car, pour les artistes dignes de ce nom, j'entends ceux qui ont la modestie et la fierté qu'il faut, c'est une surprise que l'effet produit par la réunion de leurs œuvres. Et cette surprise a quelque chose de vainqueur et de consolant comme le regard que le philosophe vieilli affirme être celui d'un homme qui a serré ses richesses ailleurs que dans le coffre sur lequel le voleur s'acharne. Certes M" Breslau pourra le jeter sur elle-même, ce regard-là, quand le temps injurieux, aura, dans beaucoup d'années, fait d'elle un vieux maître vénérable. Car des mains de ce vieux maître se seront effeuillées beaucoup de ces feuilles précieuses sur lesquelles elle aura inscrit l'histoire de bien des âmes. Et au-dessous de cette récolte vitale et pensive, l'avenir pourra inscrire le joli vers : Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches...

Page 4

Art et Décoration Davison Et ce sera la moisson de notre Maître Femme. Cette moisson, nous y reviendrons tout à l'heure. Mais je voudrais, auparavant, encore insister sur le rapprochement ébauché plus haut, et qui nous donne sur la vertu de l'émulation des renseignements bien instructifs. Dans le second volume de ce journal de Bash-kirtseff, le nom de Breslau est imprimé plus de trente fois; je les ai comptées, et j'ai dû en omettre. Il revient comme une hantise, une obsession, le spectre réel qu'il faudrait vaincre, l'être représentatif du mérite qu'on voudrait pour soi, cet être qui existe pour beaucoup d'entre nous, si ce n'est pour chacun, et que les circonstances dotent du pouvoir de nous faire réaliser ce que nous contenons de meilleur, et dont peut-être, sans lui, l'écllosion eût été moindre. Je cite : « Breslau a reçu beaucoup de compliments. — Comme cette Breslau dessine bien... C'est cette canaille de Breslau qui m'inquiète. Elle est admirablement organisée, et je vous assure qu'elle percera. — Cette canaille de Breslau a fait une composition; quand on sait faire une chose comme ça, on sera un grand artiste. — Vous devinez, n'est-ce pas? Je suis jalouse. C'est bon, parce que cela me poussera. — Naturellement, Breslau a un succès énorme; c'est qu'elle dessine bien. — Breslau aura des couronnes. — Breslau est ma préoccupation constante, et je ne donne pas une touche sans me demander comment elle ferait. — Je n'ose rien demander de peur de m'entendre dire ce que Breslau est en train de faire. — A côté de Breslau, je me fais l'effet d'une boîte de carton mince et cassante, à côté d'une cassette en chêne massif richement sculptée. — L'heureuse Breslau; oui, vraiment heureuse, et je donnerais, pour l'être autant qu'elle, tout ce qu'on appelle mes bonheurs. — Cette fameuse volonté de Breslau. — Dieu a été bon en permettant que je ne sois pas tout à fait tuée par Breslau, au moins pour aujourd'hui. — Je ne suis pas favorisée comme Breslau qui vit dans un petit cercle artistique, et où chaque parole, chaque pas rapportent quelque chose à l'étude... le

Page 5

Un Maître Femme Carriès soir, par exemple, que Breslau emploie à dessiner, à composer. — Ce n’est pas qu’elle soit très intéressante comme eût été Breslau, par exemple… etc…, etc. », car cette interminable ritournelle se lamente indéfiniment, s’enfle ou s’apaise, s’accuse ou s’efface, à travers cinq cents pages, comme le leit-motiv de la rivalité stimulante et efficace. Tout cela est loin aujourd’hui. La dernière page du journal de Marie Bashkirtseff est datée de 84. Au départ différemment frémissant des deux jeunes filles de si dissemblable allure, on peut appliquer le vers mystérieux : > J’ajoute un post-scriptum après vingt ans… j’écoute… > > Etes-vous toujours là? Vous êtes mort sans doute… Hélas! oui, c’est la tragique et muette

Page 6

Art et Décoration réponse de la frissonnante Marie. Et pourtant elle sort de l'ombre, à mon appel, pour apporter, en ces lignes, citées par moi, à la rivale enviée de naguère, l'hommage posthume et continué d'une admiration fidèle, désormais dépouiléel de toute compétition terrestre, et ces lignes, et pour les documenter, quelques-unes des innombrables coupures de journaux où, depuis vingt ans, sa renommée a préludé, puis s'est accentuée en variations incessantes, elle me fit cette simple réponse : « J'avais quelques liasses de ces coupures ; mais lors de mon dernier déménagement, tout cela a disparu... » Ce mot me plaît infiniment. Oui, ces jugements superficiels « sans grande bonne foi plutôt », comme disait le pauvre Verlaine, tout cela disparaît au cours des haltes successives et de plus en plus réfléchies de l'existence. Il n'en reste que l'appréciation de certains esprits lumineux qui nous ont surtout, et plus encore, honoré s'ils ont daigné mettre un peu de leur sentiment dans le jugement de leur pensée. Parmi ceux qui en agirent ainsi à l'égard de Mme Breslau, je citerai MM. André Chevrillon et Emile Hovelacque. Ecoutons-les : « Même sens psychologique chez Mme Breslau, qui s'attache surtout à des physionomies de femmes et d'enfants. On aime à s'arrêter devant ce talent sérieux et sain, épris de fraîcheur et de force, de bonté et de finesse, plein de sentiment et dépourvu de sentimentalité ; on admire ce métier sincère et droit, appliqué au modèle complet et scrupuleux, à la représentation de tout ledehors physique qui se moule sur la vie intérieure. C'est un art tout de réflexion et de conscience, qui se refuse à escamoter les difficultés, et que l'œil français n'apprécie pas assez à sa haute valeur, accoutumé qu'il est à la prestesse légère, à la virtuosité brillante. Mme Breslau est notre premier peintrefemme, au moins pour le portrait, la seule, peut-être, qui ne soit pas la réplique d'un talent masculin. Dans le pastel, sa tendresse, Madame de Brantes magnifiquement justifiée aujourd'hui par ce que nous donne à juger d'elle la compagne qui l'inspira. Avant de parler de la saisissante réunion de ces œuvres, exposées au nombre d'une centaine environ, dans les Galeries Georges Petit, par Mme Breslau, je veux citer d'elle un trait de caractère qui s'accorde avec ce que je disais plus haut sur son dédain de la vaine gloire. Comme je lui demandais, à la veille d'écrire

Page 7

Un Maître Femme son intelligence sympathique et prime-sautière de femme trouvent leur emploi. Rien de plus doucement reposé et intime, rien de plus amical, que ses groupes de jeunes filles aux délicates et légères nuances de fleurs, d'une grâce si paisible et mesurée. Ses études d'enfant sont souvent des chefs-d'œuvre d'arrangement, de facture simple et sûre, réussissant à exprimer la jeune vie avec son éclat contenu, sa force réticente, sa fraîcheur presque végétale et le calme de son épanouissement inachevé. Ce passage est de ceux qu'on peut s'enorgueillir d'avoir inspirés. Celle qui eut cet honneur a bien fait d'égarer tout le reste dans un déménagement. Le fragment suffit. Ce serait inutile d'en citer d'autres. Il contient tout, et peut servir d'épigraphie à cette œuvre paisible et mesurée, comme il pourra, quelque jour, dans très longtemps, servir d'épitaphe à celle qui devra reposer doucement, ayant réalisé ce calme rêve. Essayons pourtant, à notre tour, quelques modulations sur la collection aujourd'hui exposée, et l'artiste à qui nous en sommes redevables. Et tout d'abord, ne semble-t-il pas qu'on retrouve dans les yeux de quelques-uns de ses modèles, comme un reflet de son pays d'origine, pur et puissant, avec ses candeurs et ses azurs? Mme Breslau est originaire de Zurich. « Comme elle descend bien de ses montagnes! » formulait un jour, d'une de ces boutades qui lui sont familières, le Maître Degas, en présence d'un curieux portrait de l'artiste peinte par elle-même. Certes! il est significatif, ce portrait fourré et rébarbatif, avec son froncement de sourcils qui semble s'adresser à la

Page 8

Art et Décoration mièvrerie, à l'afféterie, au colifichet, à tout ce qu'il y a de faux dans ce qu'on appelle aujourd'hui l'art, et qui n'en est la plupart du temps fleurs pensives et de sensibles animaux, quelques hommes réfléchis, des jeunes femmes, des dames plus âgées, et surtout de ces enfants vraiment enfants, dont Louise-Catherine Breslau s'affirme chaque jour comme le traducteur incomparable. Tels sont les quelques thèmes à la fois simples et infinis, autour desquels s'exerce une maîtrise assez sûre d'elle-même pour ne pas se montrer virtuose. Pas d'escamotage ni de prestidigitation; pas de faux chic, ni même de vrai; enfin! Pas d'élégances de couturier, ni de grâces de mannequin; mais tout cela sans affectation inverse, qui ne vaudrait pas mieux. Non; seulement une recherche plus sensible que visible de l'atour qui révèle un moi, de l'accessoire qui le complète ou commente. Cet atour qui, s'il est dans le goût du peintre, sera simple et charmant, pourra bien aussi revêtir la forme d'un chapeau bizarre, si ce détail doit nous en dire plus long sur la tête qu'il coiffe que tout un traité de physiognomonie. Mais, je le répète, quand le goût du peintre et celui du modèle se peuvent concilier, que de résultantes heureuses! J'en veux pour preuve, entre beaucoup, cet attachant portrait de M^ Victor Klotz, œuvre d'une tenue si parfaite, d'une si satisfaisante harmonie. Parfois même, l'artiste va plus loin dans le choix du détail, et nous la suivons avec joie, car une sûre prescience de ce que Carlyle appelait la philosophie des habits l'empêche de nous induire en erreur. C'est ainsi que, dans cet admirable portrait de M^ de Brantes, qui demeurera l'une des œuvres les plus savoureuses de M^ Breslau, le peintre a considéré son modèle comme un personnage à mitaines. C'était vrai; lui-même s'en est rendu compte. Et l'aimable dame, qui prenait parfois des gants pour parler des choses, prendra Portrait de Jeune Garçon qu'une contrefaçon insipide. Oui, vraiment, quelque chose de limpide et de reposant, comme en l'atmosphère des pays d'altitude, se respire dans la salle honnête et quiète où vivent si doucement leur vie de saine esthétique, parmi des

Page 9

Un Maître Femme Rocking désormais des mitaines; ce sera tout bénéfice puisqu'elles laisseront voir la moitié de ses mains charmantes. C'est vraiment sans exagération qu'on peut nommer Perronneau à propos de ce pastel. L'œil disert, le nez docte, l'air fûté, le sourire rusé, toute cette grâce pateline et douillette sont d'une psychologie éminemment spirituelle. Et pourtant, c'est dans les portraits d'enfants que ce don s'exerce avec, alors, une finesse plus attendrie. A chaque pas qu'il fait, l'enfant, derrière lui, Laisse plusieurs petits fantômes de lui-même... disent deux vers subtils. C'est une procession de ces gentils petits fantômes-là qui sourit ou soupire sur les parois de la Galerie de Sèze. Car tous les enfants ne sont pas gais, il s'en faut. Au contraire, il m'a souvent semblé, qu'en dépit des conscientes mélancolies ou des précises douleurs qui succèdent, l'enfance en a peut-être l'une des plus amères parts, dans l'impossibilité de faire entendre sa plainte à des gardiens distraits, des parents incompréhensifs. J'en veux pour preuve ce mot significatif d'un des modèles de ces toiles expressives. Celui-là serre dans ses bras le confident aimé de ses petites rancœurs, déjà, de ses puériles rancunes, un maigre roquet. Et il ajoute cette phrase typique : « J'aime

Page 10

Art et Décoration Tom, j'aime Dick, j'aime Médor... je n'aime pas les gens! » On ferait un livre des réflexions recueillies par M" Breslau de la bouche de ses jeunes modèles. Elle excelle à les faire parler, plutôt à les laisser parler pour en extraire le personnel secret de future individualité qu'il s'agit pour elle d'exprimer, à son tour, de reporter sur une surface. Mais aussi, comme elle y est experte ! Il y a en elle d'une Kate Greenaway, de proportions plus vastes, bien entendu, et de plus haute envergure; mais je veux dire, grâce à une sorte de transposition artiste d'amour maternel consacrant un célibat attendri à bien entendre, à mieux traduire ces prémices d'âmes. La récompense d'une si subtile application servie par d'exceptionnels moyens, une sincérité parfaite, un art consommé, c'est que nul, on peut l'affirmer, n'aura, comme M" Breslau, fixé « les yeux mortels dans leur splendeur entière... » (selon l'expression de Baudelaire) avec ce qui, prématurément parfois, en fait, « des miroirs obscurcis et plaintifs ». Que d'immediate beauté, que de future féminité dans ce portrait d'enfant, Béatrix de Clermont-Tonnerre! Les yeux, deux fleurs de lin; les lèvres, un sourire de rose; et deux bras rondelets d'un potelé qui est déjà du modelé, comme le regard est déjà du rêve. Quant à l'accessoire caractéristique et incessamment varié dont j'ai parlé, et qui sert au peintre à nous renseigner sur ceux qu'il déchiffre lui-même, c'est, auprès de ces gentils bonshommes, de ces véridiques fillettes, selon l'âge, une mappemonde, ballon sérieux et fixé; un ballon, mappemonde qui s'en- vole. Et puis, encore, lorsque l'ac- cessoire se prend à vivre, des fleurs, des chiens, dont la grâce et le mystère s'allient suavement ou plaisamment, à ceux de leurs amis et maîtres. Mais ces fleurs, les panneaux qui nous les montrent isolées nous disent combien l'au- teur les aime et qu'il sait ne pas les trahir; delphiniums d'azur intense, campanules de carmin mourant, giroflées de velours, zinnias de feu, roses de chair. Je ne sais que Fantin qui puisse donner cet air pensif à quelques chromatelles dans un vase. Ces bouquets, peints par des Maîtres qui n'en sont pas spécialistes, ont un éclat, j'allais dire un parfum, qui leur est propre. Tels sont ceux de Monticelli, de Manet, de Raffaelli. M" Lemaire, admirable peintre de fleurs, peint des figures comme des pétales; M" Breslau, attentif peintre de portraits, représente les fleurs comme des femmes. Deux procédés fort différents, tous deux justifiés par les œuvres. Un mot encore des portraits d'hommes ; moins nombreux, non moins notables. J'en citerai trois d'artistes amis : le premier, une curieuse et fascinante effigie d'étudiant anglais, ancienne (datée de 80) et qui marque une phase dans la vie du peintre. C'est, en effet, après l'accomplissement de cette œuvre, qui décèle une maîtrise déjà, que celle qui s'y était révélée renonçait à toute fréquentation

Page 11

Un Maître Femme Le Miroir d'école. Quant au portrait de Carriès, ce sculpteur de génie dont la chaleureuse amitié est un des glorieux souvenirs de celle qui nous en transmet la ressemblance, c'est une page de l'art contemporain deux fois assurée de vivre. C'est le portrait définitif, et, je crois bien, unique, d'un Maître déjà illustre dont le nom ira grandissant. Un jour, sa ville natale, ou sa ville d'adoption députera vers l'atelier de Neuilly, ceux qui auront mission d'acquérir et de s'approprier ce souvenir inappréciable. Ainsi fit pour Carlyle, la ville de Glasgow, à l'égard de Whistler. Un autre grand artiste, Maurice Lobre, Mme Breslau, a mis de son art et de son amitié dans le portrait qu'elle nous en donne, ressemblant, c'est-à-dire portant sur son visage cette expression à la fois affable et rude qui donne tant de caractère à sa figure et de physionomie à son caractère. Aux noms de tels confrères, de tels amis, j'en veux ajouter deux autres dont j'aimerais aussi voir les portraits dans l'œuvre du peintre. Ils diraient, ces deux portraits, l'estime ancienne et maintenue dont leurs deux illustres modèles honorent celle qui, je le répète, nous doit leur