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ART D'AUJOURD'HUI SÉRIE 2 • NUMÉRO 8 • OCTOBRE 1951 • PRIX 270 FR

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SOMMAIRE La couverture a été réalisée par Sonia Delaunay, sur un thème de Robert Delaunay. 1. Peut-on le dire ? par André Bloc. 3. Biennale de Menton, par Pierre Guéguen. 4. Sculpture en plein air, par André Bloc. 6. Robert Delaunay, par Léon Degand. 14. Les mythes du Taureau et du Cheval, par le Docteur Vinchon. 17. Exposition à l'Art Club de Nice, par Pierre Guéguen. « Zen 49 », par J.-A. Thwaites. 18. Moholy Nagy, peintre et photographe, par Sibyl Moholy Nagy. 26. L'exposition du Stijl, par Léon Degand et Michel Seuphor. 27. Le film sur l'art, par Léon Degand. 30. Lanskoy, par R.-V. Gindertael. 32. Expositions. Critique de la Critique. --- ART D’AUJOURD'HUI Directeur : André BLOC Comité : M. BLOC, DEL MARLE, L. DEGAND, P. FAUCHEUX E. PILLET Secrétaire Général de la Rédaction : Edgar PILLET Revue Mensuelle, 5, r. Bartholdi Boulogne-sur-Seine MOLitor 61-80 Édition de l'Architecture d'Aujourd'hui C.C.P. PARIS 1519-97 Abonnement : (8 numéros) FRANCE : 1.500 frs ÉTRANGER : 1.800 frs DISTRIBUTEURS : Argentine : Editorial Victor Leru, Calle Cangallo, 2233 Buenos Aires. — Belgique : Eric Lemestre « Formes nouvelles », 60, rue Ravenstein, Bruxelles. — Brésil : Sociedade de Intercambio, Franco Brasileira Ltda., 275, Rue Barao de Irape-tininga Sao Paulo. — Italie : Saise, 24 Via, Monte di Pieta, Torino-Salto, Via Santo Spirito 14, Milan. — Suède : Charles Portin, 40, Bastugatan, Stockholm. — Uruguay : S.U.R.D., Maldonado 863, Montevideo. --- ABONNEMENT 3e SÉRIE (8 numéros) Chaque numéro comprendra une planche hors-texte gousche couleur. FRANCE: 2.000 f. ÉTRANGER: 2.300 f. --- Le Groupe Espace La dissociation des arts plastiques : peinture, sculpture, architecture, est un fait déplorable mais tellement admis par les artistes, les critiques et le public, que les essais les plus timides pour replacer les arts dans la vie courante apparaissent, à beaucoup, comme des audaces inutiles. Cependant, un groupe s'est formé en France pour aborder cette tâche difficile de synthèse, sans laquelle aucune civilisation ne peut affirmer sa présence. Des conditions favorables vont permettre les premières expériences. Les grandes réalisations de la Reconstruction entrent dans une phase décisive. Les Architectes, qui ont été chargés des travaux essentiels, ont compris qu'ils pouvaient utilement associer, à leurs études, d'autres plasticiens. Ensemble ils viennent de signer un manifeste où ils exposent leur programme. Les artistes, qui ont semblé s'intéresser spécialement aux nouveaux problèmes, ont été invités à se réunir. Les premières signatures, groupées sur le manifeste, ne constituent que le début d'un ralliement. L'idée est lancée et elle fait son chemin. En FRANCE et en ITALIE on note les premières réalisations. La Triennale de MILAN montre de quelle façon intelligente peuvent collaborer les architectes et les plasticiens. Le groupe « ESPACE », désormais constitué en Association, ne sera pas une chapelle. Ses membres ne rechercheront pas une publicité personnelle, mais aborderont, avec l'humilité qui convient aux véritables artistes, les risques qui s'attachent à des expériences fondamentales. --- Manifeste Pour sa dégager définitivement de certaines survivances néfastes qui imprègnent autant la masse du public qu'un grand nombre d'artistes, les Architectes, les Constructeurs et les Plasticiens soussignés créent LE GROUPE ESPACE ils préconisent un Art non-figurent précédant des techniques et Méthodes actuelles pour des Arts rénovés un Art qui s'inscrive dans l'espace réel, répond aux nécessités fonctionnelles et à tous les besoins de l'homme, des plus simples aux plus élevés un Art soucieux des conditions de vie, privée et collective, un Art essentiel ouvert à l'homme le moins entré par les valeurs esthétiques un Art constructif qui, par d'effectives réalisations, participe à une action directe avec la communauté humaine un Art donné spatial par la pénétration sensible et modulée de la Limite dans l'œuvre, un Art dont la conception et l'exécution s'appuient sur la dimension des aspects dans les trois dimensions non suggérées, aussi tangibles un Art où la Couleur et la forme soient ainsi indissociablement liés par leurs qualités techniques et architecturales dans une expression idéale de rapports et de proportions. ils constatent que d'immanentes façons de construction sont trop souvent confiées à des personnes que rien ne qualifie pour envisager l'avenir d'un groupe d'habitations, d'une ville, votre même d'un pays. que l'Urbanisme et la Construction des Chies exigent de ceux qui en sont responsables, non seulement des qualités techniques, mais aussi des connaissances sociales, psychologiques et une certaine culture artistique que ces connaissances et cette nature sont généralement insuffisantes, qu'on assiste trop souvent à la reconstruction de nos Cités sur des plans importants et avec une plastic contestable que la plupart des Architectes n'ont pas été préparés aux rachats nouvelles que ceux qui ont la responsabilité de créer le milieu dans lequel vivront les générations futures doivent pouvoir s'entretenir de Techniciens et d'Artistes plasticiens familiarisés avec les problèmes spatiaux et, de plus, soutenus et aidés par les lois et règlements. ils proposent le création de liens éloignés entre tous ceux qui peuvent être appelés à concourir aux grandes tâches contemporaines et en particulier aux : Brutes d'urbanisme, Etudes de Plans-Masses, Etudes de la Plasticité architecturale y compris tous les prolongements dans la vie courante, Incidences de la couleur dans l'architecture. Ainsi, pour familiariser le public avec les nécessaires innovations plastiques, il est souhaitable que les Artistes du Groupe Espace soient appelés à prêter leur concours, notamment lors des Festivals, Expositions et lors des grandes Fêtes publiques. Des démonstrateurs plastiques, d'envergure, seront adossés plus facilement à l'accèsion de ces manifestations et enfin donneront le voix aux réalisations permanentes. Les Commissionistes suivantes seront sollicités immédiatement pour résoudre des problèmes particuliers et devront comprendre chacune des Architectes, Formes Plastiques et Plasticiens : URGANISME, PLANS-MASSES, COULEUR, EXPOSITIONS, FETES, PLASTIQUE APPLIQUÉE AUX OBJETS ils réclament POUR L'HARMONIEUX DEVELOPPEMENT DE TOUTES LES ACTIVITES HUMAINES LA PRESENCE FONDAMENTALE DE LA PLASTIQUE Les premières signatures de ce manifeste sont de : ARCHITECTES : André Bruyère, Jean Fayeton, Jean George, Jean Ginsberg, Pierre Guéret, Guevrekian, Paul Herbet, Arne Jacobsen, Jean de Mailly, Richard J. Neutra, Alfred Roth, André Sive, B.-H. Zehrfuss. CONSTRUCTEURS : Bernard Lafaille, Le Ricolais, Jean Prouvé. PLASTICIENS : Aagard Andersen, Ollé Baertling, Etienne Beothy, André Bloc, Silvano Bozzolini, Bourgoyne-Diller, Del Marle, R. Desserpit, Cicéro Dias, Piero Dorazio, P. Etienne-Sarisson, Pierre Faucheux, A.-R. Fleischmann, G. Folmer, Jean Gorin, Berto Lardera, Georges L-K. Morris, Edgar Pillet, Nicolas Schoffer, S. Servanes, Nicolaas Warb.

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AUBERGE du PIED de MOUTON SA CUISINE RENOMMEE SES OMELETTES ROUTE de S' JEANNET 500° avant la CHAPELLE MATISSE --- Peut-on le dire ? Faut-il se réjouir de la publicité outrancière faite autour des vedettes de la peinture? Notre siècle sera-t-il surtout celui de « la Propagande »? La Côte d’Azur accueille, chaque été, un public très vaste et très « éclectique », public dont les autochtones savent bien exploiter les travers. Vers 1913, quand Matisse et Picasso, jeunes inconnus de l’Art, brossaient peut-être leurs meilleures toiles, personne ne songeait à les acquérir et les critiques les mieux informés leur décochaient des commentaires sans aménité. Aujourd’hui, Picasso et Matisse pourraient fort bien appartenir à l’Institut sans que cela offusque. En attendant, ils sont devenus des gloires nationales et internationales avec tous les avantages et inconvénients que cela comporte. Ces nouvelles vedettes attirent la foule des ignorants qui se croient tenus de ne pas rester plus longtemps sans connaître les œuvres de personnages aussi célèbres. Les petites villes de la Côte d’Azur où résident ces grands peintres auraient bien tort de ne pas monnayer toute cette gloire en la transformant en richesse touristique. La petite cité de Vallauris, autrefois célèbre par ses excellentes marmites à pot-au-feu, était en pleine décadence. Les artisans, concurrencés par la grande industrie, étaient guettés par la faillite. Mais survint Picasso qui, momentanément séduit par l’argile, se livra à d’amusantes acrobaties plastiques dans une poterie locale. Vallauris était sauvée. Des dizaines d’artistes s’installèrent à leur tour chez quelques potiers et tout le monde fit allègrement du « Picasso ». Les visiteurs et les acheteurs affluent. La bourgade désertée est transformée, les voitures circulent au pas dans un tintamarre de hauts-parleurs. Les vitrines des potiers regorgent des plus invraisemblables productions. Les expositions se succèdent. Un musée se crée. La grand’place s’orne de « l’Homme au Mouton ». Les affiches ne portent plus seulement le nom de Vallauris, mais « Vallauris-Picasso » en attendant mieux. Faut-il ajouter que Picasso dépassé par sa gloire, ne traverse pas sa meilleure période et que cet odieux vacarme ne sert pas le moins du monde l’éducation du goût public? Pendant ce temps, d’autres cités sont à la recherche de célébrités. Vence a trouvé Matisse et c’est une excellente réplique. Toutefois, la fameuse chapelle qui a tant fait parler ne répond pas entièrement à ce que l’on pouvait espérer de ce vieux maître courageux. Les esquisses, les projets d’architecture, les maquettes, tout cet effort considérable d’un de nos grands peintres, n’ont abouti qu’à une réalisation intéressante, mais discutable. On y retrouve, bien entendu, les qualités du peintre, mais celui-ci a voulu aborder, cette fois, un domaine qui ne lui était pas familier. Certes, ce n’est pas le même échec que celui de l’église d’Assy. Mais Matisse ne nous a pas apporté, il s’en faut, une solution valable pour une architecture religieuse. Transformer des croquis, par une sorte d’agrandissement photographique, en énormes surfaces murales est d’un effet curieux mais, la surprise passée, on s’aperçoit qu’une simplicité trop voulue n’est pas exempte de maniérisme et que la plus simple des chapelles pose des problèmes d’architecture. Ceux-ci sont-ils bien résolus? Pour toutes sortes de raisons, nous ne voulons pas ici entreprendre le procès d’une réalisation que tout un monde rétrograde s’empressera de critiquer avec de mauvaises raisons. Mais nous aurions aimé qu’une œuvre conçue avec tant d’amour soit une pleine réussite. Disons simplement qu’elle ne nous apporte pas le meilleur d’Henri Matisse et ajoutons que l’invasion d’une foule bruyante, en costumes de vacances, ne constitue pas une bonne conclusion. La chapelle de Vence est une tentative d’un grand artiste, faite avec une énergie digne d’admiration, mais l’art comporte ses risques. L’artiste le plus génial doit mesurer les difficultés qui l’attendent. Une part de hasard heureux ou malheureux intervient dans ses conceptions. Il y a de précieuses leçons à tirer de l’expérience de Vence, mais celles-ci se dégageront-elles sainement autour de l’effervescence touristique suscitée par une réclame sans pudeur? André BLOC. --- Photos A. Bloc.

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La Chapelle Matisse à Vence. Peinture récente de Picasso. (Exposition de peinture moderne, à Vallauris.) Une porte de la Chapelle Matisse. Céramique de Chagall. --- Réhabilitation de l'art actuel par "LE TENSISME" Il ne s'agit nullement d'une farce de rapin, mais d'une manifestation des plus sérieuses du Baron Frandsen de Schomberg qui ajoute à ses qualités de peintre et de sculpteur, celles de théoricien et d'homme de lettre... Noblesse oblige. Ne manquez pas, si vous le pouvez, de rendre visite à l'Exposition de Monsieur le Baron, en la Chapelle des Pénitents Noirs. Cette chapelle pleine de simplicité est remplie des œuvres du Baron qui s'empressera de vous accueillir cordialement. Vous pourrez aussi visiter un charmant village qui se situe entre Cannes et Grasse. --- Cette exposition se trouve placée sous le signe de la "TENSION PSYCHOLOGIQUE" dont l'artiste s'est essayé d'apporter les preuves, non seulement picturales et sculpturales, mais en un ouvrage philosophique en cours d'édition. En créant le "TENSISME", créé en système d'excitation intellectuelle, je espère offrir à l'Art actuel une voie de réhabilitation. Ce avertissement a paru nécessaire à l'artiste en vue de la participation plus complète du spectateur aux intentions de l'auteur et à ses recherches. La Chapelle des Pénitents goûts Vallonnais le 12 août 1951 Frandsen de Schomberg

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la BIENNALE de MENTON La Municipalité de Menton ayant pensé que les valeurs artistiques pouvaient encore avoir cours, a entrepris sur les conseils plus ou moins intéressés de quelques artistes et critiques d'Art, de réaliser une Biennale de Peinture. Une initiative de cette importance méritait une solide étude préalable, étude d'autant plus facile qu'il y avait, comme chacun sait, un précédent de bonne réputation : « La Biennale de Venise ». Est-ce légèreté, est-ce incompréhension, est-ce improvisation ? Les organisateurs de la Biennale de Menton n'ont réussi en fin de compte qu'à réunir une multitude de toiles allant des meilleures aux pires, les meilleures, hélas, en petit nombre, restant à découvrir dans un affreux mélange. Au milieu d'une grande confusion, un Jury qui s'était désigné lui-même, laissa tomber sur quelques têtes étonnées la manne des prix. Malin sera celui qui comprendra le sens de tant de généreuses récompenses. Et voilà maintenant Albert Gleizes associé à Limouse sous le signe de l'ex-æquo d'un grand prix international. Raymond Cogniat qui patronne l'Exposition et a préfacé le catalogue plaide non coupable et fait appel à notre bonne volonté. Qu'importe ce que l'on montre pourvu que de braves gens se soient largement dépensés dans un but louable. Demain on fera mieux. Nous demandons instamment à la Municipalité de Menton de bien mesurer ses responsabilités et de placer sur des bases plus sérieuses la prochaine Biennale. André BLOC. --- L’ART ABSTRAIT à la Première Biennale Française Il n'était pas inutile que l'Art Abstrait eut sa place à la Biennale de Menton, ne serait-ce que pour opposer la tenue de quelques-uns de ses meilleurs représentants au débraillé de certains figuratifs. L'œuvre maîtresse de la Salle des Abstraits est sans aucun doute la composition de Vasarely : « Yellow ». Elle avait, d'ailleurs, bien des affinités avec le Festival de Musique, que la Municipalité de Menton offrait au début d'août sur l'adorable place des parvis Saint-Michel et Pénitents-Noirs, brodée de baroque à bulbes et mosaïquée de petits galets. Par la fermeté de ses formes, l'audace de ses contrastes, la toile de Vasarely constitue une noble symphonie en yellow mineur. L'œuvre peinte la plus « peinture » semble celle de Poliakoff. Le coup de poing de son pentagone rouge feu dans une gamme de bleus, est un coup de maître. La rugosité des matières acheve l'accent et confirme le vrai peintre. De plus en plus détaché des influences folkloriques orientales, Poliakoff est en route vers une peinture virile, dépouillée, sensationnelle. Magnelli garde toujours la grande maîtrise. Il a intitulé son tableau d'un caractéristique : « Rien d'involontaire », et c'est certainement vrai de sa construction aux puissantes équerres qui émerveille par sa sévérité et le jeu si souple de ses plans en contraste. Autour, un curieux vert de mol pâturage, énigme. Mortensen est juste et fin. La toile de Pillet, de tonalité sombre, a une sorte de grandeur taciturne. Leppien montre le parti poétique qu'un abstrait sait tirer d'obliques amenuisées et de triangles signaux, pour obtenir de vibrantes sensations d'espace. Marie Raymond s'apparente à Kandinsky dans une curieuse toile grumelueuse. Jarema ne se méfie pas assez de la puissance dilatée du blanc qu'il écartèle avec une obsession nuptiale. Vileri est un mosaïqueur, un verrier médiéval. Sa toile abstraite a une somptuosité calculée, pleine à craquer. Un rouge y chante, rare, précieux. Ce rouge s'exalte frénétiquement au contraire dans la toile de Dmitrienko, jeune de qualité, qui est parvenu à exprimer abstraitement ce à quoi il tendait depuis un an : l'enchevêtrement des structures et la couleur tragique des usines où, déposant le pineau, il coltine des poutres de fer. Arnal, autre jeune, a affronté un grand format, à la fois spacieux et surchargé ; mais débordant de dynamisme et de don. Moser, rend assez exactement l'enlisement de la pâte et des théories qui le tiraillent. La pâte est en train de lever et les théories de crever comme des bulles. Nina Négri est bien féminine, qui mélange parfois ses pots de fard à ses pots de peinture ! Ger Van Velde a obtenu le premier prix réservé à un étranger. Sa couleur est ténue, exténuée ; des traits fins meublent le mou. Espérons que son prix ne sera pas payé en espèces trébuchantes ! Ben Nicholson, bon peintre anglais, a aussi ce côté ectoplasmique. Pignon, Mucha, prix du Comité des Fêtes, Sutherland, vont et viennent du Cubisme à l'Abstrait, ainsi que Roger Chastel, également lauréat, dont le « Bistro » pousse le cubisme jusqu'à un réalisme pas très heureux. Atlan semble coincé, actuellement, dans l'impassé de ses découpages en dents de scie, de ses emblèmes et passementeries, lesquels traduisent, si curieusement d'ailleurs, son enfance juive en Afrique du Nord. Ou sont les riches espaces de ses toiles d'an-tan ? Que dire, pour terminer, de Gleizes, Grand Prix de la Biennale, partagé avec Limouse ? Tant de théories et de verbocination pour cette gentille macédoine de damiers bien tendres, qui date de 1932 et porte la trace de l'influence de Delaunay ! Elle s'appelle modestement : « Support de contemplation. » Pierre GUÉGUEN. Edgard Pillet.