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ART D'AUJOURD'HUI CINQUANTE ANNÉES DE SCULPTURE REVUE MENSUELLE D'ART CONTEMPORAIN SÉRIE 2 - NUMÉRO 3 - JANVIER 1951 - PRIX 200 FRS
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ART D'AUJOURD'HUI CINQUANTE ANNÉES DE SCULPTURE REVUE MENSUELLE D'ART CONTEMPORAIN SÉRIE 2 - NUMÉRO 3 - JANVIER 1951 - PRIX 200 FRS
CINQUANTE ANS DE SCULPTURE 1. Introduction, par L. Degand. 6. Prolégomènes, par Del Marle. 8. Brancusi, par J. Alvard. 8. Le Suprématisme. — Le Néoplasticisme. — Le Constructivisme, par Del Marle. 12. Le Cubisme. — Dada et le Surréalisme. — Sculptures de Peintres. — L'Expressionnisme, par Gindertael. 19. Sculptures Naïves, par Cécile Agay. 20. La Sculpture de 1930 à 1950, par L. Degand. 28. Bibliographie. 29. Les Expositions. A NOS LECTEURS Avec ce numéro, ART D'AUJOURD'HUI entre dans sa troisième année. Pour une revue d'avant-garde, cela constitue déjà un âge respectable, tant d'essais sans lendemain ayant été tentés. Nous comptons maintenant dans le monde entier un grand nombre d'amis. Les encouragements sont nombreux et souvent enthousiastes. Sans prétention de notre part nous croyons qu'une revue indépendante, énergique et vivante, est maintenant entrée dans le domaine des réalités. Elle faisait défaut. Elle ne rencontre pas l'assentiment de tous, mais il faudrait plutôt s'en réjouir. Elle n'est cependant pas l'organe d'un clan ou d'une chapelle, mais elle essaie de discerner dans les chemins divers qui s'ouvrent à l'Art d'Aujourd'hui, ceux qui ne se terminent pas en impasse. À tous les artistes dignes de ce nom, nous souhaitons bonne année et nous savons que beaucoup nous en disent autant. Nous les en remercions. Nous rappelons que la couverture de ce numéro est de Monsieur Yves ARAL qui a obtenu le prix de notre Concours de Couverture pour le numéro « Cinquante ans de Sculpture ». PIERRE GUEGUEN aime l'art des enfants. Il vit parmi les dessins d'enfants placardés sur ses murs, dessins pour la plupart anonymes. Il n'a pas voulu signer les excellents articles qui accompagnaient les reproductions de dessins d'enfants. Pouvez-nous dire, aujourd'hui, qu'il était l'auteur de tous les textes de notre précédent numéro? --- ART D'AUJOURD'HUI Directeur : André BLOC Comité : M. BLOC, DEL MARLE, Léon DEGAND, Pierre FAUCHEUX, Edgard PILLET Secrétaire Général de la Rédaction : Edgard PILLET Revue Mensuelle, 5, rue Bartholdi, Boulogne-s-Seine. Mol. 61-80 Edition de l'Architecture d'Aujourd'hui - C.C.P. PARIS 1519-97 ABONNEMENTS FRANCE : 1.200 francs (8 numéros) — Etranger : 1.500 francs ---
RODIN, a gauche: statue de Victor-Hugo. Au centre et à droite: Etudes pour une statue de Balzac. INTRODUCTION PAR LEON DEGAND La sculpture, pendant ces cinquante dernières années, comme d'ailleurs, au cours de tout le XIXe siècle, n'a jamais été l'initiatrice des divers mouvements, grands ou petits, qui, par degrés, ont rénové notre conception de la plastique. Ce qui n'enlève rien, il va de soi, à la haute qualité de ses mérites. Mais c'est un fait à constater que, depuis cinquante ans et même au delà, la sculpture s'est distinguée par de singulières et prestigieuses individualités bien plus que par l'action de groupes, comme, en peinture, les Impressionnistes, les Fauves ou les Cubistes. D'où, pour le plan de notre présent numéro, de très grosses difficultés, la plupart des sculpteurs ne pouvant se ranger, sinon pour une partie seulement de leur œuvre, sous ces étiquettes bien commodes qui, automatiquement, fournissent autant de chapitres bien clairs, bien délimités. Par conséquent, à côté de l'examen de quelques tendances ou écoles, où nous pensons, cependant, avoir échappé à l'arbitraire des classements à l'emporte-pièce, il nous a fallu de diverses façons faire la part de la foule admirable des inclassables. Or, si la sculpture, depuis 1900, résiste très souvent à la division en catégories bien distinctes, elle n'en témoigne pas moins, dans son ensemble et chez tous les sculpteurs, de deux orientations d'esprit nettement différentes : la fidélité aux apparences extérieures d'une « tradition », et la création d'une nouvelle conception de la plastique. Entre ces deux orientations, mais sans jamais refuser de saluer le talent ou le génie où qu'ils se trouvent, nous n'avons pas hésité à choisir la seconde. RENOIR. BOURDELLE. MAILLOL. Photo Maywald
POMPON, l'Ours Blanc. Au début du siècle régnait Rodin (1840-1917). Pas pour tout le monde, bien entendu ; il avait sa légion normale d'adversaires incompréhensifs. Comme d'autres éminents personnages en d'autres domaines de l'art, il ne se présentait certes pas en novateur, en inventeur, mais en puissant agent de synthèse d'idées en usage depuis des siècles. Son extraordinaire tempérament le sauva du pompiérisme intégral et, parfois, du ridicule. Il eut, une fois dans sa vie, la volonté de traduire un sentiment par un élan plastique et non par une représentation réaliste : son Balzac. Il est facile de sourire aujourd'hui, après tout ce que nous avons appris depuis, des insuffisances de cette transposition. Ce que Rodin avait ainsi tenté en partant d'une émotion extra-plastique, Bourdelle et Maillol l'entreprirent en s'inspirant d'exemples, plus spécifiquement sculpturaux, empruntés à l'antiquité. Il serait injuste de ne pas leur reconnaître une personnalité, parfois attachante, originale, mais dans une certaine forme du pastiche. Tous deux, dans leurs meilleurs moments, se laissent guider par la nécessité d'un rythme expressif, Bourdelle quand il est monumental sans être littéraire, Maillol quand il n'est pas complètement dominé par la seule envie de représenter des femmes nues. Quant à Pompon, son seul malheur, en synthétisant l'allure formelle de certains animaux, fut de ne jamais avoir le vrai génie créateur d'un Brancusi ; il reste terre à terre. En regard, combien plus sensibles, plus émouvantes, plus directes que les œuvres de ces trois spécialistes, les sculptures que Renoir, en amateur, fit exécuter sans y mettre la main, mais avec tout son cœur, toute sa finesse naturelle ! Et quel sens du poids des formes ! L'enchaînement aux apparences extérieures de la « tradition » aurait pu, en principe, se terminer là. Il POISSON. WLERICK. DRIVIER. YENCESSE.
OSOUF. AURISCOTE. GIMOND. LAMBERT RUCKI. Photo Bernes Marouteau. BELMONDO. MALFRAY. DELVOL. ICHE. n'en fut évidemment rien. Les malins, à défaut d'ambitions créatrices qui dépasseraient leurs moyens, savent toujours qu'il est d'un bon rapport de flatter la paresse d'esprit du grand public et des pouvoirs officiels. Et il est tant de braves gens, d'autre part, que, par habitude, nous appelons artistes parce qu'ils traduisent leur admiration pour le passé par des plâtres, des bronzes, des marbres, plutôt que par des exclamations d'enthousiasme. Voici donc, en sculpture et du côté des bien-pensants, la génération qui correspond, en peinture et à l'avant-garde, aux Picasso, Braque, Léger, Juan Gris. Saluons, d'abord, le pompiérisme vigilant, habile à la manœuvre et pourvoyeur de nos places publiques. A lui les commandes, les honneurs, les vastes ateliers où l'on travaille bien à l'aise aux œuvres d'absolue nullité. Comment oserions-nous l'oublier, puisqu'il occupe les meilleures situations ! Et signalons, ensuite, les amateurs distingués qu'une singulière obstination de jeunesse, continuée pendant l'âge mûr, conduisit à l'activité professionnelle. Jane Poupelet était peut-être douée. Despiau s'était acquis un petit genre : ses portraits, d'une intelligence aimable et limitée. Malfray, Poisson, Wlérick, que l'on nous reprochait de ne pas avoir nommés. Mais n'exagérons rien. Aucun de ceux-là n'atteignit à la cheville d'un Rude ou d'un Carpeaux. Et pourtant, quel mal ne s'est-on pas donné pour nous faire croire que Despiau incarnait le génie de la France, pas moins ! Alors qu'il n'était que l'instrument de ceux qui cherchaient quelque chose à opposer aux grandes valeurs naissantes. Parmi nos quinquagénaires, citons Gimond. Un paysan du Danube prétendra, non sans raison, que si Gimond avait misé sur l'art nègre ou précolombien, et non sur l'égyptien, il aurait peut-être gagné la partie. Soit. Enfin, quelques jeunes : Auriscote, Belmondo, Deluol, Dideron, Iché, Osouf, Lambert-Rucki, Yencesse. Mais, honnêtement, examinons leurs œuvres : si l'avenir leur appartient, il est fort à craindre que ce ne soit pas celui de la sculpture. Vous exigez du neuf à tout prix, nous objectera-t-on, et voilà tout votre critère. Pas du tout. Ce que nous reprochons à ces braves gens, ce n'est pas d'avoir, comme Bourdelle ou Maillol chaussé les bottes d'anciens maîtres, mais d'en avoir fait des pantoufles. Imiter n'est pas interdit, à condition que ce soit en améliorant. Jean-Sébastien Bach ne fut qu'un Buxtehude, oui, mais à la
Ce numéro spécial de la revue Art d'Aujourd'hui explore cinquante ans de sculpture, de 1900 à 1950. Il examine les tendances, les écoles et les individualités marquantes, contrastant la fidélité à la tradition avec la création d'une nouvelle conception de la plastique. L'article aborde des artistes comme Rodin, Bourdelle, Maillol, ainsi que les évolutions dans le traitement des matériaux et la perception de l'espace en sculpture.