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LES ECHOS D'ART LUSTRE DE SALLE A MANGER EN GLACE DESSINÉ PAR BERNARD ANDRÉ, ÉDITE PAR DAMON REVUE MENSUELLE DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIES D’ART Rédaction : 2 et 4, Rue Martel, Paris (Xe) N° 62 SEPTEMBRE 1930 8 Fr.
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LES ECHOS D'ART LUSTRE DE SALLE A MANGER EN GLACE DESSINÉ PAR BERNARD ANDRÉ, ÉDITE PAR DAMON REVUE MENSUELLE DES ARTS DÉCORATIFS ET INDUSTRIES D’ART Rédaction : 2 et 4, Rue Martel, Paris (Xe) N° 62 SEPTEMBRE 1930 8 Fr.
LES ECHOS D'ART les “échos d’art” paraissent au début de chaque mois, ils sont édités par “les échos” la grande revue commerciale française 6me année le dernier numéro paru et le précédent : 8 fr.; les numéros antérieurs: 15 fr. RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 et 4, RUE MARTEL, PARIS (10°) TÉLÉPH. 10 LIGNES: PROVENCE 04-03 et la suite abonnements: france et colonies françaises: un an, 80 francs; étranger, 120 ou 160 francs (convention de stockholm) mandats ou chèques à: compte courant postal paris numéro 5.559 SOMMAIRE N° 62 (Septembre 1930) VITRAUX D’ART, par Gaston SÉVRETTE. --- CHEZ M. HUNEBELLE, par F. SOLLAR. --- ÉCLAIRAGE MODERNE par SPARK --- HORLOGES AUTREFOIS, PENDULES AUJOURD'HUI, par Bernard SAFFROY --- ÉCHOS ET NOUVELLES --- N° 63 (Octobre 1930) Dans ce numéro nous traiterons du Cabinet de travail, du Livre de luxe et de la Reliure. La publicité pour ce numéro sera reçue jusqu'au 10 Octobre : 2 et 4, Rue Martel, Paris (10°) --- SERVICES DE TABLE a PORTO à COKTAILS CADEAUX LAMPES VASES COUPES ASSIETTE EN CRISTAL ANDRE HUNEBELLE MAÎTRE VERRIER 4 ROND POINT DES CHAMPS ÉLYSEES ENTREE 2 AV° VICTOR EMMANUEL III --- B.J.KLOTZ & C° 3 rue de Miromesnil PARIS (8°) PLACE BEAUVAU Téléphone ÉLYSEES 50.84 MEUBLES DÉCORATION ARCHITECTURE INTÉRIEURE
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LES ÉCHOS D'ART N° 62 - Septembre 1930 J. HÉBERT STÉVENS : VITRAUX DE L'ÉGLISE DE CONDOM (AISNE), ET DE L'ÉGLISE DE VOUEL (AISNE) --- L'art français n'a jamais connu, dans ses branches multiples, un ensemble d'individualités aussi puissantes, aussi variées que celles que nous voyons apparaître aujourd'hui. Le temps des écoles et des coteries semble passé. Chacun est décidé à œuvrer selon son tempérament, à suivre les élans de son imagination. Nous assistons à une splendide renaissance de l'art du vitrail. Les peintres verriers sont favorisés par le réveil du sentiment religieux qui a suivi la grande tourmente, et tentés par la recherche d'une esthétique nouvelle. Le vitrail soulève plusieurs questions sur lesquelles les artistes ne sont pas toujours d'accord. Il était intéressant, avant de formuler une théorie, de procéder à une consultation de quelques-uns des principaux spécialistes. Nous avons donc demandé à quelques artistes de --- VITRAUX D'ART Texte de Gaston SÉVRETTE
VITRAUX EXÉCUTES ÉGLISE DE MARGNY-AUX-CERISES (OISE). "L'EUCHARISTIE". CARTON DE MAURICE DENIS NOTRE-DAME DE LA VIE INTÉRIEURE. CARTON DE Mme PAULE PEUGNIEZ --- PAR J. HÉBERT STÉVENS ÉGLISE DE BANTHEVILLE (MEUSE). "SAINTE JEANNE D'ARC". CARTON DE ANDRÉ RINUY --- nous donner une définition de leur idéal du vitrail moderne, tant prolane que religieux. Un des verriers dont il importait beaucoup d'obtenir le jugement est M. Louis Barillet, l'auteur d'œuvres très personnelles disséminées un peu partout, en France et à l'étranger. "L'art du vitrail, nous dit M. Barillet, est vieux. Pourtant il vit encore, quoi qu'en disent certains. S'il a sommeillé quelque peu il se réveille avec plus d'avenir que jamais. Il a, par sa virilité, un rôle essentiellement monumental. Nos architectes les plus modernes et les plus en renom le comprennent ainsi, l'utilisent sous cet angle et ne s'en trouvent pas mal. Lorsqu'il leur sera enfin permis de construire des édifices religieux, ils feront appel aux verriers, comme leurs audacieux devanciers. Ils leur demanderont pour remplir leurs édifices, de créer une atmosphère, une ambiance lumineuse puissante comme les orgues. Et nous nous réjouirons de ce que leurs constructions ne seront ni romanes, ni gothiques, éternels pastiches, pauvres cadres desquels le vitrail lui-même a tant de mal à s'échapper". Comme nous interrogeons M. Barillet sur l'emploi des verres nouveaux et les réalisations que l'on en peut tirer, il nous répondit : "Les verres imprimés, d'un usage presque uniquement commercial et utilitaire, ont tenu peu à peu un rôle artistique. C'est logique et j'espère bien, en ce qui me concerne, développer davantage ce rôle par l'utilisation de la lumière artificielle, laquelle recèle, en liaison avec le vitrail, des formes encore inconnues de la Beauté. Laissons au verre gravé tout son prestige dans une décoration fragmentaire. L'on fait avec lui de belles vitrines, d'alléchantes enseignes, voire même de délicats objets, mais halte-là, ne lui demandons pas ce qu'il ne peut donner dans une conception monumentale". Parmi les œuvres les plus caractéristiques du talent de M. Barillet citons sa série de vitraux décorant l'Eglise Notre-Dame de Montligeon. Dans une œuvre aussi empreinte de modernité, on est frappé de sentir une connaissance et un respect surprenant du passé. La tradition, pour M. Barillet, ce n'est pas un patrimoine commode à gérer et qui dispense d'inventer "c'est la continuité dans la vie artistique, c'est un effort dont la résultante va s'ajouter au trésor légué par nos devanciers". Très différente des vitraux de M. Barillet est l'œuvre de Mlle Valentine Reyre. L'artiste a reçu les dons les plus divers. Elle est un
JACQUES SIMON (DE REIMS) : VITRAUX DE L'ÉGLISE SAINT-ANDRÉ, DE REIMS (A GAUCHE ET A DROITE) ET (AU CENTRE) DE L'ÉGLISE DE LA NEUVILLE-EN-TOURNAFUY (ARDENNES) esprit chercheur et curieux, d'une magnifique activité. Ses compositions sont, le plus souvent, inspirées par une émotion exempte de mièvre sentimentalité et elles sont soutenues par une facture large, virile, d'une rare robustesse. Mlle Reyre a couvert de fresques plusieurs églises et son talent inventif et prodigue a orné de très remarquables vitraux le Grand Séminaire de Cambrai. Mlle Reyre ne se contente pas de dessiner des cartons et on a pu la voir fréquemment travaillant dans les ateliers de M. Lorin, le peintre verrier de Chartres, choisissant elle-même les verres, créant des harmonies colorées et exécutant la peinture de ses vitraux. Comme nous pressions Mlle Valentine Reyre de nous donner une définition personnelle du vitrail religieux moderne, elle prononça avec assurance : "Tout en restant fidèle au principe que le vitrail ne doit pas être un tableau, mais avant tout une mosaïque de verre coloré et que le morcelage doit être assez multiple pour faire jouer les tons, je pense qu'il y a lieu de se permettre une grande liberté dans la facture. L'important est de faire jouer la lumière à travers les verres colorés, en ménageant les éclats de cette lumière par des noirs. Il me semble qu'un bon vitrail doit être intéressant rien que par la résille de sa mise en plomb. À l'exécution, il faut très largement envelopper en certains endroits les plombs dans du trait noir pour éviter l'aspect filiforme des plombs de largeur égale et garder une vie au trait. Il me semble aussi qu'à l'inverse de ce qui s'est fait pendant des années dans le vitrail moderne, il faut de grandes oppositions de valeurs. Je ne suis pas ennemie du tout de l'emploi de certaines pertes sans peinture mariées avec des parties peintes. J'ai employé en grand ce procédé dans les vitraux de l'Église de Vend'huile, (architecte, M. Droz), qui ont été exécutés avec la collaboration de M. Hébert Stevens. J'éprouve aussi un grand plaisir à employer de temps en temps des verres dits modernes, mais je pense qu'au moins pour le vitrail monumental ils ne doivent être utilisés qu'en petites quantités et comme des points de richesse de matière et de rareté dans un ensemble. Le verre antique a, dans la beauté de sa matière limpide, une distinction et un sérieux qui s'accordent mieux avec le style d'une œuvre d'art religieux".
CHAMPI-GNEULLE : "LAISSEZ VENIR" Une conversation avec M. Hebert Stevens s'imposait. M. Hebert Stevens est à la fois peintre et verrier. Avec la collaboration de M. Kinuy il a décoré des lieux de piété nombreux dans l'Aisne, la Somme, la Meuse, le Calvados et la Seine-Inferieure. D'après les cartons de Maurice Denis, il a orné deux églises dans l'Oise. "Le vitrail moderne ? nous dit M. Hebert Stevens, à mon sens il doit être tout d'abord tributaire de l'architecture. C'est elle qui dicte la disposition des partis décoratifs, le rythme et la proportion des personnages, l'alternance des lignes droites et des courbes. Un verrier voudrait pouvoir, sur place, tracer dans la fenêtre blanche le schéma de son dessin, y poser des échantillons de couleurs. Pour ce qui est de la technique d'aujourd'hui, il semble que la plus simple doit être la meilleure : chaque fois qu'à travers les âges elle s'est perfectionnée, a gagné en ingéniosité, l'effet architectural y a perdu, comme dans un orchestre un ténor se taille un succès aux dépens de l'ensemble. Toutefois on ne peut se défendre de sympathie pour certains essais d'un métier compliqué où les émaux, les verres gravés, c'est-à-dire décolorés partiellement à l'acide ou au jet de sable, permettent d'obtenir des jeux de couleurs sans l'intervention de plomb et des tons dégradés posés en taches souples. Le vitrail perd alors sa rigidité, il rappelle la facture libre d'une esquisse ou la fantaisie d'une aquarelle. Cette sensibilité, pensera-t-on, s'installe aux dépens du sens monumental ; elle porte le signe A MARTINE : "SAINTE-THERÈSE DE L'ENFANT JÉSUS". A MOI", VITRAIL POUR UNE SALLE DE PATRONAGE des époques de décadence. Alors, nous reportant à certains morceaux du XIVe siècle, a certaines statues du style baroque, disons qu'il y a des décadences magnifiques et bien savoureuses. Nous élions certain de trouver un commentateur enthousiaste et très averti du vitrail moderne dans la personne de M. Charles Champigneulle, dont les ateliers ont produit déjà tant de verrières qui permettent pour l'avenir de cet art renaissant tous les espoirs. « Ah ! le vitrail moderne ! nous dit M. Champigneulle, je ne vous ferai pas une conférence ni un discours — il le mériterait. Je serai bref. Le vitrail religieux doit, plus que tout autre, se plier à l'architecture, sans parler des considérations morales qui empêchent si souvent l'artiste de réaliser sa conception. Mais quel progrès, même dans les plus banales productions, à côté de celles d'il y a trente ans ! Que d'efforts et de trouvailles heureuses dans des genres si différents, qu'ils interdisent toute théorie étroite depuis les premiers vitraux blancs jusqu'aux mosaïques translucides d'un de nos plus distingués confrères. Les noms seuls des artistes qui se sont consacrés au vitrail prouvent long sur les moyens d'expression qu'offre sa technique. Pinta a presque complètement quitté sa peinture pour se consacrer au vitrail. Ses immenses verrières destinées à l'église de Béthune sont tout à fait remarquables. Le maître Matisse, qui est mon collaborateur constant, a une manière très spéciale. J'exécute actuellement pour lui deux grandes verrières qui expriment bien ses idées décoratives. VITRAIL DE L'EGLISE DE SAINT-GERMAIN-EN-LAYE
Uniquement du verre et du plomb, Matisse s'est obstinément arrêté à cette technique, la plus simple et la plus franche, se faisant fort de traduire néanmoins les plus fines subtilités du dessin. Jamais, avec Matisse, il ne m'est arrivé de recourir à une addition quelconque, pas le moindre trait, pas la moindre salissure, pas le moindre procédé non plus : Jamais je n'ai doublé un verre ni un plomb. Mais Matisse se montre très difficile quant au choix des verres. Il tient à un ton précis, il ne transige pas, et on finit toujours par le trouver. De même, son dessin, si consciencieux, ne s'accommoderait d'aucune déformation. L'art si captivant de Matisse est connu de tous les habitués des salons artistiques parisiens. Matisse a appris à jouir de la féerie des couleurs sur la mer bretonne, au large des côtes de Bréhat qui est sa terre d'adoption pendant une partie de l'année. Doué d'un sens décoratif rare il est devenu rapidement un peintre verrier distingué. Son but n'est pas de créer des énigmes, mais de suggérer des émotions, des associations d'idées au moyen d'éléments pris dans la réalité. Le vitrail c'est pour lui simplement du beau verre, transparent, translucide, parfois un peu opaque, avec des tons presque toujours clairs et limpides laissant entrer la lumière et n'emprisonnant pas. Matisse est un amoureux des morceaux de verres teintés et il aime passionnément faire chanter leurs harmonies. M. Champigneulle nous a montré dans son atelier des vitraux de M. l'abbé Buffet, destinés à la rosace de la basilique de Nanterre. Le charme de ces verreries est créé par la délicatesse de leur coloration vibrante. M. l'abbé Buffet, qui exécute lui-même le travail de peinture, a su tirer des effets prestigieux et des richesses insoupçonnables de matières ingrates telles que l'addition de grisailles sur des verres de belle qualité. M. Charles Mauméjean, le maître verrier, à qui nous devons quelques-unes des œuvres les plus remarquables réalisées dans l'art du vitrail, qu'il soit religieux ou profane, a des idées très nettes sur son magnifique métier. Sans conteste, l'Art du vitrail refléchit en France et à l'étranger. Son apport dans l'architecture moderne s'imposera, en progres- JACQUES SIMON (PARIS) : VITRAIL DE L'ÉGLISE DE MARQUILLIES (NORD) ANNIE STOREZ : ÉGLISE DE PEIGNY VALENTINE REYRE : ÉGLISE DE VENDHUILE (AISNE)

Les Échos d'Art est une revue mensuelle consacrée aux arts décoratifs et aux industries d'art. Ce numéro de septembre 1930 présente des articles sur les vitraux d'art, l'éclairage moderne, les horloges, ainsi que des nouvelles et des informations sur les expositions. Il met en avant des artistes et des artisans dans divers domaines de la décoration et de l'artisanat.