Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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Les Echos des Industries d'Art Au Salon d'Automne E.J. Ruhmann 27 Rue de Lisbonne Coffre pour un collectionneur Ebène Macassar, Ecaille et Ivoire --- N° 16 Novembre 1926

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Art du Bois Société Anonyme au Capital de 4.050.000 Francs - 148, Rue Garibaldi - SAINT-MAUR (Seine) Etudie et exécute tous Meubles, Agencements, Boiseries, Sièges et tout ce qui concerne l'Art du Bois MEDAILLE D'OR Exposition des Arts Décoratifs 1925 ETUDES ET PROJETS SUR DEMANDE André Fau céramiste d'art 18, rue de Buzenval Boulogne-s.-Seine, tél. 261 DÉPOT Jules Houry fils et Cie 54, rue de Paradis, Paris téléphone : Central 54.81 BOULOGNE S/S HENIN & CIE ORFEVRERIE D'ARGENT 77 rue des Archives PARIS - 111e TEL ARCHIVES 3245 ADRESSE TELEGRAPHIQUE ORFENINO-PARIS UNITS-FRANCE 59 15 COMPAGNIE ROYALE ASTURIENNE DES MINES FONDÉE EN 1833 ZINCS 1 RUE DU CIRQUE, PARIS

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V. J. DUCHESNE & P. BINET 27 RUE DES JEÛNEURS TÉL. GUTENBERG PARIS ADR. TÉLÉGR 29-97 & 70-38 (2e ARR) DUCBIN-PARIS --- TISSUS D'AMEUBLEMENT & TAPIS CRETONNES TOILES DE JOUY VELOURS, ETC --- SUCCURSALE À PARIS : 39 bis, Rue du Faubourg Saint-Antoine — Téléphone : Diderot 05.46

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SOMMAIRE - LES ARTS APPLIQUÉS AU SALON D'AUTOMNE, par René CHAVANCE... 5 - CADEAU POUR LA NOEL ET LE JOUR DE L'AN... 19 - L'HORLOGERIE DÉCORATIVE... 24 - ECHOS ET NOUVELLES... 25 --- CARDEL HAC ORFÈVRE 24 - PLACE VENDÔME PARIS ORFÈVRERIE COUTELLERIE FINE OBJETS D'ART BIBELOTS --- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS F. BORDEREL & ROBERT FERRONNERIE D'ART 151, RUE DAMRÉMONT, 151 CRÉATION DE RAYMOND SUBES, DIRECTEUR ARTISTIQUE

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART 2 ET 4 RUE MARTEL PARIS. (X°) TÉLÉPHONE 8. LIGNES PROVENCE 04-04 ET LA SUITE ABONNEMENT POUR UN AN FRANCE-BELGIQUE 100 FRANCS ET TRANGER 5 DOLLARS OU L'ÉQUIVALENT AU COURS DU JOUR CHÈQUE POSTAL N°5559 --- REVUE MENSUELLE DE LUXE SERVIE GRATUITEMENT ET EXCLUSIVEMENT AUX ABONNÉS DES ÉCHOS LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE --- Abonnement séparé (réservé aux particuliers) 80 fr. par an. Prix du numéro des Échos des Industries d'Art 8 francs. RENÉ PROU COIN DE SALON --- Les Arts Appliqués au Salon d'Automne par RENÉ CHAVANCE > SI vivant, si largement ouvert à toutes les initiatives, le Salon d'Automne n'a jamais manqué de nous apporter quelque sujet d'heureux étonnement. Or, sans vouloir amoindrir la qualité des satisfactions dont nous sommes redevables aux peintres et aux sculpteurs, je crois pouvoir affirmer que la plus agréable surprise nous vient, cette année, des décorateurs. Certes nous ne doutions pas d'eux. Mais après le considérable effort qu'ils ont accompli à l'Exposition, qu'ils ont continué à leur Salon du printemps dernier, on les supposait en droit de reprendre un peu haleine. Or voici qu'ils témoignent d'un redoublement d'activité créatrice. L'âge héroïque des luttes et des incompréhensions

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révolu, l’ère des tâtonnements passée, on dirait que l’art décoratif moderne, désormais sûr de lui-même, ne peut plus s’arrêter dans la voie de ses conquêtes. Et pour commencer sa plus grande victoire — son adoption sans réserve par l’industrie — trouve ici un écho significatif dans la participation du Faubourg, du vieux Faubourg, représenté par plusieurs de ses plus notoires Maisons. Et puis, tandis qu’on s’affermit et se consolide sur des positions acquises, c’est comme une fièvre de recherches, de tentatives, pas toujours au point, inégalement opportunes, mais jamais sans intérêt. Nous allons essayer d’en donner une idée. LE BEAU MÉTIER A la base de ces poussées d’avant-garde, parfois aventureuses, nous éprouvons d’abord un évident plaisir à retrouver le bataillon serré des bons techniciens. C’est le retour à la technique traditionnelle qui a permis à des céramistes comme M.M. Lenoble, Massoul, Avenard, Mayodon, Goupy, Jean Luce, à des verriers comme M. Sala, de rénover leur art. Et fut-il, en aucun temps, plus sûr métier SUZANNE AGRON : COIFFEUSE Photo Rep FERNAND ET GASTON SADDIER : CHAMBRE A COUCHER Editée par Saddier et ses fils. Mobilier en acajou et sapelli velouté, sièges couverts de velours fourrure. Pastels de Mlle Marianne Clouzot. Lustre de Dunaime. Tapis de Marcel Coupé. Panneau de Mlle Lehucher

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que celui de M. Ruhlmann ? Je ne pense pas que les illustres ébénistes du passé auraient renié son cabinet de collectionneur qu'il a su pourtant réaliser dans un esprit franchement moderne. Ce coffre rectangulaire en ébène macassar, relié par quatre colonnettes à une manière de socle massif, ne comporte nul ornement inutile, mais quels raffinements dans l'exécution de ces portes vêtues d'écaillle rousse, incrustées de filets d'ivoire en losange, et qui jouent doucement sur leurs gonds, dans l'habillage des tablettes intérieures gainées de daim gris gauffré d'or, où des appareils électriques adroitement dissimulés projettent leur vive lumière ! Pareillement, le cabinet de travail de M. Montagnac séduit par son impeccable facture, non moins que par l'harmonieuse combinaison de ses lignes. Entre les cartes océanes des panneaux, qui nous renseignent sur la personnalité de l'occupant, un riche armateur sans doute, les meubles, d'un confort discret, nous mettent tout de suite dans une atmosphère de sécurité laborieuse. Les veines du bois — en beau palissandre de Rio brun rouge — habilement réparties, suffisent à rompre l'uniformité de la vaste bibliothèque doublée de frêne de France presque blanc dont, seule, la partie centrale est découverte et qu'encadre une très simple moulure. La même moulure se reproduit sur les pieds légèrement incurvés de la table à écrire. Elle a servi de motif aux entrées de serrures et aux petites poignées JOUBERT ET PH. PETIT : HALL Divan en corail édité par DIM AUGUSTE-VICTOR FABRE : CHAMBRE A COUCHER MODERNE Editée par Decaux et Maous

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que M. Bastard a taillées dans la corne pour les tiroirs de ce bureau et pour ceux du fichier, un cube tournant sur pivot, point trop lourd et pratique. Pratique aussi, le cartonnier aux parois inclinées comme les feuilles d'un livre ouvert ; et profonds, accueillants, les grands fauteuils aux amples coussins de cuir blond. A la logique s'ajoute ici l'élegance, deux qualités bien françaises. C'est l'élegance qui prévaut dans les envois de M. René Prou, dans cette petite commode galbée en bois de violette que des filets de métal raient perpendiculairement, dans cette bergère au dossier semi-circulaire où la garniture de tapisserie fait un fond délicat sur l'encadrement de bois doré, dans ce fauteuil plus sévère en ébène et velours. Je vous garantis que ces pièces isolées ne seraient en rien déplacées dans un salon meublé d'ancien. Non point qu'y apparaissent des réminiscences. Mais elles se rattachent directement à la tradition, notre tradition, que les créateurs de modèles ont retrouvée. Les praticiens, eux, l'avaient gardée. Elle se manifeste dans l'exécution du mobilier que M. Eric Bagge a dessiné pour les ateliers Mercier frères. C'est une salle à manger luxueuse, d'un luxe apparent, mais point tapageur. Et quel beau travail ! Des boiseries unies l'entourent. Du même bois précieux est composée l'importante desserte que flanquent deux argentiers, fermés par des glaces. Autour de la grande table rectangulaire, des sièges garnis de soie au décor rose et bleu offrent aux dineurs l'appui de leurs courbes capitonnées. Non moins finement travaillés sont les meubles de la chambre à coucher de MM. F. et G. Saddier, en sapelli velouté qui brille de reflets fauves entre de larges tigres plus foncées. Quelques motifs sculptés ornent seulement la courbe du lit, la masse imposante de l'armoire où se découpent, au centre, les tiroirs d'un chiffonnier, la sveltesse de la coiffeuse, sur lesquels des appareils d'éclairage, adroitement combinés, répandent une lumière très douce. L'habileté professionnelle des ouvriers du Faubourg s'affirme encore dans le salon et la salle à manger en ronce d'acajou de M. Jacques Klein, réalisés par la maison Gouffé. On n'y distingue pas de particulière originalité. Mais l'industrie s'adresse à un public GEORGES CHAMPION : SALLE A MANAGER Editée par le Studio Gué

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anonyme. Le devoir bien compris de l'artiste qui lui fournit des modèles consiste donc à s'en tenir à des données générales. Ce faisant il accomplit au reste une œuvre utile de diffusion. Plus personnels sont les petits meubles pour un fumoir, si plaisants et si féminins, malgré leurs dehors austères, de Mlle Renée Kinsbourg et plus caractéristiques, parce qu'ayant une destination connue, la salle à manger de M. Maurice Glaize, un peu grave, un peu sombre avec ses boiseries et son ameublement en ébène macassar mais que relève la frise aux tons clairs de M. Angel Zarraga. On peut dire aussi que M. Maurice Dufrène n'a pas craint de rompre avec les idées admises quand il imagina sa vaste salle à manger "Neptune" où tout semble paradoxal, depuis la construction des murs qui vont en s'évasant vers le haut, jusqu'à la table faite d'une dalle de verre lumineuse et où l'harmonie en vert des peintures, des rideaux, des sièges et du lustre suggère une ambiance marine, et même sous-marine, qui justifie bien son titre. Mais la fantaisie fait bon ménage avec la plus rigoureuse technique. Ne se montre-t-elle point dans les beaux ouvrages, par ailleurs si rationnels, de M. Dunand, et dans les ferronneries si robustes, si loyales de M. Subes ? Elle donne aussi beaucoup de charme aux spirituels sujets de bronze de M. Raoul Lamourdedieu et si elle s'efface devant une inspiration plus sérieuse dans la pendule de marbre du même artiste, elle triomphe dans les charmants éventails en papier où M.L.-P. Régent a tracé des arabesques aux frais coloris et se perçoit aussi sur les décors aériens des fines coupes en verre de Mlle Marcelle Wahl dont la matière, recuite à haute température, prend une qualité savoureuse. Jusqu'ici, toutefois, l'invention des artistes que nous avons rencontrés s'appliquait à des techniques éprouvées. Nous allons voir maintenant des techniques nouvelles susciter à leur tour cette invention. QUELQUES APPLICATIONS DE MATIÈRES MODERNES C'est un des plus sûrs attraits de ce Salon et c'est aussi le signe éclatant de l'audace refléchie de nos décorateurs. Certes, le grand artiste qu'est M. Lalique leur avait déjà montré l'exemple, qui sut faire du verre un matériau neuf par les effets et les usages qu'il en tira. Cette année encore il nous présente un revêtement en larges dalles de verre, dont le décor, pareil aux veines du bois et qui semble naturel, est une trouvaille. Mais, si M. Lalique provoqua des imitateurs, il ne trouva guère d'émules. MAURICE GLAIZE : SALLE A MANGER EN ÉBÈNE MACASSAR Éditée par l'Atelier Français. Fauteuils de Winter. Frise d'Angel Zarraga. Sculpture de Georges Saupique. Tapis de Da Silva-Bruhns

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Or voici tout-à-coup trois ou quatre tentatives ingénieuses dans des genres divers, mais dans un sens toujours essentiellement pratique. Je mets à part la démonstration de M.M. Brandt et Favier, bien qu'elle ne soit point sans portée. Ayant à réaliser une manière de niche pour encadrer un imposant vase d'airain, modelé par M. Badory, ils l'ont ornée d'éléments en métal uniquement obtenus par des moyens mécaniques : tubes étirés, dentelures fraisées, etc. Cela ne manque point de grandeur et prouve déjà que nous aurions tort de négliger les ressources mises par la science à notre disposition. Mais passons à des solutions plus immédiates et qui correspondent à des réalités plus directes : M. Lemoussu a eu l'idée d'utiliser, pour le gainage de tout un mobilier, le simili-cuir triplex qu'emploient depuis quelque temps les carrossiers d'automobiles. Ce "bureau d'homme d'affaires", édité par la Compagnie Lincrusta Loréid, justifie déjà par sa destination le caractère d'hygiénique netteté que lui prête cette matière. Les murs eux-mêmes en sont revêtus et le sol en est recouvert. Une habile combinaison de coloris atténue au reste la sévérité de l'ensemble. Des bandes alternées blanches et grises, reliées par de discrètes arabesques d'un vert doux, sont tendues sur les parois. Le tapis est vert foncé. La table-bureau, les fauteuils et le divan, composés d'éléments géométriques réunis par des vis et des boulons franchement UN COIN DE LA SALLE A MANGER D'ERIC BAGGE montrant la console et les vitrines SALLE A MANGER EDITÉE PAR MERCIER FRÈRES, COMPOSÉE PAR ERIC BAGGE, DIRECT. ARTISTIQUE Meubles en bois de violette verni avec incrustations d'ivoire — Dessus de table et dessus de consoles en pierre reconstituée "Syntex" Lambris en Bubenga vernis — Panneau lumineux en glace argentée gravée — Peinture décorative de M. Gaudissard — Soierie éditée par Duchesne et Binet sur un dessin de Benedictus

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accusés harmonisent trois tons voisins : le blanc veiné de gris, le bistre foncé et le gris soutenu. On conçoit les avantages : économie, entretien facile, réparation aisée et peu coûteuse d’un panneau détérioré, possibilité enfin, dans l’avenir, de réduire la partie ébénisterie au minimum, peut-être même de l’éliminer totalement. Et l’on devine à quelles utilisations variées cela peut donner lieu. On se représente fort bien un cabinet de médecin meublé de la sorte ; une chambre de clinique ou bien — car il n’est pas obligatoire de se limiter à ces usages spécialement prophylactiques — une nursery, des appartements d’hôtel, voire des wagons de chemin de fer. L’essai de M. René-Herbst présente un côté moins commercial, il laisse plus de place à l’imagination, mais il n’ouvre pas de moins vastes horizons. C’est encore d’un bureau qu’il s’agit, un bureau d’ingénieur. Le prévoyant établi dans une construction moderne, M. Herbst a songé d’abord à réduire la sonorité du ciment armé. A cet effet il a revêtu les murs d’un isolant : le caoutchouc qui, tendu par plaques vulcanisées, forme une manière de marqueterie dont il est loisible de diversifier à l’infini les dessins. Il a voulu, d’autre part, des meubles commodes et propres : La table est en tôle sur des pieds faits de tubes métalliques comme aussi l’armature des sièges qui sont garnis de cuir : solidité, légèreté, nettoyage rapide. Ajoutez à cela un curieux système d’aération par le P. CHAREAU : SALLE DE LECTURE D'HOTEL PIERRE CHAREAU : COMMODE EN PALISSANDRE DE RIO Photos L'Illustration