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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART CÂCHE-RADIATEUR PAR RAYMOND SUBES ÉDITÉ PAR BORDERELET ROBERT (AMBASSADE DE FRANCE AUX ARTS DÉCORATIFS) --- N° 7 FÉVRIER 1926
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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART CÂCHE-RADIATEUR PAR RAYMOND SUBES ÉDITÉ PAR BORDERELET ROBERT (AMBASSADE DE FRANCE AUX ARTS DÉCORATIFS) --- N° 7 FÉVRIER 1926
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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART La Renaissance de la Ferronnerie Dans cet article, nous sommes heureux de présenter les plus belles productions de fer forgé, sorties récemment des ateliers de Paris et de Province. On admirera leur variété, la puissance des unes, la grâce des autres. Les unes sont exécutées à la main, selon les vieilles traditions, les autres, et ce sont les plus nombreuses, par les procédés de la technique moderne. Nous avons demandé aux meilleurs artistes de nous dire ce qu'ils pensent de leur art. Nous leur avons posé les trois questions suivantes : 1° Y a-t-il une Renaissance dans l'art de la Ferronnerie ? 2° Dans quel sens doit-il évoluer pour s'adapter aux conditions de la vie moderne ? 3° Quelle influence les nouveaux procédés techniques ont-ils eue sur cet art ? Nous publions, dans l'ordre de leur venue, leurs très intéressantes réponses. CONSOLE-DESSERTE-CACHE-RADIATEUR, PAR R. SUBES, ÉDITÉE PAR BORDEREL ET ROBERT
BALUSTRADE DU PAVILLON DE L'ÉLÉGANCE AUX "ARTS DÉCORATIFS", PAR BAGUÈS Le léopard du motif central est une originale et curieuse application du fer forgé M. Robert BAGUÈS : 1° La Renaissance dans l’Art de la Ferronnerie est indéniable; nombreuses sont les formules nouvelles qui se sont révélées dans les dernières années; toute une pléiade d’artistes et d’artisans ont, sinon rénové l’art de la ferronnerie, mais l’ont au moins dirigé vers un idéal nouveau. Il est même exact aussi d’affirmer que de tous les arts qui peuvent s’appliquer au bâtiment c’est celui où le plus grand effort a été fait. 2° Les conceptions sont très différentes, je le sais, quant au sens dans lequel doit évoluer l’art de la ferronnerie pour s’adapter aux conditions de la vie moderne. Ces conceptions peuvent d’ailleurs varier non seulement dans leur principe mais aussi dans leur origine, PORTE DU PAVILLON DE L'ÉLÉGANCE PAR BAGUÈS
c'est pourquoi elles varient avec chaque individualité. En effet, chaque artiste comme chaque artisan peut se trouver, du fait des événements comme des circonstances, dans telle situation qui oriente ses recherches suivant des données très différentes. Tel artisan peut se faire une spécialité de la ferronnerie appliquée aux grands bâtiments publics et tel autre à la ferronnerie appliquée aux objets usuels d'un intérieur. Personnellement, et peut-être pour les raisons déterminantes que j'indique, je crois que l'art de la ferronnerie peut évoluer dans deux sens très différents suivant que l'on est d'avis ou non d'employer les nouveaux procédés techniques modernes. 3° L'influence des procédés techniques modernes sur l'art de la ferronnerie est incontestable. Plusieurs artisans les ont beaucoup employés et certains d'entre eux APPLIQUE MURALE par Malâtre et Tonnelier même à l'exclusion de tout emploi de la main-d'œuvre proprement dite. Ces nouveaux procédés techniques ont leur influence dans la composition comme dans l'effet décoratif, car ils permettent de rendre la matière plus obéissante à la volonté et d'obtenir des formes que la main seule, même la plus habile, ne pourrait réaliser. Toutefois, pour ma part, mon opinion est formelle; les nouveaux procédés techniques n'ont pas servi l'art de la ferronnerie; je ne suis même pas loin de penser qu'ils l'ont desservi et ma pensée sur ce point est si nette que je trouve presque superflu d'avoir à démontrer que ce qui est dû entièrement à la main de l'homme est supérieur, en tant qu'expression artistique, à ce qui est dû à la machine. L'ensemble d'un travail de ferronnerie dû à l'exécution de la machine ne produit, à mon avis, aucune PORTE DU JOURNAL "LE QUOTIDIEN" PAR ED. SCHENCK
émotion. Il y manque ce qui cons- titue l'expression artistique, c'est-à-dire cette sorte d'imperfection, d'imprécision, de laisser-aller même que seul peut donner le travail du forgeron. Pour me résumer, je ne nie pas la nécessité qui s'impose, dans certains cas, de l'emploi des nouveaux procédés techniques modernes; j'affirme aussi qu'il y a une renaissance dans l'art de la ferronnerie mais j'affirme avec non moins de net-teté qu'elle n'existe et qu'elle ne peut exister que dans l'œuvre manuelle. M. Raymond SUBES, Directeur artistique des Ateliers Borderel et Robert : 1° Certes il y a une renaissance qui s'est affirmée plus vigoureuse d'année en année, mais elle n'est pas récente, elle a commencé réellement il y a environ 25 ans. Elle est due en grande partie au maître ferronnier Robert qui a rompu courageusement à ses risques et périls avec la routine qui pliait sous son joug tous les décorateurs de cette époque (plagiaires plus ou moins consciencieux des vieux styles). Il a cherché autre chose, s'est rapproché de la nature et a renouvelé et même créé quelques traitements de fers intéressants; cela lui a valu un certain succès. Il a donné un essor nouveau à la ferronnerie. Il a stimulé l'ému-lation des décorateurs et d'autres sont venus après lui qui ont élargi sa manière, l'ont stylisée et, peu à peu, le fer forgé a été remis en honneur non seulement par les architectes mais aussi par tous les amateurs d'art. Aujourd'hui la ferronnerie brille d'un éclat incomparable consacré par son succès de l'Exposition des Arts Décoratifs. C'est maintenant un art familier et compris presque par tous. 2° Si l'on veut que le goût et par suite le succès du fer persiste et même s'étende, il faut en développer l'application dans le bâtiment, tant sur les façades que dans l'intérieur des immeubles, et cela aussi bien dans Photo Rep GRILLE D'ENTRÉE DE LA COUR DES MÉTIERS Exécutée par les Établissements Maison
les constructions somptuaires que dans les bâtiments utili- taires, ou même dans les habi- tations personnelles les plus simples. Afin d'habituer la masse à comprendre l'effet obtenu par la sobriété du décor rachetée par la beauté de la matière, il est tout à fait néces- saire de convaincre les ignorants et les rebelles et de décider les hésitants, parmi ceux qui font construire, à employer le fer forgé. Ce n'est que de cette façon que l'on gardera la vogue profitable à tous; aux archi- tectes et aux ferronniers à trou- ver et à exécuter des modèles séduisants, à bon compte. L'ave- nir du fer est là, car il ne suffit pas d'adapter le fer forgé à tous les objets de ferronnerie inté- LUSTRE "LES ORCHIDÉES" par Simonet Frères rieure, et même de l'utiliser (un peu par snobisme) dans certains cas où toute autre matière serait peut être préférable (ce qui ris- querait même dans l'avenir de nuire à la ferronnerie). Non, il faut un emploi judicieux, rationnel, du fer, ce qui d'ailleurs arrivera presque automatique- ment lorsque la grande vogue actuelle sera un peu passée. 5° Les nouveaux procédés techniques ont influencé consi- dérablement l'art de la ferron- nerie. Ils permettent en effet de réaliser les conceptions les plus originales, les plus libres. N'ayant plus d'obstacles dans l'exécution de leurs compositions, les ferronniers se laissent aller à la plus grande fantaisie et l'on peut dire que presque tout est HALL-VESTIBULE SUR ASCENSEUR PAR A.-ALB. RATEAU
exécutable en ferronnerie. L'habileté et la science consistent à trouver les fers qu'il faut employer et les différents martelages à utiliser pour leur mise en valeur. C'est surtout dans la ferronnerie intérieure que les nouveaux procédés de soudure ont été appréciés. Dans la lustrerie, par exemple, on peut exécuter des modèles fins et légers qui peuvent rivaliser d'élegance avec n'importe quel modèle de bronze. Le seul reproche qu'on puisse faire est peut-être qu'en général on use un peu trop de ces nouveaux procédés qui, permettant trop de détails, finissent par retirer un peu de caractère à certaines œuvres de fer forgé. M. Armand-Albert RATEAU : 1° L'art de la ferronnerie est évidemment en pleine renaissance depuis 25 ans. Des artisans habiles ont commencé avant 1900 le mouvement en intéressant le public initié par des productions heureuses sans composition d'ensemble. Le mouvement a ensuite été suivi par des industriels aux visions plus larges qui ont utilisé des moyens mécaniques nouveaux et moins coûteux permettant des ensembles importants dont la réalisation a été ainsi facilitée. 2° Le fer forgé ne doit pas être à mon avis un art de "bibelot" destiné à remplacer plus ou moins heureusement dans un intérieur le bois ou le bronze. Le fer forgé a sa place dans assez de cas pour qu'on puisse éviter à l'avenir la grille de défense inutile entre deux salons, la petite lampe de bureau trop lourde et désagréable à toucher et tous ces objets d'art ou d'aménagement — tours de force plus ou moins utiles — et d'aspect souvent rébarbatif. Le fer forgé a sa place dans un ensemble architectural pour les parties qui demandent une robuste légèreté, le fer doit être recouvert d'un enduit qui le met à l'abri de la rouille. Je regrette toujours la vision du fer poli dans un intérieur, c'est alors une matière triste qui n'est pas à sa place. GRILLE DE LA COUR DES MÉTIERS (EXPOSITION DES ARTS DECORATIFS 1925), PAR SZABO
BALCON, PAR NICS FRÈRES 5° Les nouveaux procédés employés pour le travail du fer permettent de réaliser d'une façon moins coûteuse et plus industrielle les conceptions les plus hardies. C'est la suppression, espérons le, de l'emploi de l'imitation de fer forgé exécutée en fonte pour les balcons et grilles extérieures. C'est aussi le renouvellement du métier car autrefois l'artisan participait beaucoup plus qu'aujourd'hui à l'invention de son motif. Désormais le dessin sera étudié d'une part et l'exécution concue d'autre part. C'est la fin du morceau trop bien travaillé au profit de l'effet d'ensemble participant à l'orchestration des éléments de construction mis à la disposition du maître d'œuvre. M M. MAJO-RELLE frères : 1° Cette renaissance ne fait aucun doute; elle se fait sentir particulièrement en Lorraine, où nous avons d'illustres exemples comme Jean Lamour, et où, de tous temps, il a existé des ferronniers. Ce mouvement s'épanouit aujourd'hui dans toutes les branches de l'art et de l'industrie; dans l'architecture, dans la décoration des intérieurs, dans le bibelot même, puisque nous vous donnons des exemples de verreries encloses dans l'arabesque du fer, dont le maître, Louis Majorelle, fut le créateur. Ce mouvement qui, en Lorraine, date d'une vingtaine d'années, a entraîné quelques jeunes comme Jean Prouvé et d'autres, dont les œuvres ont pu être appréciées à l'Exposition des Arts Décoratifs. 2° Dans le sens de la simplicité, et rejeter résolument les surcharges inutiles; fioritures repoussées et creuses, pour ne plus laisser à la matière que sa beauté naturelle, la franchise du coup de marteau. 3° L'emploi judicieux et logique de la soudure autogène, du marteau pilon, etc., ont permis d'abord une vitesse de travail inconnue au marteau et à la forge; ils ont permis également une légèreté dans l'exécution, de la finesse dans les soudures qui ont vraiment rajeuni l'art du fer, et l'ont rendu, par ses prix, abordable par le grand public qui, aujourd'hui, commence à s'y intéresser sérieusement. Tel est notre avis qui, certainement est partagé par tous les ferronniers en renom à l'époque actuelle. PORTE D'INTERIEUR, PAR PAUL LAFFILÉE Editée par le Comptoir de la Madeleine "Madælia"

Cette publication mensuelle, "Les Échos des Industries d'Art", présente un article approfondi sur la renaissance de la ferronnerie, incluant les opinions d'artistes renommés sur l'évolution de cet art. La revue aborde également l'exposition de tissus au musée Galliéra et l'"American Home" au Grand Palais, ainsi que des nouvelles sur la décoration moderne au théâtre.